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22 nov. 2012

Schizophrénie et autisme : des liens génétiques importants et étroits

D’après une étude publiée dans la dernière édition de la revue Nature Neuroscience, des chercheurs américains auraient non seulement découvert que deux réseaux génétiques impliquant chacun des centaines de gènes pourraient être à l’origine du développement de la schizophrénie, mais aussi, qu’il existe de grandes similarités génétiques entre cette maladie mentale et l’autisme.

Affection psychique par excellence, la schizophrénie est une maladie chronique plus ou moins grave et handicapante, qui associe un ensemble d'affections psycho-cérébrales. Selon les dernières estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 1 % de la population mondiale serait atteinte par cette pathologie. Si son origine génétique ne fait pas de doute, il a longtemps été très difficile d’identifier les gènes impliqués.

Les travaux menés par Dennis Viktup et ses collègues de l’Université de Columbia pourraient bien compliquer un peu plus la donne. En effet, à l’aide d’un nouveau modèle d’analyse informatique surnommé Netbag+ et qui permet, sur la base de calculs de probabilité, de révéler les liens entre des gènes n’ayant a priori aucun rapport, les chercheurs américains ont étudié des centaines de mutations déjà associées à la schizophrénie. Ils ont ainsi pu constater que la plupart des gènes impliqués dans le développement de la schizophrénie pouvaient s’organiser en deux groupes ou deux réseaux contrôlant un certain nombre de processus clés du système neurveux (fonctionnement des synapses, circulation de l’information d’un neurone à l’autre, etc. ).

D’après Dennis Viktop, le premier réseau regrouperait les gènes impliqués sans le fonctionnement des synapses et dans la migration cellulaire, alors que le second réseau rassemblerait ceux intervenant dans l'organisation et le remodelage chromosomiques.

Par ailleurs, leurs travaux ont aussi permis de montrer que ces deux réseaux génétiques mutés, spécifiques à la schizophrénie, sont assez similaires à ceux observés dans le développement de l’autisme. Toutefois, d’autres études doivent être menées afin de mieux comprendre les liens qui unissent ces deux troubles psychiatriques. Dans l’état actuel des recherches, il est clair que les mutations associées à ces deux maladies sont impliquées dans le développement neurologique du fœtus. Si l’origine est commune, leurs expressions sont différentes. A la base de ces deux affections, il y a des troubles de la communication neuronale, qui n’ont cependant pas le même impact sur le patient. D'autres travaux seront donc nécessaires pour comprendre les mécanismes qui les différencient…


19 nov. 2012

L'hypocondrie

Son manifestation la plus fréquente est celle de l’hypocondriaque "du quotidien". Celui-ci se découvre toujours des symptômes funestes, il est paniqué par les épidémies de grippe, par le cancer, le diabète...
Ils parlent de leur santé tout le temps et de manière exagérée. Ils connaissent les symptômes de chaque maladie et fréquentent assidûment les cabinets médicaux.

Pour les hypocondriaques, tout tourne autour de leur santé. Ils craignent de tomber gravement malade ou d’avoir une pathologie que le médecin n’a pas encore décelée. L’hypocondrie signifie littéralement la peur de la maladie (ou nosophobie). C’est une disposition obsessionnelle caractérisée par un état d'anxiété habituelle et excessive du sujet à propos de sa santé. Ce dernier examine et observe son corps, à la recherche de tous les symptômes possibles qui pourraient étayer ses craintes. Selon les statistiques médicales, 5 à 10 % des patients qui consultent un généraliste sont dans ce cas. Même si plusieurs médecins confirment que leurs craintes ne sont pas fondées, cela ne suffit pas à les calmer. Dans des cas extrêmes, le sujet réagit en disant : "Je dois souffrir d’une maladie bien grave et compliquée si aucun médecin ni spécialiste n’est en mesure de l’identifier et de m’aider."

Lutter contre les préjugés

Les hypocondriaques sont souvent en butte aux préjugés. Ils font sourire, on ne les prend pas au sérieux, on les considère comme des simulateurs ou des tire-au-flanc. Pourtant, ce n’est pas le cas : nombre de personnes qui ont une tendance à l’hypocondrie sont avides de réussite, tout en subissant de grandes souffrances. Ce ne sont donc pas des gens qui n’ont « rien d’autre à faire » que de rester à l’écoute de leur corps. Apparemment, ni l’origine sociale ni le niveau de culture générale ne jouent de rôle dans l’évolution d’une hypocondrie.

Les écrivains et autres intellectuels ont toujours été considérés comme particulièrement sujets à l’hypocondrie. Leur âme sensible semble réceptive à l'introspection. Thomas Mann en est un exemple célèbre - l’hypocondrie est présente dans son œuvre, notamment dans le roman "La montagne magique". Ce trouble pourrait être aussi une maladie professionnelle : de nombreux écrivains et penseurs comme Voltaire, Rousseau, Schiller ou Heine s’épanchent sur leur santé dans leur correspondance et leur journal intime.

L’hypocondrie est plus ou moins marquée selon les individus, elle va du petit bobo jusqu’aux maladies les plus graves – chaque tableau clinique peut être source d’angoisse ou le devenir. Les hypocondriaques pensent en permanence à une maladie imaginaire. Ces pensées sommeillent parfois en eux, et le destin d’autrui peut les occuper jour et nuit. Dans les cas graves, la vie tout entière de ces personnes est dominée et gâchée par l’angoisse. Dépressions, névroses d’angoisse, attaques de panique et résignation à propos de la maladie présumée peuvent, dans des cas extrêmes, conduire le patient à s’exclure de la vie en société et à s’isoler.

Les formes bénignes d’hypocondrie touchent de nombreuses personnes
Il est rare que les manifestations soient si extrêmes ; beaucoup de personnes n’ont que quelques accès sporadiques d’hypocondrie. Parfois, les hypochondriaques passent pour des détraqués ou des toqués.
Le journaliste et écrivain Arno Makowski rédige une chronique sur les hypocondriaques – et il parle en connaissance de cause ! Il fait une satire de ce phénomène. Beaucoup de lecteurs se sentent concernés et avouent avoir une tendance à l’hypocondrie – ils confirment par courrier, courriel ou appel téléphonique : « Ça alors, c’est exactement ce qui j’ai ! »


Un traitement est possible
Une hypocondrie sévère est un trouble qu’il faut certes prendre au sérieux mais qui a de bonnes chances d’être guéri. Il faut d’abord que le médecin et le patient reconnaissent que les troubles sont d’ordre psychique ou qu’ils sont liés à la situation sociale du patient. Un hypocondriaque a souvent du mal à admettre que ses maux n’ont pas de cause physiologique.
L’hypocondrie est davantage l’expression de problèmes d’ordre psychique. Il se passe souvent plusieurs années avant que les causes psychiques comme les symptômes de l'angoisse et de l'anxiété ne soient identifiées. Face à des situations où ils se sentent seuls ou dépassés par les événements, les hypocondriaques réagissent en développant des symptômes physiques.
Ils sont les seuls à sentir comment leur corps réagit à une tension psychique ; les douleurs sont réelles à leurs yeux. En revanche, leurs amis et leurs collègues, pour qui ces tensions ne sont pas visibles, jugent ces craintes injustifiées et exagérées.

Il est recommandé à ces personnes de consulter un spécialiste en psychothérapie ou en médecine psychosomatique. Ce dernier pourra déterminer les causes réelles des symptômes. Il leur prescrira une thérapie en dialogue ou une thérapie comportementale, une psychanalyse, les méthodes de relaxation et d'auto-hypnose comme la sophrologie ou la relaxation musculaire progressive de Jacobsen, et dans les cas plus graves, des psychotropes.

9 oct. 2012

Les 5 maladies mentales les plus connues

Les 5 maladies mentales les plus connues
Les cinq maladies mentales les plus connues sont les suivantes : schizophrénie, trouble bipolaire ou psychose maniacodépressive, dépression sévère et persistante, troubles de personnalité limite ou borderline et trouble obsessionnel-compulsif ou TOC.
Le point sur les principales caractéristiques de ces 5 maladies mentales.

1 La schizophrénie

Il s’agit d’une maladie qui survient habituellement à l’adolescence et qui s’installe progressivement sur plusieurs années. Cette maladie mentale touche 1% de la population.
La schizophrénie est un trouble cérébral qui affecte la capacité d’une personne à distinguer la réalité et sa propre perception des événements. La pensée et les comportements sont affectés tout comme l’aspect émotionnel et l’humeur.
Dans les cas les plus graves, la personne atteinte peut avoir des hallucinations et des délires.
Sinon, la personne peut ressentir de la panique, de l’anxiété et de la peur.
Apparaissent alternativement des symptômes négatifs :
  • manque de motivation,
  • désintérêt,
  • rupture avec les relations sociales,
  • problèmes de concentration et de mémoire,
et des symptômes positifs :
  • délires,
  • troubles de la pensée,
  • fausses interprétations des événements,
  • agitation…

Le traitement de la schizophrénie repose sur une approche thérapeutique globale, comprenant des antipsychotiques et une réadaptation favorisant la reprise d’activités.

2 Les troubles bipolaires ou psychose maniacodépressive


Cette maladie est généralement diagnostiquée à l’âge adulte, vers 30 ans. Elle touche 2 % de la population.
Le trouble bipolaire se caractérise par une alternance de périodes extrêmes d’excitation (manie) et de dépression, entrecoupées de phases normales, sans symptômes apparents. Ces périodes peuvent durer des jours, des mois ou des années.
Période maniaque :
  • grande sociabilité,
  • bavard avec un débit très rapide,
  • actif,
  • créateur,
  • irritabilité extrême,
  • sautes d’humeur rapides,
  • accélération de la pensée,
  • gestes dangereux,
  • réactions excessives, démesurées,
  • etc.
Période dépressive :
  • tristesse,
  • sentiment d’inutilité,
  • désespoir,
  • culpabilité,
  • perte d’intérêt,
  • pensées suicidaires,
  • etc.
Perdre le contact avec la réalité et entendre des voix (dans 15 % des cas) sont des troubles que l’on peut observer à la fois en période de manie et de dépression.
Les formes de traitement les plus répandues sont les médicaments et la psychothérapie.

3 La dépression


La dépression sévère et persistante ne disparaît pas d’elle-même.
Cette maladie affecte la mémoire, la pensée, le jugement et l’état d’esprit. Ainsi, la dépression sévère a un impact sur la façon de se sentir, de penser, de manger, de dormir et d’agir. On note :
  • un désintérêt pour les activités habituelles,
  • une modification de l’appétit et du poids,
  • des problèmes de sommeil,
  • une baisse de libido,
  • la larme facile,
  • une perte d’estime de soi,
  • un manque de concentration,
  • une lenteur d’esprit, de l’anxiété,
  • des idées suicidaires
  • et parfois des hallucinations.
Les personnes qui en sont atteintes doivent être traitées pour éviter que les symptômes ne s’aggravent.
Le traitement repose sur la prise d’antidépresseurs et sur la psychothérapie.

4 Les troubles de personnalité limite ou borderline


Ce trouble, qui affecterait 2% de la population, apparaît au début de l’âge adulte et touche davantage de femmes que d’homme.
Le trouble de personnalité limite est une maladie mentale qui génère un mode général d’instabilité de l’image de soi, des relations interpersonnelles et de l’humeur.

 
  • La personne borderline a des comportements inadaptés et enracinés.
  • Sa personnalité est anormale, dans l’équilibre de son jugement, de ses émotions et de ses comportements.
  • Ses relations avec les autres sont souvent très instables avec des répercussions importantes sur les membres de l’entourage puisqu’ils sont amenés à vivre une variété d’émotions souvent intenses : découragement, impuissance, colère, angoisse, peur, etc.
Le traitement repose essentiellement sur des approches thérapeutiques.

5 Les troubles obsessionnels-compulsifs (TOC)


Enfants, ados ou adultes, les troubles obsessionnels-compulsifs touchent jusqu’à 3% de la population.
Entre perfectionnisme exagéré et rituels angoissants, les TOC sont des troubles anxieux caractérisés par des pensées (obsessions) et des comportements (compulsions) inappropriés.
Ce trouble de la pensée et du comportement est dû à un dérèglement du cerveau. Il débute par des anxiétés et des incertitudes qui, contre toute volonté, se transforment en obsessions, des pensées et des images répétitives.

IDF1 TV / Vaincre les TOC par PsyBenjaminLubszynski
Les obsessions typiques sont :
  • la peur des microbes,
  • la peur de se blesser,
  • le doute,
  • des pensées récurrentes d’ordre sexuel ou religieux,
  • la peur de commettre des actes scandaleux,
  • etc.
Quant aux compulsions typiques, ce sont :
  • la propreté excessive,
  • le classement,
  • le dénombrement,
  • la répétition sans cesse d’un mot,
  • le besoin de toucher, de vérifier plusieurs fois, de collectionner,
  • etc.
Le traitement idéal des troubles obsessionnels-compulsifs est la combinaison de médicaments et d’une psychothérapie.

A savoir


Il est important de savoir reconnaître ces maladies psychiques importantes chez un proche pour pouvoir lui faire bénéficier d'une prise en charge adaptée rapidement.
Il existe bien sûr d'autres troubles psychiques, notamment anxieux (troubles paniques, phobies, anxiété généralisée, etc.).
Mais retenez que d’une manière générale, tout trouble psychique doit amener à consulter car dans un nombre important de cas, il existe des approches thérapeutiques efficaces. 
Association canadienne pour la santé mentaleBesoin d`aide ?

8 août 2012

Le Trouble bipolaire



Description

Nous éprouvons tous des humeurs variées comme le bonheur, la tristesse et la colère. Les humeurs désagréables et les sautes d'humeur sont des réactions normales au quotidien et l'on peut souvent identifier les événements qui sont à l'origine de ces troubles. Cependant, lorsque l'on éprouve des changements d'humeur ou des humeurs extrêmes qui surviennent de façon totalement inattendue et qui entravent notre bon fonctionnement, ces changements proviennent souvent de troubles de l'humeur.
Le trouble bipolaire (autrefois connu sous le nom de trouble maniacodépressif) est un trouble de l'humeur qui est caractérisé par des périodes d'humeur extrêmement élevée (manie), des humeurs extrêmement basses (dépression), et des épisodes d'humeur normale.
Le trouble bipolaire se déclenche généralement pendant l'adolescence et le début de la vie adulte. Il n'est pas courant que le trouble bipolaire se déclenche chez les enfants qui ne présentent pas de facteurs de risques familiaux et il est rare qu'il se déclenche chez les personnes de plus de 60 ans (sauf lorsqu'il est associé à une autre maladie). Le trouble bipolaire touche environ 2 % de la population adulte et il affecte les hommes et les femmes dans une même proportion.

