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2 sept. 2017

Inondation de Houston : quelles conséquences pour la santé ?

Au-delà des dangers immédiats de noyades, électrocutions, blessures et hypothermie, les inondations causées par la tempête Harvey à Houston font peser des risques importants pour la santé à plus long terme, soulignent des experts.
Dans les eaux d'inondation peuvent se trouver des eaux usées, des pesticides, des herbicides et des toxines, explique Ranit Mishori de la faculté de médecine de la Georgetown University, relayé par l'AFP.
Les maladies infectieuses
Des centaines de types de bactéries et de virus peuvent venir contaminer les eaux, ajoute-t-elle. « Les gens peuvent tomber malades rien qu'en marchant dans les zones inondées s'ils ont une blessure ou une égratignure ».
Les eaux souillées peuvent aussi infiltrer le système d'approvisionnement en eau potable, augmentant le risque de contamination et de choléra.
La propagation du choléra « est l'un des principaux dangers après toute catastrophe naturelle, mais plus encore après un ouragan », souligne Robert Glatter, médecin urgentiste au Lenox Hill Hospital de New York.
Résultat d’images pour harvey hourraganDes études menées après plusieurs inondations à travers le monde ont également montré des pointes de leptospirose, une maladie causée par l'urine des rongeurs, des cochons ou des chevaux, qui peut être mortelle.
« Après une inondation, il est essentiel de faire bouillir toutes les eaux destinées à la toilette, pour se brosser les dents, ou pour boire. L'eau en bouteille est la plus sûre dans ce genre de situation », souligne le Dr Glatter.
Des maladies virales comme le Zika ou le Nil occidental pourraient aussi se propager dans les semaines qui viennent.
En 2006, un an après l'ouragan Katrina, les experts de la santé publique de l'Université de Tulane ont signalé que les cas d'infection au virus du Nil ont plus que doublé dans les communautés affectées par l'ouragan, rapporte le Washington Post.
Les problèmes liés aux moississures
Dans les semaines et les mois à venir, les bâtiments développeront aussi des moisissures, qui peuvent être toxiques et causer divers problèmes de santé. L'une des conséquences de Katrina qui a dévasté la Nouvelle-Orléans en 2005, a été les moisissures qui sont restées très longtemps dans les écoles et d'autres bâtiments », selon souligne docteur Mishori.
L'exacerbation des maladies existantes
Le système de santé est souvent débordé, rendant difficile l'accès à des soins ou des médicaments essentiels.
Des études ont montré qu'un an après, dans les villes touchées par des inondations, les taux de mortalité sont plus élevés, ainsi que les infarctus et les accidents vasculaires cérébraux, indique le docteur Mishori.
La santé mentale
Les effets du traumatisme potentiel d'une évacuation forcée, d'un séjour dans des hébergements précaires et la perte de tous ses biens peuvent durer des années.

État de stress aigu : définition, symptômes, diagnostic (DSM-5)

