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13 sept. 2017

Le virus Zika, une arme contre le cancer du cerveau

Le virus Zika, qui cause des dommages neurologiques aux fœtus, pourrait devenir un nouvel outil pour améliorer la survie de patients atteints d'un glioblastome. Une nouvelle étude montre en effet qu'il tue des cellules cancéreuses dans le cerveau de souris, sans s'attaquer aux cellules normales.

Ce qu'il faut retenir

  • Le virus Zika infecte les cellules neuroprogénitrices du cerveau.
  • Dangereux pour le fœtus, le virus pourrait aider à supprimer les cellules souches d'un redoutable cancer du cerveau chez l'adulte.
  • Le virus a montré son efficacité lors d'études réalisées in vitro et in vivo chez la souris.
Jusqu'à présent, le virus Zika était surtout considéré comme une menace, pas comme un remède. Mais une nouvelle recherche suggère qu'il pourrait aider à traiter un cancer agressif du cerveau : le glioblastome. Le traitement de ce cancer utilise une chirurgie suivie d'une chimiothérapie et d'une radiothérapie. Pourtant, souvent, cela ne suffit pas pour lutter contre ce cancer invasif dont la survie au diagnostic est de moins de deux ans.
Les traitements standard tuent la plupart des cellules tumorales mais laissent intactes les cellules souches du glioblastome. Or, ces dernières contribuent à l'agressivité de ce cancer car elles prolifèrent et résistent aux traitements. Et si le virus Zika était une solution pour se débarrasser de ces cellules souches ?
En effet, le virus Zika infecte le système nerveux central, notamment les cellules souches progénitrices. Chez les fœtus en cours de développement, l'infection par le virus Zika conduit à des dommages neurologiques importants, avec des malformations du cerveau. Mais chez l'adulte, l'infection ne semble pas avoir des effets aussi graves sur le cerveau.

Le saviez-vous ?

Le virus Zika est un flavivirus que l’on peut attraper par une piqûre de moustique. La plupart des personnes infectées ne présentent pas de symptômes, mais le virus pose de graves problèmes aux fœtus avant la naissance. Les bébés peuvent naître avec une tête anormalement petite et un cerveau insuffisamment développé : une microcéphalie.
Dans une nouvelle étude parue dans The Journal of Experimental Medicine, des chercheurs de l'UC San Diego School of Medicine et de la Washington University School of Medicine (Saint-Louis, États-Unis) expliquent que le virus cible et tue les cellules souches du cancer du cerveau. Pour cette étude, les scientifiques ont infecté des souris avec le Zika ou un placebo en injectant le virus directement dans les tumeurs de glioblastome. Deux semaines après l'injection, les tumeurs étaient significativement plus petites chez les souris traitées au Zika, qui ont survécu plus longtemps que les autres.

Si un moustique infecté transmet le Zika à une femme enceinte, le bébé risque de souffrir de microcéphalie. © whilerests, Fotolia


Le virus Zika s'attaque aux cellules souches du glioblastome

Le traitement au Zika semblait aussi fonctionner sur des cellules humaines. Les chercheurs ont infecté des tumeurs en culture avec une souche du virus : le virus a infecté et tué les cellules souches et évité les autres cellules tumorales. Le virus Zika s'attaque donc aux seules cellules souches. Ces résultats suggèrent qu'un traitement de chimiothérapie et de radiothérapie associé à une infection par le Zika pourrait donner des résultats intéressants.

“
Le virus Zika […] tue les cellules souches cancéreuses, qui ont tendance à être résistantes aux traitements standard.

Jeremy Rich, professeur de médecine à l'UC San Diego School of Medicine et coauteur principal de l'étude a expliqué dans un communiqué : « Le virus Zika cible spécifiquement les cellules neuroprogénitrices dans le cerveau du fœtus et de l'adulte. Notre recherche montre qu'il cible de manière sélective et tue les cellules souches cancéreuses, qui ont tendance à être résistantes aux traitements standard ».
Les chercheurs ont aussi mené des études en utilisant des tissus cérébraux de patients épileptiques et montré que le virus n'infectait pas les cellules non cancéreuses. Pour améliorer encore la sécurité de la technique, les chercheurs ont introduit deux mutations qui affaiblissent le virus. Quand ils ont testé la souche virale mutante et la souche originelle, la souche mutante pouvait toujours tuer des cellules cancéreuses mais elle était moins efficace que la souche d'origine.
L'idée d'injecter dans le cerveau des patients un virus connu pour causer des dommages au cerveau peut faire peur mais les chercheurs affirment que les cibles du virus (les cellules neuroprogénitrices) sont rares dans le cerveau adulte, contrairement au cerveau du fœtus.

