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4 janv. 2016

Réanimation cardio-respiratoire

Définition(s)

Procédure d'urgence consistant à rétablir la circulation sanguine chez l'usager en arrêt cardiaque (FMCC, 2010; Merriam-Webster, 2015).
Objectif(s) de soins
  • Initier les manoeuvres de réanimation cardio-respiratoire afin
    • d'assurer une circulation sanguine et une oxygénation du cœur et du cerveau suffisante pour prévenir des séquelles neurologiques
    • en attendant l'arrivée de l'équipe d'intervention rapide (ÉIR) ou l'équipe médicale d'urgence (ÉMU) ou les ambulanciers
    • de rétablir une circulation spontanée
  • Travailler en équipe interprofessionelle pour instaurer les soins appropriés.

Indications

  • Inconscience sans réaction au toucher ou au son
    • avec ou sans pouls
    • avec absence de respiration OU avec respiration agonale
    • OU avec une crise épileptiforme (FMCC, 2015)
  • Arrêt cardiaque causé par
    • accident vasculaire cérébral (AVC)
    • blessure traumatique
    • électrocution
    • maladies cardiaques
    • noyade 
    • surdose de médicaments ou stupéfiants
    • syndrome de mort subite par arythmie
    • etc. (FMCC, 2010; 2011).

Contre-indications

  • Usager pour lequel le niveau de soins ou une ordonnance individuelle indique de « Ne pas réanimer ».
Généralités
  • Les informations incluses dans cette MSI se rapportent à la RCR en milieu de soins effectuée par des intervenants possédant une certification en soins immédiats en réanimation
  • Les soins avancés en réanimation cardiaque (SARC) ne sont pas discutés dans cette MSI.

Signes d'un arrêt cardiaque (Fondation des maladies du cœur du Canada (FMCC, 2014; 2015)

Inconscience
(aucune réaction au toucher ou aux sons) 
 Absence de respiration ou respiration agonale
 Absence de pouls
Brèves crises épileptiformes généralisées 
  • Peuvent se produire sans signes avant-coureurs
  • Peuvent frapper à tout âge, même les usagers en excellente forme physique.

Respiration agonale (FMCC, 2015; Oto, 2011; Rea, 2005; Stiles, 2008).  

  • Patron anormal de respiration qui provient des neurones du tronc cérébral (réflexe) puisque les centres supérieurs de la respiration deviennent hypoxiques
  • Respiration qui  
    • est causée par une détresse physiologique importante dont l'arrêt cardio-respiratoire
      • peut survenir avant, pendant ou après l'arrêt cardio-respiratoire
      • sa présence augmente les chances de survie à l'arrêt cardio-respiratoire
    • peut durer jusqu'à 7 minutes
    • est souvent interprétée comme indiquant que l'usager ne nécessite aucune intervention
    • signale que la réanimation cardio-respiratoire (RCR) devrait être débutée
  • Signes associés à la respiration agonale 
    • respiration
      • très irrégulière ou occasionnelle
      • laborieuse
      • bruyante
    • ronflements
    • gémissements. 

Signes du syndrome de la mort subite par arythmie (FMCC, 2014)

Évanouissement ou une crise épileptiforme durant une activité physique
OU
causée par
une agitation émotionnelle
une détresse émotionnelle
une surprise
Antécédents familiaux de mort subite inattenduependant une activité physique
OU
pendant une crise épileptiforme
OU
toute autre mort subite inexpliquée d'une personne jeune et en santé
 

Chaîne de survie en milieu de soins (Reproduction autorisée par AHA, tirée de FMCC, 2015)  

 

Chaîne de survie hors milieu de soins (Reproduction autorisée par AHA, tirée de FMCC, 2015)


Une RCR de haute qualité (FMCC, 2015)

Clientèle Adultes ou adolescents
Nombre d'intervenants 1 intervenant ou plus 
Ratio compressions/insufflations 30 : 2
Si intubé :
  • compressions continues
  • 1 insufflation aux 6 secondes 
Fréquence des compressions 100-120 par minute
Profondeur des compressions entre 5 et 6 cm
Positionnement des mains 2 mains sur la moitié inférieure du sternum
Relaxation thoracique Ne pas appuyer sur le thorax entre 2 compressions
mais conserver un contact  avec le thorax (évite le déplacement des mains)
Interruptions  Limiter le nombre et la durée des interruptions (moins de 10 secondes à la fois)

Justification des normes incluses dans le tableau (FMCC, 2015)

  • Une RCR de qualité ne génère que 25 à 30 % du débit cardiaque et de l'oxygénation normale
  • La fréquence des compressions thoraciques est un facteur déterminant dans la conservation des capacités fonctionnelles neurologiques
  • La profondeur des compressions thoraciques maintenue dans les normes
    • permet la circulation sanguine et l'oxygénation du cœur et du cerveau
    • réduit les risques de complications (sans risque à la vie) associées à une compression supérieure à 6 cm
  • Les insufflations doivent durer 1 seconde et permettre l'élévation du thorax
  • La relaxation thoracique totale après chaque compression crée une pression intrathoracique négative
    • qui augmente le retour veineux, la pression de perfusion coronarienne et le débit sanguin myocardique
    • assure un meilleur pronostic.

Défibrillateur externe automatisé (DEA)

  • Appareil électronique et portatif servant à administrer une décharge électrique au cœur afin de réajuster le rythme
    • l'appareil analyse le rythme de l'usager, détermine si la décharge est nécessaire, donne des directives vocales ou visuelles à l'intervenant
  • Doit être utilisé dès que possible
  • Ne pas utiliser
    • directement sur une lésion, une saillie, cicatrice, un timbre médicamenteux ou stimulateur cardiaque
    • en milieu humide.
  • La FMCC (2015) recommande de contacter le fabricant pour obtenir une formation sur l'utilisation du DEA utilisé dans votre établissement
  • Démarche habituelle : 
    • dénuder le thorax
      • retirer vêtements, bijoux et timbres médicamenteux 
    • s'assurer que la peau est sèche et exempte de poils
      • raser OU épiler à l'aide des électrodes (utiliser de nouvelles électrodes pour administrer la décharge électrique)
    • mettre l'appareil sous tension
    • choisir les électrodes appropriées à l'âge de l'usager 
      • OU insérer la clé pédiatrique, selon l'appareil
    • appliquer les électrodes aux sites indiqués sur les électrodes
      • placer les électrodes à 2,5 cm de toute lésion, cicatrice, bosse ou pacemaker
      • assurer une distance de 2,5 cm entre les 2 électrodes
    • suivre les instructions vocales ou visuelles du DEA
    • avant d'appuyer sur le bouton "Choc", s'assurer que personne n'est en contact avec l'usager (Croix-Rouge Canadienne, nd ; CSST, 2015 ; Gouvernement du Canada, 2015 ; Université de Sherbrooke, nd). 

Équipe d'intervention rapide (ÉIR) ou Équipe médicale d'urgence (ÉMU) (FMCC, 2015)

  • Équipes d'intervenants perfectionnés à la pratique de la RCR
  • But de telles équipes :
    • réduire les délais dans la procédure de RCR
    • réduire la fréquence des arrêts cardiaques auprès de 
      • la clientèle adulte en milieu de soins généraux
      • la clientèle pédiatrique à haut risque localisée dans une unité de soins généraux.

Renouvellement de la certification en RCR (FMCC, 2015)

  • Il est suggéré de maintenir les certifications aux 2 ans tout en intégrant des séances régulières de simulation avec mannequins.
Personnalisée par CSSS de Laval
Pour consulter le guide d'utiliation du:
    • Défibrillateur-moniteur portatif (code master 100)
    • Moniteur/défibrillateur Heartstreamxl Agilent M4735A

    veuillez vous référer aux documents PDF au bas de la page dans la section "outils de l'établissement" 

RCR pour l'adulte dans des situations particulières (FMCC, 2015)

  • Arrêt cardiaque associé à une prise d'opioïdes avérée ou soupçonnée
    • en plus de la RCR, selon l'ordonnance médicale individuelle ou collective 
    • administrer de la Naloxone
    • à 1 seul intervenant
      • procéder à la RCR durant 2 minutes avant de quitter l'usager pour appeler de l'aide et aller chercher le DEA et la Naloxone
  • Arrêt cardiaque associé à une intoxication
    • à un anesthésiant local
      • en plus de la RCR
        • envisager l'administration d'une émulsion lipidique par voie intraveineuse
          • selon l'ordonnance médicale individuelle ou collective 
    • à un médicament chez un usager qui ne répond pas à la RCR
      • envisager l'administration d'une émulsion lipidique par voie intraveineuse
        • selon l'ordonnance médicale individuelle ou collective
  • Arrêt cardiaque durant une grossesse
    • si la hauteur utérine est égale ou inférieure au nombril
      • effectuer la RCR après avoir déplacé manuellement l'utérus vers la gauche pour retirer la compression aorto-cave
    • si la RCR est inefficace
      • dans les 4 premières minutes suivant l'arrêt cardiaque
      • OU dans les 4 premières minutes après le début des manœuvres de RCR
        • envisager l'accouchement par césarienne
          • retire la compression aorto-cave chez la mère
          • améliore les chances d'un retour à la circulation spontanée
          • permet la RCR sur le fœtus.