Causes

On n'a pas mis en évidence de cause unique du trouble bipolaire, mais les recherches laissent penser qu'il est provoqué par des anomalies de la fonction ou du mode de communication des cellules nerveuses du cerveau. Les chercheurs pensent également qu'il existe un lien génétique certain (antécédents familiaux) : les personnes dont un parent, une sœur ou un frère de même père et de même mère est atteint de trouble bipolaire courent un risque plus élevé d'être affectées elles aussi.
Quelle que soit la nature exacte de la cause à la base du trouble bipolaire, ce dernier rend clairement plus vulnérables aux stress physiques et émotionnels les personnes qui en sont atteintes. Par conséquent, des événements bouleversants de la vie, l'alcool, l'usage de drogues illicites, le manque de sommeil ou d'autres sources de stress peuvent déclencher des crises de la maladie, bien que ces tensions ne soient en fait pas à l'origine du trouble.
La personne atteinte de trouble bipolaire n'est pas responsable de son affection qui ne provient pas d'une personnalité « faible » ou instable. Les troubles de l'humeur sont des affections que l'on peut traiter médicalement.

Symptômes et Complications


Le trouble bipolaire est une affection dans laquelle l'humeur de la personne change selon des cycles qui durent des semaines à des mois. L'humeur de la personne peut être extrêmement élevée ou irritable à extrêmement basse et sans espoir. La nature des troubles de l'humeur diffère d'une personne à l'autre. Une personne peut traverser des périodes d'élévation de l'humeur, d'humeur déprimée et des moments pendant lesquels l'humeur est normale. Les périodes d'humeur extrêmement élevée et basse sont des épisodes de manie et de dépression.
La manie : est caractérisée par une humeur élevée, irritable, colérique et agressive pendant au moins une semaine. Pendant un épisode de manie, la personne fera aussi l'expérience d'au moins trois des symptômes suivants :
  • un besoin de sommeil réduit;
  • une augmentation du débit et de la force de la parole;
  • un rythme de la pensée accéléré;
  • une grande hyperactivité;
  • un sentiment exagéré de puissance, de grandeur ou d'importance (estime de soi excessive);
  • un comportement insouciant sans égard aux conséquences potentielles (par ex. dépenser trop d'argent, avoir une activité sexuelle inappropriée ou faire des investissements risqués en affaires).
Un épisode de manie peut également comprendre des symptômes psychotiques comme des délusions (croire fermement que certaines choses sont vraies alors qu'elles sont fausses) ou des hallucinations (le fait d'entendre, de sentir ou de voir des choses qui n'existent pas).
L'hypomanie  est une forme moins prononcée de la manie, avec des symptômes similaires, mais moins graves et moins d'effets négatifs sur les activités quotidiennes de la personne. Pendant un épisode hypomaniaque, la personne peut ressentir une élévation de l'humeur et être plus productive. Du fait de cet état du bien-être, certaines personnes atteintes de trouble bipolaire peuvent même être amenées à cesser de prendre leurs médicaments pour atteindre l'hypomanie. Toutefois, il n'est pas courant qu'une personne reste en phase d'épisode hypomaniaque pendant longtemps et elle bascule petit à petit dans la manie ou la dépression. Il importe donc de traiter ces épisodes d'hypomanie.
La dépression : au cours d'un épisode dépressif, la personne éprouve des sentiments de tristesse ou encore elle perd son intérêt pour les choses qu'elle apprécie en temps normal. Au moins 5 des symptômes ci-après persistent pendant au moins 2 semaines :
  • de l'insomnie (trouble du sommeil) ou un sommeil excessif;
  • une baisse de l'humeur;
  • une perte ou une prise de poids;
  • une baisse d'intérêt pour des activités agréables;
  • une grande fatigue ou une perte d'énergie;
  • des difficultés à se concentrer ou à prendre des décisions;
  • le sentiment d'être au ralenti ou au contraire d'être trop agité pour rester en place;
  • le sentiment d'être inutile ou coupable, ou une très faible estime de soi;
  • des idées récurrentes de mort ou de suicide.
Un épisode dépressif peut également comprendre des symptômes d'anxiété intense, d'inquiétudes excessives et d'autres symptômes physiques (par ex. de la douleur) en plus de symptômes psychotiques comme des délusions (croire fermement que certaines choses sont vraies alors qu'elles sont fausses) ou des hallucinations (le fait d'entendre, de sentir ou de voir des choses qui n'existent pas).
Certaines personnes atteintes du désordre bipolaire subissent des épisodes mixtes qui impliquent à la fois des symptômes de la manie et de la dépression en même temps ou en alternance fréquente au cours d'une même journée. Les personnes sont excitables ou agitées comme dans le cas de la manie, mais elles se sentent également irritables et déprimées. Les épisodes mixtes sont ceux qui présentent le risque de suicides le plus élevé. 25 % à 50 % des personnes atteintes de trouble bipolaire sont susceptibles de commettre un suicide.
Certaines personnes atteintes du trouble bipolaire présentent des troubles du mouvement appelés symptômes catatoniques. Parmi ces symptômes, on compte l'agitation physique, l'immobilité et des postures ou des mouvements inhabituels.
Structure du trouble bipolaire


Les personnes souffrant de trouble bipolaire ont des types et des fréquences d'épisodes qui varient selon chacun. Certaines personnes peuvent avoir autant d'épisodes maniaques que d'épisodes dépressifs, tandis que d'autres peuvent avoir principalement un type d'épisode ou l'autre (habituellement la dépression).
Alors que plusieurs années peuvent s'écouler entre les premiers épisodes, sans traitement, la plupart des personnes finissent par avoir des épisodes plus fréquents. Les épisodes peuvent durer des jours, des semaines, des mois ou parfois même des années. Pour certaines personnes, les cycles se succèdent rapidement et elles subissent au moins 4 épisodes par an de différentes combinaisons de manie, d'hypomanie, de trouble mixte ou de dépression.

Classifications 
Selon la structure des épisodes, le trouble bipolaire peut être classé comme suit :
  • bipolaire de type 1 : la personne a un épisode maniaque ou plus ou des épisodes mixtes et un épisode dépressif;
  • bipolaire de type 2 : la personne n'a que des épisodes hypomaniaques et dépressifs, sans manie complète ni épisodes mixtes. L'hypomanie semble souvent normale à la personne et elle ne cherche de traitement que pour la dépression.

Diagnostic

Le médecin établira le diagnostic du trouble bipolaire en se basant sur les symptômes. Le diagnostic implique généralement une étude approfondie des antécédents médicaux, des questions sur les antécédents familiaux, un examen physique ainsi qu'une évaluation psychiatrique sur les antécédents d'épisodes de dépression et de manie.
Un diagnostic précoce et approprié constitue un premier pas important vers la prévention d'autres complications telles que le suicide, l'abus d'alcool ou d'autres substances, les problèmes conjugaux ou professionnels ainsi que l'augmentation de la fréquence des épisodes.

Traitement et Prévention

On donnera aux personnes atteintes de trouble bipolaire un traitement pour gérer leurs épisodes actuels ainsi qu'un traitement de long terme pour prévenir les épisodes futurs. Les composants du traitement comprennent des médicaments et des traitements psychosociaux. On réserve généralement l'électroconvulsivothérapie (ECT) aux personnes qui ne réagissent pas au traitement médicamenteux du trouble bipolaire.
Le traitement médicamenteux du trouble bipolaire doit être adapté à chaque personne, car la structure et la gravité de ce trouble diffère d'une personne à l'autre. On a communément recours à un traitement médicamenteux à long terme pour traiter le trouble bipolaire. Parmi les médicaments utilisés dans le traitement du trouble bipolaire, on retrouve :
  • les stabilisateurs de l'humeur : on traite la plupart des personnes atteintes de trouble bipolaire avec des médicaments appelés stabilisateurs de l'humeur (par ex. le lithium, le divalproex* ou l'acide valproïque, la carbamazépine). Ces médicaments soulagent les épisodes en cours, les empêchent de réapparaître et n'aggravent pas la dépression ni la manie ni n'entraînent des cycles plus longs. L'acide valproïque et la carbamazépine sont des anticonvulsivants utilisés dans le traitement de l'épilepsie et qui aident également à stabiliser l'humeur. On étudie également l'utilisation d'autres anticonvulsivants (par ex. la gabapentine, la lamotrigine, le topiramate) pour le traitement du trouble bipolaire. Il est maintenant possible d'utiliser la lamotrigine pour traiter la dépression du trouble bipolaire. On prescrit parfois une combinaison thérapeutique de deux stabilisateurs de l'humeur aux personnes qui ne réagissent pas ou commencent à résister à l'emploi d'un médicament;
  • les antidépresseurs : ces médicaments traitent les symptômes de la dépression et agissent en modifiant les taux de certaines substances chimiques du cerveau de façon à ce que l'humeur de la personne s'élève. Chez les personnes atteintes de trouble bipolaire, on doit utiliser les antidépresseurs avec prudence, habituellement en complément d'un stabilisateur de l'humeur afin d'empêcher le cycle de la personne d'évoluer en épisode maniaque. De nombreux types d'antidépresseurs sont disponibles, qui fonctionnent de façon différente et ont des profils d'effets secondaires différents;
  • les antipsychotiques : ces médicaments (c'est-à-dire, l'olanzapine, la rispéridone, la quétiapine) sont utilisés pour aider à réduire les symptômes de la manie, et on pense qu'ils agissent en régularisant l'activité de certains produits chimiques dans le cerveau pour stabiliser l'humeur. Comme les antidépresseurs, plusieurs types de ces médicaments sont disponibles - le mécanisme d'action de chacun d'entre eux diffère et ils ont des effets secondaires différents. Les antipsychotiques sont également utilisés pour traiter les symptômes psychotiques comme les délusions et les hallucinations. La quiétapine est également indiquée pour le traitement de la dépression dans le trouble bipolaire, même si aucun symptôme psychotique n'est présent. On utilise également l'olanzapine pour traiter les épisodes mixtes du désordre bipolaire.
D'autres médicaments peuvent être prescrits pour d'autres troubles associés au trouble bipolaire, tels que des somnifères, des médicaments contre l'anxiété ou l'agitation.
Il importe que les personnes souffrant de trouble bipolaire continuent à prendre ces médicaments afin que le traitement de l'affection s'avère efficace. Ne cessez pas de prendre ces médicaments ou n'ajustez pas votre dose de votre propre initiative sans en parler à votre médecin ou votre pharmacien au préalable. Consultez votre médecin ou votre pharmacien si vous avez des questions au sujet des médicaments que vous prenez et demandez-leur quels sont les effets secondaires potentiels.
Parmi les traitements psychosociaux pour le trouble bipolaire, on retrouve la psychoéducation, la psychothérapie, la thérapie familiale et les groupes de soutien. Les traitements psychosociaux peuvent aider les personnes atteintes et leurs familles à comprendre, à apprendre comment gérer cette affection et comment empêcher les complications de se produire. La psychoéducation renseigne les personnes atteintes sur leur affection, son traitement et sa prise en charge.
Une personne souffrant de trouble bipolaire peut aussi :
  • apprendre à reconnaître les signes d'avertissement précoces d'un nouvel épisode d'humeur;
  • essayer de dormir suffisamment et aller au lit à heure régulière chaque soir;
  • faire de l'exercice régulièrement;
  • éviter les boissons alcoolisées et les drogues illicites;
  • réduire le stress au travail et dans la vie en général;
  • avoir une alimentation équilibrée;
  • tenir un journal pour garder une trace de vos sentiments quotidiens, de vos activités, de vos rythmes de sommeil, des événements de la vie et des effets secondaires des médicaments. Cela vous aidera, vous et votre médecin, à déterminer quel traitement vous convient le mieux.


Troubles bipolaires: entre euphorie et dépression

    









Une personne sur deux souffrant d'un trouble bipolaire ou maniaco-dépressif fait une tentative de suicide au cours de son existence. Alcool, drogue, stress et autres troubles psychiques sont souvent associés, rendant cette pathologie difficile à diagnostiquer. Un reportage de Françoise Ducret et Sarah Perrig

Troubles bipolaires: entre euphorie et dépression

 [DR][DR]Se sentir triste, sans énergie, puis retrouver dynamisme et joie de vivre sont des changements d'humeur tout à fait normaux dans nos existences. Ils dépendent de notre personnalité et surviennent généralement en réponse à un événement particulier. Mais il arrive que ces fluctuations soient d'une intensité telle qu'elles perturbent gravement l'équilibre psychique et mettent en péril nos relations avec autrui. On parle alors de troubles bipolaires, qu'on appelait par le passé troubles maniaco-dépressifs. 5 pour-cent de la population, à divers degrés et à un moment ou à un autre de la vie, pourrait souffrir de cette pathologie qui n'est souvent pas diagnostiquée.

Les principales caractéristiques du trouble bipolaire sont des changements d'humeur avec une alternance entre dépressions et crises de manie.

La manie est une période d'euphorie où les pensées se bousculent, le besoin de sommeil diminue et l'activité devient frénétique. Des troubles de la concentration peuvent aussi apparaître. En phase maniaque, la libido est généralement décuplée et le malade risque d'avoir des comportements qu'il pourra regretter. Les achats sont compulsifs, les dépenses inconsidérées, pouvant conduire à des faillites. Enfin, comme la personne ne tient pas en place, elle a tendance à déménager à d'innombrables reprises.

Cette période de manie peut être fascinante, car elle est souvent accompagnée de coups de génie. Mais elle conduit généralement le malade et ses proches à un état d'épuisement.

Il existe trois types de troubles bipolaires. Le type 1 est fait d'une alternance très marquée entre dépressions et phases de manie. Le deuxième type, avec les mêmes alternances, mais les crises de manie sont moins marquées: on parle alors de phases hypomanes. Enfin, il arrive que dépressions et phases euphoriques surviennent en même temps: il s'agit des épisodes dits « mixtes ».

Les troubles bipolaires sont très difficiles à diagnostiquer, car ils peuvent être confondus avec des dépressions unipolaires, la phase maniaque n'incitant que rarement à consulter. Par ailleurs, il y a souvent des comorbidités. Enfin, aucun test de laboratoire, aucun examen radiologique ne permettent de mesurer la souffrance. Il faut généralement entre 8 et 10 ans avant qu'un trouble bipolaire ne puisse être diagnostiqué.

Alcool, drogue et suicide

 [DR]
Les scientifiques ignorent les causes de ces troubles. Il existe certainement des facteurs génétiques, car on retrouve souvent plusieurs bipolaires dans une même famille. Il pourrait aussi y avoir des dérèglements au niveau de la chimie du cerveau, sans qu'on n'en comprenne les mécanismes exacts.

Très souvent les bipolaires font une consommation importante d'alcool et de drogue. Il pourrait s'agir d'une forme d'automédication pour apaiser de trop grandes souffrances.

Il est important que la maladie puisse être diagnostiquée car un bipolaire sur deux fait une tentative de suicide au cours de sa vie et un sur vingt parvient à mettre fin à ses jours. Une bonne médication ainsi qu'un suivi adéquat limitent ces risques.

Les médicaments

 [DR][DR]Les principaux médicaments sont les stabilisateurs de l'humeur (le lithium étant le plus ancien), les antipsychotiques, les neuroleptiques et les anxiolytiques. Les antidépresseurs sont assez rarement prescrits, car ils ont tendance à générer des crises de manie. Les bipolaires doivent prendre un cocktail chimique et cela, généralement, durant toute leur vie. Ces drogues soulagent la souffrance mais ne permettent pas la guérison. Ce qui est troublant, c'est que personne ne sait exactement comment les médicaments agissent. Ils ont pourtant un réel effet sur l'humeur. L'industrie pharmaceutique l'a bien compris et a développé plusieurs nouveaux produits au cours de ces dernières années.