L'état de stress aigu est un ensemble de symptômes caractéristiques qui peut se développer en réaction à l'exposition à un ou des événement(s) traumatique(s). Il implique généralement une réponse d'anxiété qui inclut certaines formes de reviviscence ou de réactivité à l'événement traumatique.
Le diagnostic d'état de stress aigu peut être posé, selon les critères du DSM-5 (1), de 3 jours à 1 mois après l'exposition à un ou des événement(s) traumatique(s). Après un mois, le diagnostic d'état de stress post-traumatique doit plutôt être considéré.
Voici les critères diagnostiques de l'état de stress aigu du DSM-5 (traduction libre de Psychomédia) :
L'expression « événement traumatique », plutôt qu’« un ou plusieurs événement(s) traumatique(s) », est utilisée afin d'alléger le texte.
  1. Exposition à la mort, à des blessures graves, ou à la violence sexuelle, effectives ou potentielles, d'une (ou plusieurs) des façons suivantes :
    1. Vivre directement l'événement traumatique.
    2. Être témoin, en personne, de l'événement vécu par d'autres.
    3. Apprendre que l'événement traumatique a été vécu par un membre de la famille proche ou un ami proche. Note : En cas de décès ou de danger de décès d'un membre de la famille ou d'un ami, l'événement doit avoir été violent ou accidentel.
    4. Vivre une exposition répétée ou extrême aux détails pénibles de l'événement traumatique (par exemple, les premiers intervenants ou les policiers). Note : Le critère A4 ne s'applique pas à l'exposition par le biais des médias électroniques, de la télévision, de films ou de photos, à moins que cette exposition soit liée au travail.
  2. Présence de 9 (ou plus) des symptômes suivants, de n'importe laquelle des 5 catégories d'intrusion, d'humeur négative, de dissociation, d'évitement et de niveau d'activation élevé, qui ont débuté ou se sont aggravés après la survenue d'un événement traumatique :
    Symptômes d'intrusion :
    1. Souvenirs pénibles récurrents, involontaires, et envahissants de l'événement traumatique. Note : Chez les enfants, il peut s'agir d'un jeu répétitif dans lequel des thèmes ou des aspects de l'événement traumatique sont exprimés.
    2. Rêves répétitifs pénibles dans lesquels le contenu et/ou l'affect sont liés à l'événement traumatique. Note : Chez les enfants, il peut s'agir de rêves effrayants sans contenu reconnaissable.
    3. Réactions dissociatives (ex. flash-backs) dans lesquelles l'individu se sent ou agit comme si l'événement traumatique se reproduisait. (De telles réactions peuvent survenir sur un continuum, l'expression la plus extrême étant une perte totale de conscience de l'environnement actuel.) Note : Chez les enfants, des reconstitutions du traumatisme peuvent se produire dans le jeu.
    4. Détresse psychologique intense ou prolongée ou réactions physiologiques marquées en réponse à des indices internes ou externes symbolisant ou ressemblant à un aspect de l'événement traumatique.
    Humeur négative :
    1. Incapacité persistante de ressentir des émotions positives (par exemple, incapacité à éprouver du bonheur, de la satisfaction ou des sentiments affectueux).
    Symptômes dissociatifs :
    1. Altération du sens la réalité de son environnement ou de soi-même (par exemple, se voir à partir de la perspective de quelqu'un d'autre, être dans un état second, ralentissement du temps).
    2. Incapacité de se rappeler un aspect important de l'événement traumatique (typiquement en raison d'une amnésie dissociative et non d'autres facteurs tels que blessure à la tête, alcool ou drogues).
    Symptômes d'évitement :
    1. Efforts pour éviter les souvenirs, les pensées ou les sentiments pénibles à propos de, ou étroitement associés à l'événement traumatique.
    2. Efforts pour éviter les rappels externes (personnes, lieux, conversations, activités, objets, situations) qui éveillent des souvenirs, des pensées ou des sentiments pénibles à propos de, ou étroitement associés à l'événement traumatique.
    Symptômes d'activation :
    1. Perturbation du sommeil (par exemple, difficulté à s'endormir ou à rester endormi ou sommeil agité).
    2. Comportement irritable et crises de colère (avec peu ou pas de provocation), généralement exprimés sous forme d'agression verbale ou physique envers des personnes ou des objets.
    3. Hypervigilance.
    4. Problèmes de concentration.
    5. Réaction de sursaut exagérée.
  3. La durée de la perturbation (symptômes du critère B) est de 3 jours à 1 mois après l'exposition au traumatisme. Note : Les symptômes commencent généralement immédiatement après le traumatisme, mais leur persistance au moins 3 jours et jusqu'à un mois est nécessaire pour répondre aux critères du trouble.
  4. La perturbation entraîne une souffrance cliniquement significative ou une altération du fonctionnement dans les domaines sociaux, professionnels, ou autres domaines importants.
  5. La perturbation n’est pas imputable aux effets physiologiques d'une substance (par exemple, médicaments ou alcool) ou à une autre condition médicale (par exemple, une légère lésion cérébrale traumatique) et n'est pas mieux expliquée par un trouble psychotique bref.