RCR auprès des enfants et nourrissons (FMCC, 2015)

  • Les données actuelles ne permettent pas de conclure qu'il est préférable de modifier
    • la séquence appliquée aux adultes
      • commencer la RCR par les compressions thoraciques (FMCC, 2015)
    • la fréquence des compressions appliquées aux adultes
  • Le ratio compressions/insufflations diffère selon que la RCR soit entreprise par 1 ou plusieurs intervenants
  • La profondeur des compressions diffère selon qu'il s'agisse d'un nourrisson ou un enfant
  • L'ajustement du DEA pour une utilisation pédiatrique varie d'une compagnie à une autre
    • certains DEA n'ont qu'un seul type d'électrodes mais l'emballage inclut une clé pédiatrique à brancher à l'appareil
    • d'autres DEA ont des emballages d'électrodes réservées aux usagers pédiatriques (Gouvernement du Canada, 2015).
Clientèle Enfants
(1 an à la puberté)
Nourrissons
(moins de 1 an, exclut les nouveau-nés)
Nombre d'intervenants 1 intervenant 2 intervenants ou plus  1 intervenant  2 intervenants ou plus
Ratio compressions/insufflations 30:2 15:2 30:2  15:2
Fréquence des compressions  100-120 par minute 100-120 par minute   100-120 par minute
* augmenter la fréquence des compressions en présence
  • de signes de mauvaise perfusion 
  • d'un pouls égal ou inférieur à 60 battements/min.
Profondeur des compressions 1/3 du diamètre antéropostérieur
(environ 5 cm)
1/3 du diamètre antéropostérieur
(environ 4 cm)
Positionnement des mains 1 ou 2 mains sur la moitié inférieure du sternum   2 doigts au centre du thorax, sous la ligne inter-mammaire Placez les mains au centre du thorax, les pouces encerclant le thorax sous la ligne inter-mammaire 
 Éviter de comprimer les cotes et l'appendice xiphoïde
Relaxation thoracique Ne pas appuyer sur le thorax entre 2 compressions
mais maintenir un contact avec le thorax (évite le déplacement des doigts)
Interruptions  Limiter le nombre et la durée des interruptions (moins de 10 secondes à la fois)
Réanimation cardio-respiratoire
Techniques de soins
Matériel requis
Personnalisée par CSSS de Laval
Pour consulter le guide d'utiliation du:
    • Défibrillateur-moniteur portatif (code master 100)
    • Moniteur/défibrillateur Heartstreamxl Agilent M4735A

    veuillez vous référer aux documents PDF au bas de la page dans la section "outils de l'établissement" 
Procédure(s)
Les étapes décrites ci-dessous s'appliquent aux intervenants oeuvrant en milieu de soins auprès d'adultes.

Étapes exécutoires

  • La FMCC (2015) précise que la séquence qui suit est souple ; elle peut être modifiée
    • pour s'adapter à la réalité du milieu ou des intervenants
    • pour permettre des actions et/ou évaluations simultanées. 

  • DEA : Défibrillateur externe automatisé.

Étapes post-exécutoires

  • Suite à un retour à la circulation spontanée
    • aviser le médecin
    • préparer l'usager pour les tests ou soins appropriés à son état
  • En l'absence d'un retour à la circulation spontanée
    • poursuivre les manœuvres jusqu'à la prise en charge l'ÉIR, ÉMU ou les ambulanciers 
    • préparer l'usager pour le don d'organes, le cas échéant.
Réanimation cardio-respiratoire
Notes au dossier
Noter :
  • La raison ayant mené à l'instauration de la RCR
  • La date et l'heure
    • du début de l'arrêt
    • du début et de la fin des manœuvres
  • Les manœuvres de réanimation effectuées
    • préciser la méthode d'administration d'oxygène
    • tout appareil utilisé pour maintenir les voies respiratoires ouvertes
  • La médication administrée le cas échéant
    • dose, route et heure d'administration
  • L'utilisation du DEA le cas échéant
    • l'heure de chacun des chocs administrés
    • nombre de chocs administrés
    • conséquences des chocs 
    • le rythme cardiaque de l'usager avant et après  
  • L'heure de l'arrivée de l'ÉIR, l'ÉMU ou des ambulanciers
  • La réponse de l'usager
  • Toute complication OU toute intervention conjointe.
Certains établissements ont des feuilles de notes spécifiques à la RCR.
Réanimation cardio-respiratoire
Références et ressources
  1. Cardiopulmonary resuscitation. (2015). Merriam-Webster. Repéré à http://www.merriam-webster.com/medical/cardiopulmonary%20resuscitation
  2. Croix-Rouge Canadienne (nd). DEA. Défibrillateur externe d’urgence. Repéré à http://www.croixrouge.ca/crc/documentsfr/fa_poster_aed_fr_web.pdf
  3. CSST. (2015).  La formation des secouristes en milieu de travail. Mode d'emploi du défibrillateur externe automatique (DEA). Repéré à http://www.csst.qc.ca/publications/100/Documents/DC100_1149web.pdf
  4. Fondation des maladies du cœur du Canada. (FMCC). (2010). Réanimation cardiorespiratoire (RCR). Repéré à http://rcr-fmc.ca/2012/01/12/prise-de-position-reanimation-cardiorespiratoire-rcr/
  5. Fondation des maladies du cœur du Canada et de l'AVC. (FMCC). (2011). Qu'est-ce qu'un arrêt cardiaque? Repéré à http://www.fmcoeur.com/site/c.ntJXJ8MMIqE/b.3634043/k.664C/Maladies_du_coeur__Qu8217estce_qu8217un_arr234t_cardiaque.htm
  6. Fondation des maladies du cœur du Canada et de l'AVC. (FMCC). (2014). Signes d’une crise cardiaque, d’un arrêt cardiaque et du syndrome de la mort subite par arythmie. Repéré à http://www.fmcoeur.qc.ca/site/c.kpIQKVOxFoG/b.3669861/k.4BA0/Maladies_du_coeur__Signes_d8217une_crise_cardiaque_d8217un_arr234t_cardiaque_et_du_syndrome_de_la_mort_subite_par_arythmie.htm
  7. Fondation des maladies du cœur du Canada et de l'AVC. (FMCC). (2015). Guidelines CPR and ECC. Points saillants de la mise à jour 2015 des lignes directrices. Lignes directrices en matière de RCR et de SUC de l'AHA. Repéré à http://www.fmcoeur.com/atf/cf/%7B3cb49e24-0fb7-4cee-9404-67f4cee1cbc0%7D/15-1002_ECC_HIGHLIGHTS_2015_FRCA-LR.PDF
  8. Gouvernement du Canada. (2015). Défibrillateurs externes automatisés (DEA). Repéré à http://canadiensensante.gc.ca/drugs-products-medicaments-produits/buying-using-achat-utilisation/products-canada-produits/drugs-devices-medicaments-instruments/defibrillators-defibrillateurs-fra.php
  9. Gouvernement du Québec. (2015). Code de déontologie des infirmières et infirmiers. Chapitre I. Devoirs envers le public, le client et la profession. Section I. Devoirs inhérents à l'exercice de la profession. Québec, QC : Éditeur officiel du Québec. Repéré à http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=3&file=/I_8/I8R9.HTM
  10. OIIQ, CMQ et OPQ (2015). Énoncé de position conjoint sur la collaboration interprofessionnelle : Rehausser la qualité et la sécurité des soins. Montréal, Qc : OIIQ. Repéré à http://www.oiiq.org/lordre/dossiers-strategiques/collaboration-interprofessionnelle
  11. OIIQ (2015). Exceptions à la réserve d'activités professionnelles. Situations d'urgence. Repéré à https://www.oiiq.org/pratique-infirmiere/champ-dexercice/cadre-legal/exceptions-a-la-reserve-dactivites
  12. Oto, B. (2011). What it Looks like: Agonal Respirations. EMS Basics. Repéré à http://emsbasics.com/2011/04/21/what-it-looks-like-agonal-respirations/ 
  13. Rea, T. D. (2005). Agonal respirations during cardiac arrest. Current Opinion in Critical Care. 11(3):188-91.Repéré à http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/15928464 
  14. Stiles, S. (2008). GASP! Agonal Breathing Common, Predicts Survival After Out-of-Hospital Cardiac Arrest. Medscape Nurses. Repéré à http://www.medscape.org/viewarticle/584370
  15. Université de Sherbrooke (nd). Utilisation du défibrillateur externe automatique (DEA). Repéré à https://www.usherbrooke.ca/urgence/premiers-soins/utilisation-du-defibrilateur-externe-automatique-dea/ 
Aide-mémoire
Matériel requis
  • Planche à compressions thoraciques, si disponible
  • Défibrillateur externe automatisé (DEA), si disponible 
  • Gants non stériles
  • Rasoir jetable, si pilosité abondante aux sites d'application des électrodes du DEA
  • Matériel pour la ventilation
    • un masque de poche
    • OU un ballon insufflateur avec masque
    • OU une canule oropharyngée OU une canule nasopharyngée, le cas échéant. 
Procédure(s)
Les étapes décrites ci-dessous s'appliquent aux intervenants oeuvrant en milieu de soins auprès d'adultes.

Étapes exécutoires

  • La FMCC précise que la séquence qui suit est souple; elle peut être modifiée
    • pour s'adapter à la réalité du milieu ou des intervenants
    • pour permettre des actions et/ou évaluations simultanées. 

