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20 nov. 2013

MESURE ALTERNATIVE À LA CONTENTION ET À L’ISOLEMENT CHEZ LES PERSONNES ÂGÉES HOSPITALISÉES OU EN CENTRE D’HÉBERGEMENT

Au Québec, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a mis de l’avant certaines initiatives pour diminuer l’utilisation des mesures de contention et d’isolement (1). Les orientations du MSSS visent à ce que la contention et l’isolement soient utilisés comme mesures de sécurité uniquement en dernier recours et dans un contexte de risque imminent. Cette position est en conformité avec l’article 118.1 de la Loi sur les services de santé et les services sociaux (L.R.Q., chapitre S-4.2) qui stipule que « la force, l’isolement, tout moyen mécanique ou toute substance chimique ne peuvent être utilisés, comme mesure de contrôle d’une personne dans une installation maintenue par un établissement, que pour l’empêcher de s’infliger ou d’infliger à autrui des lésions ». Cependant, malgré les initiatives du MSSS et celles d’autres groupes (2), on constate que l’efficacité, la sécurité et l’utilité des mesures alternatives à la contention et à l’isolement (aussi appelées mesures de remplacement) sont à préciser. Bien qu’il insiste sur l’utilisation des mesures alternatives, le MSSS ne s’est pas positionné clairement sur leur efficacité et leur sécurité pas plus que sur les mesures à privilégier. L’implantation des mesures alternatives à la contention et à l’isolement représente un défi dans les hôpitaux, dans les centres de santé et de services sociaux (CSSS) ainsi que dans les autres milieux de soins au Québec. Dans ce contexte, un mandat d’évaluation des mesures alternatives à la contention et à l’isolement a été confié à l’Unité d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé (UETMIS) du Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ). La demande a été formulée par la Table en Évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé (ETMIS) du Réseau universitaire intégré de santé de l’Université Laval (RUIS-UL). Le lit bas peut-il être une mesure alternative valable pour la prévention des chutes et la diminution du recours à la contention chez les personnes âgées hospitalisées ou en centre d’hébergement ? Les lits bas sont-ils efficaces et sécuritaires comme mesure : a. alternative à la contention chez les personnes âgées hospitalisées ou en centre d’hébergement ? b. de prévention pour réduire le risque de blessures en cas de chute chez les personnes âgées hospitalisées ou en centre d’hébergement ? Selon le MSSS, une contention est « une mesure de contrôle qui consiste à empêcher ou à limiter la liberté de mouvement d’une personne en utilisant la force humaine, un moyen mécanique ou en la privant d’un moyen qu’elle utilise pour pallier un handicap » (3). L’isolement se définit comme « une mesure de contrôle qui consiste à confiner une personne dans un lieu, pour un temps déterminé, d’où elle ne peut sortir librement » (3). Les mesures alternatives sont définies comme étant des « stratégies d’intervention faisant appel aux compétences et à la créativité des intervenants et qui permettent d’éviter de recourir à la contention ou à l’isolement » (3). Les chutes chez les personnes âgées représentent un problème majeur et fréquemment rencontré (4). Dans plusieurs cas, elles peuvent causer des blessures graves et diminuer l’autonomie des personnes âgées (5). Au Québec, entre 2000 et 2003, le risque de faire une chute entraînant l’hospitalisation était évalué à 1157 pour 100 000 personnes âgées (6). Parmi les adultes de 65 ans et plus, le nombre de chutes ayant entraîné une hospitalisation au cours de cette période a été de 12 033 (6). Les principaux facteurs de risque de chute dans cette population sont de nature accidentelle ou en lien avec leur environnement, issus de troubles d’équilibre et de la démarche, attribuables à des vertiges ou à des étourdissements (5). Des études ont évalué l’utilisation de programmes d’intervention multifactoriels ciblés sur la prévention des chutes chez les personnes âgées hospitalisées (7-9). Les plans d’intervention impliquent en général plusieurs spécialistes tels que des infirmières, des physiothérapeutes, des ergothérapeutes et des médecins, ainsi que de nombreuses interventions visant à réduire le risque de chute (p. ex. supervision accrue, modification du plan thérapeutique, ajustement de la hauteur du lit, exercices pour augmenter la mobilité). Les auteurs d’une revue systématique publiée en 2008 ont conclu qu’il n’y avait pas de preuve de l’efficacité des programmes de prévention multifactoriels à réduire les chutes (10). Le risque de chute chez les personnes âgées peut également être estimé à l’aide d’une grille d’évaluation (4). Cet outil sert à identifier les individus les plus à risque de chuter à partir de certaines caractéristiques telles que l’historique des chutes du patient, ses déficits sensoriels, ses difficultés motrices ainsi que son état médical et psychologique (4). Plusieurs modes d’intervention existent pour prévenir les risques de blessures associés aux chutes chez les personnes âgées dont les ridelles de lits, les ceintures abdominales et pelviennes ainsi que les tablettes au fauteuil. Afin de pallier à l’utilisation de ces mesures de contention, l’une des alternatives proposées pour prévenir les chutes chez la clientèle âgée hospitalisée ou en centre d’hébergement est l’utilisation de lits bas. Un lit dont la hauteur est peu élevée diminuerait la gravité des chutes et, possiblement, les conséquences sérieuses comme les fractures de hanches. Par ailleurs, la réduction de la hauteur du lit demanderait un effort physique plus important aux patients, ce qui pourrait représenter un obstacle pour ces derniers à se lever seul sans aide (11). Plusieurs auteurs ont déjà recommandé les lits bas comme mesure préventive pour les chutes et les blessures (12, 13). Le lit bas comme alternative à la contention et pour la prévention des chutes : une efficacité non démontrée La recherche documentaire effectuée a permis de retracer une seule étude ayant évalué l’utilisation des lits bas, en comparaison avec des lits conventionnels, et ce, pour la prévention des chutes chez les personnes âgées hospitalisées ou en centre d’hébergement (14). Cet ECR en grappes n’a pas permis de démontrer l’efficacité ou l’inefficacité de l’utilisation des lits bas comparativement aux lits conventionnels. On peut par contre se questionner à savoir si le devis expérimental mené par Haines et al. permettait de répondre adéquatement à l’objectif de l’étude. En effet, il n’est pas possible de déterminer avec l’information disponible si les lits bas ont été attribués aux patients qui présentaient un risque élevé de chute. Il n’était pas possible non plus d’établir la hauteur minimale des lits conventionnels utilisés dans les unités de soins qui, dans le cas présent, pourrait représenter un facteur confondant. La hauteur du lit au moment de la chute des patients est un autre facteur qui n’a pas été documenté par les auteurs. Le nombre de lits bas distribués par unité, soit un ratio de un pour douze lits conventionnels, pourrait également avoir été trop faible pour qu’il soit possible d’observer une différence dans l’incidence des chutes. De nouvelles études devraient être effectuées afin de statuer sur les bénéfices réels des lits bas pour la prévention des chutes chez les personnes âgées hospitalisées ou en centre d’hébergement. Ces recherches devraient être élaborées de manière à mieux répondre aux interrogations concernant l’efficacité et la sécurité des lits bas. Il existe plusieurs études sur la prévention des chutes dans lesquelles des interventions multifactorielles ont été utilisées, certaines incluant l’utilisation de lits bas (21, 22). En général, certaines des interventions évaluées dans ces études sont similaires mais rarement ou jamais en totalité. Par conséquent, le bénéfice attribuable à chacune des interventions, incluant les lits bas, de même que la clientèle à qui elle pourrait bénéficier le plus sont alors difficiles à déterminer (11). Certaines études ont démontré des taux de succès variables pour les programmes d’intervention multifactoriels sur la prévention des chutes chez les personnes âgées hospitalisées (7-9). En fait, les auteurs d’une revue systématique ont conclu qu’il n’y avait pas de preuve que ces programmes de prévention de chutes réduisaient leur nombre (10). La recherche documentaire sur les lits bas comme alternative à la contention n’a pas permis de répertorier d’étude ayant spécifiquement porté sur ce sujet. Cependant, des intervenants des établissements de santé et de services sociaux et du MSSS ont développé un cadre de référence pour l’élaboration des protocoles d’application des mesures de contrôle (16). Dans le rapport, le groupe propose des alternatives aux côtés de lits (ridelles). Ils recommandent de privilégier l’utilisation d’équipements de remplacement moins contraignants et plus sécuritaires, par exemple un matelas avec rebord surélevé, l’ajout de rouleaux de chaque côté de la personne, l’abaissement du lit plus près du sol et l’emploi d’un détecteur de mouvement (16). Éléments à considérer pour la prise de décision concernant l’introduction de lits bas Le patient Les personnes âgées vivant en centre d’hébergement de longue durée ont un risque plus élevé de chuter que celles qui vivent dans la communauté, l’incidence de chutes étant de 33 % supérieure dans cette population (23). Selon Rubenstein et al. (2008), les conséquences d’une chute chez une personne âgée sont accrues en raison de leur grande susceptibilité aux blessures (5). L’apparition de changements physiologiques attribuables à l’âge, dont des réflexes de protection plus lents et une prévalence élevée de maladies comme l’ostéoporose, sont d’autres éléments rendant les personnes âgées plus vulnérables aux chutes (5). Les personnes âgées ayant subi une chute avec blessure vont en général nécessiter un temps prolongé de récupération. Elles se retrouvent donc dans une période de déconditionnement qui a pour conséquence d’augmenter le risque de faire une nouvelle chute (5). Les intervenants La Commission de la santé et de la sécurité au travail a évalué que les efforts excessifs sont à l’origine de 55 % des lésions indemnisées dans les centres d’hébergement du Québec (30). On estime que dans près de la moitié des situations (47 %), le client était l’agent causal (30). La moitié des blessures sont localisées à la région dorsale. L’impact potentiel sur la santé du personnel relié à l’utilisation des lits bas dans l’environnement de travail devrait être évalué au regard des risques de blessures. En effet, bien que ces lits soient ajustables en hauteur, le risque de blessures, par exemple au dos, demeure présent pour les intervenants qui doivent soulever des patients de façon répétitive (21, 31). La compression lombaire peut différer selon le type de tâche à accomplir (p. ex. tourner le patient dans le lit, aider le patient à se lever, repositionner le patient dans son lit) et exiger ainsi des hauteurs variables de lits afin de permettre une exécution du travail en toute sécurité. Le risque potentiel de blessures chez le personnel devrait être examiné par l’équipe de santé et sécurité au travail de l’établissement dans le but d’établir les caractéristiques des lits médicaux à privilégier, dont la hauteur, pour assurer la sécurité des travailleurs. Les caractéristiques des lits bas Plusieurs organismes internationaux et canadiens ont publié des politiques de prévention des risques de chutes qui incluent l’utilisation de lit bas parmi les alternatives recommandées (18, 20, 32, 33). Cependant, aucun document ne décrit de manière précise la hauteur minimale à respecter pour définir ce qu’est un lit bas, en incluant ou non le matelas. Les recommandations se limitent principalement à une mention d’utiliser un lit bas ou un lit situé plus près du sol (7, 16). Ces recommandations s’appuient généralement sur l’hypothèse qu’un lit dont la hauteur se situe près du sol réduirait l’énergie cinétique développée par un patient lors d’une chute entrainant ainsi un risque moindre de blessures graves (14). Toutefois, cette hypothèse n’a pas été confirmée par des données probantes. Plusieurs fabricants de lits médicaux qualifient leur lit de « bas » lorsque celui-ci peut descendre à une hauteur de 18 à 30 cm à partir du sol jusqu’au sommier. Certains lits médicaux dits « conventionnels » peuvent également descendre jusqu’à 30 cm du sol et pourraient aussi être considérés dans la catégorie des lits bas. Les établissements de soins Dans les établissements de santé, l’abaissement du taux de chutes chez les personnes âgées jusqu’au risque zéro ne peut être accompli que par l’utilisation de mesures restrictives pour le patient, dont les conséquences ont pour effets de brimer son intimité, sa dignité, son autonomie et même sa durée de vie (11). L’objectif des hôpitaux et des centres d’hébergement est donc de tendre vers un risque le plus faible possible de chutes ayant des conséquences graves. L’utilisation d’alternatives aux mesures de contention selon une approche multifactorielle avec un plan d’intervention individualisé apparait souhaitable comme stratégies à déployer dans ce contexte particulier de soins. Quelques inconvénients ont été rapportés avec l’utilisation des lits bas. Des difficultés en lien avec le positionnement du lit ont été observées, par exemple, certains modèles ne permettant pas de placer un patient en position de Trendelenburg2 (34). Cette restriction serait particulièrement contraignante pour la clientèle orthopédique. Haines et al. (2010) mentionnent que le personnel d’un site ayant participé à leur étude avait éprouvé des difficultés lors de déplacements avec ce type de lit. Une attention particulière devrait donc être apportée à ces éléments techniques lors d’un processus d’acquisition de lit bas. Les données probantes ne permettent pas de se prononcer sur l’efficacité ou l’inefficacité des lits bas comme mesure visant à diminuer le taux de chutes ou comme alternative à la contention. Le choix des lits médicaux utilisés en centre d’hébergement ou dans les hôpitaux devrait tenir compte des caractéristiques et des besoins des patients et faciliter les interventions du personnel afin de diminuer les risques de blessures au travail. Dans cette optique, afin de répondre à la majorité de la clientèle, les modèles de lits médicaux offrant un plus large intervalle de hauteur minimale et maximale devraient être privilégiés.