Le virus Zika menacerait aussi le cerveau des adultes ? Pas si vite...

Une nouvelle recherche américaine suggère que le virus Zika, dangereux pour le cerveau des fœtus, pourrait aussi créer de graves dommages à celui des adultes. Cependant, l'étude a été réalisée sur des souris, et n'est donc pas forcément transposable à l'Homme.
Au début du développement embryonnaire, le cerveau est composé de cellules nerveuses progénitrices, des cellules souches qui peuvent donner des neurones. Or, le cerveau adulte contient aussi des zones avec de telles cellules souches, qui jouent un rôle important dans la mémoire et l'apprentissage. Grâce à la plasticité cérébrale, les cellules progénitrices servent à remplacer des neurones perdus ou endommagés à l'âge adulte.
Dans une recherche parue dans Cell Stem Cell, les chercheurs de l'université Rockefeller et de l'institut d'allergie et d'immunologie de La Jolla ont montré que le virus Zika infecte une région du cerveau adulte contenant des cellules progénitrices. Les travaux ont été réalisés chez la souris, où les cellules progénitrices se trouvent essentiellement dans deux régions du cerveau. Comme l'explique Joseph Gleeson, un des auteurs de ces travaux, « il était très clair que le virus n'affectait pas l'ensemble du cerveau de manière uniforme, comme on le voit chez le fœtus. Chez l'adulte, ce sont seulement ces deux populations qui sont très spécifiques aux cellules souches qui sont touchées par le virus ». Le cerveau des adultes serait donc lui aussi vulnérable au Zika, dans des régions importantes pour la mémoire et l'apprentissage.

Ces travaux sur le virus Zika soulèvent de nombreuses questions

Les chercheurs ont également montré que l'infection par le virus Zika était associée à la mort cellulaire et à une réduction de la genèse de nouveaux neurones. Des problèmes pour régénérer des neurones pourraient augmenter le risque de déclin cognitif et de pathologies comme la dépression et la maladie d'Alzheimer. 
Les chercheurs reconnaissent que les adultes en bonne santé peuvent aussi avoir une réponse immunitaire qui empêche l'attaque du virus. Mais des personnes au système immunitaire affaibli pourraient être plus fragiles vis-à-vis de cette infection. Ces travaux soulèvent de nombreuses questions : sont-ils transposables à l'Homme ? Les dommages observés sur les cellules progénitrices peuvent-ils avoir des conséquences à long terme et, si oui, lesquelles ? Des pertes de mémoire, de la dépression ? Ces cellules souches ne peuvent-elles pas se remettre de l'infection ? Autant de questions qui restent en suspens.
Le fantastique pouvoir des cellules souches  La jeunesse éternelle semble être une quête aussi ancienne que l’humanité. Il se pourrait que cette fontaine de jouvence tant convoitée se situe au cœur même de notre organisme, au sein des cellules souches. Discovery Science nous emmène à la découverte de ces étonnantes cellules en vidéo. 





20 févr. 2016

Zika et microcéphalie : des soupçons mais pas de certitude

Zika et microcéphalie : des soupçons mais pas de certitudeSelon des scientifiques, le lien direct fait au Brésil entre l’infection par le virus Zika chez de femmes enceintes et la microcéphalie de leurs bébés reste à démontrer car la simple présence du virus ne constitue pas une preuve qu’il soit à l’origine des malformations constatées mais seulement une probabilité qui reste à prouver. Quelques publications récentes rapportent des cas qui orientent vers un lien de cause à effet mais il est encore trop tôt pour conclure.
Les liens directs entre virus Zika chez les femmes enceinte et microcéphalie chez le foetus restent à démontrer
L’infection par le virus Zika s’est largement propagée en Amérique Latine en 2015. Rien qu’au Brésil, on estime le nombre des cas entre 440 000 et 1,3 millions de personnes dont des femmes enceintes. En même temps, 4 000 cas de microcéphalie ont été signalés dans ce pays, soit 20 fois plus qu’en temps normal. D’où l’hypothèse que ces cas de microcéphalie sont liées à l’infection pendant la grossesse par le virus Zika. Mais à ce jour, le lien direct et les mécanismes en cause restent à démontrer scientifiquement. Quelques publications récentes orientent néanmoins vers cette relation mais le nombre de cas est pour l’instant insuffisant pour affirmer le lien de cause à effet.