  • DEA : Défibrillateur externe automatisé.

Étapes post-exécutoire

  • Suite à un retour à la circulation spontanée
    • aviser le médecin
    • préparer l'usager pour les tests ou soins appropriés à son état
  • En l'absence d'un retour à la circulation spontanée
    • poursuivre les manœuvres jusqu'à la prise en charge l'ÉIR, ÉMU ou les ambulanciers 
    • préparer l'usager pour le don d'organes, le cas échéant.

23 juin 2015

Réanimation cardio-pulmonaire


La réanimation cardio-pulmonaire (RCP), ou réanimation cardio-respiratoire (RCR) — en anglais : Cardio-pulmonary resuscitation (CPR) — est un ensemble de manœuvres destinées à assurer une oxygénation des organes lorsque la victime a cessé de respirer, est en arrêt circulatoire, et est en état d'inconscience.

En effet, lorsque la circulation du sang s'arrête, les organes, dont le cerveau et le cœur lui-même, ne sont plus alimentés en oxygène et commencent à mourir: des lésions cérébrales apparaissent dès la troisième minute, et les chances de survie deviennent quasiment nulles après huit minutes d'arrêt circulatoire[1]. Le fait d'oxygéner artificiellement le sang et de le faire circuler permet d'éviter ou de ralentir cette dégradation, et donc d'accroître les chances de survie.

Description sommaire

La réanimation cardio-pulmonaire est l'association de

la ventilation artificielle
et de compressions thoraciques ou « massage cardiaque externe » (MCE).
Le concept a été inventé par Peter Safar, à qui l'on doit l'acronyme en anglais ABC :

A pour airway, libération des voies aériennes ;
B pour breathing, ventilation artificielle ;
C pour circulation, assurer la circulation du sang par le massage cardiaque externe.
La réanimation cardio-pulmonaire doit se pratiquer sur toute personne en état de mort apparente, c'est-à-dire :

inconsciente : la personne ne bouge pas spontanément, elle ne réagit pas au toucher ni à la parole ;
et qui ne respire pas : après libération des voies aériennes ainsi que l'élévation du menton (dégrafage des vêtements pouvant gêner la respiration, mise en bascule prudente de la tête), on ne voit aucun mouvement respiratoire et on ne sent pas d'air sortir par le nez ou la bouche.
À moins d'y avoir été formé, il ne faut pas chercher à prendre le pouls de la victime[2]. Cette opération n'est fiable que si elle est réalisée par une personne entraînée et retarde d'autant la réanimation. Les cas d'arrêt respiratoire sans arrêt cardiaque sont rares et ne sont que temporaires. La conduite à adopter, pour le grand public, est la réanimation.

Les cas typiques de mort apparente sont la mort subite (la personne s'écroule sans raison apparente), la noyade et le choc électrique. Il peut aussi y avoir une origine traumatique autre, comme une asphyxie, une chute de hauteur ou un accident de la circulation. La mort apparente peut être aussi due à une perte de sang importante (il faut alors d'abord stopper l'hémorragie).

Dans tous les cas, la priorité reste la protection. Le sauveteur doit repérer et éliminer tout danger, par exemple l'appareil électrique dans le cas de la victime électrocutée.

Dans le cas d'un adulte qui s'effondre sans raison, et lorsqu'on est seul (sauveteur isolé), la priorité est l'arrivée des secours, il faut donc alerter les secours avant de commencer la RCP. Celle-ci améliore les chances de survie en attendant les secours.

Lorsque la victime est un enfant de moins de huit ans, si aucun témoin n'est disponible, on pratique la RCP deux minutes avant d'aller alerter les secours car l'apport rapide d'oxygène aux cellules peut améliorer l'état de la personne. Au contraire, dans la cas de l'arrêt spontané chez l'adulte, seule une défibrillation rapide et une intervention rapide des secours permet de sauver la personne.

Si un témoin est présent, le sauveteur lui demande d'alerter les secours et d'apporter un défibrillateur (DSA), puis commence immédiatement la réanimation.

Principes de la réanimation cardio-respiratoireModifier

La réanimation cardio-respiratoire fait intervenir deux mécanismes.

Oxygénation du sangModifier
Le sang sert entre autres à transporter l'oxygène vers les organes, leur permettant de fonctionner (la respiration cellulaire leur fournit de l'énergie). La respiration s'étant arrêtée, il faut la suppléer par la ventilation artificielle.

La ventilation artificielle consiste à envoyer de l'air dans les poumons de la victime. On pratique une ventilation dite « à pression positive »  : on souffle (avec sa bouche ou avec un dispositif) de l'air, la pression de l'air fait gonfler les poumons. Là, les échanges gazeux se produisent, et la victime expire passivement (le poids de la poitrine et des viscères appuient sur les poumons, qui se dégonflent).

Lorsque l'on pratique la ventilation artificielle sans matériel (bouche-à-bouche, bouche-à-nez, bouche-à-bouche-et-nez sur le nourrisson), on envoie un air qui, bien qu'étant expiré après respiration du sauveteur, est encore assez proche de l'air que l'on respire (il contient 16 % de dioxygène) : en effet, une partie de l'air provient de la « tuyauterie » (bronches, trachée, bouche) et est similaire à l'air respiré, et l'air provenant des poumons, s'il est appauvri en dioxygène, en contient encore. Mais le fait de pratiquer des compressions thoraciques permet de mettre en mouvement la colonne d'air de la trachée et de ventiler un air à 21 % d'O2, ce qui pourrait suffire.

Lorsque l'on utilise un ballon insufflateur (avec un masque ou un embout buccal), on envoie de l'air pur (21 % de dioxygène). Si on branche une bouteille de dioxygène médical, on augmente encore la fraction inspirée de dioxygène (FiO2), et l'on peut aller jusqu'à insuffler du dioxygène pur lorsque l'on utilise un ballon de réserve.

L'air que l'on insuffle passe vers les poumons, mais aussi vers l'estomac. Celui-ci se gonfle au fur-et-à-mesure, et si jamais il se dégonfle, il risque d'entraîner avec lui son contenu acide (suc gastrique) qui vont venir détériorer les poumons (syndrome de Mendelson) et compromettre gravement la survie de la victime. Il faut donc souffler sans excès, régulièrement sur deux secondes, et s'arrêter dès que l'on voit la poitrine se soulever.

Il n'est pas certain que la mise en route d'une ventilation artificielle, du moins en dehors d'un milieu de réanimation, soit totalement profitable au patient en arrêt cardio-circulatoire, car la réalisation de celle-ci se fait parfois aux dépens du temps consacré au massage cardiaque. Les méthodes de réanimation par massage seul (sans ventilation) semblent avoir au moins d'aussi bons résultats que la technique habituelle associant massage et ventilation[3], et apparaissent dans les recommandations américaines publiées en 2008[4]. Cependant, chez le sujet jeune (moins de 20 ans) ou lorsque la prise en charge de l'arrêt est tardive, la mise en route d'une ventilation pourrait conserver des bénéfices[5].

Circulation sanguineModifier
Le sang au niveau des poumons ayant été oxygéné, il faut ensuite le faire circuler dans le reste du corps. Ceci se fait grâce aux compressions thoraciques, appelées aussi massage cardiaque externe. Cela consiste à appuyer sur le milieu du thorax afin de comprimer la poitrine :

sur l'adulte et l'enfant de plus de huit ans, le sternum doit descendre de 4 à 5 cm ;
sur l'enfant entre un et huit ans, le sternum doit descendre de 1/3 à 1/2 de l'épaisseur du thorax (la R.C.P. se fait avec une main) ;
sur le nourrisson de moins d'un an, le sternum doit descendre de 1/3 à 1/2 de l'épaisseur du thorax (la R.C.P. se fait avec deux doigts).
En comprimant la poitrine, on comprime les vaisseaux sanguins ce qui chasse le sang vers le reste du corps (comme une éponge). On a longtemps cru que l'on comprimait le cœur ; il semble qu'il soit situé trop profondément, et qu'il ne joue qu'un rôle de régulation du sens de circulation par ses valves.

Pour que la compression thoracique soit efficace, il faut que la victime soit sur un plan dur ; en particulier, si la victime est allongée sur un lit, il faut la déposer à terre avant de commencer les manœuvres de réanimation.

La position des mains est importante si l'on veut avoir des compressions efficaces en minimisant les risques de fracture des côtes (notez que ce risque de fracture est négligeable par rapport au risque de décès si l'on ne fait rien).

Il faut aussi s'attacher à faire des compressions régulières, à laisser la poitrine reprendre sa forme initiale entre deux compressions, et à ce que le temps de relâchement soit égal au temps de compression. En effet, le relâchement de la poitrine permet le retour veineux, capital pour la bonne circulation.

Le rythme de massage doit être suffisant pour faire circuler le sang, mais pas trop rapide sinon la circulation n'est pas efficace (on crée des turbulences qui s'opposent à l'écoulement du sang). Le rapport compressions/insufflations a changé au fur et à mesure des études. Depuis 2005, il est recommandé à tout sauveteur seul d'alterner 30 compressions et 2 insufflations. Le rythme des compressions doit être comprise entre 100 et 120 par minute.