Diagnostics de stress aigu et de trouble de l'adaptation

Un diagnostic d'état de stress post-traumatique est considéré si les symptômes persistent plus d'un mois.
Un diagnostic de trouble de l'adaptation est considéré,
  • lorsque la réponse à un événement traumatique ne rencontre pas tous les critères de l'état de stress aigu ;
  • ou lorsque l'exposition à un événement stressant ne correspond pas aux critères de l'exposition à un événement traumatique.

État de stress post-traumatique : définition, symptômes, diagnostic (DSM-5)

L'état de stress post-traumatique est un ensemble de symptômes caractéristiques qui se développe suite à l'exposition à un ou des événements traumatiques.
Selon les critères diagnostiques du DSM-5 (1), ces symptômes sont de quatre types :
  • la reviviscence ;
  • l'évitement ;
  • les altérations négatives persistantes dans les cognitions et l'humeur ;
  • l'hyper-réactivité.
Le diagnostic de stress post-traumatique ne peut être posé qu'un mois après l'exposition à un ou des événement(s) traumatique(s). Lorsque l'exposition est plus récente (3 jours à 1 mois), un diagnostic de stress aigu est considéré.
Voici les critères de stress post-traumatique. Ils s'appliquent aux enfants plus vieux que 6 ans, aux adolescents et aux adultes. Le manuel décrit des critères spécifiques pour les enfants plus jeunes.

Critères diagnostiques

L'expression « événement traumatique », plutôt que « un ou plusieurs », est utilisée afin d'alléger le texte.
  1. Résultat d’images pour post traumatiqueExposition à la mort, à des blessures graves, ou à la violence sexuelle, effectives ou potentielles, d'une (ou plusieurs) des façons suivantes :
    1. Vivre directement l'événement traumatique.
    2. Être témoin, en personne, de l'événement vécu par d'autres.
    3. Apprendre que l'événement traumatique a été vécu par un membre de la famille proche ou un ami proche. Note : En cas de décès ou de danger de décès d'un membre de la famille ou d'un ami, l'événement doit avoir été violent ou accidentel.
    4. Vivre une exposition répétée ou extrême aux détails pénibles de l'événement traumatique (par exemple, les premiers intervenants ou les policiers). Note : Le critère A4 ne s'applique pas à l'exposition par le biais des médias électroniques, de la télévision, de films ou de photos, à moins que cette exposition soit liée au travail.
  2. Présence d'un (ou plusieurs) des symptômes intrusifs suivants associés à l'événement traumatique, ayant débuté après ce dernier :
    1. Souvenirs pénibles récurrents, involontaires, et envahissants de l'événement traumatique. Note : Chez les enfants âgés de plus de 6 ans, il peut s'agir d'un jeu répétitif dans lequel des thèmes ou des aspects de l'événement traumatique sont exprimés.
    2. Rêves répétitifs pénibles dans lesquels le contenu et/ou l'affect sont liés à l'événement traumatique. Note : Chez les enfants, il peut s'agir de rêves effrayants sans contenu reconnaissable.
    3. Réactions dissociatives (flash-backs, par exemple) dans lesquelles l'individu se sent ou agit comme si l'événement traumatique se reproduisait. (De telles réactions peuvent survenir sur un continuum, l'expression la plus extrême étant une perte totale de conscience de l'environnement actuel.) Note : Chez les enfants, des reconstitutions du traumatisme peuvent se produire dans le jeu.
    4. Détresse psychologique intense ou prolongée à l'exposition à des indices internes ou externes évoquant ou ressemblant à un aspect de l'événement traumatique.
    5. Réactions physiologiques marquées à des indices internes ou externes évoquant ou ressemblant à un aspect de l'événement traumatique.
  3. Évitement persistant des stimuli associés à l'événement traumatique ayant débuté après ce dernier, comme en témoigne(nt) une ou les deux manifestations suivantes :
    1. Évitement ou efforts pour éviter les souvenirs, les pensées ou les sentiments pénibles à propos de, ou étroitement associés à, l'événement traumatique.
    2. Évitement ou efforts pour éviter les rappels externes (personnes, lieux, conversations, activités, objets, situations) qui éveillent des souvenirs, des pensées ou des sentiments pénibles à propos de, ou étroitement associés à, l'événement traumatique.
  4. Altérations négatives des cognitions et de l'humeur associées à l'événement traumatique, ayant débuté ou s'étant aggravées après ce dernier, comme en témoignent deux (ou plus) des manifestations suivantes :
    1. Incapacité de se rappeler un aspect important de l'événement traumatique (typiquement en raison d'une amnésie dissociative et non d'autres facteurs tels que blessure à la tête, alcool ou drogues).
    2. Croyances ou attentes négatives persistantes ou exagérées à propos de soi-même, des autres, ou du monde (par exemple, « Je suis mauvais », « On ne peut faire confiance à personne », « Le monde est complètement dangereux », « Mon système nerveux entier est définitivement ruiné ».
    3. Cognitions persistantes et déformées concernant la cause ou les conséquences de l'événement traumatique qui amènent l'individu à se blâmer ou à blâmer autrui.
    4. État émotionnel négatif persistant (par exemple, peur, horreur, colère, culpabilité ou honte).
    5. Diminution marquée de l'intérêt ou de la participation à des activités significatives.
    6. Sentiment de détachement ou d'éloignement des autres.
    7. Incapacité persistante de ressentir des émotions positives (par exemple, incapacité à éprouver du bonheur, de la satisfaction ou des sentiments affectueux).
  5. Altérations marquées dans l'activation et la réactivité associées à l'événement traumatique, ayant débuté ou s'étant aggravées après ce dernier, comme en témoignent deux (ou plus) des manifestations suivantes :
    1. Comportement irritable et crises de colère (avec peu ou pas de provocation) généralement sous forme d'agression verbale ou physique envers des personnes ou des objets.
    2. Comportement imprudent ou autodestructeur.
    3. Hypervigilance.
    4. Réaction de sursaut exagérée.
    5. Problèmes de concentration.
    6. Troubles du sommeil (par exemple, difficultés à s'endormir ou à rester endormi ou sommeil agité).
  6. Résultat d’images pour harvey hourraganLa durée de la perturbation (critères B, C, D, et E) est de plus que 1 mois.
  7. La perturbation entraîne une souffrance cliniquement significative ou une altération du fonctionnement dans les domaines sociaux, professionnels, ou autres domaines importants.
  8. La perturbation n'est pas imputable aux effets physiologiques d'une substance (par exemple, médicaments, alcool) ou d'une autre condition médicale.