Les approches non-médicamenteuses

Plusieurs centres en Suisse romande proposent des cours de psycho-éducation. Il s'agit de groupes de paroles qui offrent aux malades la possibilité de mieux comprendre ce qui leur arrive grâce à un échange d'expériences. Des stratégies permettant d'éviter les rechutes peuvent être développées lors de ces rencontres. Mais psychothérapie et thérapies cognitives,faites individuellement, peuvent aussi apporter une aide efficace.

La méditation, notamment les techniques dites de pleine conscience, sont actuellement en phase d'évaluation. Elles semblent aider à mieux maîtriser les émotions.

Enfin, dans les cas très graves, lorsque les médicaments sont inefficaces, des électrochocs peuvent être proposés. Ils ne sont offerts en Suisse que par quelques centres hospitaliers universitaires. Réalisés sous anesthésie générale, ils génèrent une crise d'épilepsie dans le cerveau. Les séances doivent être répétées entre six et douze fois et les résultats semblent intéressants. L'humeur est stabilisée. Après le traitement, des troubles de la mémoire apparaissent, mais ils se résorbent avec le temps.

Vivre avec un bipolaire


Les bipolaires ont assez souvent des problèmes relationnels, car leurs fluctuations d'humeur pèsent sur l'entourage. Lors des crises de manie, ils peuvent avoir des comportements totalement désinhibés et dépenser sans compter. A la clé de nombreux divorces et des mises sous curatelle. Mais les phases de manie, lorsqu'elles ne vont pas trop loin, peuvent être intéressantes car elles génèrent de la créativité. De nombreux artistes, musiciens ou écrivains, sont ou ont été bipolaires.


Les stars et la bipolarité : Catherine Zeta-Jones n'est pas un cas isolé...

L'actrice galloise Catherine Zeta-Jones a fait l'effet d'une bombe en dévoilant par voie de presse qu'elle était atteinte du syndrome maniaco-dépressif, également appelédésordre bipolaire. Cette décision est saluée par le monde médical, car l'actrice galloise contribue à faire changer les regards sur une maladie mentale qui touche 1% de la population, dont de nombreuses personnalités. 
La princesse Leïa de Star Wars, Carrie Fisher, les acteurs comiquesBen Stiller et Russell Brand, le controversé Mel Gibson, ou encoreBritney Spears - on se souvient de ses coups d'éclat médiatisés - font partie, selon The Hollywood Reporter, des célébrités atteintes de ces troubles. En remontant dans le passé, la liste des artistes ou des politiques susceptibles d'avoir été victimes de bipolarité s'allonge : le peintre Van Gogh, le philosophe Nietzsche, les écrivains Gérard de Nerval, Baudelaire et Virginia Woolf, le compositeur Hector Berlioz et les politiques Theodore Roosevelt et Winston Churchill..
De son côté, Catherine Zeta-Jones est en bonne forme aujourd'hui. Après une hospitalisation de cinq jours, elle s'apprête à tourner Playing the Field de Gabriele Muccino avec Gerard Butler. Toutefois, si le traitement lui a été bénéfique, elle n'est pas guérie pour autant selon ses médecins : "Elle ne sera probablement jamais guérie et devra apprendre à concilier son statut de star et sa maladie."
Les troubles bipolaires provoquent des alternances de phases maniaques et de dépression. Sans traitement, au moins 15% des patients ayant un trouble bipolaire décèdent par suicide. L'abus d'alcool va souvent de pair avec ces troubles. Cependant, une fois la maladie diagnostiquée et la personne soignée, le quotidien est radicalement modifié.
Quelles conséquences sur la carrière de la star va avoir cette divulgation sur sa santé ? "Sa décision d'annoncer publiquement son désordre bipolaire la rend encore plus humaine et permet à ceux qui partagent la même souffrance de se sentir plus proche d'elle, a déclaré un expert en relations publiques à Hollywood. Quand les célébrités dévoilent leurs maladies, les gens les respectent encore 







De plus, l'honnêteté de la comédienne joue en faveur du soutien aux malades de manière générale : "Les maladies mentales sont souvent des maladies rendant les gens mal à l'aise... et du coup, elles restent très mystérieuses, accompagnées parfois de honte et de stigmatisation. Que des célébrités puissent être tout à fait honnêtes sur un tel sujet aide incontestablement le public à mieux connaître la maladie", a déclaré à l'AFP Katrina Gay, directrice de la communication de l'Alliance Nationale des Maladies mentales. Après le cancer de la gorge qui a frappé son mari Michael Douglas l'an passé, et pour lequel il avait été d'une grande sincérité face à l'opinion, Catherine Zeta-Jones, mère de deux enfants, Dylan et Carys, suit le même chemin de la transparence. Un acte courageux et généreux.

16 févr. 2012

Préserver sa santé mentale en réduisant les calories

Si vous voulez vieillir gracieusement sans perdre la boule, une nouvelle étude américaine conseille de réduire votre consommation de calories.
L'étude en question sera présentée à la 64e rencontre de la American Academy of Neurology en avril. Les chercheurs déclarent avoir établi une corrélation entre une forte consommation de calories et un déclin léger des facultés cognitives chez les personnes de plus de 70 ans.
Le déficit cognitif léger désigne la phase située entre les pertes de mémoire normales dues à l'âge et les premiers symptômes de la maladie d'Alzheimer.
Dans le cadre de cette étude, 1230 seniors âgés de 70 à 89 ans devaient communiquer leur consommation quotidienne de calories dans un questionnaire, afin de répartir les sujets en trois groupes selon leur consommation quotidienne de calories: le premier en consommait entre 600 et 1526, le deuxième entre 1526 et 2143, et le troisième entre 2143 et 6000.
Après analyse, les chercheurs ont découvert que les risques de déficit cognitif léger était plus de deux fois plus élevés chez les seniors qui consommaient le plus de calories par rapport à ceux qui en consommaient le moins.
«Consommer moins de calories et manger sainement constitue probablement une meilleure façon de lutter contre la perte de mémoire en vieillissant», selon le neurologue Yonas Geda, co-auteur de l'étude avec la Mayo Clinic de Scottsdale, en Arizona.
D'autres études ajoutent qu'une trop forte consommation de sel, le manque d'exercice et le tabac peuvent accélérer le déclin des facultés cognitives, mais qu'un emploi du temps chargé et une vie sociale active contribuent à la santé mentale des personnes âgées.

La pratique régulière d’une activité physique paraît avoir des effets très positifs dans la prévention et sur l’évolution d’un certain nombre de maladies. Les études réalisées démontrent un effet de l’activité physique sur les maladies cardio-vasculaires, le diabète, la lutte contre l’ostéoporose et les atteintes du système ostéo-articulaire, ainsi que sur le risque d’apparition de certains cancers. D’une façon plus générale, chez l’adulte normal, l’exercice diminue l’anxiété et l’instabilité émotionnelle, l’humeur et la résistance au stress des sujets en bonne condition physique étant améliorées par rapport à celle des sujets sédentaires.

Les personnes âgées peuvent aussi grandement profiter de la mise en œuvre de programmes de réhabilitation physique, seuls capables de rompre le cercle vicieux qui s’instaure à partir d’un certain âge, entre sédentarité et aggravation du handicap. Le degré de liberté s’en trouve accru et le risque de dépendance s’éloigne.

Influence de l'activité physique sur la qualité de vie

La contribution de l’exercice physique et de la vie active à l’amélioration de l’état de santé d’un individu et d’une collectivité ne se mesure pas seulement en termes de maladies et de blessures qu’il est possible de prévenir, de guérir plus rapidement ou d’empêcher de récidiver, elle s’évalue aussi en tenant compte de l’impact que ce mode de vie génère sur l’amélioration de la qualité de la vie.

Les personnes physiquement actives prennent leur santé en main. Elles se détendent, se reposent et se distraient plus ; elles gèrent mieux leur stress et sont ainsi mieux préparées à faire face aux tensions ou aux urgences lorsqu’elles se présentent ou s’accumulent. Les gens actifs n’ont pas les mêmes habitudes de vie que les personnes inactives. Ils sont généralement plus soucieux de leur santé et de leur qualité de vie. Ils se préoccupent plus de leur alimentation, de leur environnement et ils évitent certaines habitudes pouvant être nuisibles ou néfastes pour la santé. Le fait de pratiquer une activité physique régulièrement procure du plaisir, génère une plus grande sérénité, un plus grand sentiment de liberté, une meilleure écoute des signaux d’alarme que notre corps ou notre esprit peuvent émettre et peut aider à lutter contre l’isolement et la solitude.

Influence de l'activité physique sur le système cardio-vasculair

La prévention des affections du système cardio-vasculaire constitue un problème très important de la médecine préventive d’aujourd’hui.

L’étiologie invoque une série de facteurs exogènes (modification des habitudes de vie et d’alimentation) et endogènes (facteurs de risques : pression sanguine élevée, haut taux de cholestérol, obésité,...), qui sont à l’origine des affections cardio-vasculaires. La sédentarité y joue un rôle important, car tout organe n’a que la capacité de son niveau de sollicitation (Wolt, Busch et Mellerowicz, 1973). Normalement, les risques d’infarctus sont deux fois plus grands chez les sujets non-entraînés que chez les sujets entraînés. Après la quarantaine, les risques augmentent considérablement chez les non-entraînés. Chez les gens bien entraînés, ce risque demeure à un niveau bas encore pendant 20 à 25 ans.

Au cours des vingt dernières années, il a été prouvé que l’exercice physique régulier après un accident cardiaque et chez des malades présentant une insuffisance chronique permettait à la majorité des sujets le retour à une vie sociale normale. Puis, grâce à des études comparatives avec tirage au sort, on s’est rendu compte que l’espérance de vie était améliorée. L’entraînement physique a des effets favorables sur le taux de cholestérol, la régulation de la glycémie, la diminution de la surcharge graisseuse ; il motive les malades coronariens pour l’arrêt du tabagisme, clé de voûte de la prévention secondaire.

Age
Inactivité physique
Obésité
Hypertension
Tabagisme
Diabète
Hypercholes-
térolémie
Hypertrophie
ventriculaire gauche
Hommes
35-44
12.1
12.5
13.5
48.6
1.1
20.2
2.9
45-54
16.9
14.7
18.3
43.1
1.1
25.7
4.8
55-64
21.0
12.5
22.3
37.4
3.3
23.5
10.1
65-74
27.1
12.7
27.1
22.8
3.2
21.6
7.1
Femmes
35-44
13.3
20.1
8.5
38.8
0.8
12.9
0.9
45-54
19.3
24.2
18.2
36.1
2.9
28
3.6
55-64
30.8
30.9
31.2
24.2
3.2
49.7
4.1
65-74
39
27.2
47.6
10.2
6.1
51
9.6

Tableau 1: Prévalence (en %) de l’exposition aux divers facteurs étiologiques des maladies cardio-vasculaires dans la population : exemple de la population des Etats-Unis

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Graphique 1 : les avantages de l’entraînement en endurance

L’entraînement en endurance n’a pas seulement une influence importante sur le cœur (et par là même un effet cardioprotecteur) mais aussi sur de nombreux facteurs de risque qui favorisent l’installation de maladies cardio-vasculaires dégénératives. Ces facteurs de risque sont principalement la sédentarité, l’obésité, l’hypertension artérielle, le tabac, le diabète et l’hypercholestérolémie. Ces différents facteurs sont souvent intriqués. De plus, la présence de plusieurs entraîne non pas une addition mais une multiplication des risques de voir apparaître une maladie cardio-vasculaire dégénérative.

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 D’après les données de l’Enquête Santé-Canada et de l’Enquête condition physique Canada

Graphique 2 : Proportion de la population canadienne considérée à risque

d’après les facteurs majeurs associés à la maladie coronarienne.

 

Effets de l’entraînement en endurance sur le cœur

Un des premiers effets de l’entraînement en endurance est l’abaissement de la fréquence cardiaque.

La diminution de la fréquence cardiaque induit une réduction considérable du travail quotidien du myocarde ; de plus, une fréquence cardiaque plus basse est, à la lumière des statistiques, un gage de moindre risque d’affections cardio-vasculaires. Comme le montre le graphique 3, la diminution de la fréquence cardiaque réduit nettement les risques de problèmes coronariens mortels.

En plus de remaniements neuro-végétatifs, l’entraînement en endurance produit des modifications morphologiques au niveau du cœur, ce qui renforce le processus d’économies fonctionnelles. Un entraînement en endurance provoque un agrandissement du cœur, c’est à dire qu’il se produit une dilatation des cavités cardiaques et une hypertrophie du myocarde. Il en résulte une augmentation du volume d’éjection systolique et, par conséquent, une augmentation du débit cardiaque maximal en cas d’effort. Un gros volume d’éjection systolique permet d’économiser le travail du cœur, tant au repos qu’à l’effort. Une baisse de la fréquence cardiaque conditionnée par une augmentation du volume du cœur (il existe une relation entre la diminution de la fréquence cardiaque due à l’entraînement et l’augmentation du volume du cœur) exerce un effet très favorable sur la charge cardio-vasculaire au repos et à l’effort ; il y a économie du travail cardiaque. Une diminution de 10 battements/minute permet une économie d’oxygène de 15%.

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Graphique 3 : Relation entre la fréquence cardiaque (au repos) et la mortalité sur 10 ans par affections coronariennes (chez 1349 hommes bien portants de 40 à 59 ans)

De plus, grâce à une meilleure capillarisation, l’entraînement amène à une meilleure utilisation périphérique de l’oxygène et des substrats. Par le fait même qu’il se produit une optimisation dans la livraison de l’oxygène aux cellules, une moindre quantité de sang, donc une fréquence cardiaque moins élevée suffit à répondre aux besoins.

L’entraînement en endurance favorise également le développement de collatérales au niveau du myocarde. Cette adaptation joue également en faveur de la protection du cœur ; l’état des collatérales conditionne la mortalité précoce par infarctus du myocarde. De plus, l’entraînement produit, à la longue, une forte dilatation de la lumière des coronaires et des vaisseaux coronaires eux-mêmes, améliorant ainsi l’irrigation du myocarde au repos et à l’effort.

Influence de l'activité physique sur l'obésité

L’obésité est un facteur de risque important d’affections cardio-vasculaires et, comme en témoigne le graphique 4, la part des obèses dans les différentes maladies est impressionnante.

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 d’après le bilan des publications mondiales par Heyden, 1975

Graphique 4 : Pourcentage de sujets obèses dans divers groupes de maladies

Lors d’un entraînement ordinaire en endurance, les besoins caloriques durant l’exercice ne sont pas suffisants, à eux seuls, pour maigrir. C’est plutôt l’élévation du métabolisme général qui sera le stimulus décisif, de même que les processus morphologiques et biochimiques empêchant la mise en réserve des graisses. L’entraînement optimise la distribution de l’énergie absorbée entre la mise en réserve et les organes qui l’utilisent. En outre, l’entraînement physique provoque une diminution considérable de la dimension des cellules adipeuses, par la dégradation des triglycérides et l’inhibition parallèle qui restreint la synthèse.