Afin d'adopter un rythme régulier et de respecter l'égalité temps de compression/temps de relâchement, et pour être sûr de bien faire le bon nombre de compressions successives, il est conseillé de compter à voix haute, sous la forme

chiffre (durant la compression) - et (durant le relâchement)
ainsi, on comptera à voix haute

« un-et-deux-et-trois-…–et–vingt-neuf–et–trente »
Cas particulier : femme enceinteModifier
Dans le cas d'une femme visiblement enceinte, il convient de surélever le flanc ou la fesse droite pour améliorer le retour veineux, en libérant la veine cave inférieure du poids du fœtus[6]. Cela peut se faire en mettant un linge plié sous la fesse droite. On peut aussi laisser la victime strictement plat-dos et demander à une personne de pousser le fœtus vers la gauche.

DéfibrillationModifier
Article détaillé : Défibrillateur automatique.
Lorsque l'arrêt cardiaque est dû à une fibrillation ventriculaire (le cœur bat de manière désorganisée), cas majoritaire de la mort subite de l'adulte, le seul espoir de sauver la victime consiste à défibriller le cœur, c'est-à-dire à resynchroniser le cœur par un choc électrique. Ceci peut se faire par un non-médecin avec un défibrillateur automatique externe, ou par un médecin avec un défibrillateur manuel.

Pratique de la RCPModifier

Chronologie : la chronologie suivante part du principe que la personne est en arrêt circulatoire. Si ce n'est pas le cas, un des éléments du bilan nous le dira, il ne faut alors pas faire de réanimation cardio-pulmonaire.

protection
bilan : reconnaître l'arrêt cardio-circulatoire ; appeler « À l'aide ! » dès la constatation de l'inconscience, et à chaque étape du bilan ;
alerte : envoyer quelqu'un prévenir les secours, où si l'on est isolé, aller prévenir soi-même les secours
envoyer quelqu'un chercher un défibrillateur automatique externe s'il y en a un de disponible (ne pas y aller soi-même car la réanimation est prioritaire sauf si l'accès si un DEA est à moins 10 minutes de vous) ; le mettre en œuvre dès que possible ;
réanimation cardio-pulmonaire
faire 30 compressions thoraciques en comptant à voix haute « un–et–deux–et–...–et–vingt-neuf–et–trente » (ce qui permet de donner un rythme efficace de 100 à 120 compressions par minute) ;
Si le sauveteur sait réaliser le bouche à bouche[2], faire 2 insufflations de 2 à 3 secondes stoppées dès que la poitrine se soulève. Ne pas oublier que seul, le fait de changer de position fatigue et ne permet pas d'assurer un massage cardiaque efficace très longtemps, or c'est bien les compressions thoraciques qu'il faut privilégier afin de permettre une perfusion des tissus nobles avec l'oxygène qui reste dissous dans le sang (en attendant les secours).
continuer l'alternance de compressions thoraciques et d'insufflations jusqu'à l'arrivée des secours.
dès qu'un défibrillateur est disponible, il faut le mettre en place sur la victime (soit par vous même, soit par l'autre sauveteur dans ce dernier cas n’arrêtez pas la RCP), en suivant les instructions vocales. Le défibrillateur donne en effet des instructions à haute voix - mais uniquement si ses électrodes ont été posées sur le thorax dénudé de la victime : il demande alors de pratiquer la réanimation lorsque c'est utile. Il est fait pour être très simple d'emploi, il ne faut donc pas hésiter à le mettre en place sur la victime même si l'on n'y a pas été formé.
On effectue ainsi un cycle de RCP en environ 24 secondes, soit cinq cycles en 2 minutes (donc 75 compressions et 5 ventilations artificielles par minute en moyenne).

Tous les 5 cycles (donc toutes les 2 minutes) ou après chaque "Choc non recommandé" du DSA les secouristes contrôlent l'absence de pouls. Si la victime a un pouls, le secouriste contrôle la reprise d'une respiration spontanée supérieure à 6 respirations/minute. Si elle respire, la victime est tournée en position latérale de sécurité. Si elle ne respire pas les secouristes effectuent 10 insufflations avant de refaire un contrôle du pouls et de la respiration. Après un choc effectué par le DSA, les secouristes effectuent 5 cycles de RCP avant de contrôler le pouls.

Cas particuliers
Dans le cas d'un enfant (c'est-à-dire avant le début de la puberté), comme la cause de l'arrêt est probablement respiratoire, on pratique 5 insufflations avant de commencer les compressions thoraciques.
Les compressions thoraciques pratiquées lors de la réanimation cardio-pulmonaire, de par leur effet mécanique sur les poumons, assurent une ventilation minimale. Le massage cardiaque, sans bouche-à-bouche, semble aussi efficace, si ce n'est plus efficace que le massage cardiaque avec bouche-à-bouche, du moins chez l'adulte[7]. Ce dernier n'est donc plus enseigné dans les formations courtes à destination du grand public [2].

L'arrivée de la défibrillation en pré-hospitalier a ajouté un D à l'acronyme mnémotechnique de Safar qui devient donc ABCD : airways, breath, circulation, defibrillation.

Il existe une technique de réanimation à un seul secouriste en utilisant le ballon insufflateur, ce qui permet de bénéficier de l'apport en oxygène et de libérer un secouriste. Dans ce cas, le secouriste se place à la tête et effectue les compressions de cette position, en se penchant au-dessus du visage[8]. L'efficacité de cette manœuvre est cependant sujette à caution[9].

Planches descriptivesModifier

Vérification des fonctions respiratoires : le secouriste écoute la respiration, essaye de sentir l'air sur sa joue, regarde si la poitrine monte et descend, et sent les mouvements de la poitrine.

Insufflation au bouche-à-bouche La tête du patient est rejetée en arrière. Le secouriste ferme le nez du patient d'une main, tout en maintenant la bouche du patient ouverte en lui tenant le menton.

Placement de la main avant la CPR La main se place, chez un adulte à deux doigts en haut du plexus solaire.

Position pour la CPR Les bras sont maintenus tendus, les compressions viennent du mouvement des épaules.

Contrôle du pouls carotidien (n'est plus enseigné dans les formations courtes à destination du grand public[2] ; remplacé par l'appréciation du souffle respiratoire de la poitrine et de la bouche en 8-10 secondes)

Vue de l'opérateur du défibrillateur Un secouriste est à genoux à la tête de la victime et lui administre de l'oxygène. Si la tête de la victime est entre ses genoux, elle n'est pas serrée. Les électrodes de défibrillation sont collées.

Historique des procéduresModifier

Les procédures ont varié au cours du temps, en raison des progrès de la médecine (évolution des connaissances, évolution du traitement médical). Elles ont fait l'objet de recommandations faite par des sociétés savantes internationales :

entre 1991 et 2000 :
un sauveteur seul alternait 15 compressions thoraciques et 2 insufflations sur un adulte ou un enfant de plus de 8 ans ; les compressions se faisaient au rythme de 60 par minute,
pour un nourrisson, il effectuait 4 insufflations initiales (2 lors du bilan, puis 2 après le passage de l'alerte) et alternait 5 compressions thoraciques et 1 insufflation,
un sauveteur isolé et sans moyen d'appel pratiquait la RCP durant une minute avant d'appeler les secours,
deux sauveteurs ou secouristes alternaient 5 compressions et 1 insufflation, sur un adulte comme sur un nourrisson,
en 2000 :
on abandonne le terme « massage cardiaque » pour « compression thoracique »,
les rythmes de compression sont unifiés, 100 par minute quel que soit l'âge,
on ne fait plus que 2 insufflations initiales sur le nourrisson,
un sauveteur isolé et sans moyen d'appel passe désormais l'alerte immédiatement, sauf dans le cas d'un enfant de moins de huit ans, ou dans le cas d'une noyade ou d'une intoxication où l'alerte est passée après une minute de RCP,
à deux secouristes, on garde l'alternance 15:2,
en 2005 :
on abandonne la distinction entre un et plusieurs secouristes pour la RCP de l'adulte,
on passe à 30 compressions thoraciques alternées avec 2 insufflations en commençant par les compressions thoraciques,
on admet que le défibrillateur est un maillon indispensable de la chaîne de survie[10],
en 2010[11],[12] :
les insufflations ne sont plus systématiquement recommandées.
La RCP médicaleModifier

La réanimation cardiopulmonaire spécialisée (RCPS) par une équipe médicale ou paramédicale est le dernier maillon de la chaîne de survie avant admission à l'hôpital. Dans le cas idéal, les gestes spécialisés sont pratiqués dans les dix minutes qui suivent l'arrêt cardiaque, après la défibrillation.

La victime est intubée (connexion d'un respirateur artificiel aux voies respiratoires du patient par l'intermédiaire d'un tuyau que l'on glisse dans la trachée). Une voie d'abord veineuse est mise en place, soit périphérique (veines du bras) soit centrale (veine jugulaire, sous-clavière ou fémorale en cas d'impossibilité d'abord périphérique), tout en poursuivant les compressions thoraciques, y compris lors des insufflations : l'étanchéité du ballonnet de la sonde d'intubation empêche le dioxygène de ressortir lors des compressions.

Un capnomètre est mis en place : il mesure la quantité de dioxyde de carbone expiré, c'est-à-dire l'efficacité de la réanimation. En effet, si le patient expire du CO2, c'est que le dioxygène est bien arrivé aux cellules, et que les cellules l'ont consommé, donc qu'elles vivent.