localisation anatomique de la contention physique
modalité de contention
Indications et justifications
main
mitaine
éviter les lésions de grattage au cours des épisodes de prurit, éviter l'arrachage des vêtements ou des dispositifs palliatifs utilisés dans la prise en charge de l'incontinence urinaire et/ou fécale.
poignet
bracelet
éviter l'arrachage d'une perfusion ou d'un autre dispositif invasif (Galindo-Ciocon, 1993) (Leith et al. 1999) : sonde urinaire, sonde nasogastrique, poche de colostomie, sonde d'intubation trachéale, sonde de trachéotomie, sonde nasopharyngée ou lunettes nasales pour oxygénothérapie en ventilation spontanée, pansement, suture chirurgicale, cathéter veineux périphérique ou central. Ajoutons-y : drain, lame, cathéter artériel, sonde d'entraînement électrosystolique.
membre supérieur
attelles
maintien d'une perfusion intraveineuse.
cage thoracique
veste, gilet, ceinture abdominale placée sous les aisselles,
maintien forcé au fauteuil, maintien du buste par la veste en cas d'incapacité à maintenir la rectitude du tronc. Dans une enquête effectuée en 1998 en Australie, Retsas (Retsas et al. (2), 1998) trouve que la veste est le moyen de contention le plus utilisé en institution (25,3 % des cas parmi 2516 personnes âgées contenues par des moyens physiques).
latéralement sur l'ensemble du corps
barrières de lit, ridelles (au Québec), côtés de lit,
risque de chute du lit lors d'un mouvement nocturne ou d'une tentative pour se lever. Une autre justification est la demande du patient quant à son autonomie pour se mobiliser. En effet, certains résidents s'aident des barrières avec leurs membres supérieurs, en particulier pour le maintien et les retournements du corps lors des soins ou encore pour disposer des objets : commande du lit, sonnette. Cette dernière possibilité est aussi appréciée positivement par les soignants.
abdomen
ceinture abdominale ou drap,
maintien forcé au fauteuil.
pelvis
ceinture pelvienne,
maintien forcé au fauteuil, possibilité de dissimulation sous les habits, préservation de la liberté de la partie supérieure du corps, possibilité de s'aider de ce dispositif pour les transferts passifs ou assistés.
au-dessus des cuisses
table ou adaptable fixés ou bloqués en regard du fauteuil ou de la chaise, barre de maintien au fauteuil, butée centrale sur le siège, inclinaison postérieure de l'assise.
maintien forcé au fauteuil par impossibilité de se lever.
face postérieure des cuisses et creux poplités
traversin fixé dans un drap, au fauteuil, sous les genoux,
pourrait limiter le glissement (Benteyn et al. 2000)
chevilles
attaches sous la forme de bracelets
malade agité, en particulier en soins aigus, ou bien pour une attitude agressive utilisant les membres inférieurs
toutes localisations
attaches, courroies, bandes,
attaches possibles au niveau des jambes, bras ou taille (Lejeune et al. 2000)
lit de type Alzheimer,
impossibilité de se lever du lit
grenouillère.
éviter le déshabillage itératif et manipulation des excrétions.
contentions physiques atypiques "cachées" ou "déguisées"souliers enlevés, lunettes ôtées, canne ou déambulateur enlevés.limiter ou empêcher la mobilité.

CLASSIFICATION
selon la volonté du patientcontention demandée par le patient ("je veux ma ceinture") telle une ceinture de sécurité d'une automobile : contention douce ?
contention acceptée par le patient ("il paraît qu'il me la faut")
contention refusée par le patient ("enlevez moi ça !")
selon la situation du patientcontention au fauteuil
contention au lit
selon l'apparence de la contentioncontention sous la forme d'un dispositif apparent : ceinture, harnais...
contention "déguisée" ou indirecte : lit ou fauteuil dont il est impossible de s'extraire ou de se relever.
selon les grandes indications retenues par l'algorithme de l'ANAES en octobre 2000 (page 29) et par l'algorithme des recommandations de bonnes pratiques de soins en EHPAD en octobre 2007.risque de chutes (à mon avis indication excessive). Je préfère : chutes fréquentes, graves, immédiates dès le lever du fauteuil
déambulation excessive (à mon avis indication excessive)
agitation  (à mon avis indication excessive)
agressivité (à mon avis indication excessive)
selon la situation du service de soinsnombre insuffisant de personnels
formation insuffisante des personnels, en particulier dans la méconnaissance des recommandations

Les facteurs favorisant ou défavorisant la contention au fauteuil :


favorisant la contention
défavorisant la contention
fauteuil
(Benteyn et al. 2000)
 
 
 
assise du fauteuil
plate, glissante, trop étroite, trop large ou trop profonde, trop dure, non réglable en inclinaison : ce dernier facteur est déterminant dans le confort et la stabilité passive du résident au fauteuil.
réglable en inclinaison et en hauteur, confortable
coussin sur l'assise
pas de coussin ou bien présence d'un coussin inconfortable, inadapté, glissant sur l'assise.
coussin confortable, prévu spécifiquement pour cet usage, avec répartition correcte de la pression (type antiescarres à plots ou alvéoles, au mieux de type ergonomique), ne glissant pas sur l'assise. Un dispositif antiglisse entre l'assise et le coussin peut être essayé mais il existe un risque de placement inversé qui entraîne une chute.
marchepied
dont la forme ne permet pas l'appui à plat des pieds, à réglage unidirectionnel, fixe en hauteur, autorisant la bascule du fauteuil en cas d'appui important du résident.
de volume régulier, réglable dans les plans de l'espace, escamotable en cas d'appui important du résident
repose-bras
non réglables en hauteur, permettant la glisse du membre supérieur entre le dossier du fauteuil et le repose-bras, durs, inconfortables
réglables, confortables, ne laissant pas d'espace significatif avec le dossier du fauteuil.
cale-troncs et cale-têtes
absents ou inadaptés
présents et réglables
stratégie de maintien au fauteuil

égale pour tous les résidents, de durée relativement longue
adaptée à chaque résident, éventuellement de durée très courte. Un malaise est toujours possible dans les minutes suivant la mise au fauteuil. La fatigue survient parfois en quelques dizaines de minutes.
personnel

peu nombreux, peu formé
assez nombreux, sensibilisé, formé (Bradley et al. 1995) (Middleton et al. 1999), sensible à la responsabilité éthique, ayant de la dignité du résident une notion opposée à la contention

pas d'animation proposée
l'animation permet une occupation et une surveillance implicite dans l'intérêt des résidents
direction

peureuse, démagogue, incompétente, absente
formée, dynamique, présente
familles

non informées des risques de la contention, absence d'objectifs de service clairement communiqués, en particulier lors de l'entrée du résident
politique ouverte, informative, non démagogique, dynamique, avec des discussions fréquentes.

CONCLUSION :
Le problème des contentions connaît un intérêt nouveau, dominé par les recommandations nationales et internationales, ainsi que par le développement des unités spécialisées dans la prise en charge et l'accompagnement des déments déambulants.

2 juil. 2013

La méthadone

Qu’est-ce que la méthadone ?

La méthadone est une substance de la famille des opioïdes. Depuis les années 1960, on l’utilise pour aider les personnes qui ont une dépendance aux drogues de la même famille : les opioïdes synthétiques, comme la codéine, et les opioïdes naturels (appelés « opiacés »), comme la morphine et l’héroïne.
La méthadone est disponible dans les cliniques de désintoxication spécialisées; elle peut aussi être prescrite par un médecin de famille et délivrée par un pharmacien communautaire conformément à la réglementation canadienne. Le traitement de maintien à la méthadone est offert en priorité aux femmes enceintes et aux personnes qui sont porteuses du VIH ou du virus de l’hépatite C afin de réduire les risques de l’opiomanie pour ces personnes et pour leurs contacts.
La méthadone est aussi utilisée pour les traitements de la douleur chronique et les soins palliatifs
Protocole methadone ICI

Comment fonctionne la méthadone ?

La méthadone remplace l’opioïde dont on est dépendant. Elle empêche la manifestation des symptômes de sevrage et diminue l’état de manque. Elle n’a pas d’effet sur la capacité de travailler, d’étudier ou de prendre soin d’une famille.
On prescrit d’habitude une dose toutes les 24 heures. Lorsque la méthadone est diluée dans du jus, elle n’a pas d’effet euphorisant et ne modifie pas le processus mental, mais elle supprime l’effet euphorisant de l’héroïne et d’autres opioïdes, ce qui rend ces drogues beaucoup moins intéressantes. La méthadone donne de meilleurs résultats quand on combine le traitement avec du counseling en toxicomanie.

Pourquoi en a-t-on besoin ?

La méthadone permet aux opiomanes de stabiliser et d’améliorer leur vie et leur santé en général. Il s’agit d’une approche de réduction des méfaits qui réduit ou élimine les conséquences personnelles néfastes de l’opiomanie. Tous les opiomanes ne sont pas dépendants de drogues illicites; certains sont dépendants d’analgésiques prescrits pour soulager des douleurs chroniques.
Les femmes enceintes qui consomment des opioïdes ont besoin de méthadone pour protéger la vie du bébé à naître, car le traitement de maintien à la méthadone élimine les effets néfastes des opioïdes pour la femme enceinte, et par conséquent pour son bébé (pour en savoir plus, consultez la FAQ intitulée Quels sont les effets de l’alcool et de la drogue pendant la grossesse ?). La méthadone est sans danger pour le bébé et ne cause pas de maladies ou de malformations congénitales.
Les consommateurs d’opioïdes qui sont infectés par le VIH ou le virus de l’hépatite C peuvent prendre de la méthadone pour protéger leur santé et réduire le risque de propager leur infection en partageant des aiguilles pour s’injecter de la drogue.
La communauté en général retire aussi certains avantages des traitements de maintien à la méthadone, car ceux-ci réduisent les activités criminelles liées à la drogue et préviennent la transmission des maladies.

La méthadone est-elle sûre ?

Lorsqu’on respecte la posologie, la méthadone est très sûre et ne cause aucun dommage physique ou mental, même si on en prend une dose quotidienne pendant de nombreuses années. Par contre, la méthadone est un médicament puissant qui peut être extrêmement dangereux s’il n’est pas pris correctement.

Combien de temps dure le traitement à la méthadone ?

Le traitement à la méthadone dure aussi longtemps qu’il est nécessaire. Certains dispensateurs de soins de santé favorisent une désintoxication à court terme : la personne dépendante est stabilisée grâce à la méthadone, puis on diminue progressivement les doses sur une période d’un à six mois. Certaines personnes prennent de la méthadone sur une longue période (parfois pendant 20 ans). Qu’on l’utilise à court ou à long terme, des études ont montré que le traitement de maintien à la méthadone est le plus efficace contre la dépendance aux opioïdes.