L'obésité correspond à un excès de masse grasse dans le corps. L'obésité est souvent le résultat de mauvaises habitudes alimentaires associées à un mode de vie trop sédentaire. Cela entraîne un déséquilibre entre l'apport énergétique de l'alimentation et les dépenses énergétiques. Le surplus est alors stocké sous forme de graisse dans le corps (tissu adipeux). Ce mécanisme permet à l'homme de se protéger naturellement contre la faim par exemple. Toutefois, lorsque se déséquilibre s'amplifie, cela conduit à l'obésité et tous les risques que cela peut engendrer.

La question est de savoir à partir de quelle valeur un sujet est-il hors norme, à partir de quel pourcentage de masse grasse peut-on considérer qu'il y a risque pour la santé?

Pour répondre à ces questions, il faut mesurer la masse graisseuse du corps humain. Il est possible d'estimer la masse graisseuse par des techniques telles que la médecine nucléaire, la pesée dans l'eau, les plis adipeux, bio-impédance,…Ces technique ne sont toutefois pas accessibles à toutes et tous.

Une façon accessible à tous de définir l'obésité d'un individu utilise le concept de l'indice de masse corporelle (IMC).

Il y a plus de 150 ans, Lambert Adolphe Jacques Quetelet (1796-1874), astronome, mathématicien, philosophe et anthropologiste belge introduisait la théorie des dimensions humaines et l'utilisation des probabilités pour décrire la variabilité humaine. Selon Quetelet, les poids de personnes qui présentent des tailles différentes sont en relation avec le carré de la stature. Sur une base empirique, il proposait alors un index pondéral appelé index de Quetelet ou encore Body Mass Index (BMI):

Dans des échantillons issus de différentes populations, le BMI présente une faible corrélation avec la taille et est corrélé positivement avec l'épaisseur des plis adipeux ainsi qu'avec le poids mesuré sous l'eau. Dès lors, le BMI est très régulièrement utilisé comme un indicateur de l'obésité dans des domaines comme la diététique ou les assurances-vie.

Cependant, Borms, Ross, Duquet & Carter (1986) ont calculé sur 66 body-builders de niveau national, la valeur du BMI. Ils ont trouvé 27,5. L'interprétation simpliste devait aboutir à la conclusion qu'il s'agissait d'un échantillon d'obèses! Or l'adiposité était minime et tous présentaient une somme de six plis adipeux (triceps, omoplate, supra-spinal, ombilical, cuisse et mollet) située en dessous du dixième percentile des sujets de leur âge. Il faut donc en conclure qu'il est hasardeux de fournir une information individuelle précise de l'aspect graisseux du corps uniquement à partir des index pondéraux. Ceux-ci doivent être complétés par des mesures permettant d'estimer le contenu en graisse du corps.

Nous voyons donc que cette index peut être utilisé comme un substitut à la mesure directe de la quantité de graisse mais qu'il ne s'applique pas pour des athlètes ayant une musculature fort développée, des femmes enceintes, de jeunes enfants,…

Il est par contre régulièrement employé par des médecins spécialistes en nutrition et le Comité d'expert des caractéristiques physiques de l'OMS propose d'adopter les seuils de 25, 30 et 40 qui correspondent aux degrés 1, 2 et 3 de surpoids corporel.

Si vous voulez connaître votre Body Mass Index, nous vous invitons à rentrer votre poids en kilogrammes et votre taille en centimètres. Vous aurez directement un commentaire. Attention, compte tenu des commentaires effectués auparavant, vous devez considérer ceci comme un indicateur et savoir l'interpréter! Peut être aussi que cela vous incitera à faire de l'exercice physique et à réviser vos habitudes alimentaires.

Calcul du BMI

Taille :
Poids :
B.M.I. :
Conclusion :

 Influence de l'activité physique sur le diabète

* Le diabète de type I, insulino-dépendant, apparaît chez les jeunes. Il est dû à l’absence d’insuline et requiert impérativement pour son traitement l’administration d’insuline. L’activité physique chez une personne atteinte de diabète de type I n’a pas d’effet direct et doit être pratiquée sous contrôle médical.

  • La situation est toute différente en ce qui concerne le diabète de type II (diabète gras, non insulino-dépendant). Le diabète gras est souvent dû à un excès pondéral ou un manque d’exercices physiques. Dans ce type, qui apparaît surtout après l’adolescence, l’insuline, normalement sécrétée, est mal utilisée par les récepteurs cellulaires.
Le nombre de transporteurs au glucose étant faible, la sensibilité des tissus à l’insuline est diminuée. L’exercice physique d’endurance permet d’augmenter le nombre de transporteurs au glucose dans le tissu musculaire. En effet, lors d’un exercice physique, il y a exocytose partielle de GLUT4, le transporteur spécifique du glucose dans les muscles squelettiques. Le nombre de transporteurs étant augmenté, le muscle à une meilleur sensibilité à l’insuline. L’entraînement en endurance accroît donc la sensibilité des tissus à l’insuline et en diminue ainsi les besoins.
Bühr a pu démontrer que le repos complet au lit ralentissait l’absorption du glucose par les cellules après 3 mois seulement. Ce phénomène n’a pas été observé chez des sujets alités qui recevaient des soins de kinésithérapie appropriés.
Influence del'activité physique sur l'ostéoporose et les atteintes du système ostéo-articulaire
L’ostéoporose affecte 40% des femmes âgées, et 10% des hommes. Avec le vieillissement de la population du " Baby Boom ", l’incidence des fractures de la hanche liées à l’ostéoporose va augmenter de 70% au cours des 20 prochaines années. Il n’existe pas encore de traitement curatif satisfaisant pour l’ostéoporose. Sa prévention est beaucoup plus fructueuse que son traitement.
La pratique régulière et continue de l’activité physique constitue un facteur très important, puisque les os qui ne travaillent pas perdent plus de tissus osseux et deviennent plus fragiles. Comme les muscles, les os doivent travailler pour rester sains. Une augmentation modérée de la consommation de calcium et une habitude de pratique sportive prise très tôt dans la vie favorisent une masse osseuse maximale, réduisent au minimum la perte de tissus osseux liée à l’âge, et contribuent à diminuer le risque d’ostéoporose de plus ou moins 30% à l’âge de 70 ans.
Il est important de faire suffisant d’exercice physique et d’ingérer une quantité suffisante de calcium à la puberté car environ 60% de la masse osseuse définitive se forme durant cette période. Compte tenu du fait qu’en absence de charge mécanique le calcium pénètre plus difficilement dans la structure osseuse, il est plus logique d’inciter les enfants et les adultes à augmenter leur temps d’activité physique à titre de stratégie préventive contre l’ostéoporose que de leur prescrire de larges doses de calcium.
L’arthrose est l’une des causes principales de handicap. Pour la plupart d’entre nous, l’arthrose n’est rien de plus que des douleurs sans importance, " une conséquence inévitable du vieillissement ".
Les 206 os du corps humain sont reliés par une centaine d’articulations. Lorsqu’une articulation perd de sa souplesse de mouvement, elle doit davantage compter sur les muscles et les tissus mous qui l’entourent. Il y a de l’arthrose quand le cartilage est détruit et que les os frottent l’un sur l’autre. Il s’ensuit une inflammation, de la douleur, une perte de mobilité ainsi que des handicaps physiques et fonctionnels.
Des exercices physiques appropriés effectués tout au long de la vie sont d’une importance capitale puisqu’ils renforcent les muscles qui entourent les articulations menacées et aident à préserver la mobilité et la fonction articulaires (le cartilage se nourrit pendant le mouvement).
Influence del'activité physique sur certains cancers
Dans une étude épidémiologique, Blair et ses collègues ont suivi 13344 personnes sur une période moyenne d’un peu plus de 8 ans. Ils rapportent une relation entre le niveau de condition physique et le taux de mortalité par cancer. Les facteurs d’influence potentiels ont été contrôlés. De plus, il ressort de cette étude que même de légères améliorations de la condition physique produisent des bénéfices pour la santé.
  • Cancer du sein et de l’appareil reproducteur
Une étude menée par Frisch et ses collègues , en Angleterre, rapporte que les ex-athlètes féminines de niveau collégial ou universitaire ont un taux d’apparition de cancers du sein et du système reproducteur significativement plus bas que les non-athlètes. Les facteurs d’influence positive (l’âge, le nombre de grossesses, la cigarette, la prise de contraceptifs oraux,...) étaient contrôlés. Pour être considérée comme athlète, il fallait avoir aux moins deux entraînements par semaine avec l’une des équipes sportives (compétitive ou récréative) de l’institution pour une période d’au moins un an.
  • Cancer du colon
Selon des travaux de recherche fondés sur la comparaison avec témoins et sur l’étude comparative de cohortes, il existe un lien entre l’augmentation de l’activité physique et la diminution du risque de cancer du colon, l’exercice physique favorisant le transit intestinal.
L’activité physique peut réduire de 50% le risque qu’une personne soit atteinte d’un cancer du colon.
  • Les cancers dus au tabagisme
Le tabagisme est le facteur de risque de cancer le plus important, principalement le cancer du poumon, de la cavité buccale, de l’oesophage, du larynx, mais aussi de la vessie et du rein pour lesquels l’incidence est plus élevées chez les fumeurs. Un tiers de tous les décès causés par cancer sont associés au tabagisme.
La pratique des APS s’accompagne le plus souvent d’une amélioration spontanée de l’hygiène de vie globale, avec une diminution du tabagisme.
Influence de l'activité physique sur la santé mentale
Il semble bien que notre société connaisse des problèmes dont l’ampleur est sans précédent : stress destructeur, drogue, violence, suicide sont des mots qui reviennent quotidiennement dans l’actualité. Ces problèmes, que l’on associe à la santé mentale, représentent environ 20% des dépenses de santé au Québec.
Au Québec, si l’on exclu les grossesses et les accouchements, les troubles mentaux constituent la principale cause d’hospitalisation de courte durée chez les 15-44 ans et ils représentent près de 20% des dépenses publiques de santé. Selon l’enquête Santé-Québec, environ une personne sur quatre est actuellement confrontée à cette réalité puisque 30% des femmes et 22% des hommes présentent un niveau élevé de détresse psychologique qui est une des facettes de la santé mentale associée aux états dépressifs, aux êtres anxieux, à certains symptômes d’agressivité et de troubles cognitifs.
Diverses études démontrent que la pratique physique et la vie active contribuent à améliorer la santé mentale en augmentant le goût de vivre, en réduisant l’impact du mauvais stress, en diminuant le niveau d’anxiété et de la dépression légère, en augmentant l’estime de soi, en acquérant un meilleur équilibre psychologique et émotionnel et en créant des liens d’amitié ou des réseaux de support.
Influence de l'activité physique sur la "résistance au stress"
60% des Canadiens estiment que leur vie est relativement stressante et que l’activité physique pratiquée durant les temps libres est un excellent moyen de soulager les tensions.
Le stress peut être défini, dans le contexte des changements physiologiques, comme une réponse positive à certaines situations de la vie quotidienne ou à certains événements qui surviennent au cours de l’existence. Le stress constitue en quelque sorte une réponse de l’organisme à une stimulation (excès ou manque) ou à une agression, à tout changement qui demande une adaptation importante, imprévue. Le stress peut être stimulant et nous pousser à vivre, mais il peut aussi être destructeur, soit parce qu’il est trop intense ou brutal et que les capacités de l’organisme sont débordées, soit parce qu’il use nos réserves au jour le jour et nous " brûle " à petit feu. Le stress sous la forme de tension provisoire est nécessaire à la vie (bon stress) ; c’est seulement en cas de surmenage ou de tensions constantes que le stress aboutit à des perturbations organiques (mauvais stress).
L’organisme s’adapte au stress en plusieurs phases. Au début, une phase d’alarme, qui se traduit par des symptômes physiques variant selon les individus, l’importance du stress et sa brutalité : pâleur, malaise, palpitations, mal au ventre, ... Survient ensuite la phase d’adaptation : le moteur " s’emballe ", les organes sont sur-stimulés et sécrètent plus d’hormones que la normale. Si cette phase se prolonge, l’organisme s’épuise et devient de plus en plus vulnérable. Ainsi, un stress qui dure ou se répète est une menace pour l’organisme. La fatigue en est le symptôme le plus fréquent mais l’anxiété, l’irritabilité, la nervosité, les troubles du sommeil, la difficulté de se concentrer sont également des conséquence de cet épuisement de l’organisme. Enfin, si le stress se prolonge, des manifestations psychosomatiques apparaîtront au point faible de chaque individu.
La pratique d’une activité physique qui sollicite entre autre l’endurance cardio-respiratoire a des effets bénéfiques face au stress puisqu’elle peut détruire les énergies refoulées par les stimuli de stress. L’entraînement régulier en endurance contribue ainsi à éviter les conséquences à long terme du stress car il empêche l’accumulation des stimuli de stress. " L’état d’alerte " engendré est ainsi toujours diminué par l’activité physique.
De plus, la pratique d’une activité physique aide à gérer le stress et à s’adapter le mieux possible, à vivifier le corps et l’esprit, à savoir comment se relaxer, se détendre musculairement et mentalement, à avoir du plaisir et en profiter pleinement, à exprimer ses émotions, ses préoccupations et à solliciter son entourage dont le soutien moral et affectif est important, à " décompresser " en ayant une vie physiquement active. Les gens pratiquant une activité physique apprennent à se fixer des objectifs réalistes sur le plan de la performance, de l’auto-efficacité et de l’auto-gratification face à la tâche à accomplir. Ils apprennent également à contrôler leurs émotions, à les défouler de façon physique (en frappant sur un ballon par exemple), ainsi qu’à établir un juste équilibre entre le travail intellectuel et le travail physique.
Influence de l'activité physique sur la santé sociale
Des programmes de loisirs et de condition physique peuvent offrir aux jeunes des activités positives durant leur temps libre. L’incarcération d’un jeune coûte 100 fois plus cher que la mise en œuvre de programmes de loisirs à son intention.
Les effets bénéfiques de la pratique sportive contribuent à améliorer la santé sociale en prévenant et en combattant diverses formes de violence contre soi-même (suicide, anorexie), contre les autres (agressivité, sexisme, racisme), contre l’environnement physique (vandalisme).
Les activités physiques constituent en quelque sorte une micro société, dans laquelle l’individu apprend à s’adapter le plus rapidement et le plus efficacement possible à une variété d’environnements physiques et humains. Placé dans des situations de jeu où il y a confrontation, il apprend à contrôler ses émotions et à résoudre des conflits. En plus d’acquérir des moyens pour lutter contre la solitude, il développe des attitudes et des comportements responsables, il apprend à s’intégrer, à établir des relations, à s’entendre avec un partenaire, à s’opposer à un adversaire, à travailler en équipe,...
L’activité physique constitue un moyen de socialisation unique, puissant et diversifié. La richesse des contextes qu’on y rencontre favorise autant le développement d’une conscience sociale que l’apprentissage de comportements pacifiques, qu’il faut privilégier lors de compétitions contre soi-même, les autres ou l’environnement, à des niveaux ou dans des situations de stress variées.
L’activité physique facilite l’apprentissage de la vie en société. Elle permet de vivre avec d’autres des expériences heureuses, de s’affirmer, de se valoriser, de s’intégrer au sein d’un groupe, de se sentir utile et accepté. Elle contribue ainsi à diminuer certains comportements anti-sociaux ou auto-destructeurs comme le crime, la délinquance, le vandalisme, la drogue, la consommation d’alcool.
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Schizophrénie et autisme : des liens génétiques importants et étroits

D’après une étude publiée dans la dernière édition de la revue Nature Neuroscience, des chercheurs américains auraient non seulement découvert que deux réseaux génétiques impliquant chacun des centaines de gènes pourraient être à l’origine du développement de la schizophrénie, mais aussi, qu’il existe de grandes similarités génétiques entre cette maladie mentale et l’autisme.