On lui associe également l'administration de médicaments : adrénaline ou équivalents, isoprénaline si le cœur est trop lent, liquides de remplissage vasculaire ou d'alcalinisation suivant les cas. L'intérêt de l'administration systématique de médicaments reste cependant discuté : à très court terme, ils semblent améliorer la survie mais ce n'est plus apparent à moyen terme, tant en termes de survie que de séquelles[13]. Le défibrillateur du Samu peut être couplé à un stimulateur cardiaque externe si le cœur est trop lent.

Sur une femme manifestement enceinte, si le fœtus est potentiellement viable mais que la réanimation est inefficace, il faut envisager une césarienne d'urgence[6]

Par ailleurs, des études évaluent l'intérêt d'appliquer d'autres traitements préhospitaliers, sans que ces traitements constituent pour l'instant des standards :

injection de vasopressine[14] : les muscles qui contrôlent l'ouverture des vaisseaux sanguins n'étant plus oxygénés, ils se relâchent (vasodilatation), ce qui augmente le volume du système vasculaire et gêne la bonne circulation du sang lors des manœuvres de réanimation et en cas de reprise de l'activité cardiaque (collapsus cardiovasculaire) ; l'utilisation de médicaments vasopresseurs (c'est-à-dire faisant remonter la pression du sang) permet d'améliorer la circulation du sang et donc d'augmenter les chances de survie sans séquelle. Les résultats avec la vasopressine se sont révélés être décevants[15] ;
massage cardiaque interne (MCI) par mini-thoracotomie[16] : cette technique consiste à pratiquer une incision sur la poitrine, au 4e espace intercostal gauche, et à y introduire un dispositif qui se déploie à l'intérieur comme un parapluie contre le péricarde ; il permet de presser directement sur le cœur, et pour certains modèles de pratiquer une défibrillation interne ; ce système permet d'avoir une meilleure efficacité circulatoire, mais présente des risques d'hémorragie et d'infection.
La pratique française veut que le patient ne soit transporté qu'à partir du moment où la situation hémodynamique est à peu près stable (pouls présent avec une pression artérielle existante). La réanimation cardio-pulmonaire est donc poursuivie sur place jusqu'à échec (on n'arrive pas à réanimer le patient et celui-ci est déclaré décédé) ou succès. C'est la méthode dite du stay and play (« rester et jouer », c'est-à-dire agir sur place). Cela diffère avec les pratiques américaines qui préconisent le transport le plus rapidement possible vers un centre spécialisé, quel que soit l'état du patient. C'est la méthode du scoop and run (charger et courir). Cette différence s'explique en partie par l'absence de médicalisation des premiers secours, fonctionnant sur des paramedics, des secouristes paramédicaux pouvant faire des gestes infirmiers et médicaux (intubation, pose d'une voie veineuse et administration de médicaments) sur protocole.

Si de nombreuses études scientifiques ont montré l'intérêt de la RCP par un témoin et d'une défibrillation précoce (dans les 8 minutes suivant l'arrêt cardiaque) sur la survie, l'intérêt de la pratique de soins médicaux sur place est moins évident en ce qui concerne les taux de survie. Cependant, outre le fait que cela soulage les services d'urgence hospitaliers, les équipes médicales (ou paramédicales) formées aux soins pré-hospitaliers avancés de maintien des fonctions vitales (SAMFV), peuvent prendre en charge les infarctus en cours de formation, et l'on enregistre alors une nette amélioration en termes de survie[17].

La durée d'une réanimation, sans reprise d'un rythme cardiaque, est largement empirique. Elle ne dépasse cependant guère trente minutes[18].

La RCP en situation de combatModifier

Photo d'une séance d'entraînement à la réanimation cardiopulmonaire
Entraînement à la réanimation cardio-pulmonaire sur un mannequin.
La doctrine française, inspirée par le Tactical combat casualty care américain[19] (TCCC) et le Battlefield advanced trauma life support britannique (BATLS), est la suivante[20].

En situation de combat, on distingue typiquement trois lieux :

le lieu exposé au feu ;
le « nid de blessé », présentant une protection (par exemple un pan de mur) ;
le point de regroupement et d'évacuation ;
et trois types d'intervenants :

le combattant, ayant une formation minimale en secourisme ;
l'auxiliaire sanitaire ;
le professionnel de santé : infirmier ou médecin militaire.
On considère que sous le feu, il est dangereux pour le sauveteur, et inutile pour le blessé, de pratiquer une réanimation cardio-pulmonaire. Au nid de blessé, on ne considère que les arrêts cardiaques survenus secondairement (la victime respire encore lorsqu'elle arrive) ; son traitement spécifique, hors compressions thoraciques et ventilation, est du ressort de l'auxiliaire de santé ou du professionnel de santé. En raison du contexte traumatique, l'arrêt cardiaque est souvent dû :

soit à une asphyxie, auquel cas la priorité est la libération des voies aériennes supérieures, ce qui peut inclure la pose d'une canule de Guedel, une intubation ou une coniotomie ;
soit à un pneumothorax compressif, qui impose une exsufflation voire un drainage de la plèvre ;
soit à une hypovolémie, ce qui impose un remplissage vasculaire (perfusion de liquide pour compenser la perte de sang) associé à un vasoconstricteur.
Là encore, on estime « [qu'en] fonction des circonstances et des délais d’évacuation, il faut savoir économiser ses moyens devant des situations désespérées. »

RésultatsModifier

Le but de la réanimation cardio-pulmonaire est de sauver des vies, mais aussi de réduire, autant que possible, les séquelles neurologiques.

Le temps écoulé entre la survenue de l'arrêt cardiaque et la prise en charge de celui-ci (massage cardiaque externe) est appelé communément « no-flow » (absence de débit). Celui entre le début de la prise en charge et le retour à une circulation sanguine spontanée (permettant l'arrêt du massage) est appelé « low flow » (débit faible). Le pronostic dépend naturellement de ces deux paramètres.

La proportion de personnes sortant vivantes de l'hôpital après un arrêt cardio-circulatoire n'excède pas 15% mais peut atteindre un tiers des patients si la cause de l'arrêt est un trouble du rythme ventriculaire[21]. Le pronostic, vital aussi bien que fonctionnel dépend également de la durée de la réanimation nécessaire pour retrouver un débit cardiaque spontané (« low flow ») : si, réalisée dans des conditions optimales, elle excède un quart d'heure, les chances de récupérations sont très faibles[22]. Chez l'enfant, la probabilité de récupération est cependant supérieure, même en cas de massage cardiaque prolongé[23].

Méthodes périmées ou discutéesModifier

Dans le cadre de la prise en charge médicale, il a été proposé de pratiquer une thrombolyse systématique[24],[25] : la présence d'un caillot de sang dans les artères est une des principales causes de l'arrêt cardiaque (infarctus du myocarde et embolie pulmonaire) et par ailleurs l'arrêt cardiaque s'accompagne de la formation de caillots minuscules dans le cerveau (microthrombi cérébraux), qui, en gênant une bonne oxygénation de certaines parties du cerveau lors des manœuvres de réanimation et en cas de reprise d'une activité cardiaque, vont entraîner des souffrances neurologiques. Le but de la thrombolyse (ou fibrinolyse) est de détruire ces caillots et donc d'améliorer les chances de survie sans séquelle.

Ce traitement ne fait toutefois pas l'unanimité en raison des risques d'hémorragie (la thrombolyse s'oppose à la coagulation du sang), notamment, lors des compressions thoraciques, il peut se produire des fractures des côtes qui peuvent provoquer des saignements ; la thrombolyse est par ailleurs contre-indiquée dans certains cas comme la dissection de l'aorte (fissuration de l'artère aorte) ou un accident vasculaire cérébral hémorragique comme la rupture d'anévrisme. Elle n'a pas prouvé son efficacité[26].

L'association de la ventilation artificielle avec les compressions thoraciques est apparue relativement récemment (sans doute dans les années 1960). D'autres méthodes existaient auparavant, qui étaient peu efficaces, voir totalement inefficaces ou même nuisibles[réf. souhaitée].

Article détaillé : Ventilation artificielle#Anciennes méthodes.
La légende urbaine de la toux salvatriceModifier

En cardiologie, on demande parfois aux patients de tousser afin de réguler le rythme cardiaque ; en effet, la toux provoque une augmentation de la pression de l'air dans les poumons, qui appuie sur les vaisseaux sanguins parcourant les poumons et provoque donc un pic de pression artérielle.

Partant de là, certains ont proposé de tousser lorsque l'on « sent arriver » l'arrêt cardiaque. Cette idée a été reprise et largement diffusée, notamment par l'Internet et est devenu une légende urbaine.

Ce geste est en effet totalement inutile[27] car d'une part on ne sent pas arriver l'arrêt cardiaque, lorsqu'il survient, l'inconscience est immédiate, aucun muscle ne peut agir, on ne peut pas tousser. Et lorsque l'on ressent des signes pouvant laisser penser à un infarctus du myocarde, les seuls gestes utiles sont d'appeler à l'aide et faire prévenir les secours, et de s'allonger par terre ou s'asseoir contre un mur. En particulier, si l'on conduit un véhicule, il faut absolument se garer au plus vite, en sécurité, et si possible à proximité d'autres personnes qui auront ainsi la possibilité de prévenir les secours (112 en Europe) si l'on devient incapable d'appeler soi-même. Il faut aussi déverrouiller les serrures afin que les secours n'aient pas à forcer les portes du véhicule.