Spécificateurs

Avec symptômes dissociatifs
Les symptômes rencontrent les critères d'un trouble de stress post-traumatique, et en plus, en réponse au stress, la personne vit des symptômes persistants et récurrents tels que l'une des manifestations suivantes :
  1. Dépersonnalisation : expériences persistantes ou récurrentes d'un sentiment de détachement, et d'être un observateur extérieur de ses processus mentaux ou corporels (par exemple, sentiment d'être dans un rêve ; sentiment d'irréalité de soi ou de son corps ou que le temps se déroule lentement).
  2. Déréalisation : expériences persistantes ou récurrentes d'irréalité de l'environnement (par exemple, l'environnement immédiat est vécu comme irréel, onirique, lointain, ou déformé).
Résultat d’images pour dégas ouragan harveyNote : Pour utiliser ce sous-type, les symptômes dissociatifs ne doivent pas être imputables aux effets physiologiques d'une substance (par exemple, intoxication alcoolique) ou à une autre condition médicale (par exemple, crises épileptiques partielles).
Avec expression retardée
Ce spécificateur est utilisé si tous les critères diagnostiques ne sont remplis que 6 mois après l'événement (bien que l'apparition et l'expression de certains symptômes puissent être immédiates).

Diagnostics de stress aigu et de trouble de l'adaptation

Un diagnostic d'état de stress aigu est posé si, de 3 jours à 1 mois après l'événement traumatique, tous les symptômes du stress post-traumatique sont rencontrés. Ce diagnostic est remplacé par celui de stress post-traumatique après un mois.
Un diagnostic de trouble de l'adaptation est considéré,
  • lorsque la réponse à un événement traumatique ne rencontre pas tous les critères de l'état de stress aigu ;
  • ou lorsque l'exposition à un événement stressant ne correspond pas aux critères de l'exposition à un événement traumatique.