Un cas de microcéphalie avec présence de virus dans le cerveau

Image result for microcephalie drawingsDans la revue The New England Journal of Medicine, une équipe de scientifiques rapporte le cas d’une femme slovène de 25 ans travaillant depuis 2 ans comme volontaire dans le nord du Brésil. A l’époque, en 2015, et se retrouvant toujours au Brésil, cette femme tombe enceinte. Pendant la 13ème semaine de sa grossesse, elle présente un tableau de fièvre avec douleurs musculaires et une éruption faisant suspecter une infection par le virus Zika, qui sévissait dans cette région du Brésil mais elle n’a pas bénéficié de diagnostic virologique. Les échographies faites sur place à la semaine 14 et 20 de grossesse se sont avérées normales. La femme est rentrée en Slovénie à 28 semaines de gestation et une semaine plus tard elle passe une nouvelle échographie qui montre des anomalies non spécifiées, raison pour laquelle elle est adressée au département de périnatologie d’un hôpital. Une nouvelle ultrasonographie pratiquée à 32 semaines de grossesse montre cette-fois un retard de croissance du fœtus avec une microcéphalie et de nombreuses malformations cérébrales, notamment des calcifications, sans altération placentaire ni du liquide amniotique. En raison de ces anomalies et des antécédents d’une probable infection par le virus Zika, les médecins réalisent, avec le consentement de la patiente, une interruption médicale de grossesse à la semaine 32.
L’autopsie du bébé montre que les anomalies se limitent à la tête, sans qu’aucune autre anomalie n’ait été constatée dans le reste du corps. Outre la microcéphalie, de multiples malformations, notamment une dilatation ventriculaire et de nombreuses calcifications ainsi que des altérations cellulaires du cerveau sont constatées. Fait marquant, les examens immunologiques et au microscope électronique ont montré la présence du virus Zika à des concentrations très importantes (6,5x10è copies de ARN viral par milligramme de tissu cérébral), quantités bien supérieures à celles retrouvées dans le sang des personnes infectées par le virus Zika et similaires aux concentrations retrouvées dans le sperme. Plus surprenant encore, aucune trace du virus n’a été retrouvée dans le reste du corps du fœtus, ce qui est expliqué par les auteurs comme "un très forte tropisme du virus Zika pour le tissu cérébral". Mais pour les scientifiques, cette découverte n’explique pas le mécanisme pathogène du virus sur le cerveau. Par ailleurs, des examens à la recherche du virus dans le liquide amniotique ou le placenta n’ont pas été effectués.

Le virus détecté dans le liquide amniotique chez deux femmes

Dans un autre article publié dans la revue The Lancet Infectious Diseases, des auteurs rapportent la présence du virus Zika chez 2 femmes dont les fœtus avaient une microcéphalie. Les auteurs suggèrent que cette présence oriente sur la possibilité que le virus puisse traverser la barrière placentaire mais pour autant, cela ne constitue pas une preuve que le virus soit la cause de la microcéphalie.
Image result for microcephaly brazilLà encore, s’agissant de deux cas, les auteurs sont prudents et déclarent que pour l’instant, ce qui peut être avancé est la possibilité que le virus puisse passer du sang à travers le placenta pour atteindre le liquide amniotique et potentiellement infecter le fœtus. Le Dr Ana de Filippis, auteure principale de l’article déclare : "Cette étude ne peut pas déterminer si le virus Zika identifié dans le liquide amniotique de ces deux femmes était la cause de la microcéphalie constatée chez les fœtus, ni les mécanismes biologiques responsables, s’il y a un lien". Et de conclure que "d’autres travaux de recherche sont nécessaires pour élucider le plus rapidement ces questions".
Parallèlement, les Centres de contrôle et de prévention des maladies américains (Centers for Disease Control) ont annoncé qu’ils ont retrouvé le virus Zika chez 2 bébés microcéphaliques décédés au Bresil. Ils démarreront d’ici peu un programme avec les autorités de santé brésiliennes pour analyser et documenter une centaine de cas de microcéphalie survenus dans l’état de Paraiba.