Notes et référencesModifier

↑ à température « normale » (20 °C) ; les basses températures protègent le cerveau et augmentent les chances de survie, ainsi, en cas de noyade ou d'hypothermie, il est possible de récupérer une victime malgré un arrêt circulatoire de plusieurs dizaines de minutes (notion de « mort apparente »)
↑ a, b, c et d Recommandations relatives à l’initiation du grand public à la prise en charge de l'arrêt cardiaque et à l'utilisation de défibrillateurs automatisés externes, [http://www.interieur.gouv.fr/content/download/36642/277086/file/AC_grand_public_VF.pdf Ministére Français de l'intérieur, Consulté le 13/12/2013
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↑ Contrairement aux soins avancés de maintien des fonctions vitales (SAMFV), la RCR et la défibrillation rapide permettent d'augmenter le taux de survie à une crise cardiaque, R. Vezina, 13 août 2004, hôpital d'Ottawa
↑ (en) Goldberger ZD, Chan PS, Berg RA. et al. for the American Heart Association Get With The Guidelines—Resuscitation (formerly the National Registry of Cardiopulmonary Resuscitation) Investigators. Duration of resuscitation efforts and survival after in-hospital cardiac arrest: an observational study, Lancet 2012
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V. Bargoin. Déception pour TROICA : la fibrinolyse n'améliore pas le pronostic de l'arrêt cardiaque, 7 septembre 2006, theHeart.org
↑ (en) « Cough CPR », sur American Heart Association,‎ 10 décembre 2014
Voir aussiModifier

BibliographieModifier
(en) Dr Ian Stiell. New England Journal of Medicine, 12 août 2004
Articles connexesModifier
Procédure ABCDEF de traitement des urgences extrahospitalières
Liens externesModifier
Fédération française de cardiologie
Réanimation des arrêts cardiorespiratoires de l'adulte, conférence d'expert, Société française d'anesthésie et de réanimation (Sfar), janvier 1995, 17 pages [PDF]
(en) European Resuscitation Council (ERC)
(en) 2005 International consensus on cardiopulmonary resuscitation and emergency cardiovascular care science with treatment recommandations, Circulation, vol. 112, supplément au no 22, 29 novembre 2005
(en) The European Resuscitation Council Guidelines for Resuscitation 2005

17 août 2012

Que faire quand quelqu'un perd connaissance ?

Que faire quand quelqu'un perd connaissance ?Que feriez-vous si vous vous retrouviez face à une personne qui perd connaissance, qui s’écroule, inanimée sur le sol ?
Sachez que par définition, une personne qui a perdu connaissance reste allongée, sans bouger, et ne réagit pas à la parole ni au toucher.
Voici les bons réflexes à adopter quand quelqu’un a perdu connaissance.

Quelles sont les principales causes d’une perte de connaissance ?

Une perte de connaissance peut résulter d’une maladie, d’un traumatisme ou d’un manque d’oxygène.
Mais une perte de connaissance peut avoir d’autres causes, comme une consommation d’alcool ou de drogue, une intoxication au monoxyde de carbone, etc.

Premier réflexe : vérifiez si la victime réagit à la parole ou au toucher

Parlez-lui d’une voix forte : « Ouvrez les yeux ! », « Serrez-moi la main ! ». En l’absence de toute réponse, la personne est inconsciente.

Deuxième réflexe : vérifiez si la victime respire

Placez une main sur le front de la victime, l’autre sous le menton, et faites basculer sa tête doucement en arrière. Approchez votre oreille pour entendre sa respiration et observez si sa poitrine se soulève.

Si la personne respire : placez-la en position latérale de sécurité

Desserrez son col, sa cravate et sa ceinture.
Installez la victime en position latérale de sécurité : sur le côté, tête et cou basculés en arrière afin de libérer les voies respiratoires (http://www.croix-rouge.fr/Je-me-forme/Particuliers/Les-6-gestes-de-base/L-inconscience).
S’il s’agit d’une femme enceinte, placez-la en position latérale de sécurité sur le côté gauche.
Appelez immédiatement les secours en composant le 911 ou
déléguer quelqu’un le faire pour vous. Couvrez chaudement la victime.

Si la personne ne respire pas : pratiquez immédiatement la réanimation cardiopulmonaire

Demandez à quelqu’un d’appeler les secours et d’apporter un défibrillateur.
Débutez immédiatement le massage cardiopulmonaire : alternez avec le bouche-à-bouche à raison de 30 compressions thoraciques pour 2 insufflations.
Si vous n’êtes pas à l’aise, mieux vaut vous concentrer uniquement sur les compressions thoraciques. Chaque minute compte !
Poursuivez jusqu’à l’arrivée des secours ou d’un défibrillateur que vous mettrez alors en fonctionnement et dont vous suivrez les indications.

Une syncope, c’est grave ou pas ?

Les syncopes ou pertes brutales de connaissance, sont des incidents assez fréquents mais heureusement bénins, encore faut-il s’en assurer en consultant un médecin. Autrement dit, il ne faut pas attendre la récidive d’une syncope pour consulter, et ceci pour deux raisons :
  • Une syncope est parfois le signe avant-coureur d’une maladie grave, comme d’une maladie cardiaque notamment. Il est donc préférable de le vérifier rapidement.
  • Une syncope peut entraîner des conséquences traumatiques, des blessures et des fractures selon le lieu où elle survient.

La victime ne parle pas, ne réagit pas et respire ...
Que faites-vous ?

Si la victime est inconsciente, et si sa poitrine se soulève régulièrement, il faut libérer les voies aériennes et la placer en position latérale de sécurité.

Les étapes de l'intervention

inconscience1
Vérifiez que la victime ne réagit pas.
inconscience2
Libérez les voies aériennes.
inconscience3
Vérifiez que la victime respire.
inconscience4
Tournez la victime sur le côté en position latérale de sécurité.
inconscience5
Demandez à quelqu'un d'appeler les secours ; allez chercher de l'aide si vous êtes seul.
inconscience6
Vérifiez régulièrement la respiration de la victime jusqu'à l'arrivée des secours.

Technique : la libération des voies aériennes

inconscience7
En cas de perte de conscience, les muscles sont relâchés, ce qui provoque une obstruction des voies aériennes par la chute de la langue dans le fond de la gorge.
Ce risque peut-être écarté en basculant la tête de la victime en arrière et en soulevant son menton.

inconscience8
Desserrez si vous le pouvez le col, la cravate ou la ceinture de la victime.
Placez une main sur le front de la victime et basculez délicatement sa tête vers l'arrière.
Dans un même temps, positionnez l'extrémité des doigts de l'autre main sous le bout du menton de la victime et soulevez celui-ci pour décoller la langue du fond de la gorge et dégager ainsi les voies aériennes.
N'exercez aucune pression sur la région molle située sous le menton pour ne pas entraver la respiration.

inconscience9
Vérifiez la respiration de la victime :
Vérifiez que la poitrine se soulève et s'abaisse régulièrement.
Ecoutez les bruits de la respiration en approchant votre oreille de sa bouche.
Essayez de sentir le souffle de sa respiration en plaçant votre joue près de sa bouche.

Technique : la mise en position latérale de sécurité (PLS)

Si la victime porte des lunettes, ôtez-les lui.
Assurez-vous que ses jambes sont allongées côte à côte. Si ce n'est pas le cas, rapprochez-les délicatement l'une de l'autre de manière à les placer dans l'axe du corps.
inconscience10
Disposez le bras de la victime le plus proche de vous à angle droit de son corps. Pliez ensuite son coude tout en gardant la paume de sa main tournée vers le haut.
Placez-vous à genoux ou en trépied à côté de la victime.

inconscience11
Saisissez l'autre bras de la victime d'une main, placez le dos de sa main contre son oreille, de votre côté.
Maintenez la main de la victime pressée contre son oreille, paume contre paume.


inconscience12
Attrapez la jambe la plus éloignée de vous avec l'autre main, juste derrière le genou, et relevez-la tout en gardant le pied au sol.
Placez-vous assez loin de la victime, au niveau de son thorax, pour pouvoir la tourner sur le côté vers vous, sans avoir à reculer.

inconscience13
Faites rouler la victime en tirant sur sa jambe jusqu'à ce que le genou touche le sol.
Dégagez doucement votre main de sous la tête de la victime en maintenant son coude de votre autre main afin de ne pas entraîner sa main et d'éviter ainsi toute mobilisation de sa tête.

inconscience14
Ajustez la jambe située au-dessus de sorte que la hanche et le genou soient à angle droit.





inconscience15
Ouvrez la bouche de la victime d'une main, avec le pouce et l'index, sans mobiliser la tête, afin de permettre l'écoulement des liquides vers l'extérieur.
Demandez à quelqu'un d'appeler les secours ou bien allez chercher de l'aide si vous êtes seul.
Vérifiez régulièrement que la respiration est normale.
_______________________

Prêt à intervenir en cas d'urgence ?