Affection psychique par excellence, la schizophrénie est une maladie chronique plus ou moins grave et handicapante, qui associe un ensemble d'affections psycho-cérébrales. Selon les dernières estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 1 % de la population mondiale serait atteinte par cette pathologie. Si son origine génétique ne fait pas de doute, il a longtemps été très difficile d’identifier les gènes impliqués.

Les travaux menés par Dennis Viktup et ses collègues de l’Université de Columbia pourraient bien compliquer un peu plus la donne. En effet, à l’aide d’un nouveau modèle d’analyse informatique surnommé Netbag+ et qui permet, sur la base de calculs de probabilité, de révéler les liens entre des gènes n’ayant a priori aucun rapport, les chercheurs américains ont étudié des centaines de mutations déjà associées à la schizophrénie. Ils ont ainsi pu constater que la plupart des gènes impliqués dans le développement de la schizophrénie pouvaient s’organiser en deux groupes ou deux réseaux contrôlant un certain nombre de processus clés du système neurveux (fonctionnement des synapses, circulation de l’information d’un neurone à l’autre, etc. ).

D’après Dennis Viktop, le premier réseau regrouperait les gènes impliqués sans le fonctionnement des synapses et dans la migration cellulaire, alors que le second réseau rassemblerait ceux intervenant dans l'organisation et le remodelage chromosomiques.

Par ailleurs, leurs travaux ont aussi permis de montrer que ces deux réseaux génétiques mutés, spécifiques à la schizophrénie, sont assez similaires à ceux observés dans le développement de l’autisme. Toutefois, d’autres études doivent être menées afin de mieux comprendre les liens qui unissent ces deux troubles psychiatriques. Dans l’état actuel des recherches, il est clair que les mutations associées à ces deux maladies sont impliquées dans le développement neurologique du fœtus. Si l’origine est commune, leurs expressions sont différentes. A la base de ces deux affections, il y a des troubles de la communication neuronale, qui n’ont cependant pas le même impact sur le patient. D'autres travaux seront donc nécessaires pour comprendre les mécanismes qui les différencient…


L'hypocondrie

Son manifestation la plus fréquente est celle de l’hypocondriaque "du quotidien". Celui-ci se découvre toujours des symptômes funestes, il est paniqué par les épidémies de grippe, par le cancer, le diabète...
Ils parlent de leur santé tout le temps et de manière exagérée. Ils connaissent les symptômes de chaque maladie et fréquentent assidûment les cabinets médicaux.

Pour les hypocondriaques, tout tourne autour de leur santé. Ils craignent de tomber gravement malade ou d’avoir une pathologie que le médecin n’a pas encore décelée. L’hypocondrie signifie littéralement la peur de la maladie (ou nosophobie). C’est une disposition obsessionnelle caractérisée par un état d'anxiété habituelle et excessive du sujet à propos de sa santé. Ce dernier examine et observe son corps, à la recherche de tous les symptômes possibles qui pourraient étayer ses craintes. Selon les statistiques médicales, 5 à 10 % des patients qui consultent un généraliste sont dans ce cas. Même si plusieurs médecins confirment que leurs craintes ne sont pas fondées, cela ne suffit pas à les calmer. Dans des cas extrêmes, le sujet réagit en disant : "Je dois souffrir d’une maladie bien grave et compliquée si aucun médecin ni spécialiste n’est en mesure de l’identifier et de m’aider."

Lutter contre les préjugés

Les hypocondriaques sont souvent en butte aux préjugés. Ils font sourire, on ne les prend pas au sérieux, on les considère comme des simulateurs ou des tire-au-flanc. Pourtant, ce n’est pas le cas : nombre de personnes qui ont une tendance à l’hypocondrie sont avides de réussite, tout en subissant de grandes souffrances. Ce ne sont donc pas des gens qui n’ont « rien d’autre à faire » que de rester à l’écoute de leur corps. Apparemment, ni l’origine sociale ni le niveau de culture générale ne jouent de rôle dans l’évolution d’une hypocondrie.

Les écrivains et autres intellectuels ont toujours été considérés comme particulièrement sujets à l’hypocondrie. Leur âme sensible semble réceptive à l'introspection. Thomas Mann en est un exemple célèbre - l’hypocondrie est présente dans son œuvre, notamment dans le roman "La montagne magique". Ce trouble pourrait être aussi une maladie professionnelle : de nombreux écrivains et penseurs comme Voltaire, Rousseau, Schiller ou Heine s’épanchent sur leur santé dans leur correspondance et leur journal intime.

L’hypocondrie est plus ou moins marquée selon les individus, elle va du petit bobo jusqu’aux maladies les plus graves – chaque tableau clinique peut être source d’angoisse ou le devenir. Les hypocondriaques pensent en permanence à une maladie imaginaire. Ces pensées sommeillent parfois en eux, et le destin d’autrui peut les occuper jour et nuit. Dans les cas graves, la vie tout entière de ces personnes est dominée et gâchée par l’angoisse. Dépressions, névroses d’angoisse, attaques de panique et résignation à propos de la maladie présumée peuvent, dans des cas extrêmes, conduire le patient à s’exclure de la vie en société et à s’isoler.

Les formes bénignes d’hypocondrie touchent de nombreuses personnes
Il est rare que les manifestations soient si extrêmes ; beaucoup de personnes n’ont que quelques accès sporadiques d’hypocondrie. Parfois, les hypochondriaques passent pour des détraqués ou des toqués.
Le journaliste et écrivain Arno Makowski rédige une chronique sur les hypocondriaques – et il parle en connaissance de cause ! Il fait une satire de ce phénomène. Beaucoup de lecteurs se sentent concernés et avouent avoir une tendance à l’hypocondrie – ils confirment par courrier, courriel ou appel téléphonique : « Ça alors, c’est exactement ce qui j’ai ! »


Un traitement est possible
Une hypocondrie sévère est un trouble qu’il faut certes prendre au sérieux mais qui a de bonnes chances d’être guéri. Il faut d’abord que le médecin et le patient reconnaissent que les troubles sont d’ordre psychique ou qu’ils sont liés à la situation sociale du patient. Un hypocondriaque a souvent du mal à admettre que ses maux n’ont pas de cause physiologique.
L’hypocondrie est davantage l’expression de problèmes d’ordre psychique. Il se passe souvent plusieurs années avant que les causes psychiques comme les symptômes de l'angoisse et de l'anxiété ne soient identifiées. Face à des situations où ils se sentent seuls ou dépassés par les événements, les hypocondriaques réagissent en développant des symptômes physiques.
Ils sont les seuls à sentir comment leur corps réagit à une tension psychique ; les douleurs sont réelles à leurs yeux. En revanche, leurs amis et leurs collègues, pour qui ces tensions ne sont pas visibles, jugent ces craintes injustifiées et exagérées.

Il est recommandé à ces personnes de consulter un spécialiste en psychothérapie ou en médecine psychosomatique. Ce dernier pourra déterminer les causes réelles des symptômes. Il leur prescrira une thérapie en dialogue ou une thérapie comportementale, une psychanalyse, les méthodes de relaxation et d'auto-hypnose comme la sophrologie ou la relaxation musculaire progressive de Jacobsen, et dans les cas plus graves, des psychotropes.

Les 5 maladies mentales les plus connues

Les 5 maladies mentales les plus connues
Les cinq maladies mentales les plus connues sont les suivantes : schizophrénie, trouble bipolaire ou psychose maniacodépressive, dépression sévère et persistante, troubles de personnalité limite ou borderline et trouble obsessionnel-compulsif ou TOC.
Le point sur les principales caractéristiques de ces 5 maladies mentales.

1 La schizophrénie

Il s’agit d’une maladie qui survient habituellement à l’adolescence et qui s’installe progressivement sur plusieurs années. Cette maladie mentale touche 1% de la population.
La schizophrénie est un trouble cérébral qui affecte la capacité d’une personne à distinguer la réalité et sa propre perception des événements. La pensée et les comportements sont affectés tout comme l’aspect émotionnel et l’humeur.
Dans les cas les plus graves, la personne atteinte peut avoir des hallucinations et des délires.
Sinon, la personne peut ressentir de la panique, de l’anxiété et de la peur.
Apparaissent alternativement des symptômes négatifs :
  • manque de motivation,
  • désintérêt,
  • rupture avec les relations sociales,
  • problèmes de concentration et de mémoire,
et des symptômes positifs :
  • délires,
  • troubles de la pensée,
  • fausses interprétations des événements,
  • agitation…

Le traitement de la schizophrénie repose sur une approche thérapeutique globale, comprenant des antipsychotiques et une réadaptation favorisant la reprise d’activités.

2 Les troubles bipolaires ou psychose maniacodépressive


Cette maladie est généralement diagnostiquée à l’âge adulte, vers 30 ans. Elle touche 2 % de la population.
Le trouble bipolaire se caractérise par une alternance de périodes extrêmes d’excitation (manie) et de dépression, entrecoupées de phases normales, sans symptômes apparents. Ces périodes peuvent durer des jours, des mois ou des années.
Période maniaque :
  • grande sociabilité,
  • bavard avec un débit très rapide,
  • actif,
  • créateur,
  • irritabilité extrême,
  • sautes d’humeur rapides,
  • accélération de la pensée,
  • gestes dangereux,
  • réactions excessives, démesurées,
  • etc.
Période dépressive :
  • tristesse,
  • sentiment d’inutilité,
  • désespoir,
  • culpabilité,
  • perte d’intérêt,
  • pensées suicidaires,
  • etc.
Perdre le contact avec la réalité et entendre des voix (dans 15 % des cas) sont des troubles que l’on peut observer à la fois en période de manie et de dépression.
Les formes de traitement les plus répandues sont les médicaments et la psychothérapie.

3 La dépression


La dépression sévère et persistante ne disparaît pas d’elle-même.
Cette maladie affecte la mémoire, la pensée, le jugement et l’état d’esprit. Ainsi, la dépression sévère a un impact sur la façon de se sentir, de penser, de manger, de dormir et d’agir. On note :
  • un désintérêt pour les activités habituelles,
  • une modification de l’appétit et du poids,
  • des problèmes de sommeil,
  • une baisse de libido,
  • la larme facile,
  • une perte d’estime de soi,
  • un manque de concentration,
  • une lenteur d’esprit, de l’anxiété,
  • des idées suicidaires
  • et parfois des hallucinations.
Les personnes qui en sont atteintes doivent être traitées pour éviter que les symptômes ne s’aggravent.
Le traitement repose sur la prise d’antidépresseurs et sur la psychothérapie.

4 Les troubles de personnalité limite ou borderline


Ce trouble, qui affecterait 2% de la population, apparaît au début de l’âge adulte et touche davantage de femmes que d’homme.
Le trouble de personnalité limite est une maladie mentale qui génère un mode général d’instabilité de l’image de soi, des relations interpersonnelles et de l’humeur.

 
  • La personne borderline a des comportements inadaptés et enracinés.
  • Sa personnalité est anormale, dans l’équilibre de son jugement, de ses émotions et de ses comportements.
  • Ses relations avec les autres sont souvent très instables avec des répercussions importantes sur les membres de l’entourage puisqu’ils sont amenés à vivre une variété d’émotions souvent intenses : découragement, impuissance, colère, angoisse, peur, etc.
Le traitement repose essentiellement sur des approches thérapeutiques.

5 Les troubles obsessionnels-compulsifs (TOC)


Enfants, ados ou adultes, les troubles obsessionnels-compulsifs touchent jusqu’à 3% de la population.
Entre perfectionnisme exagéré et rituels angoissants, les TOC sont des troubles anxieux caractérisés par des pensées (obsessions) et des comportements (compulsions) inappropriés.
Ce trouble de la pensée et du comportement est dû à un dérèglement du cerveau. Il débute par des anxiétés et des incertitudes qui, contre toute volonté, se transforment en obsessions, des pensées et des images répétitives.

IDF1 TV / Vaincre les TOC par PsyBenjaminLubszynski
Les obsessions typiques sont :
  • la peur des microbes,
  • la peur de se blesser,
  • le doute,
  • des pensées récurrentes d’ordre sexuel ou religieux,
  • la peur de commettre des actes scandaleux,
  • etc.
Quant aux compulsions typiques, ce sont :
  • la propreté excessive,
  • le classement,
  • le dénombrement,
  • la répétition sans cesse d’un mot,
  • le besoin de toucher, de vérifier plusieurs fois, de collectionner,
  • etc.
Le traitement idéal des troubles obsessionnels-compulsifs est la combinaison de médicaments et d’une psychothérapie.

A savoir


Il est important de savoir reconnaître ces maladies psychiques importantes chez un proche pour pouvoir lui faire bénéficier d'une prise en charge adaptée rapidement.
Il existe bien sûr d'autres troubles psychiques, notamment anxieux (troubles paniques, phobies, anxiété généralisée, etc.).
Mais retenez que d’une manière générale, tout trouble psychique doit amener à consulter car dans un nombre important de cas, il existe des approches thérapeutiques efficaces. 
Association canadienne pour la santé mentaleBesoin d`aide ?

Le Trouble bipolaire



Description

Nous éprouvons tous des humeurs variées comme le bonheur, la tristesse et la colère. Les humeurs désagréables et les sautes d'humeur sont des réactions normales au quotidien et l'on peut souvent identifier les événements qui sont à l'origine de ces troubles. Cependant, lorsque l'on éprouve des changements d'humeur ou des humeurs extrêmes qui surviennent de façon totalement inattendue et qui entravent notre bon fonctionnement, ces changements proviennent souvent de troubles de l'humeur.
Le trouble bipolaire (autrefois connu sous le nom de trouble maniacodépressif) est un trouble de l'humeur qui est caractérisé par des périodes d'humeur extrêmement élevée (manie), des humeurs extrêmement basses (dépression), et des épisodes d'humeur normale.
Le trouble bipolaire se déclenche généralement pendant l'adolescence et le début de la vie adulte. Il n'est pas courant que le trouble bipolaire se déclenche chez les enfants qui ne présentent pas de facteurs de risques familiaux et il est rare qu'il se déclenche chez les personnes de plus de 60 ans (sauf lorsqu'il est associé à une autre maladie). Le trouble bipolaire touche environ 2 % de la population adulte et il affecte les hommes et les femmes dans une même proportion.

Causes

On n'a pas mis en évidence de cause unique du trouble bipolaire, mais les recherches laissent penser qu'il est provoqué par des anomalies de la fonction ou du mode de communication des cellules nerveuses du cerveau. Les chercheurs pensent également qu'il existe un lien génétique certain (antécédents familiaux) : les personnes dont un parent, une sœur ou un frère de même père et de même mère est atteint de trouble bipolaire courent un risque plus élevé d'être affectées elles aussi.
Quelle que soit la nature exacte de la cause à la base du trouble bipolaire, ce dernier rend clairement plus vulnérables aux stress physiques et émotionnels les personnes qui en sont atteintes. Par conséquent, des événements bouleversants de la vie, l'alcool, l'usage de drogues illicites, le manque de sommeil ou d'autres sources de stress peuvent déclencher des crises de la maladie, bien que ces tensions ne soient en fait pas à l'origine du trouble.
La personne atteinte de trouble bipolaire n'est pas responsable de son affection qui ne provient pas d'une personnalité « faible » ou instable. Les troubles de l'humeur sont des affections que l'on peut traiter médicalement.