Autres ressources

29 août 2011

La mort volontaire * Enjeux * Suicide assisté

Manon Brunelle
Le 11 juin 2004, cette Québécoise s’est rendue à Zurich en Suisse afin d’être assistée dans son suicide par l’Association pour une mort digne, connue sous le nom de Dignitas. Atteinte de sclérose en plaques et confinée dans une chambre d’un centre de soins de longue durée, elle souffre de solitude, de perte d’autonomie et d’un sentiment profond d’inutilité. Se voyant dépérir et parfaitement lucide, elle décide de mourir et engage sa démarche auprès de Dignitas. Pour son ultime voyage en Suisse, elle se fera accompagner par l’animateur Benoît Dutrisac et le réalisateur André St-Pierre. Cet accompagnement a donné lieu à la création d’un documentaire Manon où la protagoniste raconte sa vie, sa maladie, sa douleur, sa solitude et sa colère. Manon y explique sa décision: «La seule personne qui pouvait savoir si elle devait partir, si elle pouvait partir, si c’était légalement admissible de partir, c’était moi. C’est moi qui souffre depuis trente-cinq ans. C’est long, c’est très, très long. Je ne suis plus capable vraiment plus capable. S’ils me refusaient chez Dignitas, ce serait la carotide.» Manon témoigne de son bonheur: «C’est le jour. Le grand jour. Le tant attendu. J’ai tellement hâte de ne plus avoir mal nulle part. Je crois rêver. Sans blague. C’est le plus beau jour de ma vie.»






Benoit Dutrizac est coanimateur de l'émission Les francs-tireurs. Avec le réalisateur André Saint-Pierre, il signe un documentaire-choc sur les neuf derniers mois de la vie d'une femme. Manon Brunelle décide de mettre fin à ses jours à Zurich, en Suisse, dans une clinique où le suicide assisté est décriminalisé.

Benoit Dutrizac raconte comment Manon Brunelle l'a contacté et pourquoi elle voulait en finir avec la vie. «Elle voulait surtout ne pas être oubliée. Elle voulait prendre la parole au moins une dernière fois et surtout avoir le contrôle sur la fin de ses jours. C'est là que la dignité entre en jeu», décrit Benoit Dutrizac.

Réplique:

Suicide assisté - Manon, tu méritais beaucoup mieux

Yvon Bureau - Québec  11 décembre 2004 
 
Manon Brunelle, tu as choisi d'aller mourir en Suisse, le 11 juin 2004. Accompagnée par une équipe de professionnels des médias télévisuels.

À Télé-Québec, le 18 novembre dernier, en te regardant terminer ta vie, j'ai ressenti de la tristesse et de la honte ainsi que beaucoup de questionnements. En bref, tu méritais un mourir plus beau et plus noble.

Parce que tu étais ex-réalisatrice adjointe, j'aurais préféré que tu réalises ton mourir ou que tu «vives ton euthanasie», comme tu dis, autrement. Tu méritais beaucoup mieux, toi, Manon, ainsi que tes proches et tes lointains proches. Voici des scénarios de fin de vie qui t'auraient davantage honorée au bout de ta vie douloureuse et souffrante dans les circonstances actuelles en CHSLD.

Premier scénario

Toujours avec ton style très coloré, tu aurais annoncé à tes proches et à tes soignants que, bien éclairée, lucide et libre, tu mets un terme à ta fin de vie. À ta façon bien à toi, tu organises et tu fais tes adieux. Tu écris et tu mets au dossier une note écrite pour officialiser ton choix et donner tes directives. Tu demandes à être placée sous médicaments antidouleur, au besoin s'il vous plaît.

Une fois sans douleur et à l'aise, tu arrêtes de prendre tous tes autres médicaments, tu cesses de t'alimenter et de t'hydrater. Au besoin, tu peux aussi demander des somnifères. Tu es accompagnée par les personnes de ton choix. Enfin, tu désignes un mandataire pour faire respecter tes directives précises de fin de vie au cas où ta lucidité te quitterait; en désignant un mandataire avec des directives bien précises, tu fais acte d'amour, de responsabilité et de générosité.

En tout temps, tu sais que tu peux toujours renoncer à ton projet. Si ton choix est maintenu, tu meurs ainsi, dans ton pays, dans ta chambre ou chez quelqu'un de ton choix. Tout cela, sans les douleurs et les nombreux inconvénients d'un voyage à l'étranger, en milieu étrange, aidée étrangement. Ainsi, tu meurs, selon la loi et la morale du Québec, par le refus et la cessation des traitements, par la prise de médicaments efficaces contre les douleurs et pour un mieux-être.

Deuxième scénario

Tu mets fin à tes jours sans mettre la vie psychologique et physique des autres en danger. Tu ne demandes ni aide ni encouragement à qui que ce soit, seulement de l'accompagnement pour ne pas mourir dans la solitude. T'accompagneront seulement des personnes libres de le faire, en accord avec leur conscience et leur humanité.

Des écrits secondent solidement ton choix et ton geste; ainsi, dans ces circonstances exceptionnelles, tu prends bien soin de toi ainsi que des autres. Bien sûr, tu auras au préalable donné tes directives écrites de non-intervention, de non-réanimation, de non-envoi à l'hôpital. Les moyens choisis seront appropriés et respectueux des autres; la prise de médicaments terminaux que tu te seras procurés clandestinement ou l'injection par soluté semblera de circonstance. Enfin, tu auras assumé par écrit toute responsabilité et dégagé ainsi tes accompagnateurs.

Troisième scénario (futuriste)

Tu as attendu en 2005 pour mourir. Le gouvernement canadien a modifié au début de cette année l'alinéa 241b) du Code criminel en y apportant une exception. Par un vote très majoritaire, à l'exemple des sondages canadiens en faveur de l'aide au mourir irréversible et volontaire, les parlementaires ont voté lucidement, courageusement et avec compassion en faveur de cette exception. N'est plus coupable d'un acte criminel et passible d'un emprisonnement maximal de 14 ans quiconque aide à mourir une personne en fin irréversible de vie, à sa demande expresse, éclairée et libre, soit par suicide assisté, soit par euthanasie, pratiqués dans un cadre strict et sécuritaire.

Tu demandes et tu trouves des professionnels de la santé qui acceptent de te permettre de vivre ton euthanasie, comme tu dis. Après tes actions déterminées, responsables et généreuses pour créer le moins d'ennuis aux personnes qui t'accompagneront et t'aideront, lucide et libre jusqu'à la fin, tu reçois un somnifère par injection. Bien installée dans un fauteuil ou dans le lit de ton choix, bien entourée, de près ou de loin, à ton choix, toujours selon tes choix, tu t'endors.

Avant ce sommeil, tu sais que tu peux changer d'idée. Si tu persistes, tu vas dormir calmement, profondément, sereinement même, je l'espère. Une vingtaine de minutes plus tard suivra l'injection d'un paralysant neuromusculaire qui entraînera un arrêt respiratoire. Doucement et calmement, tout ton corps se détendra de plus en plus et rendra son âme.

Exceptionnellement, respectant un cadre précis et strict, tu auras vécu ainsi une euthanasie volontaire, un mourir bien, libre, digne et, d'une certaine façon, beau. Accompagnée. Dans ton pays. Loin de la tourmente. Loin des caméras. Près de toi, de tes proches, de ta liberté ultime et de ton destin.

Manon, j'aurais tellement aimé qu'on trouve des médicaments pour mettre fin à toutes tes douleurs et que les souffrances s'éloignent de toi. Bien plus, j'aurais souhaité que le CHSLD ait enfin les budgets pour te donner les soins et services requis en abondance. Enfin, à la télévision, nous t'aurions vu continuer à vivre, pouvant apprécier enfin la vie, ta vie.

25 août 2011

L’accompagnement: de la fin de vie aux derniers instants

Tout le monde est confronté, tôt ou tard, à la mort d’un proche. Dans le cas d’une maladie, beaucoup se pose la question de savoir comment bien accompagner son parent en fin de vie. Obsèques-Infos.com répond à vos questions.

La famille et la fin de vie

En tant que parent, il est difficile de gérer et d’accompagner un proche en fin de vie. A l’annonce d’une maladie, la famille peut être tout aussi affectée que le malade. Pour la personne malade, l’annonce de la maladie est généralement prise comme une désillusion, comme une mort imminente ou du moins, une confrontation violente celle-ci. Pour la famille, cette annonce peut être tout aussi difficile à entendre car elle s’imagine perdre son parent dans des délais assez rapides. Quoi qu’il en soit, il est important pour la famille de ne pas trop montrer son désarroi, sa tristesse puisque le malade aura besoin d’épaules solides sur lesquelles s’appuyer.
Egalement, la famille se doit de considérer la personne malade comme un homme avant tout. En aucun cas son statut ne doit prendre le dessus sur son rang social. Si il s’agit d’un père ou d’une mère de famille, il est important de l’intégrer dans les décisions à prendre pour la famille afin qu’il puisse, lui aussi, sortir de ce statut pesant.
Aussi, l’écoute est très primordiale. Les proches du malade doivent être à son écoute mais sans pour autant plaindre la situation dans laquelle il est, ce qui ne ferait qu’aggraver son état moral. La personne malade a généralement quelques difficultés à conserver son équilibre morale : les soins, les traitements, l’hôpital… ont une conséquence directe sur la santé morale d’où l’importance de ne pas le considérer comme un malade, de lui redonner la dignité et la confiance en lui qu’il peut avoir perdu. Face aux contradictions auxquelles le malade peut faire face, il faut savoir rester simple et toujours à l’écoute tout en respectant son avis et sa liberté.

Les derniers instants

L’accompagnement d’un proche en toute fin de vie est l’accompagnement le plus difficile. En effet, il nécessite que l’accompagnant soit une personne forte car celle-ci sera confrontée brutalement à la mort. C’est une position difficile à adopter dans la mesure où s’il s’agit d’un proche, il sera directement affecté par son décès et ne pourra que très difficilement s’en détacher alors que la personne en fin de vie a besoin d’un accompagnant fort moralement.
En fait, l’accompagnement des derniers instants est un travail d’équipe dans lequel le corps médical joue un rôle primordial. Il permet à la famille, et notamment à l’accompagnant, d’être un peu plus soulagé ou rassuré. Le corps médical permet d’introduire une pause, un moment de répit dans ce moment complexe.
Les médecins préviennent généralement la famille lorsque le décès est imminent. Cependant, il est possible que la personne en fin de vie ne décède pas directement. S’en suit alors une situation émotionnelle complexe pour la famille, puisqu’elle est plongée entre la mort et la vie, l’espoir et la résignation, l’attente et la douleur.
Le corps médical peut aussi suspendre les traitements médicamenteux si le patient en demande l’interruption. En effet, la loi précise que les médecins peuvent cesser les soins thérapeutiques lorsque le patient est en fin de vie et que ces derniers n’auront plus aucun effet bénéfiques sur la personne malade.

La relation soignant/malade

La relation entre le soignant et le malade est une relation à la fois particulière et privilégiée. En effet, entre ces derniers, c’est une relation de confiance qui s’instaure : le patient doit avoir confiance en son soignant pour que sa maladie lui apparaisse comme moins pénible. Cette confiance est donc très importante dans la mesure où si elle est absente, le patient pourra se retrouver dans un état dépressif, subissant davantage sa maladie que la combattant. Un soignant ne doit jamais considéré un malade, même en fin de vie, comme s’il était déjà décédé. Même à un stade très avancé de la maladie, c’est toujours la vie qui prime sur la mort.
On peut considérer qu’aujourd’hui, les conditions de traitements sont beaucoup plus performante qu’autrefois et donc que le décès intervient en ultime recours, quand plus aucun traitement ou opération ne peut allonger la durée de vie du patient. Il semble indispensable de préciser que, comme le désigne son nom, le soignant est là pour soigner, c’est pourquoi les questions concernant l’euthanasie sont très complexes à aborder à la fois pour le corps médical comme pour la société en général.
Au point de vue législatif, la fin de vie est très règlementée. La loi du 22 Avril 2005 relative à la fin de vie ne légalise pas l’euthanasie mais indique que les traitements ne doivent pas être poursuivis dans une « obstination déraisonnable ». Elle indique également que des anti-douleurs peuvent être administrés à un patient en fin de vie, même si ces derniers écourte la vie du malade.