Sources :
ICI
Mlakar J, Korva M, Tul N, Mraz J et al. Zika virus associated with microcephaly. N Engl J Med 2016 Feb 10 (disponible en ligne).

7 févr. 2016

Virus Zika : symptômes et traitements, tout savoir sur la maladie


Virus Zika : symptômes et traitements, tout savoir sur la maladie par Ohmymag
Le Brésil est de plus en plus inquiet face à la propagation du virus Zika et le reste de l'Amérique Latine se sent concerné par le problème. Mais doit-on craindre que le virus se répande ailleurs dans le monde ? Quels en sont les symptômes et les méthodes de traitement ?

Le virus Zika, c'est quoi ? Définition 

Abovirus (transmis par le moustique) de la même famille que la dengue, le Zika a été décrit pour la première fois en Ouganda, en 1947. Il tient d'ailleurs son nom de la forêt Zika dans le pays. On recense la première épidémie en Micronésie, dans les îles Yap, en 2007.

Transmission du Zika 

Ce sont les moustiques qui transmettent le Zika. L'un des plus propices à propager le virus est le redouté moustique-tigre, que l'on retrouve souvent dans le sud de la France. Symptômes du virus Zika Dans la plupart des cas, le Zika est asymptomatique. Seuls 18% des personnes infectées ressentent de véritables symptômes : on parle alors de fièvre Zika. Malheureusement, on ressent souvent la même chose que pour la plupart des arbovirus, ce qui rend le diagnostic difficile.

On peut recenser : 

- une éruption maculo-papuleuse : elle débute souvent au niveau du visage avant de se propager sur le reste du corps
- une céphalée : le mal de crâne est souvent accompagné de fortes fièvres et le patient peut ressentir des signes neurologiques (étourdissement, vertige, nausée, anorexie)
- une conjonctivite
- de l'arthrite qui peut aussi être simplement de l'arthralgie (terme générique désignant les douleurs articulaires)
- des symptômes digestifs : diarrhée, constipation, douleur abdominale
Tous ces symptômes disparaissent généralement au bout de 4 à 7 jours et pour le moment, aucun décès n'a été recensé. Toutefois, une conséquence de la maladie inquiète beaucoup les médecins : les femmes enceintes y sont particulièrement sensibles et cela provoque des cas de microcéphalie.
Il s'agit d'une maladie foetale qui empêche le cerveau du foetus de se développer, entraînant des dégâts neurologiques irréversibles et dans beaucoup de cas, la mort.

Traitement de la fièvre Zika 

Pour le moment, aucun traitement viral ou vaccin n'a vu le jour pour traiter la maladie. Dans la plupart des cas, on se sert de paracétamol pour soulager les symptômes. En revanche, l'aspirine et l'ibuprofène sont proscrits pour éviter un syndrome hémorragique.

Où se trouve le virus ? 

Le 28 janvier 2016, Marisol Touraine, la ministre de la Santé, a mis en garde les femmes enceintes lors d'un entretien avec France Info : "Des femmes qui sont en métropole sur le territoire français et qui ont prévu d'aller en Guyane, en Martinique ou dans les territoires d'outre-mer, si elles sont enceintes, je leur recommande de différer leur voyage. Il y a un enjeu de santé publique".
Avant 2014, le virus Zika était présent uniquement dans les régions tropicales d'Afrique ou d'Asie. Il serait arrivé au Brésil avec la Coupe du Monde de Football en 2014 et depuis, ne cesse de se propager. Le premier cas a été détecté en mai 2015 et les autorités brésiliennes affirment qu’entre 440.000 et 1,3 million de personnes auraient été touchées. D'autres cas ont été confirmés en Martinique et en Guyane. D'après Reuters, le Panama, le Venezuela, le Salvador, le Mexique, le Surinam, la République dominicaine, la Colombie, le Guatemala et le Paraguay seraient également touchés.
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Le virus Zika, une arme contre le cancer du cerveau

Le virus Zika, qui cause des dommages neurologiques aux fœtus, pourrait devenir un nouvel outil pour améliorer la survie de patients atteints d'un glioblastome. Une nouvelle étude montre en effet qu'il tue des cellules cancéreuses dans le cerveau de souris, sans s'attaquer aux cellules normales.