Symptômes et Complications


Le trouble bipolaire est une affection dans laquelle l'humeur de la personne change selon des cycles qui durent des semaines à des mois. L'humeur de la personne peut être extrêmement élevée ou irritable à extrêmement basse et sans espoir. La nature des troubles de l'humeur diffère d'une personne à l'autre. Une personne peut traverser des périodes d'élévation de l'humeur, d'humeur déprimée et des moments pendant lesquels l'humeur est normale. Les périodes d'humeur extrêmement élevée et basse sont des épisodes de manie et de dépression.
La manie : est caractérisée par une humeur élevée, irritable, colérique et agressive pendant au moins une semaine. Pendant un épisode de manie, la personne fera aussi l'expérience d'au moins trois des symptômes suivants :
  • un besoin de sommeil réduit;
  • une augmentation du débit et de la force de la parole;
  • un rythme de la pensée accéléré;
  • une grande hyperactivité;
  • un sentiment exagéré de puissance, de grandeur ou d'importance (estime de soi excessive);
  • un comportement insouciant sans égard aux conséquences potentielles (par ex. dépenser trop d'argent, avoir une activité sexuelle inappropriée ou faire des investissements risqués en affaires).
Un épisode de manie peut également comprendre des symptômes psychotiques comme des délusions (croire fermement que certaines choses sont vraies alors qu'elles sont fausses) ou des hallucinations (le fait d'entendre, de sentir ou de voir des choses qui n'existent pas).
L'hypomanie  est une forme moins prononcée de la manie, avec des symptômes similaires, mais moins graves et moins d'effets négatifs sur les activités quotidiennes de la personne. Pendant un épisode hypomaniaque, la personne peut ressentir une élévation de l'humeur et être plus productive. Du fait de cet état du bien-être, certaines personnes atteintes de trouble bipolaire peuvent même être amenées à cesser de prendre leurs médicaments pour atteindre l'hypomanie. Toutefois, il n'est pas courant qu'une personne reste en phase d'épisode hypomaniaque pendant longtemps et elle bascule petit à petit dans la manie ou la dépression. Il importe donc de traiter ces épisodes d'hypomanie.
La dépression : au cours d'un épisode dépressif, la personne éprouve des sentiments de tristesse ou encore elle perd son intérêt pour les choses qu'elle apprécie en temps normal. Au moins 5 des symptômes ci-après persistent pendant au moins 2 semaines :
  • de l'insomnie (trouble du sommeil) ou un sommeil excessif;
  • une baisse de l'humeur;
  • une perte ou une prise de poids;
  • une baisse d'intérêt pour des activités agréables;
  • une grande fatigue ou une perte d'énergie;
  • des difficultés à se concentrer ou à prendre des décisions;
  • le sentiment d'être au ralenti ou au contraire d'être trop agité pour rester en place;
  • le sentiment d'être inutile ou coupable, ou une très faible estime de soi;
  • des idées récurrentes de mort ou de suicide.
Un épisode dépressif peut également comprendre des symptômes d'anxiété intense, d'inquiétudes excessives et d'autres symptômes physiques (par ex. de la douleur) en plus de symptômes psychotiques comme des délusions (croire fermement que certaines choses sont vraies alors qu'elles sont fausses) ou des hallucinations (le fait d'entendre, de sentir ou de voir des choses qui n'existent pas).
Certaines personnes atteintes du désordre bipolaire subissent des épisodes mixtes qui impliquent à la fois des symptômes de la manie et de la dépression en même temps ou en alternance fréquente au cours d'une même journée. Les personnes sont excitables ou agitées comme dans le cas de la manie, mais elles se sentent également irritables et déprimées. Les épisodes mixtes sont ceux qui présentent le risque de suicides le plus élevé. 25 % à 50 % des personnes atteintes de trouble bipolaire sont susceptibles de commettre un suicide.
Certaines personnes atteintes du trouble bipolaire présentent des troubles du mouvement appelés symptômes catatoniques. Parmi ces symptômes, on compte l'agitation physique, l'immobilité et des postures ou des mouvements inhabituels.
Structure du trouble bipolaire


Les personnes souffrant de trouble bipolaire ont des types et des fréquences d'épisodes qui varient selon chacun. Certaines personnes peuvent avoir autant d'épisodes maniaques que d'épisodes dépressifs, tandis que d'autres peuvent avoir principalement un type d'épisode ou l'autre (habituellement la dépression).
Alors que plusieurs années peuvent s'écouler entre les premiers épisodes, sans traitement, la plupart des personnes finissent par avoir des épisodes plus fréquents. Les épisodes peuvent durer des jours, des semaines, des mois ou parfois même des années. Pour certaines personnes, les cycles se succèdent rapidement et elles subissent au moins 4 épisodes par an de différentes combinaisons de manie, d'hypomanie, de trouble mixte ou de dépression.

Classifications 
Selon la structure des épisodes, le trouble bipolaire peut être classé comme suit :
  • bipolaire de type 1 : la personne a un épisode maniaque ou plus ou des épisodes mixtes et un épisode dépressif;
  • bipolaire de type 2 : la personne n'a que des épisodes hypomaniaques et dépressifs, sans manie complète ni épisodes mixtes. L'hypomanie semble souvent normale à la personne et elle ne cherche de traitement que pour la dépression.

Diagnostic

Le médecin établira le diagnostic du trouble bipolaire en se basant sur les symptômes. Le diagnostic implique généralement une étude approfondie des antécédents médicaux, des questions sur les antécédents familiaux, un examen physique ainsi qu'une évaluation psychiatrique sur les antécédents d'épisodes de dépression et de manie.
Un diagnostic précoce et approprié constitue un premier pas important vers la prévention d'autres complications telles que le suicide, l'abus d'alcool ou d'autres substances, les problèmes conjugaux ou professionnels ainsi que l'augmentation de la fréquence des épisodes.

Traitement et Prévention

On donnera aux personnes atteintes de trouble bipolaire un traitement pour gérer leurs épisodes actuels ainsi qu'un traitement de long terme pour prévenir les épisodes futurs. Les composants du traitement comprennent des médicaments et des traitements psychosociaux. On réserve généralement l'électroconvulsivothérapie (ECT) aux personnes qui ne réagissent pas au traitement médicamenteux du trouble bipolaire.
Le traitement médicamenteux du trouble bipolaire doit être adapté à chaque personne, car la structure et la gravité de ce trouble diffère d'une personne à l'autre. On a communément recours à un traitement médicamenteux à long terme pour traiter le trouble bipolaire. Parmi les médicaments utilisés dans le traitement du trouble bipolaire, on retrouve :
  • les stabilisateurs de l'humeur : on traite la plupart des personnes atteintes de trouble bipolaire avec des médicaments appelés stabilisateurs de l'humeur (par ex. le lithium, le divalproex* ou l'acide valproïque, la carbamazépine). Ces médicaments soulagent les épisodes en cours, les empêchent de réapparaître et n'aggravent pas la dépression ni la manie ni n'entraînent des cycles plus longs. L'acide valproïque et la carbamazépine sont des anticonvulsivants utilisés dans le traitement de l'épilepsie et qui aident également à stabiliser l'humeur. On étudie également l'utilisation d'autres anticonvulsivants (par ex. la gabapentine, la lamotrigine, le topiramate) pour le traitement du trouble bipolaire. Il est maintenant possible d'utiliser la lamotrigine pour traiter la dépression du trouble bipolaire. On prescrit parfois une combinaison thérapeutique de deux stabilisateurs de l'humeur aux personnes qui ne réagissent pas ou commencent à résister à l'emploi d'un médicament;
  • les antidépresseurs : ces médicaments traitent les symptômes de la dépression et agissent en modifiant les taux de certaines substances chimiques du cerveau de façon à ce que l'humeur de la personne s'élève. Chez les personnes atteintes de trouble bipolaire, on doit utiliser les antidépresseurs avec prudence, habituellement en complément d'un stabilisateur de l'humeur afin d'empêcher le cycle de la personne d'évoluer en épisode maniaque. De nombreux types d'antidépresseurs sont disponibles, qui fonctionnent de façon différente et ont des profils d'effets secondaires différents;
  • les antipsychotiques : ces médicaments (c'est-à-dire, l'olanzapine, la rispéridone, la quétiapine) sont utilisés pour aider à réduire les symptômes de la manie, et on pense qu'ils agissent en régularisant l'activité de certains produits chimiques dans le cerveau pour stabiliser l'humeur. Comme les antidépresseurs, plusieurs types de ces médicaments sont disponibles - le mécanisme d'action de chacun d'entre eux diffère et ils ont des effets secondaires différents. Les antipsychotiques sont également utilisés pour traiter les symptômes psychotiques comme les délusions et les hallucinations. La quiétapine est également indiquée pour le traitement de la dépression dans le trouble bipolaire, même si aucun symptôme psychotique n'est présent. On utilise également l'olanzapine pour traiter les épisodes mixtes du désordre bipolaire.
D'autres médicaments peuvent être prescrits pour d'autres troubles associés au trouble bipolaire, tels que des somnifères, des médicaments contre l'anxiété ou l'agitation.
Il importe que les personnes souffrant de trouble bipolaire continuent à prendre ces médicaments afin que le traitement de l'affection s'avère efficace. Ne cessez pas de prendre ces médicaments ou n'ajustez pas votre dose de votre propre initiative sans en parler à votre médecin ou votre pharmacien au préalable. Consultez votre médecin ou votre pharmacien si vous avez des questions au sujet des médicaments que vous prenez et demandez-leur quels sont les effets secondaires potentiels.
Parmi les traitements psychosociaux pour le trouble bipolaire, on retrouve la psychoéducation, la psychothérapie, la thérapie familiale et les groupes de soutien. Les traitements psychosociaux peuvent aider les personnes atteintes et leurs familles à comprendre, à apprendre comment gérer cette affection et comment empêcher les complications de se produire. La psychoéducation renseigne les personnes atteintes sur leur affection, son traitement et sa prise en charge.
Une personne souffrant de trouble bipolaire peut aussi :
  • apprendre à reconnaître les signes d'avertissement précoces d'un nouvel épisode d'humeur;
  • essayer de dormir suffisamment et aller au lit à heure régulière chaque soir;
  • faire de l'exercice régulièrement;
  • éviter les boissons alcoolisées et les drogues illicites;
  • réduire le stress au travail et dans la vie en général;
  • avoir une alimentation équilibrée;
  • tenir un journal pour garder une trace de vos sentiments quotidiens, de vos activités, de vos rythmes de sommeil, des événements de la vie et des effets secondaires des médicaments. Cela vous aidera, vous et votre médecin, à déterminer quel traitement vous convient le mieux.


Troubles bipolaires: entre euphorie et dépression

    









Une personne sur deux souffrant d'un trouble bipolaire ou maniaco-dépressif fait une tentative de suicide au cours de son existence. Alcool, drogue, stress et autres troubles psychiques sont souvent associés, rendant cette pathologie difficile à diagnostiquer. Un reportage de Françoise Ducret et Sarah Perrig

Troubles bipolaires: entre euphorie et dépression

 [DR][DR]Se sentir triste, sans énergie, puis retrouver dynamisme et joie de vivre sont des changements d'humeur tout à fait normaux dans nos existences. Ils dépendent de notre personnalité et surviennent généralement en réponse à un événement particulier. Mais il arrive que ces fluctuations soient d'une intensité telle qu'elles perturbent gravement l'équilibre psychique et mettent en péril nos relations avec autrui. On parle alors de troubles bipolaires, qu'on appelait par le passé troubles maniaco-dépressifs. 5 pour-cent de la population, à divers degrés et à un moment ou à un autre de la vie, pourrait souffrir de cette pathologie qui n'est souvent pas diagnostiquée.

Les principales caractéristiques du trouble bipolaire sont des changements d'humeur avec une alternance entre dépressions et crises de manie.

La manie est une période d'euphorie où les pensées se bousculent, le besoin de sommeil diminue et l'activité devient frénétique. Des troubles de la concentration peuvent aussi apparaître. En phase maniaque, la libido est généralement décuplée et le malade risque d'avoir des comportements qu'il pourra regretter. Les achats sont compulsifs, les dépenses inconsidérées, pouvant conduire à des faillites. Enfin, comme la personne ne tient pas en place, elle a tendance à déménager à d'innombrables reprises.

Cette période de manie peut être fascinante, car elle est souvent accompagnée de coups de génie. Mais elle conduit généralement le malade et ses proches à un état d'épuisement.

Il existe trois types de troubles bipolaires. Le type 1 est fait d'une alternance très marquée entre dépressions et phases de manie. Le deuxième type, avec les mêmes alternances, mais les crises de manie sont moins marquées: on parle alors de phases hypomanes. Enfin, il arrive que dépressions et phases euphoriques surviennent en même temps: il s'agit des épisodes dits « mixtes ».

Les troubles bipolaires sont très difficiles à diagnostiquer, car ils peuvent être confondus avec des dépressions unipolaires, la phase maniaque n'incitant que rarement à consulter. Par ailleurs, il y a souvent des comorbidités. Enfin, aucun test de laboratoire, aucun examen radiologique ne permettent de mesurer la souffrance. Il faut généralement entre 8 et 10 ans avant qu'un trouble bipolaire ne puisse être diagnostiqué.

Alcool, drogue et suicide

 [DR]
Les scientifiques ignorent les causes de ces troubles. Il existe certainement des facteurs génétiques, car on retrouve souvent plusieurs bipolaires dans une même famille. Il pourrait aussi y avoir des dérèglements au niveau de la chimie du cerveau, sans qu'on n'en comprenne les mécanismes exacts.

Très souvent les bipolaires font une consommation importante d'alcool et de drogue. Il pourrait s'agir d'une forme d'automédication pour apaiser de trop grandes souffrances.

Il est important que la maladie puisse être diagnostiquée car un bipolaire sur deux fait une tentative de suicide au cours de sa vie et un sur vingt parvient à mettre fin à ses jours. Une bonne médication ainsi qu'un suivi adéquat limitent ces risques.

Les médicaments

 [DR][DR]Les principaux médicaments sont les stabilisateurs de l'humeur (le lithium étant le plus ancien), les antipsychotiques, les neuroleptiques et les anxiolytiques. Les antidépresseurs sont assez rarement prescrits, car ils ont tendance à générer des crises de manie. Les bipolaires doivent prendre un cocktail chimique et cela, généralement, durant toute leur vie. Ces drogues soulagent la souffrance mais ne permettent pas la guérison. Ce qui est troublant, c'est que personne ne sait exactement comment les médicaments agissent. Ils ont pourtant un réel effet sur l'humeur. L'industrie pharmaceutique l'a bien compris et a développé plusieurs nouveaux produits au cours de ces dernières années.