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Inondation de Houston : quelles conséquences pour la santé ?

Au-delà des dangers immédiats de noyades, électrocutions, blessures et hypothermie, les inondations causées par la tempête Harvey à Houston font peser des risques importants pour la santé à plus long terme, soulignent des experts.
Dans les eaux d'inondation peuvent se trouver des eaux usées, des pesticides, des herbicides et des toxines, explique Ranit Mishori de la faculté de médecine de la Georgetown University, relayé par l'AFP.
Les maladies infectieuses
Des centaines de types de bactéries et de virus peuvent venir contaminer les eaux, ajoute-t-elle. « Les gens peuvent tomber malades rien qu'en marchant dans les zones inondées s'ils ont une blessure ou une égratignure ».
Les eaux souillées peuvent aussi infiltrer le système d'approvisionnement en eau potable, augmentant le risque de contamination et de choléra.
La propagation du choléra « est l'un des principaux dangers après toute catastrophe naturelle, mais plus encore après un ouragan », souligne Robert Glatter, médecin urgentiste au Lenox Hill Hospital de New York.
Résultat d’images pour harvey hourraganDes études menées après plusieurs inondations à travers le monde ont également montré des pointes de leptospirose, une maladie causée par l'urine des rongeurs, des cochons ou des chevaux, qui peut être mortelle.
« Après une inondation, il est essentiel de faire bouillir toutes les eaux destinées à la toilette, pour se brosser les dents, ou pour boire. L'eau en bouteille est la plus sûre dans ce genre de situation », souligne le Dr Glatter.
Des maladies virales comme le Zika ou le Nil occidental pourraient aussi se propager dans les semaines qui viennent.
En 2006, un an après l'ouragan Katrina, les experts de la santé publique de l'Université de Tulane ont signalé que les cas d'infection au virus du Nil ont plus que doublé dans les communautés affectées par l'ouragan, rapporte le Washington Post.
Les problèmes liés aux moississures
Dans les semaines et les mois à venir, les bâtiments développeront aussi des moisissures, qui peuvent être toxiques et causer divers problèmes de santé. L'une des conséquences de Katrina qui a dévasté la Nouvelle-Orléans en 2005, a été les moisissures qui sont restées très longtemps dans les écoles et d'autres bâtiments », selon souligne docteur Mishori.
L'exacerbation des maladies existantes
Le système de santé est souvent débordé, rendant difficile l'accès à des soins ou des médicaments essentiels.
Des études ont montré qu'un an après, dans les villes touchées par des inondations, les taux de mortalité sont plus élevés, ainsi que les infarctus et les accidents vasculaires cérébraux, indique le docteur Mishori.
La santé mentale
Les effets du traumatisme potentiel d'une évacuation forcée, d'un séjour dans des hébergements précaires et la perte de tous ses biens peuvent durer des années.

État de stress aigu : définition, symptômes, diagnostic (DSM-5)