Ce qu'il faut retenir

  • Le virus Zika infecte les cellules neuroprogénitrices du cerveau.
  • Dangereux pour le fœtus, le virus pourrait aider à supprimer les cellules souches d'un redoutable cancer du cerveau chez l'adulte.
  • Le virus a montré son efficacité lors d'études réalisées in vitro et in vivo chez la souris.
Jusqu'à présent, le virus Zika était surtout considéré comme une menace, pas comme un remède. Mais une nouvelle recherche suggère qu'il pourrait aider à traiter un cancer agressif du cerveau : le glioblastome. Le traitement de ce cancer utilise une chirurgie suivie d'une chimiothérapie et d'une radiothérapie. Pourtant, souvent, cela ne suffit pas pour lutter contre ce cancer invasif dont la survie au diagnostic est de moins de deux ans.
Les traitements standard tuent la plupart des cellules tumorales mais laissent intactes les cellules souches du glioblastome. Or, ces dernières contribuent à l'agressivité de ce cancer car elles prolifèrent et résistent aux traitements. Et si le virus Zika était une solution pour se débarrasser de ces cellules souches ?
En effet, le virus Zika infecte le système nerveux central, notamment les cellules souches progénitrices. Chez les fœtus en cours de développement, l'infection par le virus Zika conduit à des dommages neurologiques importants, avec des malformations du cerveau. Mais chez l'adulte, l'infection ne semble pas avoir des effets aussi graves sur le cerveau.

Le saviez-vous ?

Le virus Zika est un flavivirus que l’on peut attraper par une piqûre de moustique. La plupart des personnes infectées ne présentent pas de symptômes, mais le virus pose de graves problèmes aux fœtus avant la naissance. Les bébés peuvent naître avec une tête anormalement petite et un cerveau insuffisamment développé : une microcéphalie.
Dans une nouvelle étude parue dans The Journal of Experimental Medicine, des chercheurs de l'UC San Diego School of Medicine et de la Washington University School of Medicine (Saint-Louis, États-Unis) expliquent que le virus cible et tue les cellules souches du cancer du cerveau. Pour cette étude, les scientifiques ont infecté des souris avec le Zika ou un placebo en injectant le virus directement dans les tumeurs de glioblastome. Deux semaines après l'injection, les tumeurs étaient significativement plus petites chez les souris traitées au Zika, qui ont survécu plus longtemps que les autres.

Si un moustique infecté transmet le Zika à une femme enceinte, le bébé risque de souffrir de microcéphalie. © whilerests, Fotolia


Le virus Zika s'attaque aux cellules souches du glioblastome

Le traitement au Zika semblait aussi fonctionner sur des cellules humaines. Les chercheurs ont infecté des tumeurs en culture avec une souche du virus : le virus a infecté et tué les cellules souches et évité les autres cellules tumorales. Le virus Zika s'attaque donc aux seules cellules souches. Ces résultats suggèrent qu'un traitement de chimiothérapie et de radiothérapie associé à une infection par le Zika pourrait donner des résultats intéressants.

“
Le virus Zika […] tue les cellules souches cancéreuses, qui ont tendance à être résistantes aux traitements standard.

Jeremy Rich, professeur de médecine à l'UC San Diego School of Medicine et coauteur principal de l'étude a expliqué dans un communiqué : « Le virus Zika cible spécifiquement les cellules neuroprogénitrices dans le cerveau du fœtus et de l'adulte. Notre recherche montre qu'il cible de manière sélective et tue les cellules souches cancéreuses, qui ont tendance à être résistantes aux traitements standard ».
Les chercheurs ont aussi mené des études en utilisant des tissus cérébraux de patients épileptiques et montré que le virus n'infectait pas les cellules non cancéreuses. Pour améliorer encore la sécurité de la technique, les chercheurs ont introduit deux mutations qui affaiblissent le virus. Quand ils ont testé la souche virale mutante et la souche originelle, la souche mutante pouvait toujours tuer des cellules cancéreuses mais elle était moins efficace que la souche d'origine.
L'idée d'injecter dans le cerveau des patients un virus connu pour causer des dommages au cerveau peut faire peur mais les chercheurs affirment que les cibles du virus (les cellules neuroprogénitrices) sont rares dans le cerveau adulte, contrairement au cerveau du fœtus.