Un regard difficile et marquant sur la mort

Les derniers instants de vie d’un proche sont souvent insoutenables pour la famille de ce dernier. L’aspect de la personne en fin de vie peut changer et parfois être choquant pour la famille. Le plus percutant est souvent la couleur de la peau, qui devient cireuse. Ces moments sont les plus ardus à supporter pour la famille mais ce sont aussi ceux qui seront à la base du travail de deuil. (lien avec l’article travail du deuil) car ils constituent les premiers adieux à la personne malade. Egalement, lors de ces instants pénibles, les liens entre les différents membres de la famille sont forts et restent souvent gravés à vie dans la mémoire de chacun d’où l’importance de ne faire aucun faux pas.
Depuis toujours, l'être humain s'interroge sur la mort. Bien qu'on accepte généralement le caractère inévitable de la mort, la peur de l'inconnu demeure omniprésente dans les échanges de vues sur la question. Diverses sociétés, en puisant dans leurs traditions religieuses ou culturelles, ont tâché d'apaiser ces craintes afin de rendre moins difficiles les derniers moments de la vie. Toutefois, l'avènement de la technologie médicale moderne et l'usage plus répandu de mesures artificielles de soutien de la vie font qu'aujourd'hui, beaucoup de gens ne craignent plus tant la mort elle-même que le passage de la vie à la mort.
Ces dernières années, des événements largement médiatisés ont incité de nombreux Canadiens à réfléchir aux décisions de fin de vie, en les sensibilisant à l'importance de mieux préparer cette dernière étape.
Une série de jugements des tribunaux canadiens a établi le droit des personnes à prendre certaines décisions concernant leur propre traitement médical. La jurisprudence a consolidé le droit de l'individu à refuser un traitement ou à demander son interruption, notamment la décision rendue en 1992 dans l'affaire Nancy B. Dans cette cause, la Cour supérieure du Québec a accordé à une femme saine d'esprit qui souffrait d'une maladie neurologique incurable la privant de tout mouvement, le syndrome de Guillain-Barré, la permission de faire débrancher son respirateur au moment de son choix. Cet arrêt a incité les législatures provinciales qui ne l'avaient pas fait à envisager et à adopter des mesures législatives concernant les directives préalables, les testaments de vie et la prise de décisions au nom d'autrui.
Plus récemment, l'attention s'est portée sur l'aide au suicide et l'euthanasie. En 1993, dans l'arrêt Sue Rodriguez, la Cour suprême du Canada a examiné la question de savoir si l'interdiction de l'aide au suicide prévue dans le Code criminel allait à l'encontre de la Charte canadienne des droits et libertés . La majorité des juges (cinq contre quatre) s'est prononcée en faveur du maintien de l'interdiction, mais le débat public continue.
Dans des sondages effectués ces dernières années, il ressort constamment que les gens veulent de plus en plus contrôler les derniers moments de leur vie; toutefois, il n'est pas toujours évident que les personnes interrogées comprenaient bien la nature exacte des questions abordées.
En 1993, l'Association médicale canadienne, constatant qu'elle avait un rôle à jouer dans le débat, a publié une série de cinq documents qui avaient un double objectif : «informer les médecins canadiens au sujet des aspects déontologiques, juridiques et sociaux de l'euthanasie et de l'aide au suicide» et «présenter le point de vue des médecins à cet égard aux patients, à d'autres professionnels de la santé, aux décideurs publics et aux universitaires».(1) Bien qu'ils semblent divisés en ce qui concerne l'aide au suicide et l'euthanasie, les membres de l'Association continuent d'étudier la question.
C'est dans ce contexte qu'un comité sénatorial spécial, constitué le 23 février 1994, a entrepris d'«examiner, pour en faire rapport, les questions juridiques, sociales et éthiques liées à l'euthanasie et à l'aide au suicide». Le Comité a entendu des témoins de toutes les régions du Canada pendant 14 mois, en plus de recevoir des centaines de lettres et de mémoires, ce qui laisse supposer que les points de vue exprimés constituent un échantillon représentatif. Cela n'a toutefois pas facilité la tâche de dégager un consensus. Même si les membres du Comité ont réussi à s'entendre sur de nombreux aspects de la pratique médicale et des soins de santé, leurs avis sont partagés sur les questions plus délicates de l'aide au suicide et de l'euthanasie.
L'étude effectuée pourra servir à tous les parlementaires qui seront appelés à débattre de la question sans partisanerie et à participer à un vote libre au Parlement. Le Comité espère en outre aider le public à mieux comprendre ce sujet très complexe, son objectif ayant été simplement de préparer le terrain en vue du vaste débat national qui se tiendra au cours des mois et des années à venir.
Ce rapport est une étape préliminaire du long processus auquel participeront les Canadiens désireux de trouver des solutions aux problèmes qu'il soulève. La façon dont nous réagirons à ces problèmes, en tant que collectivité, aura une profonde influence sur la vie et la mort de tous les Canadiens et marquera l'ensemble de notre société pendant de nombreuses années.

21 août 2011

Ces instants précieux (Documentaire) et "C'est la vie" (Film)

Ces instants précieux (Vidéo)Chaque jour des équipes soignantes accompagnent des patients jusqu’au terme de leur vie. Dans ce film, vous entendrez leurs témoignages, et ceux de nombreux malades. Parmi eux, ce patient atteint du sida ou cette jeune femme arrivée avec une demande d’euthanasie et qui, une fois ses douleurs physiques traitées, a redécouvert l’amitié et des raisons d’espérer : « il ne faut pas écouter forcément le malade qui vous dit : « arrêtez tout » (…) je ne savais pas qu’il y avait des gens capables de vraiment aimer, et de comprendre… »
L’approche de la mort révèle souvent notre ambivalence comme le souligne ce médecin qui cite La Rochefoucault : « on ne peut à la fois regarder en face le soleil et la mort ».





ACCOMPAGNER LA FIN DE VIE - "Ces Instants... par exaltavit

Le grave sujet de l’euthanasie est abordé dans ce film : « il y a euthanasie si le patient se sent totalement rejeté de l’espace des vivants. Mais derrière cette demande, il y a profondément inscrit dans le cœur des malades cette question : est-ce que vous m’aimez encore ? »
Ce film n’apporte pas de réponses simples, il essaie d’aller au cœur des questions sur la souffrance, l’amour, la mort. Il montre le travail de ces hommes et de ces femmes soignants et bénévoles, la qualité de leur regard et les réponses qu’ils apportent à ces malades en fin de vie.
Le film « Ces instants précieux » a été salué par des publics nombreux dans les grandes villes de France. Il est destiné à la plus large diffusion notamment auprès des professionnels de la santé.

L’euthanasie en question A la suite du film « Ces instants Précieux », vous pourrez assister à un débat de fond sur la question de l’euthanasie.
Ce débat réunit le Dr Marie-Sylvie Richard (Médecin Chef de Service Jeanne Garnier), Martine Ruszniewski (Psychologue Pitié-Sapétrière), Mireille Noury (Surveillante Jeanne Garnier et Christian Recchia ( Bénévole Jeanne Garnier).





Notre avis:
Un documentaire au coeur des unités de soins palliatifs

Film à signaler:
C'est la vie


Réalisé par :Jean-Pierre Améris
Avec :Jacques Dutronc, Sandrine Bonnaire, Emmanuelle Riva, Jacques Spiesser, Annie Grégorio...

Durée: 1h53min


C'est la vie
L'histoire
Dimitri rejoint La Maison, un lieu où sont accueillies des personnes pour qui la médecine ne peut plus rien. Il y rencontre Suzanne, une bénévole qui se consacre à l'accompagnement des personnes en fin de vie.
Cette jeune femme lumineuse, pleine de vie, cache derrière sa disponibilité aux uns et aux autres un secret, une fêlure. Lui qui n'attendait plus rien, va vivre dans cette maison plus pleinement qu'il n'a jamais vécu.
Le temps d'un accompagnement, Dimitri et Suzanne vont s'aimer et s'aider l'un l'autre.



C’est la vie - Bande annonce FR par _Caprice_

11 août 2011

Soins palliatifs et de fin de vie

Les soins palliatifs représentent une approche pour soigner les personnes atteintes d'une maladie qui met leur vie en danger, peu importe leur âge. Ces soins visent à assurer le confort et la dignité des personnes au seuil de la mort, tout en maximisant la qualité de vie des patients, de leur famille et de leurs proches.

Les soins palliatifs correspondent aux divers aspects des soins prodigués en fin de vie, c'est-à-dire :
  • la gestion du soulagement de la douleur et des autres symptômes;
  • l'apport d'un soutien social, psychologique, culturel, émotif, spirituel et pratique;
  • la prestation d'une aide aux personnes soignantes;
  • l'offre d'un soutien en période de deuil.
Les soins palliatifs sont parfois appelés soins terminaux ou soins de fin de vie. Dans certains cas, ces termes sont interchangés ou combinés. Dans d'autres cas, ils font référence à différents types de services ou de fournisseurs de services. Pour obtenir des exemples de définitions et d'appellations différentes, nous vous invitons à visiter le site Web de Le lien suivant vous amène à une autre site Web l'Association canadienne de soins palliatifs et celui de Le lien suivant vous amène à une autre site Web l'Organisation mondiale de la santé (OMS) (disponible en anglais seulement).
La portée des soins palliatifs et de fin de vie s'étend à la prestation directe de soins auprès des patients, de leur famille et de leurs proches. Ces soins comprennent également l'éducation et la formation des personnes soignantes, la recherche, la surveillance et la défense d'intérêts. Rappelons que les personnes, les familles, les collectivités, le secteur privé et les gouvernements jouent tous un rôle important dans le domaine des soins palliatifs et de fin de vie.

Ressources disponibles





Soins palliatifs, témoignages par pallianet

Dans la présente section, vous trouverez des renseignements sur les soins palliatifs et les soins de fin de vie dispensés au Canada, et notamment de l'information sur la prestation des services et l'engagement du gouvernement fédéral à cet égard. Vous trouverez également des liens vous menant à des publications sur les soins palliatifs et de fin de vie offerts au Canada, ainsi que des ressources connexes.
Les soins palliatifs sont des soins actifs délivrés dans une approche globale de la personne atteinte d'une maladie grave, évolutive ou terminale. L’objectif des soins palliatifs est de soulager les douleurs physiques et les autres symptômes, mais aussi de prendre en compte la souffrance psychologique, sociale et spirituelle.
Les soins palliatifs et l'accompagnement sont interdisciplinaires. Ils s'adressent au malade en tant que personne, à sa famille et à ses proches, à domicile ou en institution. La formation et le soutien des soignants et des bénévoles font partie de cette démarche.
Les soins palliatifs ont pour mission de soulager la douleur afin d'améliorer la qualité de fin de vie des patients par une prise en charge pluridisciplinaire.
Ainsi, un traitement médical ou chirurgical peut être indiqué pour un patient en soin palliatif, si ce traitement permet de soulager un symptôme inconfortable.
Le traitement de la douleur et le traitement des symptômes inconfortables (nausées, constipation ou encore anxiété) sont des composantes essentielles de la phase palliative.
Ils ont pour objet une vaste prise en charge de la personne malade, tant sur un plan médical, en soulageant les douleurs ou toute source d'inconfort, en préservant la dignité de la personne, dans l'accompagnement des difficultés psychologiques, du malade et de sa famille. Les autres aspects, notamment religieux, spirituels, ou même sociaux, sont pris en compte. Les proches sont aussi accompagnés dans leur processus de deuil. L'esprit est aussi de préserver le patient d'investigations ou de traitements déraisonnables (c'est-à-dire l'acharnement thérapeutique), au sens où ils ne pourront apporter d'amélioration.