RCR

Si la respiration et le pouls d'une personne se sont arrêtés, une réanimation cardio-respiratoire (RCR) peut lui sauver la vie. Mais vous devez faire vite - elle peut mourir ou subir des dommages irréversibles au cerveau seulement quatre minutes après avoir arrêté de respirer.
RCRLa RCR est décrite ci-dessous, mais la meilleure façon de l'apprendre consiste à suivre un cours de RCR agréé.
D'abord, assurez-vous que la personne a vraiment besoin d'une RCR. Demandez-lui si « Ça va ? » Si elle ne répond pas, regardez, écoutez et sentez si elle respire (voir « Avant l'arrivée des secours - que pouvez-vous faire »).

Si la personne ne respire pas, appelez le 9-1-1 et regardez s'il y a un défibrillateur externe automatique (DAE - appareil électronique qui relance les battements du cœur) à proximité. Si oui, prenez-le ou demandez à quelqu'un de vous l'apporter.
Commencez la RCR :
  1. placez la personne sur le dos sur une surface stable ;
  2. ouvrez ses voies respiratoires en inclinant sa tête vers l'arrière en portant une main sur son front et l'autre sous son menton. Parfois c'est suffisant pour régler le problème. Regardez, écoutez et sentez sa respiration ;
  3. si la personne ne respire toujours pas, placez votre bouche exactement sur la sienne, pincez son nez (pour que l'air ne s'échappe pas) et donnez-lui deux respirations artificielles*. Chacune des respirations artificielles doit durer environ une seconde. Ne prenez pas une profonde inspiration avant de commencer une respiration artificielle, contentez-vous de respirer normalement. Donnez une respiration toutes les cinq secondes. Regardez la poitrine pour être sûr qu'elle se soulève et s'abaisse pendant les respirations artificielles ;
  4. ensuite, faites des compressions thoraciques : placez le talon d'une main sur la moitié inférieur du sternum entre les seins. Placez l'autre main au-dessus et appuyez fortement et rapidement (30 compressions devraient durer environ 20 secondes) sur la poitrine. Laissez la poitrine remonter entre les compressions. Faites 30 compressions thoraciques suivies de deux respirations artificielles ;
  5. répétez le cycle de 30 compressions suivies de 2 respirations artificielles jusqu'à ce que vous ayez un DAE ;
  6. quand vous avez le DAE, utilisez-le en suivant les instructions de l'emballage. Le DAE vous dira si la personne peut recevoir une décharge électrique (c.-à-d. si la décharge du DAE peut faire repartir son cœur). Si oui, donnez-lui une décharge électrique, puis recommencez 5 cycles de RCR (un cycle comprend 30 compressions thoraciques et 2 respirations). Si la personne ne peut supporter une décharge électrique, recommencez la RCR et faites une autre vérification tous les 5 cycles pour voir si elle peut à présent supporter la décharge électrique ;
  7. recommencez jusqu'à ce que la personne commence à bouger ou jusqu'à ce que les secours médicaux arrivent.
Note : Les techniques de RCR sont les mêmes pour les adultes et les enfants de plus de 1 an, excepté que les enfants peuvent avoir besoin de plus petites respirations artificielles. Donnez des respirations qui sont juste suffisantes pour que la poitrine se soulève.
Pour de l'information sur la RCR des enfants de moins de 1 an ou toute autre question, adressez-vous à votre médecin ou contactez votre bureau local de l'Ambulance Saint-Jean ou de la Croix-Rouge pour suivre un cours de secourisme.

*Note de sécurité : Vous pourriez risquer de contracter des maladies comme le VIH, l'hépatite B ou C si vous êtes en contact avec le sang d'un blessé (par exemple, s'il y a des plaies, du sang ou des éraflures dans la bouche de l'une ou l'autre personne). Vous pourriez utiliser un masque de RCR pour vous protéger. Vos pouvez en acheter un et le conserver dans votre sac ou votre voiture pour être prêt où que vous alliez.

** Veuillez remarquer que cet article ne donne qu'un aperçu général de la RCR. Elle ne peut remplacer la véritable formation d'un cours de secourisme agréé. Si vous souhaitez donner des premiers soins, veuillez contacter votre bureau local de l'Ambulance Saint-Jean ou de la Croix-Rouge pour suivre un cours de secourisme.
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Réanimation cardio-respiratoire

Définition(s)

Procédure d'urgence consistant à rétablir la circulation sanguine chez l'usager en arrêt cardiaque (FMCC, 2010; Merriam-Webster, 2015).
Objectif(s) de soins
  • Initier les manoeuvres de réanimation cardio-respiratoire afin
    • d'assurer une circulation sanguine et une oxygénation du cœur et du cerveau suffisante pour prévenir des séquelles neurologiques
    • en attendant l'arrivée de l'équipe d'intervention rapide (ÉIR) ou l'équipe médicale d'urgence (ÉMU) ou les ambulanciers
    • de rétablir une circulation spontanée
  • Travailler en équipe interprofessionelle pour instaurer les soins appropriés.

Indications

  • Inconscience sans réaction au toucher ou au son
    • avec ou sans pouls
    • avec absence de respiration OU avec respiration agonale
    • OU avec une crise épileptiforme (FMCC, 2015)
  • Arrêt cardiaque causé par
    • accident vasculaire cérébral (AVC)
    • blessure traumatique
    • électrocution
    • maladies cardiaques
    • noyade 
    • surdose de médicaments ou stupéfiants
    • syndrome de mort subite par arythmie
    • etc. (FMCC, 2010; 2011).

Contre-indications

  • Usager pour lequel le niveau de soins ou une ordonnance individuelle indique de « Ne pas réanimer ».
Généralités
  • Les informations incluses dans cette MSI se rapportent à la RCR en milieu de soins effectuée par des intervenants possédant une certification en soins immédiats en réanimation
  • Les soins avancés en réanimation cardiaque (SARC) ne sont pas discutés dans cette MSI.

Signes d'un arrêt cardiaque (Fondation des maladies du cœur du Canada (FMCC, 2014; 2015)

Inconscience
(aucune réaction au toucher ou aux sons) 
 Absence de respiration ou respiration agonale
 Absence de pouls
Brèves crises épileptiformes généralisées 
  • Peuvent se produire sans signes avant-coureurs
  • Peuvent frapper à tout âge, même les usagers en excellente forme physique.

Respiration agonale (FMCC, 2015; Oto, 2011; Rea, 2005; Stiles, 2008).  

  • Patron anormal de respiration qui provient des neurones du tronc cérébral (réflexe) puisque les centres supérieurs de la respiration deviennent hypoxiques
  • Respiration qui  
    • est causée par une détresse physiologique importante dont l'arrêt cardio-respiratoire
      • peut survenir avant, pendant ou après l'arrêt cardio-respiratoire
      • sa présence augmente les chances de survie à l'arrêt cardio-respiratoire
    • peut durer jusqu'à 7 minutes
    • est souvent interprétée comme indiquant que l'usager ne nécessite aucune intervention
    • signale que la réanimation cardio-respiratoire (RCR) devrait être débutée
  • Signes associés à la respiration agonale 
    • respiration
      • très irrégulière ou occasionnelle
      • laborieuse
      • bruyante
    • ronflements
    • gémissements. 

Signes du syndrome de la mort subite par arythmie (FMCC, 2014)

Évanouissement ou une crise épileptiforme durant une activité physique
OU
causée par
une agitation émotionnelle
une détresse émotionnelle
une surprise
Antécédents familiaux de mort subite inattenduependant une activité physique
OU
pendant une crise épileptiforme
OU
toute autre mort subite inexpliquée d'une personne jeune et en santé
 

Chaîne de survie en milieu de soins (Reproduction autorisée par AHA, tirée de FMCC, 2015)  

 

Chaîne de survie hors milieu de soins (Reproduction autorisée par AHA, tirée de FMCC, 2015)


Une RCR de haute qualité (FMCC, 2015)

Clientèle Adultes ou adolescents
Nombre d'intervenants 1 intervenant ou plus 
Ratio compressions/insufflations 30 : 2
Si intubé :
  • compressions continues
  • 1 insufflation aux 6 secondes 
Fréquence des compressions 100-120 par minute
Profondeur des compressions entre 5 et 6 cm
Positionnement des mains 2 mains sur la moitié inférieure du sternum
Relaxation thoracique Ne pas appuyer sur le thorax entre 2 compressions
mais conserver un contact  avec le thorax (évite le déplacement des mains)
Interruptions  Limiter le nombre et la durée des interruptions (moins de 10 secondes à la fois)

Justification des normes incluses dans le tableau (FMCC, 2015)

  • Une RCR de qualité ne génère que 25 à 30 % du débit cardiaque et de l'oxygénation normale
  • La fréquence des compressions thoraciques est un facteur déterminant dans la conservation des capacités fonctionnelles neurologiques
  • La profondeur des compressions thoraciques maintenue dans les normes
    • permet la circulation sanguine et l'oxygénation du cœur et du cerveau
    • réduit les risques de complications (sans risque à la vie) associées à une compression supérieure à 6 cm
  • Les insufflations doivent durer 1 seconde et permettre l'élévation du thorax
  • La relaxation thoracique totale après chaque compression crée une pression intrathoracique négative
    • qui augmente le retour veineux, la pression de perfusion coronarienne et le débit sanguin myocardique
    • assure un meilleur pronostic.