L'état de stress aigu est un ensemble de symptômes caractéristiques qui peut se développer en réaction à l'exposition à un ou des événement(s) traumatique(s). Il implique généralement une réponse d'anxiété qui inclut certaines formes de reviviscence ou de réactivité à l'événement traumatique.
Le diagnostic d'état de stress aigu peut être posé, selon les critères du DSM-5 (1), de 3 jours à 1 mois après l'exposition à un ou des événement(s) traumatique(s). Après un mois, le diagnostic d'état de stress post-traumatique doit plutôt être considéré.
Voici les critères diagnostiques de l'état de stress aigu du DSM-5 (traduction libre de Psychomédia) :
L'expression « événement traumatique », plutôt qu’« un ou plusieurs événement(s) traumatique(s) », est utilisée afin d'alléger le texte.
  1. Exposition à la mort, à des blessures graves, ou à la violence sexuelle, effectives ou potentielles, d'une (ou plusieurs) des façons suivantes :
    1. Vivre directement l'événement traumatique.
    2. Être témoin, en personne, de l'événement vécu par d'autres.
    3. Apprendre que l'événement traumatique a été vécu par un membre de la famille proche ou un ami proche. Note : En cas de décès ou de danger de décès d'un membre de la famille ou d'un ami, l'événement doit avoir été violent ou accidentel.
    4. Vivre une exposition répétée ou extrême aux détails pénibles de l'événement traumatique (par exemple, les premiers intervenants ou les policiers). Note : Le critère A4 ne s'applique pas à l'exposition par le biais des médias électroniques, de la télévision, de films ou de photos, à moins que cette exposition soit liée au travail.
  2. Présence de 9 (ou plus) des symptômes suivants, de n'importe laquelle des 5 catégories d'intrusion, d'humeur négative, de dissociation, d'évitement et de niveau d'activation élevé, qui ont débuté ou se sont aggravés après la survenue d'un événement traumatique :
    Symptômes d'intrusion :
    1. Souvenirs pénibles récurrents, involontaires, et envahissants de l'événement traumatique. Note : Chez les enfants, il peut s'agir d'un jeu répétitif dans lequel des thèmes ou des aspects de l'événement traumatique sont exprimés.
    2. Rêves répétitifs pénibles dans lesquels le contenu et/ou l'affect sont liés à l'événement traumatique. Note : Chez les enfants, il peut s'agir de rêves effrayants sans contenu reconnaissable.
    3. Réactions dissociatives (ex. flash-backs) dans lesquelles l'individu se sent ou agit comme si l'événement traumatique se reproduisait. (De telles réactions peuvent survenir sur un continuum, l'expression la plus extrême étant une perte totale de conscience de l'environnement actuel.) Note : Chez les enfants, des reconstitutions du traumatisme peuvent se produire dans le jeu.
    4. Détresse psychologique intense ou prolongée ou réactions physiologiques marquées en réponse à des indices internes ou externes symbolisant ou ressemblant à un aspect de l'événement traumatique.
    Humeur négative :
    1. Incapacité persistante de ressentir des émotions positives (par exemple, incapacité à éprouver du bonheur, de la satisfaction ou des sentiments affectueux).
    Symptômes dissociatifs :
    1. Altération du sens la réalité de son environnement ou de soi-même (par exemple, se voir à partir de la perspective de quelqu'un d'autre, être dans un état second, ralentissement du temps).
    2. Incapacité de se rappeler un aspect important de l'événement traumatique (typiquement en raison d'une amnésie dissociative et non d'autres facteurs tels que blessure à la tête, alcool ou drogues).
    Symptômes d'évitement :
    1. Efforts pour éviter les souvenirs, les pensées ou les sentiments pénibles à propos de, ou étroitement associés à l'événement traumatique.
    2. Efforts pour éviter les rappels externes (personnes, lieux, conversations, activités, objets, situations) qui éveillent des souvenirs, des pensées ou des sentiments pénibles à propos de, ou étroitement associés à l'événement traumatique.
    Symptômes d'activation :
    1. Perturbation du sommeil (par exemple, difficulté à s'endormir ou à rester endormi ou sommeil agité).
    2. Comportement irritable et crises de colère (avec peu ou pas de provocation), généralement exprimés sous forme d'agression verbale ou physique envers des personnes ou des objets.
    3. Hypervigilance.
    4. Problèmes de concentration.
    5. Réaction de sursaut exagérée.
  3. La durée de la perturbation (symptômes du critère B) est de 3 jours à 1 mois après l'exposition au traumatisme. Note : Les symptômes commencent généralement immédiatement après le traumatisme, mais leur persistance au moins 3 jours et jusqu'à un mois est nécessaire pour répondre aux critères du trouble.
  4. La perturbation entraîne une souffrance cliniquement significative ou une altération du fonctionnement dans les domaines sociaux, professionnels, ou autres domaines importants.
  5. La perturbation n’est pas imputable aux effets physiologiques d'une substance (par exemple, médicaments ou alcool) ou à une autre condition médicale (par exemple, une légère lésion cérébrale traumatique) et n'est pas mieux expliquée par un trouble psychotique bref.