Maison des soins palliatifs de Laval from Ikebana productions on Vimeo.
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MESURE ALTERNATIVE À LA CONTENTION ET À L’ISOLEMENT CHEZ LES PERSONNES ÂGÉES HOSPITALISÉES OU EN CENTRE D’HÉBERGEMENT

Au Québec, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a mis de l’avant certaines initiatives pour diminuer l’utilisation des mesures de contention et d’isolement (1). Les orientations du MSSS visent à ce que la contention et l’isolement soient utilisés comme mesures de sécurité uniquement en dernier recours et dans un contexte de risque imminent. Cette position est en conformité avec l’article 118.1 de la Loi sur les services de santé et les services sociaux (L.R.Q., chapitre S-4.2) qui stipule que « la force, l’isolement, tout moyen mécanique ou toute substance chimique ne peuvent être utilisés, comme mesure de contrôle d’une personne dans une installation maintenue par un établissement, que pour l’empêcher de s’infliger ou d’infliger à autrui des lésions ». Cependant, malgré les initiatives du MSSS et celles d’autres groupes (2), on constate que l’efficacité, la sécurité et l’utilité des mesures alternatives à la contention et à l’isolement (aussi appelées mesures de remplacement) sont à préciser. Bien qu’il insiste sur l’utilisation des mesures alternatives, le MSSS ne s’est pas positionné clairement sur leur efficacité et leur sécurité pas plus que sur les mesures à privilégier. L’implantation des mesures alternatives à la contention et à l’isolement représente un défi dans les hôpitaux, dans les centres de santé et de services sociaux (CSSS) ainsi que dans les autres milieux de soins au Québec. Dans ce contexte, un mandat d’évaluation des mesures alternatives à la contention et à l’isolement a été confié à l’Unité d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé (UETMIS) du Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ). La demande a été formulée par la Table en Évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé (ETMIS) du Réseau universitaire intégré de santé de l’Université Laval (RUIS-UL). Le lit bas peut-il être une mesure alternative valable pour la prévention des chutes et la diminution du recours à la contention chez les personnes âgées hospitalisées ou en centre d’hébergement ? Les lits bas sont-ils efficaces et sécuritaires comme mesure : a. alternative à la contention chez les personnes âgées hospitalisées ou en centre d’hébergement ? b. de prévention pour réduire le risque de blessures en cas de chute chez les personnes âgées hospitalisées ou en centre d’hébergement ? Selon le MSSS, une contention est « une mesure de contrôle qui consiste à empêcher ou à limiter la liberté de mouvement d’une personne en utilisant la force humaine, un moyen mécanique ou en la privant d’un moyen qu’elle utilise pour pallier un handicap » (3). L’isolement se définit comme « une mesure de contrôle qui consiste à confiner une personne dans un lieu, pour un temps déterminé, d’où elle ne peut sortir librement » (3). Les mesures alternatives sont définies comme étant des « stratégies d’intervention faisant appel aux compétences et à la créativité des intervenants et qui permettent d’éviter de recourir à la contention ou à l’isolement » (3). Les chutes chez les personnes âgées représentent un problème majeur et fréquemment rencontré (4). Dans plusieurs cas, elles peuvent causer des blessures graves et diminuer l’autonomie des personnes âgées (5). Au Québec, entre 2000 et 2003, le risque de faire une chute entraînant l’hospitalisation était évalué à 1157 pour 100 000 personnes âgées (6). Parmi les adultes de 65 ans et plus, le nombre de chutes ayant entraîné une hospitalisation au cours de cette période a été de 12 033 (6). Les principaux facteurs de risque de chute dans cette population sont de nature accidentelle ou en lien avec leur environnement, issus de troubles d’équilibre et de la démarche, attribuables à des vertiges ou à des étourdissements (5). Des études ont évalué l’utilisation de programmes d’intervention multifactoriels ciblés sur la prévention des chutes chez les personnes âgées hospitalisées (7-9). Les plans d’intervention impliquent en général plusieurs spécialistes tels que des infirmières, des physiothérapeutes, des ergothérapeutes et des médecins, ainsi que de nombreuses interventions visant à réduire le risque de chute (p. ex. supervision accrue, modification du plan thérapeutique, ajustement de la hauteur du lit, exercices pour augmenter la mobilité). Les auteurs d’une revue systématique publiée en 2008 ont conclu qu’il n’y avait pas de preuve de l’efficacité des programmes de prévention multifactoriels à réduire les chutes (10). Le risque de chute chez les personnes âgées peut également être estimé à l’aide d’une grille d’évaluation (4). Cet outil sert à identifier les individus les plus à risque de chuter à partir de certaines caractéristiques telles que l’historique des chutes du patient, ses déficits sensoriels, ses difficultés motrices ainsi que son état médical et psychologique (4). Plusieurs modes d’intervention existent pour prévenir les risques de blessures associés aux chutes chez les personnes âgées dont les ridelles de lits, les ceintures abdominales et pelviennes ainsi que les tablettes au fauteuil. Afin de pallier à l’utilisation de ces mesures de contention, l’une des alternatives proposées pour prévenir les chutes chez la clientèle âgée hospitalisée ou en centre d’hébergement est l’utilisation de lits bas. Un lit dont la hauteur est peu élevée diminuerait la gravité des chutes et, possiblement, les conséquences sérieuses comme les fractures de hanches. Par ailleurs, la réduction de la hauteur du lit demanderait un effort physique plus important aux patients, ce qui pourrait représenter un obstacle pour ces derniers à se lever seul sans aide (11). Plusieurs auteurs ont déjà recommandé les lits bas comme mesure préventive pour les chutes et les blessures (12, 13). Le lit bas comme alternative à la contention et pour la prévention des chutes : une efficacité non démontrée La recherche documentaire effectuée a permis de retracer une seule étude ayant évalué l’utilisation des lits bas, en comparaison avec des lits conventionnels, et ce, pour la prévention des chutes chez les personnes âgées hospitalisées ou en centre d’hébergement (14). Cet ECR en grappes n’a pas permis de démontrer l’efficacité ou l’inefficacité de l’utilisation des lits bas comparativement aux lits conventionnels. On peut par contre se questionner à savoir si le devis expérimental mené par Haines et al. permettait de répondre adéquatement à l’objectif de l’étude. En effet, il n’est pas possible de déterminer avec l’information disponible si les lits bas ont été attribués aux patients qui présentaient un risque élevé de chute. Il n’était pas possible non plus d’établir la hauteur minimale des lits conventionnels utilisés dans les unités de soins qui, dans le cas présent, pourrait représenter un facteur confondant. La hauteur du lit au moment de la chute des patients est un autre facteur qui n’a pas été documenté par les auteurs. Le nombre de lits bas distribués par unité, soit un ratio de un pour douze lits conventionnels, pourrait également avoir été trop faible pour qu’il soit possible d’observer une différence dans l’incidence des chutes. De nouvelles études devraient être effectuées afin de statuer sur les bénéfices réels des lits bas pour la prévention des chutes chez les personnes âgées hospitalisées ou en centre d’hébergement. Ces recherches devraient être élaborées de manière à mieux répondre aux interrogations concernant l’efficacité et la sécurité des lits bas. Il existe plusieurs études sur la prévention des chutes dans lesquelles des interventions multifactorielles ont été utilisées, certaines incluant l’utilisation de lits bas (21, 22). En général, certaines des interventions évaluées dans ces études sont similaires mais rarement ou jamais en totalité. Par conséquent, le bénéfice attribuable à chacune des interventions, incluant les lits bas, de même que la clientèle à qui elle pourrait bénéficier le plus sont alors difficiles à déterminer (11). Certaines études ont démontré des taux de succès variables pour les programmes d’intervention multifactoriels sur la prévention des chutes chez les personnes âgées hospitalisées (7-9). En fait, les auteurs d’une revue systématique ont conclu qu’il n’y avait pas de preuve que ces programmes de prévention de chutes réduisaient leur nombre (10). La recherche documentaire sur les lits bas comme alternative à la contention n’a pas permis de répertorier d’étude ayant spécifiquement porté sur ce sujet. Cependant, des intervenants des établissements de santé et de services sociaux et du MSSS ont développé un cadre de référence pour l’élaboration des protocoles d’application des mesures de contrôle (16). Dans le rapport, le groupe propose des alternatives aux côtés de lits (ridelles). Ils recommandent de privilégier l’utilisation d’équipements de remplacement moins contraignants et plus sécuritaires, par exemple un matelas avec rebord surélevé, l’ajout de rouleaux de chaque côté de la personne, l’abaissement du lit plus près du sol et l’emploi d’un détecteur de mouvement (16). Éléments à considérer pour la prise de décision concernant l’introduction de lits bas Le patient Les personnes âgées vivant en centre d’hébergement de longue durée ont un risque plus élevé de chuter que celles qui vivent dans la communauté, l’incidence de chutes étant de 33 % supérieure dans cette population (23). Selon Rubenstein et al. (2008), les conséquences d’une chute chez une personne âgée sont accrues en raison de leur grande susceptibilité aux blessures (5). L’apparition de changements physiologiques attribuables à l’âge, dont des réflexes de protection plus lents et une prévalence élevée de maladies comme l’ostéoporose, sont d’autres éléments rendant les personnes âgées plus vulnérables aux chutes (5). Les personnes âgées ayant subi une chute avec blessure vont en général nécessiter un temps prolongé de récupération. Elles se retrouvent donc dans une période de déconditionnement qui a pour conséquence d’augmenter le risque de faire une nouvelle chute (5). Les intervenants La Commission de la santé et de la sécurité au travail a évalué que les efforts excessifs sont à l’origine de 55 % des lésions indemnisées dans les centres d’hébergement du Québec (30). On estime que dans près de la moitié des situations (47 %), le client était l’agent causal (30). La moitié des blessures sont localisées à la région dorsale. L’impact potentiel sur la santé du personnel relié à l’utilisation des lits bas dans l’environnement de travail devrait être évalué au regard des risques de blessures. En effet, bien que ces lits soient ajustables en hauteur, le risque de blessures, par exemple au dos, demeure présent pour les intervenants qui doivent soulever des patients de façon répétitive (21, 31). La compression lombaire peut différer selon le type de tâche à accomplir (p. ex. tourner le patient dans le lit, aider le patient à se lever, repositionner le patient dans son lit) et exiger ainsi des hauteurs variables de lits afin de permettre une exécution du travail en toute sécurité. Le risque potentiel de blessures chez le personnel devrait être examiné par l’équipe de santé et sécurité au travail de l’établissement dans le but d’établir les caractéristiques des lits médicaux à privilégier, dont la hauteur, pour assurer la sécurité des travailleurs. Les caractéristiques des lits bas Plusieurs organismes internationaux et canadiens ont publié des politiques de prévention des risques de chutes qui incluent l’utilisation de lit bas parmi les alternatives recommandées (18, 20, 32, 33). Cependant, aucun document ne décrit de manière précise la hauteur minimale à respecter pour définir ce qu’est un lit bas, en incluant ou non le matelas. Les recommandations se limitent principalement à une mention d’utiliser un lit bas ou un lit situé plus près du sol (7, 16). Ces recommandations s’appuient généralement sur l’hypothèse qu’un lit dont la hauteur se situe près du sol réduirait l’énergie cinétique développée par un patient lors d’une chute entrainant ainsi un risque moindre de blessures graves (14). Toutefois, cette hypothèse n’a pas été confirmée par des données probantes. Plusieurs fabricants de lits médicaux qualifient leur lit de « bas » lorsque celui-ci peut descendre à une hauteur de 18 à 30 cm à partir du sol jusqu’au sommier. Certains lits médicaux dits « conventionnels » peuvent également descendre jusqu’à 30 cm du sol et pourraient aussi être considérés dans la catégorie des lits bas. Les établissements de soins Dans les établissements de santé, l’abaissement du taux de chutes chez les personnes âgées jusqu’au risque zéro ne peut être accompli que par l’utilisation de mesures restrictives pour le patient, dont les conséquences ont pour effets de brimer son intimité, sa dignité, son autonomie et même sa durée de vie (11). L’objectif des hôpitaux et des centres d’hébergement est donc de tendre vers un risque le plus faible possible de chutes ayant des conséquences graves. L’utilisation d’alternatives aux mesures de contention selon une approche multifactorielle avec un plan d’intervention individualisé apparait souhaitable comme stratégies à déployer dans ce contexte particulier de soins. Quelques inconvénients ont été rapportés avec l’utilisation des lits bas. Des difficultés en lien avec le positionnement du lit ont été observées, par exemple, certains modèles ne permettant pas de placer un patient en position de Trendelenburg2 (34). Cette restriction serait particulièrement contraignante pour la clientèle orthopédique. Haines et al. (2010) mentionnent que le personnel d’un site ayant participé à leur étude avait éprouvé des difficultés lors de déplacements avec ce type de lit. Une attention particulière devrait donc être apportée à ces éléments techniques lors d’un processus d’acquisition de lit bas. Les données probantes ne permettent pas de se prononcer sur l’efficacité ou l’inefficacité des lits bas comme mesure visant à diminuer le taux de chutes ou comme alternative à la contention. Le choix des lits médicaux utilisés en centre d’hébergement ou dans les hôpitaux devrait tenir compte des caractéristiques et des besoins des patients et faciliter les interventions du personnel afin de diminuer les risques de blessures au travail. Dans cette optique, afin de répondre à la majorité de la clientèle, les modèles de lits médicaux offrant un plus large intervalle de hauteur minimale et maximale devraient être privilégiés.