Le virus Zika menacerait aussi le cerveau des adultes ? Pas si vite...

Une nouvelle recherche américaine suggère que le virus Zika, dangereux pour le cerveau des fœtus, pourrait aussi créer de graves dommages à celui des adultes. Cependant, l'étude a été réalisée sur des souris, et n'est donc pas forcément transposable à l'Homme.
Au début du développement embryonnaire, le cerveau est composé de cellules nerveuses progénitrices, des cellules souches qui peuvent donner des neurones. Or, le cerveau adulte contient aussi des zones avec de telles cellules souches, qui jouent un rôle important dans la mémoire et l'apprentissage. Grâce à la plasticité cérébrale, les cellules progénitrices servent à remplacer des neurones perdus ou endommagés à l'âge adulte.
Dans une recherche parue dans Cell Stem Cell, les chercheurs de l'université Rockefeller et de l'institut d'allergie et d'immunologie de La Jolla ont montré que le virus Zika infecte une région du cerveau adulte contenant des cellules progénitrices. Les travaux ont été réalisés chez la souris, où les cellules progénitrices se trouvent essentiellement dans deux régions du cerveau. Comme l'explique Joseph Gleeson, un des auteurs de ces travaux, « il était très clair que le virus n'affectait pas l'ensemble du cerveau de manière uniforme, comme on le voit chez le fœtus. Chez l'adulte, ce sont seulement ces deux populations qui sont très spécifiques aux cellules souches qui sont touchées par le virus ». Le cerveau des adultes serait donc lui aussi vulnérable au Zika, dans des régions importantes pour la mémoire et l'apprentissage.

Ces travaux sur le virus Zika soulèvent de nombreuses questions

Les chercheurs ont également montré que l'infection par le virus Zika était associée à la mort cellulaire et à une réduction de la genèse de nouveaux neurones. Des problèmes pour régénérer des neurones pourraient augmenter le risque de déclin cognitif et de pathologies comme la dépression et la maladie d'Alzheimer. 
Les chercheurs reconnaissent que les adultes en bonne santé peuvent aussi avoir une réponse immunitaire qui empêche l'attaque du virus. Mais des personnes au système immunitaire affaibli pourraient être plus fragiles vis-à-vis de cette infection. Ces travaux soulèvent de nombreuses questions : sont-ils transposables à l'Homme ? Les dommages observés sur les cellules progénitrices peuvent-ils avoir des conséquences à long terme et, si oui, lesquelles ? Des pertes de mémoire, de la dépression ? Ces cellules souches ne peuvent-elles pas se remettre de l'infection ? Autant de questions qui restent en suspens.
Le fantastique pouvoir des cellules souches  La jeunesse éternelle semble être une quête aussi ancienne que l’humanité. Il se pourrait que cette fontaine de jouvence tant convoitée se situe au cœur même de notre organisme, au sein des cellules souches. Discovery Science nous emmène à la découverte de ces étonnantes cellules en vidéo. 





Zika et microcéphalie : des soupçons mais pas de certitude

Zika et microcéphalie : des soupçons mais pas de certitudeSelon des scientifiques, le lien direct fait au Brésil entre l’infection par le virus Zika chez de femmes enceintes et la microcéphalie de leurs bébés reste à démontrer car la simple présence du virus ne constitue pas une preuve qu’il soit à l’origine des malformations constatées mais seulement une probabilité qui reste à prouver. Quelques publications récentes rapportent des cas qui orientent vers un lien de cause à effet mais il est encore trop tôt pour conclure.
Les liens directs entre virus Zika chez les femmes enceinte et microcéphalie chez le foetus restent à démontrer
L’infection par le virus Zika s’est largement propagée en Amérique Latine en 2015. Rien qu’au Brésil, on estime le nombre des cas entre 440 000 et 1,3 millions de personnes dont des femmes enceintes. En même temps, 4 000 cas de microcéphalie ont été signalés dans ce pays, soit 20 fois plus qu’en temps normal. D’où l’hypothèse que ces cas de microcéphalie sont liées à l’infection pendant la grossesse par le virus Zika. Mais à ce jour, le lien direct et les mécanismes en cause restent à démontrer scientifiquement. Quelques publications récentes orientent néanmoins vers cette relation mais le nombre de cas est pour l’instant insuffisant pour affirmer le lien de cause à effet.