Les approches non-médicamenteuses

Plusieurs centres en Suisse romande proposent des cours de psycho-éducation. Il s'agit de groupes de paroles qui offrent aux malades la possibilité de mieux comprendre ce qui leur arrive grâce à un échange d'expériences. Des stratégies permettant d'éviter les rechutes peuvent être développées lors de ces rencontres. Mais psychothérapie et thérapies cognitives,faites individuellement, peuvent aussi apporter une aide efficace.

La méditation, notamment les techniques dites de pleine conscience, sont actuellement en phase d'évaluation. Elles semblent aider à mieux maîtriser les émotions.

Enfin, dans les cas très graves, lorsque les médicaments sont inefficaces, des électrochocs peuvent être proposés. Ils ne sont offerts en Suisse que par quelques centres hospitaliers universitaires. Réalisés sous anesthésie générale, ils génèrent une crise d'épilepsie dans le cerveau. Les séances doivent être répétées entre six et douze fois et les résultats semblent intéressants. L'humeur est stabilisée. Après le traitement, des troubles de la mémoire apparaissent, mais ils se résorbent avec le temps.

Vivre avec un bipolaire


Les bipolaires ont assez souvent des problèmes relationnels, car leurs fluctuations d'humeur pèsent sur l'entourage. Lors des crises de manie, ils peuvent avoir des comportements totalement désinhibés et dépenser sans compter. A la clé de nombreux divorces et des mises sous curatelle. Mais les phases de manie, lorsqu'elles ne vont pas trop loin, peuvent être intéressantes car elles génèrent de la créativité. De nombreux artistes, musiciens ou écrivains, sont ou ont été bipolaires.


Les stars et la bipolarité : Catherine Zeta-Jones n'est pas un cas isolé...

L'actrice galloise Catherine Zeta-Jones a fait l'effet d'une bombe en dévoilant par voie de presse qu'elle était atteinte du syndrome maniaco-dépressif, également appelédésordre bipolaire. Cette décision est saluée par le monde médical, car l'actrice galloise contribue à faire changer les regards sur une maladie mentale qui touche 1% de la population, dont de nombreuses personnalités. 
La princesse Leïa de Star Wars, Carrie Fisher, les acteurs comiquesBen Stiller et Russell Brand, le controversé Mel Gibson, ou encoreBritney Spears - on se souvient de ses coups d'éclat médiatisés - font partie, selon The Hollywood Reporter, des célébrités atteintes de ces troubles. En remontant dans le passé, la liste des artistes ou des politiques susceptibles d'avoir été victimes de bipolarité s'allonge : le peintre Van Gogh, le philosophe Nietzsche, les écrivains Gérard de Nerval, Baudelaire et Virginia Woolf, le compositeur Hector Berlioz et les politiques Theodore Roosevelt et Winston Churchill..
De son côté, Catherine Zeta-Jones est en bonne forme aujourd'hui. Après une hospitalisation de cinq jours, elle s'apprête à tourner Playing the Field de Gabriele Muccino avec Gerard Butler. Toutefois, si le traitement lui a été bénéfique, elle n'est pas guérie pour autant selon ses médecins : "Elle ne sera probablement jamais guérie et devra apprendre à concilier son statut de star et sa maladie."
Les troubles bipolaires provoquent des alternances de phases maniaques et de dépression. Sans traitement, au moins 15% des patients ayant un trouble bipolaire décèdent par suicide. L'abus d'alcool va souvent de pair avec ces troubles. Cependant, une fois la maladie diagnostiquée et la personne soignée, le quotidien est radicalement modifié.
Quelles conséquences sur la carrière de la star va avoir cette divulgation sur sa santé ? "Sa décision d'annoncer publiquement son désordre bipolaire la rend encore plus humaine et permet à ceux qui partagent la même souffrance de se sentir plus proche d'elle, a déclaré un expert en relations publiques à Hollywood. Quand les célébrités dévoilent leurs maladies, les gens les respectent encore 







De plus, l'honnêteté de la comédienne joue en faveur du soutien aux malades de manière générale : "Les maladies mentales sont souvent des maladies rendant les gens mal à l'aise... et du coup, elles restent très mystérieuses, accompagnées parfois de honte et de stigmatisation. Que des célébrités puissent être tout à fait honnêtes sur un tel sujet aide incontestablement le public à mieux connaître la maladie", a déclaré à l'AFP Katrina Gay, directrice de la communication de l'Alliance Nationale des Maladies mentales. Après le cancer de la gorge qui a frappé son mari Michael Douglas l'an passé, et pour lequel il avait été d'une grande sincérité face à l'opinion, Catherine Zeta-Jones, mère de deux enfants, Dylan et Carys, suit le même chemin de la transparence. Un acte courageux et généreux.

Préserver sa santé mentale en réduisant les calories

Si vous voulez vieillir gracieusement sans perdre la boule, une nouvelle étude américaine conseille de réduire votre consommation de calories.
L'étude en question sera présentée à la 64e rencontre de la American Academy of Neurology en avril. Les chercheurs déclarent avoir établi une corrélation entre une forte consommation de calories et un déclin léger des facultés cognitives chez les personnes de plus de 70 ans.
Le déficit cognitif léger désigne la phase située entre les pertes de mémoire normales dues à l'âge et les premiers symptômes de la maladie d'Alzheimer.
Dans le cadre de cette étude, 1230 seniors âgés de 70 à 89 ans devaient communiquer leur consommation quotidienne de calories dans un questionnaire, afin de répartir les sujets en trois groupes selon leur consommation quotidienne de calories: le premier en consommait entre 600 et 1526, le deuxième entre 1526 et 2143, et le troisième entre 2143 et 6000.
Après analyse, les chercheurs ont découvert que les risques de déficit cognitif léger était plus de deux fois plus élevés chez les seniors qui consommaient le plus de calories par rapport à ceux qui en consommaient le moins.
«Consommer moins de calories et manger sainement constitue probablement une meilleure façon de lutter contre la perte de mémoire en vieillissant», selon le neurologue Yonas Geda, co-auteur de l'étude avec la Mayo Clinic de Scottsdale, en Arizona.
D'autres études ajoutent qu'une trop forte consommation de sel, le manque d'exercice et le tabac peuvent accélérer le déclin des facultés cognitives, mais qu'un emploi du temps chargé et une vie sociale active contribuent à la santé mentale des personnes âgées.

La pratique régulière d’une activité physique paraît avoir des effets très positifs dans la prévention et sur l’évolution d’un certain nombre de maladies. Les études réalisées démontrent un effet de l’activité physique sur les maladies cardio-vasculaires, le diabète, la lutte contre l’ostéoporose et les atteintes du système ostéo-articulaire, ainsi que sur le risque d’apparition de certains cancers. D’une façon plus générale, chez l’adulte normal, l’exercice diminue l’anxiété et l’instabilité émotionnelle, l’humeur et la résistance au stress des sujets en bonne condition physique étant améliorées par rapport à celle des sujets sédentaires.

Les personnes âgées peuvent aussi grandement profiter de la mise en œuvre de programmes de réhabilitation physique, seuls capables de rompre le cercle vicieux qui s’instaure à partir d’un certain âge, entre sédentarité et aggravation du handicap. Le degré de liberté s’en trouve accru et le risque de dépendance s’éloigne.

Influence de l'activité physique sur la qualité de vie

La contribution de l’exercice physique et de la vie active à l’amélioration de l’état de santé d’un individu et d’une collectivité ne se mesure pas seulement en termes de maladies et de blessures qu’il est possible de prévenir, de guérir plus rapidement ou d’empêcher de récidiver, elle s’évalue aussi en tenant compte de l’impact que ce mode de vie génère sur l’amélioration de la qualité de la vie.

Les personnes physiquement actives prennent leur santé en main. Elles se détendent, se reposent et se distraient plus ; elles gèrent mieux leur stress et sont ainsi mieux préparées à faire face aux tensions ou aux urgences lorsqu’elles se présentent ou s’accumulent. Les gens actifs n’ont pas les mêmes habitudes de vie que les personnes inactives. Ils sont généralement plus soucieux de leur santé et de leur qualité de vie. Ils se préoccupent plus de leur alimentation, de leur environnement et ils évitent certaines habitudes pouvant être nuisibles ou néfastes pour la santé. Le fait de pratiquer une activité physique régulièrement procure du plaisir, génère une plus grande sérénité, un plus grand sentiment de liberté, une meilleure écoute des signaux d’alarme que notre corps ou notre esprit peuvent émettre et peut aider à lutter contre l’isolement et la solitude.

Influence de l'activité physique sur le système cardio-vasculair

La prévention des affections du système cardio-vasculaire constitue un problème très important de la médecine préventive d’aujourd’hui.

L’étiologie invoque une série de facteurs exogènes (modification des habitudes de vie et d’alimentation) et endogènes (facteurs de risques : pression sanguine élevée, haut taux de cholestérol, obésité,...), qui sont à l’origine des affections cardio-vasculaires. La sédentarité y joue un rôle important, car tout organe n’a que la capacité de son niveau de sollicitation (Wolt, Busch et Mellerowicz, 1973). Normalement, les risques d’infarctus sont deux fois plus grands chez les sujets non-entraînés que chez les sujets entraînés. Après la quarantaine, les risques augmentent considérablement chez les non-entraînés. Chez les gens bien entraînés, ce risque demeure à un niveau bas encore pendant 20 à 25 ans.

Au cours des vingt dernières années, il a été prouvé que l’exercice physique régulier après un accident cardiaque et chez des malades présentant une insuffisance chronique permettait à la majorité des sujets le retour à une vie sociale normale. Puis, grâce à des études comparatives avec tirage au sort, on s’est rendu compte que l’espérance de vie était améliorée. L’entraînement physique a des effets favorables sur le taux de cholestérol, la régulation de la glycémie, la diminution de la surcharge graisseuse ; il motive les malades coronariens pour l’arrêt du tabagisme, clé de voûte de la prévention secondaire.

Age
Inactivité physique
Obésité
Hypertension
Tabagisme
Diabète
Hypercholes-
térolémie
Hypertrophie
ventriculaire gauche
Hommes
35-44
12.1
12.5
13.5
48.6
1.1
20.2
2.9
45-54
16.9
14.7
18.3
43.1
1.1
25.7
4.8
55-64
21.0
12.5
22.3
37.4
3.3
23.5
10.1
65-74
27.1
12.7
27.1
22.8
3.2
21.6
7.1
Femmes
35-44
13.3
20.1
8.5
38.8
0.8
12.9
0.9
45-54
19.3
24.2
18.2
36.1
2.9
28
3.6
55-64
30.8
30.9
31.2
24.2
3.2
49.7
4.1
65-74
39
27.2
47.6
10.2
6.1
51
9.6

Tableau 1: Prévalence (en %) de l’exposition aux divers facteurs étiologiques des maladies cardio-vasculaires dans la population : exemple de la population des Etats-Unis

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Graphique 1 : les avantages de l’entraînement en endurance

L’entraînement en endurance n’a pas seulement une influence importante sur le cœur (et par là même un effet cardioprotecteur) mais aussi sur de nombreux facteurs de risque qui favorisent l’installation de maladies cardio-vasculaires dégénératives. Ces facteurs de risque sont principalement la sédentarité, l’obésité, l’hypertension artérielle, le tabac, le diabète et l’hypercholestérolémie. Ces différents facteurs sont souvent intriqués. De plus, la présence de plusieurs entraîne non pas une addition mais une multiplication des risques de voir apparaître une maladie cardio-vasculaire dégénérative.

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 D’après les données de l’Enquête Santé-Canada et de l’Enquête condition physique Canada

Graphique 2 : Proportion de la population canadienne considérée à risque

d’après les facteurs majeurs associés à la maladie coronarienne.

 

Effets de l’entraînement en endurance sur le cœur

Un des premiers effets de l’entraînement en endurance est l’abaissement de la fréquence cardiaque.

La diminution de la fréquence cardiaque induit une réduction considérable du travail quotidien du myocarde ; de plus, une fréquence cardiaque plus basse est, à la lumière des statistiques, un gage de moindre risque d’affections cardio-vasculaires. Comme le montre le graphique 3, la diminution de la fréquence cardiaque réduit nettement les risques de problèmes coronariens mortels.

En plus de remaniements neuro-végétatifs, l’entraînement en endurance produit des modifications morphologiques au niveau du cœur, ce qui renforce le processus d’économies fonctionnelles. Un entraînement en endurance provoque un agrandissement du cœur, c’est à dire qu’il se produit une dilatation des cavités cardiaques et une hypertrophie du myocarde. Il en résulte une augmentation du volume d’éjection systolique et, par conséquent, une augmentation du débit cardiaque maximal en cas d’effort. Un gros volume d’éjection systolique permet d’économiser le travail du cœur, tant au repos qu’à l’effort. Une baisse de la fréquence cardiaque conditionnée par une augmentation du volume du cœur (il existe une relation entre la diminution de la fréquence cardiaque due à l’entraînement et l’augmentation du volume du cœur) exerce un effet très favorable sur la charge cardio-vasculaire au repos et à l’effort ; il y a économie du travail cardiaque. Une diminution de 10 battements/minute permet une économie d’oxygène de 15%.

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Graphique 3 : Relation entre la fréquence cardiaque (au repos) et la mortalité sur 10 ans par affections coronariennes (chez 1349 hommes bien portants de 40 à 59 ans)

De plus, grâce à une meilleure capillarisation, l’entraînement amène à une meilleure utilisation périphérique de l’oxygène et des substrats. Par le fait même qu’il se produit une optimisation dans la livraison de l’oxygène aux cellules, une moindre quantité de sang, donc une fréquence cardiaque moins élevée suffit à répondre aux besoins.

L’entraînement en endurance favorise également le développement de collatérales au niveau du myocarde. Cette adaptation joue également en faveur de la protection du cœur ; l’état des collatérales conditionne la mortalité précoce par infarctus du myocarde. De plus, l’entraînement produit, à la longue, une forte dilatation de la lumière des coronaires et des vaisseaux coronaires eux-mêmes, améliorant ainsi l’irrigation du myocarde au repos et à l’effort.

Influence de l'activité physique sur l'obésité

L’obésité est un facteur de risque important d’affections cardio-vasculaires et, comme en témoigne le graphique 4, la part des obèses dans les différentes maladies est impressionnante.

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 d’après le bilan des publications mondiales par Heyden, 1975

Graphique 4 : Pourcentage de sujets obèses dans divers groupes de maladies

Lors d’un entraînement ordinaire en endurance, les besoins caloriques durant l’exercice ne sont pas suffisants, à eux seuls, pour maigrir. C’est plutôt l’élévation du métabolisme général qui sera le stimulus décisif, de même que les processus morphologiques et biochimiques empêchant la mise en réserve des graisses. L’entraînement optimise la distribution de l’énergie absorbée entre la mise en réserve et les organes qui l’utilisent. En outre, l’entraînement physique provoque une diminution considérable de la dimension des cellules adipeuses, par la dégradation des triglycérides et l’inhibition parallèle qui restreint la synthèse.