localisation anatomique de la contention physique
modalité de contention
Indications et justifications
main
mitaine
éviter les lésions de grattage au cours des épisodes de prurit, éviter l'arrachage des vêtements ou des dispositifs palliatifs utilisés dans la prise en charge de l'incontinence urinaire et/ou fécale.
poignet
bracelet
éviter l'arrachage d'une perfusion ou d'un autre dispositif invasif (Galindo-Ciocon, 1993) (Leith et al. 1999) : sonde urinaire, sonde nasogastrique, poche de colostomie, sonde d'intubation trachéale, sonde de trachéotomie, sonde nasopharyngée ou lunettes nasales pour oxygénothérapie en ventilation spontanée, pansement, suture chirurgicale, cathéter veineux périphérique ou central. Ajoutons-y : drain, lame, cathéter artériel, sonde d'entraînement électrosystolique.
membre supérieur
attelles
maintien d'une perfusion intraveineuse.
cage thoracique
veste, gilet, ceinture abdominale placée sous les aisselles,
maintien forcé au fauteuil, maintien du buste par la veste en cas d'incapacité à maintenir la rectitude du tronc. Dans une enquête effectuée en 1998 en Australie, Retsas (Retsas et al. (2), 1998) trouve que la veste est le moyen de contention le plus utilisé en institution (25,3 % des cas parmi 2516 personnes âgées contenues par des moyens physiques).
latéralement sur l'ensemble du corps
barrières de lit, ridelles (au Québec), côtés de lit,
risque de chute du lit lors d'un mouvement nocturne ou d'une tentative pour se lever. Une autre justification est la demande du patient quant à son autonomie pour se mobiliser. En effet, certains résidents s'aident des barrières avec leurs membres supérieurs, en particulier pour le maintien et les retournements du corps lors des soins ou encore pour disposer des objets : commande du lit, sonnette. Cette dernière possibilité est aussi appréciée positivement par les soignants.
abdomen
ceinture abdominale ou drap,
maintien forcé au fauteuil.
pelvis
ceinture pelvienne,
maintien forcé au fauteuil, possibilité de dissimulation sous les habits, préservation de la liberté de la partie supérieure du corps, possibilité de s'aider de ce dispositif pour les transferts passifs ou assistés.
au-dessus des cuisses
table ou adaptable fixés ou bloqués en regard du fauteuil ou de la chaise, barre de maintien au fauteuil, butée centrale sur le siège, inclinaison postérieure de l'assise.
maintien forcé au fauteuil par impossibilité de se lever.
face postérieure des cuisses et creux poplités
traversin fixé dans un drap, au fauteuil, sous les genoux,
pourrait limiter le glissement (Benteyn et al. 2000)
chevilles
attaches sous la forme de bracelets
malade agité, en particulier en soins aigus, ou bien pour une attitude agressive utilisant les membres inférieurs
toutes localisations
attaches, courroies, bandes,
attaches possibles au niveau des jambes, bras ou taille (Lejeune et al. 2000)
lit de type Alzheimer,
impossibilité de se lever du lit
grenouillère.
éviter le déshabillage itératif et manipulation des excrétions.
contentions physiques atypiques "cachées" ou "déguisées"souliers enlevés, lunettes ôtées, canne ou déambulateur enlevés.limiter ou empêcher la mobilité.

CLASSIFICATION
selon la volonté du patientcontention demandée par le patient ("je veux ma ceinture") telle une ceinture de sécurité d'une automobile : contention douce ?
contention acceptée par le patient ("il paraît qu'il me la faut")
contention refusée par le patient ("enlevez moi ça !")
selon la situation du patientcontention au fauteuil
contention au lit
selon l'apparence de la contentioncontention sous la forme d'un dispositif apparent : ceinture, harnais...
contention "déguisée" ou indirecte : lit ou fauteuil dont il est impossible de s'extraire ou de se relever.
selon les grandes indications retenues par l'algorithme de l'ANAES en octobre 2000 (page 29) et par l'algorithme des recommandations de bonnes pratiques de soins en EHPAD en octobre 2007.risque de chutes (à mon avis indication excessive). Je préfère : chutes fréquentes, graves, immédiates dès le lever du fauteuil
déambulation excessive (à mon avis indication excessive)
agitation  (à mon avis indication excessive)
agressivité (à mon avis indication excessive)
selon la situation du service de soinsnombre insuffisant de personnels
formation insuffisante des personnels, en particulier dans la méconnaissance des recommandations

Les facteurs favorisant ou défavorisant la contention au fauteuil :


favorisant la contention
défavorisant la contention
fauteuil
(Benteyn et al. 2000)
 
 
 
assise du fauteuil
plate, glissante, trop étroite, trop large ou trop profonde, trop dure, non réglable en inclinaison : ce dernier facteur est déterminant dans le confort et la stabilité passive du résident au fauteuil.
réglable en inclinaison et en hauteur, confortable
coussin sur l'assise
pas de coussin ou bien présence d'un coussin inconfortable, inadapté, glissant sur l'assise.
coussin confortable, prévu spécifiquement pour cet usage, avec répartition correcte de la pression (type antiescarres à plots ou alvéoles, au mieux de type ergonomique), ne glissant pas sur l'assise. Un dispositif antiglisse entre l'assise et le coussin peut être essayé mais il existe un risque de placement inversé qui entraîne une chute.
marchepied
dont la forme ne permet pas l'appui à plat des pieds, à réglage unidirectionnel, fixe en hauteur, autorisant la bascule du fauteuil en cas d'appui important du résident.
de volume régulier, réglable dans les plans de l'espace, escamotable en cas d'appui important du résident
repose-bras
non réglables en hauteur, permettant la glisse du membre supérieur entre le dossier du fauteuil et le repose-bras, durs, inconfortables
réglables, confortables, ne laissant pas d'espace significatif avec le dossier du fauteuil.
cale-troncs et cale-têtes
absents ou inadaptés
présents et réglables
stratégie de maintien au fauteuil

égale pour tous les résidents, de durée relativement longue
adaptée à chaque résident, éventuellement de durée très courte. Un malaise est toujours possible dans les minutes suivant la mise au fauteuil. La fatigue survient parfois en quelques dizaines de minutes.
personnel

peu nombreux, peu formé
assez nombreux, sensibilisé, formé (Bradley et al. 1995) (Middleton et al. 1999), sensible à la responsabilité éthique, ayant de la dignité du résident une notion opposée à la contention

pas d'animation proposée
l'animation permet une occupation et une surveillance implicite dans l'intérêt des résidents
direction

peureuse, démagogue, incompétente, absente
formée, dynamique, présente
familles

non informées des risques de la contention, absence d'objectifs de service clairement communiqués, en particulier lors de l'entrée du résident
politique ouverte, informative, non démagogique, dynamique, avec des discussions fréquentes.

CONCLUSION :
Le problème des contentions connaît un intérêt nouveau, dominé par les recommandations nationales et internationales, ainsi que par le développement des unités spécialisées dans la prise en charge et l'accompagnement des déments déambulants.

La méthadone

Qu’est-ce que la méthadone ?

La méthadone est une substance de la famille des opioïdes. Depuis les années 1960, on l’utilise pour aider les personnes qui ont une dépendance aux drogues de la même famille : les opioïdes synthétiques, comme la codéine, et les opioïdes naturels (appelés « opiacés »), comme la morphine et l’héroïne.
La méthadone est disponible dans les cliniques de désintoxication spécialisées; elle peut aussi être prescrite par un médecin de famille et délivrée par un pharmacien communautaire conformément à la réglementation canadienne. Le traitement de maintien à la méthadone est offert en priorité aux femmes enceintes et aux personnes qui sont porteuses du VIH ou du virus de l’hépatite C afin de réduire les risques de l’opiomanie pour ces personnes et pour leurs contacts.
La méthadone est aussi utilisée pour les traitements de la douleur chronique et les soins palliatifs
Protocole methadone ICI

Comment fonctionne la méthadone ?

La méthadone remplace l’opioïde dont on est dépendant. Elle empêche la manifestation des symptômes de sevrage et diminue l’état de manque. Elle n’a pas d’effet sur la capacité de travailler, d’étudier ou de prendre soin d’une famille.
On prescrit d’habitude une dose toutes les 24 heures. Lorsque la méthadone est diluée dans du jus, elle n’a pas d’effet euphorisant et ne modifie pas le processus mental, mais elle supprime l’effet euphorisant de l’héroïne et d’autres opioïdes, ce qui rend ces drogues beaucoup moins intéressantes. La méthadone donne de meilleurs résultats quand on combine le traitement avec du counseling en toxicomanie.

Pourquoi en a-t-on besoin ?

La méthadone permet aux opiomanes de stabiliser et d’améliorer leur vie et leur santé en général. Il s’agit d’une approche de réduction des méfaits qui réduit ou élimine les conséquences personnelles néfastes de l’opiomanie. Tous les opiomanes ne sont pas dépendants de drogues illicites; certains sont dépendants d’analgésiques prescrits pour soulager des douleurs chroniques.
Les femmes enceintes qui consomment des opioïdes ont besoin de méthadone pour protéger la vie du bébé à naître, car le traitement de maintien à la méthadone élimine les effets néfastes des opioïdes pour la femme enceinte, et par conséquent pour son bébé (pour en savoir plus, consultez la FAQ intitulée Quels sont les effets de l’alcool et de la drogue pendant la grossesse ?). La méthadone est sans danger pour le bébé et ne cause pas de maladies ou de malformations congénitales.
Les consommateurs d’opioïdes qui sont infectés par le VIH ou le virus de l’hépatite C peuvent prendre de la méthadone pour protéger leur santé et réduire le risque de propager leur infection en partageant des aiguilles pour s’injecter de la drogue.
La communauté en général retire aussi certains avantages des traitements de maintien à la méthadone, car ceux-ci réduisent les activités criminelles liées à la drogue et préviennent la transmission des maladies.

La méthadone est-elle sûre ?

Lorsqu’on respecte la posologie, la méthadone est très sûre et ne cause aucun dommage physique ou mental, même si on en prend une dose quotidienne pendant de nombreuses années. Par contre, la méthadone est un médicament puissant qui peut être extrêmement dangereux s’il n’est pas pris correctement.

Combien de temps dure le traitement à la méthadone ?

Le traitement à la méthadone dure aussi longtemps qu’il est nécessaire. Certains dispensateurs de soins de santé favorisent une désintoxication à court terme : la personne dépendante est stabilisée grâce à la méthadone, puis on diminue progressivement les doses sur une période d’un à six mois. Certaines personnes prennent de la méthadone sur une longue période (parfois pendant 20 ans). Qu’on l’utilise à court ou à long terme, des études ont montré que le traitement de maintien à la méthadone est le plus efficace contre la dépendance aux opioïdes.