Un cas de microcéphalie avec présence de virus dans le cerveau

Image result for microcephalie drawingsDans la revue The New England Journal of Medicine, une équipe de scientifiques rapporte le cas d’une femme slovène de 25 ans travaillant depuis 2 ans comme volontaire dans le nord du Brésil. A l’époque, en 2015, et se retrouvant toujours au Brésil, cette femme tombe enceinte. Pendant la 13ème semaine de sa grossesse, elle présente un tableau de fièvre avec douleurs musculaires et une éruption faisant suspecter une infection par le virus Zika, qui sévissait dans cette région du Brésil mais elle n’a pas bénéficié de diagnostic virologique. Les échographies faites sur place à la semaine 14 et 20 de grossesse se sont avérées normales. La femme est rentrée en Slovénie à 28 semaines de gestation et une semaine plus tard elle passe une nouvelle échographie qui montre des anomalies non spécifiées, raison pour laquelle elle est adressée au département de périnatologie d’un hôpital. Une nouvelle ultrasonographie pratiquée à 32 semaines de grossesse montre cette-fois un retard de croissance du fœtus avec une microcéphalie et de nombreuses malformations cérébrales, notamment des calcifications, sans altération placentaire ni du liquide amniotique. En raison de ces anomalies et des antécédents d’une probable infection par le virus Zika, les médecins réalisent, avec le consentement de la patiente, une interruption médicale de grossesse à la semaine 32.
L’autopsie du bébé montre que les anomalies se limitent à la tête, sans qu’aucune autre anomalie n’ait été constatée dans le reste du corps. Outre la microcéphalie, de multiples malformations, notamment une dilatation ventriculaire et de nombreuses calcifications ainsi que des altérations cellulaires du cerveau sont constatées. Fait marquant, les examens immunologiques et au microscope électronique ont montré la présence du virus Zika à des concentrations très importantes (6,5x10è copies de ARN viral par milligramme de tissu cérébral), quantités bien supérieures à celles retrouvées dans le sang des personnes infectées par le virus Zika et similaires aux concentrations retrouvées dans le sperme. Plus surprenant encore, aucune trace du virus n’a été retrouvée dans le reste du corps du fœtus, ce qui est expliqué par les auteurs comme "un très forte tropisme du virus Zika pour le tissu cérébral". Mais pour les scientifiques, cette découverte n’explique pas le mécanisme pathogène du virus sur le cerveau. Par ailleurs, des examens à la recherche du virus dans le liquide amniotique ou le placenta n’ont pas été effectués.

Le virus détecté dans le liquide amniotique chez deux femmes

Dans un autre article publié dans la revue The Lancet Infectious Diseases, des auteurs rapportent la présence du virus Zika chez 2 femmes dont les fœtus avaient une microcéphalie. Les auteurs suggèrent que cette présence oriente sur la possibilité que le virus puisse traverser la barrière placentaire mais pour autant, cela ne constitue pas une preuve que le virus soit la cause de la microcéphalie.
Image result for microcephaly brazilLà encore, s’agissant de deux cas, les auteurs sont prudents et déclarent que pour l’instant, ce qui peut être avancé est la possibilité que le virus puisse passer du sang à travers le placenta pour atteindre le liquide amniotique et potentiellement infecter le fœtus. Le Dr Ana de Filippis, auteure principale de l’article déclare : "Cette étude ne peut pas déterminer si le virus Zika identifié dans le liquide amniotique de ces deux femmes était la cause de la microcéphalie constatée chez les fœtus, ni les mécanismes biologiques responsables, s’il y a un lien". Et de conclure que "d’autres travaux de recherche sont nécessaires pour élucider le plus rapidement ces questions".
Parallèlement, les Centres de contrôle et de prévention des maladies américains (Centers for Disease Control) ont annoncé qu’ils ont retrouvé le virus Zika chez 2 bébés microcéphaliques décédés au Bresil. Ils démarreront d’ici peu un programme avec les autorités de santé brésiliennes pour analyser et documenter une centaine de cas de microcéphalie survenus dans l’état de Paraiba.