Diagnostics de stress aigu et de trouble de l'adaptation

Un diagnostic d'état de stress post-traumatique est considéré si les symptômes persistent plus d'un mois.
Un diagnostic de trouble de l'adaptation est considéré,
  • lorsque la réponse à un événement traumatique ne rencontre pas tous les critères de l'état de stress aigu ;
  • ou lorsque l'exposition à un événement stressant ne correspond pas aux critères de l'exposition à un événement traumatique.

État de stress post-traumatique : définition, symptômes, diagnostic (DSM-5)

L'état de stress post-traumatique est un ensemble de symptômes caractéristiques qui se développe suite à l'exposition à un ou des événements traumatiques.
Selon les critères diagnostiques du DSM-5 (1), ces symptômes sont de quatre types :
  • la reviviscence ;
  • l'évitement ;
  • les altérations négatives persistantes dans les cognitions et l'humeur ;
  • l'hyper-réactivité.
Le diagnostic de stress post-traumatique ne peut être posé qu'un mois après l'exposition à un ou des événement(s) traumatique(s). Lorsque l'exposition est plus récente (3 jours à 1 mois), un diagnostic de stress aigu est considéré.
Voici les critères de stress post-traumatique. Ils s'appliquent aux enfants plus vieux que 6 ans, aux adolescents et aux adultes. Le manuel décrit des critères spécifiques pour les enfants plus jeunes.

Critères diagnostiques

L'expression « événement traumatique », plutôt que « un ou plusieurs », est utilisée afin d'alléger le texte.
  1. Résultat d’images pour post traumatiqueExposition à la mort, à des blessures graves, ou à la violence sexuelle, effectives ou potentielles, d'une (ou plusieurs) des façons suivantes :
    1. Vivre directement l'événement traumatique.
    2. Être témoin, en personne, de l'événement vécu par d'autres.
    3. Apprendre que l'événement traumatique a été vécu par un membre de la famille proche ou un ami proche. Note : En cas de décès ou de danger de décès d'un membre de la famille ou d'un ami, l'événement doit avoir été violent ou accidentel.
    4. Vivre une exposition répétée ou extrême aux détails pénibles de l'événement traumatique (par exemple, les premiers intervenants ou les policiers). Note : Le critère A4 ne s'applique pas à l'exposition par le biais des médias électroniques, de la télévision, de films ou de photos, à moins que cette exposition soit liée au travail.
  2. Présence d'un (ou plusieurs) des symptômes intrusifs suivants associés à l'événement traumatique, ayant débuté après ce dernier :
    1. Souvenirs pénibles récurrents, involontaires, et envahissants de l'événement traumatique. Note : Chez les enfants âgés de plus de 6 ans, il peut s'agir d'un jeu répétitif dans lequel des thèmes ou des aspects de l'événement traumatique sont exprimés.
    2. Rêves répétitifs pénibles dans lesquels le contenu et/ou l'affect sont liés à l'événement traumatique. Note : Chez les enfants, il peut s'agir de rêves effrayants sans contenu reconnaissable.
    3. Réactions dissociatives (flash-backs, par exemple) dans lesquelles l'individu se sent ou agit comme si l'événement traumatique se reproduisait. (De telles réactions peuvent survenir sur un continuum, l'expression la plus extrême étant une perte totale de conscience de l'environnement actuel.) Note : Chez les enfants, des reconstitutions du traumatisme peuvent se produire dans le jeu.
    4. Détresse psychologique intense ou prolongée à l'exposition à des indices internes ou externes évoquant ou ressemblant à un aspect de l'événement traumatique.
    5. Réactions physiologiques marquées à des indices internes ou externes évoquant ou ressemblant à un aspect de l'événement traumatique.
  3. Évitement persistant des stimuli associés à l'événement traumatique ayant débuté après ce dernier, comme en témoigne(nt) une ou les deux manifestations suivantes :
    1. Évitement ou efforts pour éviter les souvenirs, les pensées ou les sentiments pénibles à propos de, ou étroitement associés à, l'événement traumatique.
    2. Évitement ou efforts pour éviter les rappels externes (personnes, lieux, conversations, activités, objets, situations) qui éveillent des souvenirs, des pensées ou des sentiments pénibles à propos de, ou étroitement associés à, l'événement traumatique.
  4. Altérations négatives des cognitions et de l'humeur associées à l'événement traumatique, ayant débuté ou s'étant aggravées après ce dernier, comme en témoignent deux (ou plus) des manifestations suivantes :
    1. Incapacité de se rappeler un aspect important de l'événement traumatique (typiquement en raison d'une amnésie dissociative et non d'autres facteurs tels que blessure à la tête, alcool ou drogues).
    2. Croyances ou attentes négatives persistantes ou exagérées à propos de soi-même, des autres, ou du monde (par exemple, « Je suis mauvais », « On ne peut faire confiance à personne », « Le monde est complètement dangereux », « Mon système nerveux entier est définitivement ruiné ».
    3. Cognitions persistantes et déformées concernant la cause ou les conséquences de l'événement traumatique qui amènent l'individu à se blâmer ou à blâmer autrui.
    4. État émotionnel négatif persistant (par exemple, peur, horreur, colère, culpabilité ou honte).
    5. Diminution marquée de l'intérêt ou de la participation à des activités significatives.
    6. Sentiment de détachement ou d'éloignement des autres.
    7. Incapacité persistante de ressentir des émotions positives (par exemple, incapacité à éprouver du bonheur, de la satisfaction ou des sentiments affectueux).
  5. Altérations marquées dans l'activation et la réactivité associées à l'événement traumatique, ayant débuté ou s'étant aggravées après ce dernier, comme en témoignent deux (ou plus) des manifestations suivantes :
    1. Comportement irritable et crises de colère (avec peu ou pas de provocation) généralement sous forme d'agression verbale ou physique envers des personnes ou des objets.
    2. Comportement imprudent ou autodestructeur.
    3. Hypervigilance.
    4. Réaction de sursaut exagérée.
    5. Problèmes de concentration.
    6. Troubles du sommeil (par exemple, difficultés à s'endormir ou à rester endormi ou sommeil agité).
  6. Résultat d’images pour harvey hourraganLa durée de la perturbation (critères B, C, D, et E) est de plus que 1 mois.
  7. La perturbation entraîne une souffrance cliniquement significative ou une altération du fonctionnement dans les domaines sociaux, professionnels, ou autres domaines importants.
  8. La perturbation n'est pas imputable aux effets physiologiques d'une substance (par exemple, médicaments, alcool) ou d'une autre condition médicale.