Autres ressources

La mort volontaire * Enjeux * Suicide assisté

Manon Brunelle
Le 11 juin 2004, cette Québécoise s’est rendue à Zurich en Suisse afin d’être assistée dans son suicide par l’Association pour une mort digne, connue sous le nom de Dignitas. Atteinte de sclérose en plaques et confinée dans une chambre d’un centre de soins de longue durée, elle souffre de solitude, de perte d’autonomie et d’un sentiment profond d’inutilité. Se voyant dépérir et parfaitement lucide, elle décide de mourir et engage sa démarche auprès de Dignitas. Pour son ultime voyage en Suisse, elle se fera accompagner par l’animateur Benoît Dutrisac et le réalisateur André St-Pierre. Cet accompagnement a donné lieu à la création d’un documentaire Manon où la protagoniste raconte sa vie, sa maladie, sa douleur, sa solitude et sa colère. Manon y explique sa décision: «La seule personne qui pouvait savoir si elle devait partir, si elle pouvait partir, si c’était légalement admissible de partir, c’était moi. C’est moi qui souffre depuis trente-cinq ans. C’est long, c’est très, très long. Je ne suis plus capable vraiment plus capable. S’ils me refusaient chez Dignitas, ce serait la carotide.» Manon témoigne de son bonheur: «C’est le jour. Le grand jour. Le tant attendu. J’ai tellement hâte de ne plus avoir mal nulle part. Je crois rêver. Sans blague. C’est le plus beau jour de ma vie.»






Benoit Dutrizac est coanimateur de l'émission Les francs-tireurs. Avec le réalisateur André Saint-Pierre, il signe un documentaire-choc sur les neuf derniers mois de la vie d'une femme. Manon Brunelle décide de mettre fin à ses jours à Zurich, en Suisse, dans une clinique où le suicide assisté est décriminalisé.

Benoit Dutrizac raconte comment Manon Brunelle l'a contacté et pourquoi elle voulait en finir avec la vie. «Elle voulait surtout ne pas être oubliée. Elle voulait prendre la parole au moins une dernière fois et surtout avoir le contrôle sur la fin de ses jours. C'est là que la dignité entre en jeu», décrit Benoit Dutrizac.

Réplique:

Suicide assisté - Manon, tu méritais beaucoup mieux

Yvon Bureau - Québec  11 décembre 2004 
 
Manon Brunelle, tu as choisi d'aller mourir en Suisse, le 11 juin 2004. Accompagnée par une équipe de professionnels des médias télévisuels.

À Télé-Québec, le 18 novembre dernier, en te regardant terminer ta vie, j'ai ressenti de la tristesse et de la honte ainsi que beaucoup de questionnements. En bref, tu méritais un mourir plus beau et plus noble.

Parce que tu étais ex-réalisatrice adjointe, j'aurais préféré que tu réalises ton mourir ou que tu «vives ton euthanasie», comme tu dis, autrement. Tu méritais beaucoup mieux, toi, Manon, ainsi que tes proches et tes lointains proches. Voici des scénarios de fin de vie qui t'auraient davantage honorée au bout de ta vie douloureuse et souffrante dans les circonstances actuelles en CHSLD.

Premier scénario

Toujours avec ton style très coloré, tu aurais annoncé à tes proches et à tes soignants que, bien éclairée, lucide et libre, tu mets un terme à ta fin de vie. À ta façon bien à toi, tu organises et tu fais tes adieux. Tu écris et tu mets au dossier une note écrite pour officialiser ton choix et donner tes directives. Tu demandes à être placée sous médicaments antidouleur, au besoin s'il vous plaît.

Une fois sans douleur et à l'aise, tu arrêtes de prendre tous tes autres médicaments, tu cesses de t'alimenter et de t'hydrater. Au besoin, tu peux aussi demander des somnifères. Tu es accompagnée par les personnes de ton choix. Enfin, tu désignes un mandataire pour faire respecter tes directives précises de fin de vie au cas où ta lucidité te quitterait; en désignant un mandataire avec des directives bien précises, tu fais acte d'amour, de responsabilité et de générosité.

En tout temps, tu sais que tu peux toujours renoncer à ton projet. Si ton choix est maintenu, tu meurs ainsi, dans ton pays, dans ta chambre ou chez quelqu'un de ton choix. Tout cela, sans les douleurs et les nombreux inconvénients d'un voyage à l'étranger, en milieu étrange, aidée étrangement. Ainsi, tu meurs, selon la loi et la morale du Québec, par le refus et la cessation des traitements, par la prise de médicaments efficaces contre les douleurs et pour un mieux-être.

Deuxième scénario

Tu mets fin à tes jours sans mettre la vie psychologique et physique des autres en danger. Tu ne demandes ni aide ni encouragement à qui que ce soit, seulement de l'accompagnement pour ne pas mourir dans la solitude. T'accompagneront seulement des personnes libres de le faire, en accord avec leur conscience et leur humanité.

Des écrits secondent solidement ton choix et ton geste; ainsi, dans ces circonstances exceptionnelles, tu prends bien soin de toi ainsi que des autres. Bien sûr, tu auras au préalable donné tes directives écrites de non-intervention, de non-réanimation, de non-envoi à l'hôpital. Les moyens choisis seront appropriés et respectueux des autres; la prise de médicaments terminaux que tu te seras procurés clandestinement ou l'injection par soluté semblera de circonstance. Enfin, tu auras assumé par écrit toute responsabilité et dégagé ainsi tes accompagnateurs.

Troisième scénario (futuriste)

Tu as attendu en 2005 pour mourir. Le gouvernement canadien a modifié au début de cette année l'alinéa 241b) du Code criminel en y apportant une exception. Par un vote très majoritaire, à l'exemple des sondages canadiens en faveur de l'aide au mourir irréversible et volontaire, les parlementaires ont voté lucidement, courageusement et avec compassion en faveur de cette exception. N'est plus coupable d'un acte criminel et passible d'un emprisonnement maximal de 14 ans quiconque aide à mourir une personne en fin irréversible de vie, à sa demande expresse, éclairée et libre, soit par suicide assisté, soit par euthanasie, pratiqués dans un cadre strict et sécuritaire.

Tu demandes et tu trouves des professionnels de la santé qui acceptent de te permettre de vivre ton euthanasie, comme tu dis. Après tes actions déterminées, responsables et généreuses pour créer le moins d'ennuis aux personnes qui t'accompagneront et t'aideront, lucide et libre jusqu'à la fin, tu reçois un somnifère par injection. Bien installée dans un fauteuil ou dans le lit de ton choix, bien entourée, de près ou de loin, à ton choix, toujours selon tes choix, tu t'endors.

Avant ce sommeil, tu sais que tu peux changer d'idée. Si tu persistes, tu vas dormir calmement, profondément, sereinement même, je l'espère. Une vingtaine de minutes plus tard suivra l'injection d'un paralysant neuromusculaire qui entraînera un arrêt respiratoire. Doucement et calmement, tout ton corps se détendra de plus en plus et rendra son âme.

Exceptionnellement, respectant un cadre précis et strict, tu auras vécu ainsi une euthanasie volontaire, un mourir bien, libre, digne et, d'une certaine façon, beau. Accompagnée. Dans ton pays. Loin de la tourmente. Loin des caméras. Près de toi, de tes proches, de ta liberté ultime et de ton destin.

Manon, j'aurais tellement aimé qu'on trouve des médicaments pour mettre fin à toutes tes douleurs et que les souffrances s'éloignent de toi. Bien plus, j'aurais souhaité que le CHSLD ait enfin les budgets pour te donner les soins et services requis en abondance. Enfin, à la télévision, nous t'aurions vu continuer à vivre, pouvant apprécier enfin la vie, ta vie.

L’accompagnement: de la fin de vie aux derniers instants

Tout le monde est confronté, tôt ou tard, à la mort d’un proche. Dans le cas d’une maladie, beaucoup se pose la question de savoir comment bien accompagner son parent en fin de vie. Obsèques-Infos.com répond à vos questions.

La famille et la fin de vie

En tant que parent, il est difficile de gérer et d’accompagner un proche en fin de vie. A l’annonce d’une maladie, la famille peut être tout aussi affectée que le malade. Pour la personne malade, l’annonce de la maladie est généralement prise comme une désillusion, comme une mort imminente ou du moins, une confrontation violente celle-ci. Pour la famille, cette annonce peut être tout aussi difficile à entendre car elle s’imagine perdre son parent dans des délais assez rapides. Quoi qu’il en soit, il est important pour la famille de ne pas trop montrer son désarroi, sa tristesse puisque le malade aura besoin d’épaules solides sur lesquelles s’appuyer.
Egalement, la famille se doit de considérer la personne malade comme un homme avant tout. En aucun cas son statut ne doit prendre le dessus sur son rang social. Si il s’agit d’un père ou d’une mère de famille, il est important de l’intégrer dans les décisions à prendre pour la famille afin qu’il puisse, lui aussi, sortir de ce statut pesant.
Aussi, l’écoute est très primordiale. Les proches du malade doivent être à son écoute mais sans pour autant plaindre la situation dans laquelle il est, ce qui ne ferait qu’aggraver son état moral. La personne malade a généralement quelques difficultés à conserver son équilibre morale : les soins, les traitements, l’hôpital… ont une conséquence directe sur la santé morale d’où l’importance de ne pas le considérer comme un malade, de lui redonner la dignité et la confiance en lui qu’il peut avoir perdu. Face aux contradictions auxquelles le malade peut faire face, il faut savoir rester simple et toujours à l’écoute tout en respectant son avis et sa liberté.

Les derniers instants

L’accompagnement d’un proche en toute fin de vie est l’accompagnement le plus difficile. En effet, il nécessite que l’accompagnant soit une personne forte car celle-ci sera confrontée brutalement à la mort. C’est une position difficile à adopter dans la mesure où s’il s’agit d’un proche, il sera directement affecté par son décès et ne pourra que très difficilement s’en détacher alors que la personne en fin de vie a besoin d’un accompagnant fort moralement.
En fait, l’accompagnement des derniers instants est un travail d’équipe dans lequel le corps médical joue un rôle primordial. Il permet à la famille, et notamment à l’accompagnant, d’être un peu plus soulagé ou rassuré. Le corps médical permet d’introduire une pause, un moment de répit dans ce moment complexe.
Les médecins préviennent généralement la famille lorsque le décès est imminent. Cependant, il est possible que la personne en fin de vie ne décède pas directement. S’en suit alors une situation émotionnelle complexe pour la famille, puisqu’elle est plongée entre la mort et la vie, l’espoir et la résignation, l’attente et la douleur.
Le corps médical peut aussi suspendre les traitements médicamenteux si le patient en demande l’interruption. En effet, la loi précise que les médecins peuvent cesser les soins thérapeutiques lorsque le patient est en fin de vie et que ces derniers n’auront plus aucun effet bénéfiques sur la personne malade.

La relation soignant/malade

La relation entre le soignant et le malade est une relation à la fois particulière et privilégiée. En effet, entre ces derniers, c’est une relation de confiance qui s’instaure : le patient doit avoir confiance en son soignant pour que sa maladie lui apparaisse comme moins pénible. Cette confiance est donc très importante dans la mesure où si elle est absente, le patient pourra se retrouver dans un état dépressif, subissant davantage sa maladie que la combattant. Un soignant ne doit jamais considéré un malade, même en fin de vie, comme s’il était déjà décédé. Même à un stade très avancé de la maladie, c’est toujours la vie qui prime sur la mort.
On peut considérer qu’aujourd’hui, les conditions de traitements sont beaucoup plus performante qu’autrefois et donc que le décès intervient en ultime recours, quand plus aucun traitement ou opération ne peut allonger la durée de vie du patient. Il semble indispensable de préciser que, comme le désigne son nom, le soignant est là pour soigner, c’est pourquoi les questions concernant l’euthanasie sont très complexes à aborder à la fois pour le corps médical comme pour la société en général.
Au point de vue législatif, la fin de vie est très règlementée. La loi du 22 Avril 2005 relative à la fin de vie ne légalise pas l’euthanasie mais indique que les traitements ne doivent pas être poursuivis dans une « obstination déraisonnable ». Elle indique également que des anti-douleurs peuvent être administrés à un patient en fin de vie, même si ces derniers écourte la vie du malade.