Sources :
ICI
Mlakar J, Korva M, Tul N, Mraz J et al. Zika virus associated with microcephaly. N Engl J Med 2016 Feb 10 (disponible en ligne).

Virus Zika : symptômes et traitements, tout savoir sur la maladie


Virus Zika : symptômes et traitements, tout savoir sur la maladie par Ohmymag
Le Brésil est de plus en plus inquiet face à la propagation du virus Zika et le reste de l'Amérique Latine se sent concerné par le problème. Mais doit-on craindre que le virus se répande ailleurs dans le monde ? Quels en sont les symptômes et les méthodes de traitement ?

Le virus Zika, c'est quoi ? Définition 

Abovirus (transmis par le moustique) de la même famille que la dengue, le Zika a été décrit pour la première fois en Ouganda, en 1947. Il tient d'ailleurs son nom de la forêt Zika dans le pays. On recense la première épidémie en Micronésie, dans les îles Yap, en 2007.

Transmission du Zika 

Ce sont les moustiques qui transmettent le Zika. L'un des plus propices à propager le virus est le redouté moustique-tigre, que l'on retrouve souvent dans le sud de la France. Symptômes du virus Zika Dans la plupart des cas, le Zika est asymptomatique. Seuls 18% des personnes infectées ressentent de véritables symptômes : on parle alors de fièvre Zika. Malheureusement, on ressent souvent la même chose que pour la plupart des arbovirus, ce qui rend le diagnostic difficile.

On peut recenser : 

- une éruption maculo-papuleuse : elle débute souvent au niveau du visage avant de se propager sur le reste du corps
- une céphalée : le mal de crâne est souvent accompagné de fortes fièvres et le patient peut ressentir des signes neurologiques (étourdissement, vertige, nausée, anorexie)
- une conjonctivite
- de l'arthrite qui peut aussi être simplement de l'arthralgie (terme générique désignant les douleurs articulaires)
- des symptômes digestifs : diarrhée, constipation, douleur abdominale
Tous ces symptômes disparaissent généralement au bout de 4 à 7 jours et pour le moment, aucun décès n'a été recensé. Toutefois, une conséquence de la maladie inquiète beaucoup les médecins : les femmes enceintes y sont particulièrement sensibles et cela provoque des cas de microcéphalie.
Il s'agit d'une maladie foetale qui empêche le cerveau du foetus de se développer, entraînant des dégâts neurologiques irréversibles et dans beaucoup de cas, la mort.

Traitement de la fièvre Zika 

Pour le moment, aucun traitement viral ou vaccin n'a vu le jour pour traiter la maladie. Dans la plupart des cas, on se sert de paracétamol pour soulager les symptômes. En revanche, l'aspirine et l'ibuprofène sont proscrits pour éviter un syndrome hémorragique.

Où se trouve le virus ? 

Le 28 janvier 2016, Marisol Touraine, la ministre de la Santé, a mis en garde les femmes enceintes lors d'un entretien avec France Info : "Des femmes qui sont en métropole sur le territoire français et qui ont prévu d'aller en Guyane, en Martinique ou dans les territoires d'outre-mer, si elles sont enceintes, je leur recommande de différer leur voyage. Il y a un enjeu de santé publique".
Avant 2014, le virus Zika était présent uniquement dans les régions tropicales d'Afrique ou d'Asie. Il serait arrivé au Brésil avec la Coupe du Monde de Football en 2014 et depuis, ne cesse de se propager. Le premier cas a été détecté en mai 2015 et les autorités brésiliennes affirment qu’entre 440.000 et 1,3 million de personnes auraient été touchées. D'autres cas ont été confirmés en Martinique et en Guyane. D'après Reuters, le Panama, le Venezuela, le Salvador, le Mexique, le Surinam, la République dominicaine, la Colombie, le Guatemala et le Paraguay seraient également touchés.
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