Spécificateurs

Avec symptômes dissociatifs
Les symptômes rencontrent les critères d'un trouble de stress post-traumatique, et en plus, en réponse au stress, la personne vit des symptômes persistants et récurrents tels que l'une des manifestations suivantes :
  1. Dépersonnalisation : expériences persistantes ou récurrentes d'un sentiment de détachement, et d'être un observateur extérieur de ses processus mentaux ou corporels (par exemple, sentiment d'être dans un rêve ; sentiment d'irréalité de soi ou de son corps ou que le temps se déroule lentement).
  2. Déréalisation : expériences persistantes ou récurrentes d'irréalité de l'environnement (par exemple, l'environnement immédiat est vécu comme irréel, onirique, lointain, ou déformé).
Résultat d’images pour dégas ouragan harveyNote : Pour utiliser ce sous-type, les symptômes dissociatifs ne doivent pas être imputables aux effets physiologiques d'une substance (par exemple, intoxication alcoolique) ou à une autre condition médicale (par exemple, crises épileptiques partielles).
Avec expression retardée
Ce spécificateur est utilisé si tous les critères diagnostiques ne sont remplis que 6 mois après l'événement (bien que l'apparition et l'expression de certains symptômes puissent être immédiates).

Diagnostics de stress aigu et de trouble de l'adaptation

Un diagnostic d'état de stress aigu est posé si, de 3 jours à 1 mois après l'événement traumatique, tous les symptômes du stress post-traumatique sont rencontrés. Ce diagnostic est remplacé par celui de stress post-traumatique après un mois.
Un diagnostic de trouble de l'adaptation est considéré,
  • lorsque la réponse à un événement traumatique ne rencontre pas tous les critères de l'état de stress aigu ;
  • ou lorsque l'exposition à un événement stressant ne correspond pas aux critères de l'exposition à un événement traumatique.

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