L'obésité correspond à un excès de masse grasse dans le corps. L'obésité est souvent le résultat de mauvaises habitudes alimentaires associées à un mode de vie trop sédentaire. Cela entraîne un déséquilibre entre l'apport énergétique de l'alimentation et les dépenses énergétiques. Le surplus est alors stocké sous forme de graisse dans le corps (tissu adipeux). Ce mécanisme permet à l'homme de se protéger naturellement contre la faim par exemple. Toutefois, lorsque se déséquilibre s'amplifie, cela conduit à l'obésité et tous les risques que cela peut engendrer.

La question est de savoir à partir de quelle valeur un sujet est-il hors norme, à partir de quel pourcentage de masse grasse peut-on considérer qu'il y a risque pour la santé?

Pour répondre à ces questions, il faut mesurer la masse graisseuse du corps humain. Il est possible d'estimer la masse graisseuse par des techniques telles que la médecine nucléaire, la pesée dans l'eau, les plis adipeux, bio-impédance,…Ces technique ne sont toutefois pas accessibles à toutes et tous.

Une façon accessible à tous de définir l'obésité d'un individu utilise le concept de l'indice de masse corporelle (IMC).

Il y a plus de 150 ans, Lambert Adolphe Jacques Quetelet (1796-1874), astronome, mathématicien, philosophe et anthropologiste belge introduisait la théorie des dimensions humaines et l'utilisation des probabilités pour décrire la variabilité humaine. Selon Quetelet, les poids de personnes qui présentent des tailles différentes sont en relation avec le carré de la stature. Sur une base empirique, il proposait alors un index pondéral appelé index de Quetelet ou encore Body Mass Index (BMI):

Dans des échantillons issus de différentes populations, le BMI présente une faible corrélation avec la taille et est corrélé positivement avec l'épaisseur des plis adipeux ainsi qu'avec le poids mesuré sous l'eau. Dès lors, le BMI est très régulièrement utilisé comme un indicateur de l'obésité dans des domaines comme la diététique ou les assurances-vie.

Cependant, Borms, Ross, Duquet & Carter (1986) ont calculé sur 66 body-builders de niveau national, la valeur du BMI. Ils ont trouvé 27,5. L'interprétation simpliste devait aboutir à la conclusion qu'il s'agissait d'un échantillon d'obèses! Or l'adiposité était minime et tous présentaient une somme de six plis adipeux (triceps, omoplate, supra-spinal, ombilical, cuisse et mollet) située en dessous du dixième percentile des sujets de leur âge. Il faut donc en conclure qu'il est hasardeux de fournir une information individuelle précise de l'aspect graisseux du corps uniquement à partir des index pondéraux. Ceux-ci doivent être complétés par des mesures permettant d'estimer le contenu en graisse du corps.

Nous voyons donc que cette index peut être utilisé comme un substitut à la mesure directe de la quantité de graisse mais qu'il ne s'applique pas pour des athlètes ayant une musculature fort développée, des femmes enceintes, de jeunes enfants,…

Il est par contre régulièrement employé par des médecins spécialistes en nutrition et le Comité d'expert des caractéristiques physiques de l'OMS propose d'adopter les seuils de 25, 30 et 40 qui correspondent aux degrés 1, 2 et 3 de surpoids corporel.

Si vous voulez connaître votre Body Mass Index, nous vous invitons à rentrer votre poids en kilogrammes et votre taille en centimètres. Vous aurez directement un commentaire. Attention, compte tenu des commentaires effectués auparavant, vous devez considérer ceci comme un indicateur et savoir l'interpréter! Peut être aussi que cela vous incitera à faire de l'exercice physique et à réviser vos habitudes alimentaires.

Calcul du BMI

Taille :
Poids :
B.M.I. :
Conclusion :

 Influence de l'activité physique sur le diabète

* Le diabète de type I, insulino-dépendant, apparaît chez les jeunes. Il est dû à l’absence d’insuline et requiert impérativement pour son traitement l’administration d’insuline. L’activité physique chez une personne atteinte de diabète de type I n’a pas d’effet direct et doit être pratiquée sous contrôle médical.

  • La situation est toute différente en ce qui concerne le diabète de type II (diabète gras, non insulino-dépendant). Le diabète gras est souvent dû à un excès pondéral ou un manque d’exercices physiques. Dans ce type, qui apparaît surtout après l’adolescence, l’insuline, normalement sécrétée, est mal utilisée par les récepteurs cellulaires.
Le nombre de transporteurs au glucose étant faible, la sensibilité des tissus à l’insuline est diminuée. L’exercice physique d’endurance permet d’augmenter le nombre de transporteurs au glucose dans le tissu musculaire. En effet, lors d’un exercice physique, il y a exocytose partielle de GLUT4, le transporteur spécifique du glucose dans les muscles squelettiques. Le nombre de transporteurs étant augmenté, le muscle à une meilleur sensibilité à l’insuline. L’entraînement en endurance accroît donc la sensibilité des tissus à l’insuline et en diminue ainsi les besoins.
Bühr a pu démontrer que le repos complet au lit ralentissait l’absorption du glucose par les cellules après 3 mois seulement. Ce phénomène n’a pas été observé chez des sujets alités qui recevaient des soins de kinésithérapie appropriés.
Influence del'activité physique sur l'ostéoporose et les atteintes du système ostéo-articulaire
L’ostéoporose affecte 40% des femmes âgées, et 10% des hommes. Avec le vieillissement de la population du " Baby Boom ", l’incidence des fractures de la hanche liées à l’ostéoporose va augmenter de 70% au cours des 20 prochaines années. Il n’existe pas encore de traitement curatif satisfaisant pour l’ostéoporose. Sa prévention est beaucoup plus fructueuse que son traitement.
La pratique régulière et continue de l’activité physique constitue un facteur très important, puisque les os qui ne travaillent pas perdent plus de tissus osseux et deviennent plus fragiles. Comme les muscles, les os doivent travailler pour rester sains. Une augmentation modérée de la consommation de calcium et une habitude de pratique sportive prise très tôt dans la vie favorisent une masse osseuse maximale, réduisent au minimum la perte de tissus osseux liée à l’âge, et contribuent à diminuer le risque d’ostéoporose de plus ou moins 30% à l’âge de 70 ans.
Il est important de faire suffisant d’exercice physique et d’ingérer une quantité suffisante de calcium à la puberté car environ 60% de la masse osseuse définitive se forme durant cette période. Compte tenu du fait qu’en absence de charge mécanique le calcium pénètre plus difficilement dans la structure osseuse, il est plus logique d’inciter les enfants et les adultes à augmenter leur temps d’activité physique à titre de stratégie préventive contre l’ostéoporose que de leur prescrire de larges doses de calcium.
L’arthrose est l’une des causes principales de handicap. Pour la plupart d’entre nous, l’arthrose n’est rien de plus que des douleurs sans importance, " une conséquence inévitable du vieillissement ".
Les 206 os du corps humain sont reliés par une centaine d’articulations. Lorsqu’une articulation perd de sa souplesse de mouvement, elle doit davantage compter sur les muscles et les tissus mous qui l’entourent. Il y a de l’arthrose quand le cartilage est détruit et que les os frottent l’un sur l’autre. Il s’ensuit une inflammation, de la douleur, une perte de mobilité ainsi que des handicaps physiques et fonctionnels.
Des exercices physiques appropriés effectués tout au long de la vie sont d’une importance capitale puisqu’ils renforcent les muscles qui entourent les articulations menacées et aident à préserver la mobilité et la fonction articulaires (le cartilage se nourrit pendant le mouvement).
Influence del'activité physique sur certains cancers
Dans une étude épidémiologique, Blair et ses collègues ont suivi 13344 personnes sur une période moyenne d’un peu plus de 8 ans. Ils rapportent une relation entre le niveau de condition physique et le taux de mortalité par cancer. Les facteurs d’influence potentiels ont été contrôlés. De plus, il ressort de cette étude que même de légères améliorations de la condition physique produisent des bénéfices pour la santé.
  • Cancer du sein et de l’appareil reproducteur
Une étude menée par Frisch et ses collègues , en Angleterre, rapporte que les ex-athlètes féminines de niveau collégial ou universitaire ont un taux d’apparition de cancers du sein et du système reproducteur significativement plus bas que les non-athlètes. Les facteurs d’influence positive (l’âge, le nombre de grossesses, la cigarette, la prise de contraceptifs oraux,...) étaient contrôlés. Pour être considérée comme athlète, il fallait avoir aux moins deux entraînements par semaine avec l’une des équipes sportives (compétitive ou récréative) de l’institution pour une période d’au moins un an.
  • Cancer du colon
Selon des travaux de recherche fondés sur la comparaison avec témoins et sur l’étude comparative de cohortes, il existe un lien entre l’augmentation de l’activité physique et la diminution du risque de cancer du colon, l’exercice physique favorisant le transit intestinal.
L’activité physique peut réduire de 50% le risque qu’une personne soit atteinte d’un cancer du colon.
  • Les cancers dus au tabagisme
Le tabagisme est le facteur de risque de cancer le plus important, principalement le cancer du poumon, de la cavité buccale, de l’oesophage, du larynx, mais aussi de la vessie et du rein pour lesquels l’incidence est plus élevées chez les fumeurs. Un tiers de tous les décès causés par cancer sont associés au tabagisme.
La pratique des APS s’accompagne le plus souvent d’une amélioration spontanée de l’hygiène de vie globale, avec une diminution du tabagisme.
Influence de l'activité physique sur la santé mentale
Il semble bien que notre société connaisse des problèmes dont l’ampleur est sans précédent : stress destructeur, drogue, violence, suicide sont des mots qui reviennent quotidiennement dans l’actualité. Ces problèmes, que l’on associe à la santé mentale, représentent environ 20% des dépenses de santé au Québec.
Au Québec, si l’on exclu les grossesses et les accouchements, les troubles mentaux constituent la principale cause d’hospitalisation de courte durée chez les 15-44 ans et ils représentent près de 20% des dépenses publiques de santé. Selon l’enquête Santé-Québec, environ une personne sur quatre est actuellement confrontée à cette réalité puisque 30% des femmes et 22% des hommes présentent un niveau élevé de détresse psychologique qui est une des facettes de la santé mentale associée aux états dépressifs, aux êtres anxieux, à certains symptômes d’agressivité et de troubles cognitifs.
Diverses études démontrent que la pratique physique et la vie active contribuent à améliorer la santé mentale en augmentant le goût de vivre, en réduisant l’impact du mauvais stress, en diminuant le niveau d’anxiété et de la dépression légère, en augmentant l’estime de soi, en acquérant un meilleur équilibre psychologique et émotionnel et en créant des liens d’amitié ou des réseaux de support.
Influence de l'activité physique sur la "résistance au stress"
60% des Canadiens estiment que leur vie est relativement stressante et que l’activité physique pratiquée durant les temps libres est un excellent moyen de soulager les tensions.
Le stress peut être défini, dans le contexte des changements physiologiques, comme une réponse positive à certaines situations de la vie quotidienne ou à certains événements qui surviennent au cours de l’existence. Le stress constitue en quelque sorte une réponse de l’organisme à une stimulation (excès ou manque) ou à une agression, à tout changement qui demande une adaptation importante, imprévue. Le stress peut être stimulant et nous pousser à vivre, mais il peut aussi être destructeur, soit parce qu’il est trop intense ou brutal et que les capacités de l’organisme sont débordées, soit parce qu’il use nos réserves au jour le jour et nous " brûle " à petit feu. Le stress sous la forme de tension provisoire est nécessaire à la vie (bon stress) ; c’est seulement en cas de surmenage ou de tensions constantes que le stress aboutit à des perturbations organiques (mauvais stress).
L’organisme s’adapte au stress en plusieurs phases. Au début, une phase d’alarme, qui se traduit par des symptômes physiques variant selon les individus, l’importance du stress et sa brutalité : pâleur, malaise, palpitations, mal au ventre, ... Survient ensuite la phase d’adaptation : le moteur " s’emballe ", les organes sont sur-stimulés et sécrètent plus d’hormones que la normale. Si cette phase se prolonge, l’organisme s’épuise et devient de plus en plus vulnérable. Ainsi, un stress qui dure ou se répète est une menace pour l’organisme. La fatigue en est le symptôme le plus fréquent mais l’anxiété, l’irritabilité, la nervosité, les troubles du sommeil, la difficulté de se concentrer sont également des conséquence de cet épuisement de l’organisme. Enfin, si le stress se prolonge, des manifestations psychosomatiques apparaîtront au point faible de chaque individu.
La pratique d’une activité physique qui sollicite entre autre l’endurance cardio-respiratoire a des effets bénéfiques face au stress puisqu’elle peut détruire les énergies refoulées par les stimuli de stress. L’entraînement régulier en endurance contribue ainsi à éviter les conséquences à long terme du stress car il empêche l’accumulation des stimuli de stress. " L’état d’alerte " engendré est ainsi toujours diminué par l’activité physique.
De plus, la pratique d’une activité physique aide à gérer le stress et à s’adapter le mieux possible, à vivifier le corps et l’esprit, à savoir comment se relaxer, se détendre musculairement et mentalement, à avoir du plaisir et en profiter pleinement, à exprimer ses émotions, ses préoccupations et à solliciter son entourage dont le soutien moral et affectif est important, à " décompresser " en ayant une vie physiquement active. Les gens pratiquant une activité physique apprennent à se fixer des objectifs réalistes sur le plan de la performance, de l’auto-efficacité et de l’auto-gratification face à la tâche à accomplir. Ils apprennent également à contrôler leurs émotions, à les défouler de façon physique (en frappant sur un ballon par exemple), ainsi qu’à établir un juste équilibre entre le travail intellectuel et le travail physique.
Influence de l'activité physique sur la santé sociale
Des programmes de loisirs et de condition physique peuvent offrir aux jeunes des activités positives durant leur temps libre. L’incarcération d’un jeune coûte 100 fois plus cher que la mise en œuvre de programmes de loisirs à son intention.
Les effets bénéfiques de la pratique sportive contribuent à améliorer la santé sociale en prévenant et en combattant diverses formes de violence contre soi-même (suicide, anorexie), contre les autres (agressivité, sexisme, racisme), contre l’environnement physique (vandalisme).
Les activités physiques constituent en quelque sorte une micro société, dans laquelle l’individu apprend à s’adapter le plus rapidement et le plus efficacement possible à une variété d’environnements physiques et humains. Placé dans des situations de jeu où il y a confrontation, il apprend à contrôler ses émotions et à résoudre des conflits. En plus d’acquérir des moyens pour lutter contre la solitude, il développe des attitudes et des comportements responsables, il apprend à s’intégrer, à établir des relations, à s’entendre avec un partenaire, à s’opposer à un adversaire, à travailler en équipe,...
L’activité physique constitue un moyen de socialisation unique, puissant et diversifié. La richesse des contextes qu’on y rencontre favorise autant le développement d’une conscience sociale que l’apprentissage de comportements pacifiques, qu’il faut privilégier lors de compétitions contre soi-même, les autres ou l’environnement, à des niveaux ou dans des situations de stress variées.
L’activité physique facilite l’apprentissage de la vie en société. Elle permet de vivre avec d’autres des expériences heureuses, de s’affirmer, de se valoriser, de s’intégrer au sein d’un groupe, de se sentir utile et accepté. Elle contribue ainsi à diminuer certains comportements anti-sociaux ou auto-destructeurs comme le crime, la délinquance, le vandalisme, la drogue, la consommation d’alcool.

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