Un regard difficile et marquant sur la mort

Les derniers instants de vie d’un proche sont souvent insoutenables pour la famille de ce dernier. L’aspect de la personne en fin de vie peut changer et parfois être choquant pour la famille. Le plus percutant est souvent la couleur de la peau, qui devient cireuse. Ces moments sont les plus ardus à supporter pour la famille mais ce sont aussi ceux qui seront à la base du travail de deuil. (lien avec l’article travail du deuil) car ils constituent les premiers adieux à la personne malade. Egalement, lors de ces instants pénibles, les liens entre les différents membres de la famille sont forts et restent souvent gravés à vie dans la mémoire de chacun d’où l’importance de ne faire aucun faux pas.
Depuis toujours, l'être humain s'interroge sur la mort. Bien qu'on accepte généralement le caractère inévitable de la mort, la peur de l'inconnu demeure omniprésente dans les échanges de vues sur la question. Diverses sociétés, en puisant dans leurs traditions religieuses ou culturelles, ont tâché d'apaiser ces craintes afin de rendre moins difficiles les derniers moments de la vie. Toutefois, l'avènement de la technologie médicale moderne et l'usage plus répandu de mesures artificielles de soutien de la vie font qu'aujourd'hui, beaucoup de gens ne craignent plus tant la mort elle-même que le passage de la vie à la mort.
Ces dernières années, des événements largement médiatisés ont incité de nombreux Canadiens à réfléchir aux décisions de fin de vie, en les sensibilisant à l'importance de mieux préparer cette dernière étape.
Une série de jugements des tribunaux canadiens a établi le droit des personnes à prendre certaines décisions concernant leur propre traitement médical. La jurisprudence a consolidé le droit de l'individu à refuser un traitement ou à demander son interruption, notamment la décision rendue en 1992 dans l'affaire Nancy B. Dans cette cause, la Cour supérieure du Québec a accordé à une femme saine d'esprit qui souffrait d'une maladie neurologique incurable la privant de tout mouvement, le syndrome de Guillain-Barré, la permission de faire débrancher son respirateur au moment de son choix. Cet arrêt a incité les législatures provinciales qui ne l'avaient pas fait à envisager et à adopter des mesures législatives concernant les directives préalables, les testaments de vie et la prise de décisions au nom d'autrui.
Plus récemment, l'attention s'est portée sur l'aide au suicide et l'euthanasie. En 1993, dans l'arrêt Sue Rodriguez, la Cour suprême du Canada a examiné la question de savoir si l'interdiction de l'aide au suicide prévue dans le Code criminel allait à l'encontre de la Charte canadienne des droits et libertés . La majorité des juges (cinq contre quatre) s'est prononcée en faveur du maintien de l'interdiction, mais le débat public continue.
Dans des sondages effectués ces dernières années, il ressort constamment que les gens veulent de plus en plus contrôler les derniers moments de leur vie; toutefois, il n'est pas toujours évident que les personnes interrogées comprenaient bien la nature exacte des questions abordées.
En 1993, l'Association médicale canadienne, constatant qu'elle avait un rôle à jouer dans le débat, a publié une série de cinq documents qui avaient un double objectif : «informer les médecins canadiens au sujet des aspects déontologiques, juridiques et sociaux de l'euthanasie et de l'aide au suicide» et «présenter le point de vue des médecins à cet égard aux patients, à d'autres professionnels de la santé, aux décideurs publics et aux universitaires».(1) Bien qu'ils semblent divisés en ce qui concerne l'aide au suicide et l'euthanasie, les membres de l'Association continuent d'étudier la question.
C'est dans ce contexte qu'un comité sénatorial spécial, constitué le 23 février 1994, a entrepris d'«examiner, pour en faire rapport, les questions juridiques, sociales et éthiques liées à l'euthanasie et à l'aide au suicide». Le Comité a entendu des témoins de toutes les régions du Canada pendant 14 mois, en plus de recevoir des centaines de lettres et de mémoires, ce qui laisse supposer que les points de vue exprimés constituent un échantillon représentatif. Cela n'a toutefois pas facilité la tâche de dégager un consensus. Même si les membres du Comité ont réussi à s'entendre sur de nombreux aspects de la pratique médicale et des soins de santé, leurs avis sont partagés sur les questions plus délicates de l'aide au suicide et de l'euthanasie.
L'étude effectuée pourra servir à tous les parlementaires qui seront appelés à débattre de la question sans partisanerie et à participer à un vote libre au Parlement. Le Comité espère en outre aider le public à mieux comprendre ce sujet très complexe, son objectif ayant été simplement de préparer le terrain en vue du vaste débat national qui se tiendra au cours des mois et des années à venir.
Ce rapport est une étape préliminaire du long processus auquel participeront les Canadiens désireux de trouver des solutions aux problèmes qu'il soulève. La façon dont nous réagirons à ces problèmes, en tant que collectivité, aura une profonde influence sur la vie et la mort de tous les Canadiens et marquera l'ensemble de notre société pendant de nombreuses années.

Ces instants précieux (Documentaire) et "C'est la vie" (Film)

Ces instants précieux (Vidéo)Chaque jour des équipes soignantes accompagnent des patients jusqu’au terme de leur vie. Dans ce film, vous entendrez leurs témoignages, et ceux de nombreux malades. Parmi eux, ce patient atteint du sida ou cette jeune femme arrivée avec une demande d’euthanasie et qui, une fois ses douleurs physiques traitées, a redécouvert l’amitié et des raisons d’espérer : « il ne faut pas écouter forcément le malade qui vous dit : « arrêtez tout » (…) je ne savais pas qu’il y avait des gens capables de vraiment aimer, et de comprendre… »
L’approche de la mort révèle souvent notre ambivalence comme le souligne ce médecin qui cite La Rochefoucault : « on ne peut à la fois regarder en face le soleil et la mort ».





ACCOMPAGNER LA FIN DE VIE - "Ces Instants... par exaltavit

Le grave sujet de l’euthanasie est abordé dans ce film : « il y a euthanasie si le patient se sent totalement rejeté de l’espace des vivants. Mais derrière cette demande, il y a profondément inscrit dans le cœur des malades cette question : est-ce que vous m’aimez encore ? »
Ce film n’apporte pas de réponses simples, il essaie d’aller au cœur des questions sur la souffrance, l’amour, la mort. Il montre le travail de ces hommes et de ces femmes soignants et bénévoles, la qualité de leur regard et les réponses qu’ils apportent à ces malades en fin de vie.
Le film « Ces instants précieux » a été salué par des publics nombreux dans les grandes villes de France. Il est destiné à la plus large diffusion notamment auprès des professionnels de la santé.

L’euthanasie en question A la suite du film « Ces instants Précieux », vous pourrez assister à un débat de fond sur la question de l’euthanasie.
Ce débat réunit le Dr Marie-Sylvie Richard (Médecin Chef de Service Jeanne Garnier), Martine Ruszniewski (Psychologue Pitié-Sapétrière), Mireille Noury (Surveillante Jeanne Garnier et Christian Recchia ( Bénévole Jeanne Garnier).





Notre avis:
Un documentaire au coeur des unités de soins palliatifs

Film à signaler:
C'est la vie


Réalisé par :Jean-Pierre Améris
Avec :Jacques Dutronc, Sandrine Bonnaire, Emmanuelle Riva, Jacques Spiesser, Annie Grégorio...

Durée: 1h53min


C'est la vie
L'histoire
Dimitri rejoint La Maison, un lieu où sont accueillies des personnes pour qui la médecine ne peut plus rien. Il y rencontre Suzanne, une bénévole qui se consacre à l'accompagnement des personnes en fin de vie.
Cette jeune femme lumineuse, pleine de vie, cache derrière sa disponibilité aux uns et aux autres un secret, une fêlure. Lui qui n'attendait plus rien, va vivre dans cette maison plus pleinement qu'il n'a jamais vécu.
Le temps d'un accompagnement, Dimitri et Suzanne vont s'aimer et s'aider l'un l'autre.



C’est la vie - Bande annonce FR par _Caprice_

Soins palliatifs et de fin de vie

Les soins palliatifs représentent une approche pour soigner les personnes atteintes d'une maladie qui met leur vie en danger, peu importe leur âge. Ces soins visent à assurer le confort et la dignité des personnes au seuil de la mort, tout en maximisant la qualité de vie des patients, de leur famille et de leurs proches.

Les soins palliatifs correspondent aux divers aspects des soins prodigués en fin de vie, c'est-à-dire :
  • la gestion du soulagement de la douleur et des autres symptômes;
  • l'apport d'un soutien social, psychologique, culturel, émotif, spirituel et pratique;
  • la prestation d'une aide aux personnes soignantes;
  • l'offre d'un soutien en période de deuil.
Les soins palliatifs sont parfois appelés soins terminaux ou soins de fin de vie. Dans certains cas, ces termes sont interchangés ou combinés. Dans d'autres cas, ils font référence à différents types de services ou de fournisseurs de services. Pour obtenir des exemples de définitions et d'appellations différentes, nous vous invitons à visiter le site Web de Le lien suivant vous amène à une autre site Web l'Association canadienne de soins palliatifs et celui de Le lien suivant vous amène à une autre site Web l'Organisation mondiale de la santé (OMS) (disponible en anglais seulement).
La portée des soins palliatifs et de fin de vie s'étend à la prestation directe de soins auprès des patients, de leur famille et de leurs proches. Ces soins comprennent également l'éducation et la formation des personnes soignantes, la recherche, la surveillance et la défense d'intérêts. Rappelons que les personnes, les familles, les collectivités, le secteur privé et les gouvernements jouent tous un rôle important dans le domaine des soins palliatifs et de fin de vie.

Ressources disponibles





Soins palliatifs, témoignages par pallianet

Dans la présente section, vous trouverez des renseignements sur les soins palliatifs et les soins de fin de vie dispensés au Canada, et notamment de l'information sur la prestation des services et l'engagement du gouvernement fédéral à cet égard. Vous trouverez également des liens vous menant à des publications sur les soins palliatifs et de fin de vie offerts au Canada, ainsi que des ressources connexes.
Les soins palliatifs sont des soins actifs délivrés dans une approche globale de la personne atteinte d'une maladie grave, évolutive ou terminale. L’objectif des soins palliatifs est de soulager les douleurs physiques et les autres symptômes, mais aussi de prendre en compte la souffrance psychologique, sociale et spirituelle.
Les soins palliatifs et l'accompagnement sont interdisciplinaires. Ils s'adressent au malade en tant que personne, à sa famille et à ses proches, à domicile ou en institution. La formation et le soutien des soignants et des bénévoles font partie de cette démarche.
Les soins palliatifs ont pour mission de soulager la douleur afin d'améliorer la qualité de fin de vie des patients par une prise en charge pluridisciplinaire.
Ainsi, un traitement médical ou chirurgical peut être indiqué pour un patient en soin palliatif, si ce traitement permet de soulager un symptôme inconfortable.
Le traitement de la douleur et le traitement des symptômes inconfortables (nausées, constipation ou encore anxiété) sont des composantes essentielles de la phase palliative.
Ils ont pour objet une vaste prise en charge de la personne malade, tant sur un plan médical, en soulageant les douleurs ou toute source d'inconfort, en préservant la dignité de la personne, dans l'accompagnement des difficultés psychologiques, du malade et de sa famille. Les autres aspects, notamment religieux, spirituels, ou même sociaux, sont pris en compte. Les proches sont aussi accompagnés dans leur processus de deuil. L'esprit est aussi de préserver le patient d'investigations ou de traitements déraisonnables (c'est-à-dire l'acharnement thérapeutique), au sens où ils ne pourront apporter d'amélioration.


Maison des soins palliatifs de Laval from Ikebana productions on Vimeo.

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