Défibrillateur externe automatisé (DEA)

  • Appareil électronique et portatif servant à administrer une décharge électrique au cœur afin de réajuster le rythme
    • l'appareil analyse le rythme de l'usager, détermine si la décharge est nécessaire, donne des directives vocales ou visuelles à l'intervenant
  • Doit être utilisé dès que possible
  • Ne pas utiliser
    • directement sur une lésion, une saillie, cicatrice, un timbre médicamenteux ou stimulateur cardiaque
    • en milieu humide.
  • La FMCC (2015) recommande de contacter le fabricant pour obtenir une formation sur l'utilisation du DEA utilisé dans votre établissement
  • Démarche habituelle : 
    • dénuder le thorax
      • retirer vêtements, bijoux et timbres médicamenteux 
    • s'assurer que la peau est sèche et exempte de poils
      • raser OU épiler à l'aide des électrodes (utiliser de nouvelles électrodes pour administrer la décharge électrique)
    • mettre l'appareil sous tension
    • choisir les électrodes appropriées à l'âge de l'usager 
      • OU insérer la clé pédiatrique, selon l'appareil
    • appliquer les électrodes aux sites indiqués sur les électrodes
      • placer les électrodes à 2,5 cm de toute lésion, cicatrice, bosse ou pacemaker
      • assurer une distance de 2,5 cm entre les 2 électrodes
    • suivre les instructions vocales ou visuelles du DEA
    • avant d'appuyer sur le bouton "Choc", s'assurer que personne n'est en contact avec l'usager (Croix-Rouge Canadienne, nd ; CSST, 2015 ; Gouvernement du Canada, 2015 ; Université de Sherbrooke, nd). 

Équipe d'intervention rapide (ÉIR) ou Équipe médicale d'urgence (ÉMU) (FMCC, 2015)

  • Équipes d'intervenants perfectionnés à la pratique de la RCR
  • But de telles équipes :
    • réduire les délais dans la procédure de RCR
    • réduire la fréquence des arrêts cardiaques auprès de 
      • la clientèle adulte en milieu de soins généraux
      • la clientèle pédiatrique à haut risque localisée dans une unité de soins généraux.

Renouvellement de la certification en RCR (FMCC, 2015)

  • Il est suggéré de maintenir les certifications aux 2 ans tout en intégrant des séances régulières de simulation avec mannequins.
Personnalisée par CSSS de Laval
Pour consulter le guide d'utiliation du:
    • Défibrillateur-moniteur portatif (code master 100)
    • Moniteur/défibrillateur Heartstreamxl Agilent M4735A

    veuillez vous référer aux documents PDF au bas de la page dans la section "outils de l'établissement" 

RCR pour l'adulte dans des situations particulières (FMCC, 2015)

  • Arrêt cardiaque associé à une prise d'opioïdes avérée ou soupçonnée
    • en plus de la RCR, selon l'ordonnance médicale individuelle ou collective 
    • administrer de la Naloxone
    • à 1 seul intervenant
      • procéder à la RCR durant 2 minutes avant de quitter l'usager pour appeler de l'aide et aller chercher le DEA et la Naloxone
  • Arrêt cardiaque associé à une intoxication
    • à un anesthésiant local
      • en plus de la RCR
        • envisager l'administration d'une émulsion lipidique par voie intraveineuse
          • selon l'ordonnance médicale individuelle ou collective 
    • à un médicament chez un usager qui ne répond pas à la RCR
      • envisager l'administration d'une émulsion lipidique par voie intraveineuse
        • selon l'ordonnance médicale individuelle ou collective
  • Arrêt cardiaque durant une grossesse
    • si la hauteur utérine est égale ou inférieure au nombril
      • effectuer la RCR après avoir déplacé manuellement l'utérus vers la gauche pour retirer la compression aorto-cave
    • si la RCR est inefficace
      • dans les 4 premières minutes suivant l'arrêt cardiaque
      • OU dans les 4 premières minutes après le début des manœuvres de RCR
        • envisager l'accouchement par césarienne
          • retire la compression aorto-cave chez la mère
          • améliore les chances d'un retour à la circulation spontanée
          • permet la RCR sur le fœtus.

RCR auprès des enfants et nourrissons (FMCC, 2015)

  • Les données actuelles ne permettent pas de conclure qu'il est préférable de modifier
    • la séquence appliquée aux adultes
      • commencer la RCR par les compressions thoraciques (FMCC, 2015)
    • la fréquence des compressions appliquées aux adultes
  • Le ratio compressions/insufflations diffère selon que la RCR soit entreprise par 1 ou plusieurs intervenants
  • La profondeur des compressions diffère selon qu'il s'agisse d'un nourrisson ou un enfant
  • L'ajustement du DEA pour une utilisation pédiatrique varie d'une compagnie à une autre
    • certains DEA n'ont qu'un seul type d'électrodes mais l'emballage inclut une clé pédiatrique à brancher à l'appareil
    • d'autres DEA ont des emballages d'électrodes réservées aux usagers pédiatriques (Gouvernement du Canada, 2015).
Clientèle Enfants
(1 an à la puberté)
Nourrissons
(moins de 1 an, exclut les nouveau-nés)
Nombre d'intervenants 1 intervenant 2 intervenants ou plus  1 intervenant  2 intervenants ou plus
Ratio compressions/insufflations 30:2 15:2 30:2  15:2
Fréquence des compressions  100-120 par minute 100-120 par minute   100-120 par minute
* augmenter la fréquence des compressions en présence
  • de signes de mauvaise perfusion 
  • d'un pouls égal ou inférieur à 60 battements/min.
Profondeur des compressions 1/3 du diamètre antéropostérieur
(environ 5 cm)
1/3 du diamètre antéropostérieur
(environ 4 cm)
Positionnement des mains 1 ou 2 mains sur la moitié inférieure du sternum   2 doigts au centre du thorax, sous la ligne inter-mammaire Placez les mains au centre du thorax, les pouces encerclant le thorax sous la ligne inter-mammaire 
 Éviter de comprimer les cotes et l'appendice xiphoïde
Relaxation thoracique Ne pas appuyer sur le thorax entre 2 compressions
mais maintenir un contact avec le thorax (évite le déplacement des doigts)
Interruptions  Limiter le nombre et la durée des interruptions (moins de 10 secondes à la fois)
Réanimation cardio-respiratoire
Techniques de soins
Matériel requis
Personnalisée par CSSS de Laval
Pour consulter le guide d'utiliation du:
    • Défibrillateur-moniteur portatif (code master 100)
    • Moniteur/défibrillateur Heartstreamxl Agilent M4735A

    veuillez vous référer aux documents PDF au bas de la page dans la section "outils de l'établissement" 
Procédure(s)
Les étapes décrites ci-dessous s'appliquent aux intervenants oeuvrant en milieu de soins auprès d'adultes.

Étapes exécutoires

  • La FMCC (2015) précise que la séquence qui suit est souple ; elle peut être modifiée
    • pour s'adapter à la réalité du milieu ou des intervenants
    • pour permettre des actions et/ou évaluations simultanées. 

  • DEA : Défibrillateur externe automatisé.

Étapes post-exécutoires

  • Suite à un retour à la circulation spontanée
    • aviser le médecin
    • préparer l'usager pour les tests ou soins appropriés à son état
  • En l'absence d'un retour à la circulation spontanée
    • poursuivre les manœuvres jusqu'à la prise en charge l'ÉIR, ÉMU ou les ambulanciers 
    • préparer l'usager pour le don d'organes, le cas échéant.
Réanimation cardio-respiratoire
Notes au dossier
Noter :
  • La raison ayant mené à l'instauration de la RCR
  • La date et l'heure
    • du début de l'arrêt
    • du début et de la fin des manœuvres
  • Les manœuvres de réanimation effectuées
    • préciser la méthode d'administration d'oxygène
    • tout appareil utilisé pour maintenir les voies respiratoires ouvertes
  • La médication administrée le cas échéant
    • dose, route et heure d'administration
  • L'utilisation du DEA le cas échéant
    • l'heure de chacun des chocs administrés
    • nombre de chocs administrés
    • conséquences des chocs 
    • le rythme cardiaque de l'usager avant et après  
  • L'heure de l'arrivée de l'ÉIR, l'ÉMU ou des ambulanciers
  • La réponse de l'usager
  • Toute complication OU toute intervention conjointe.
Certains établissements ont des feuilles de notes spécifiques à la RCR.
Réanimation cardio-respiratoire
Références et ressources
  1. Cardiopulmonary resuscitation. (2015). Merriam-Webster. Repéré à http://www.merriam-webster.com/medical/cardiopulmonary%20resuscitation
  2. Croix-Rouge Canadienne (nd). DEA. Défibrillateur externe d’urgence. Repéré à http://www.croixrouge.ca/crc/documentsfr/fa_poster_aed_fr_web.pdf
  3. CSST. (2015).  La formation des secouristes en milieu de travail. Mode d'emploi du défibrillateur externe automatique (DEA). Repéré à http://www.csst.qc.ca/publications/100/Documents/DC100_1149web.pdf
  4. Fondation des maladies du cœur du Canada. (FMCC). (2010). Réanimation cardiorespiratoire (RCR). Repéré à http://rcr-fmc.ca/2012/01/12/prise-de-position-reanimation-cardiorespiratoire-rcr/
  5. Fondation des maladies du cœur du Canada et de l'AVC. (FMCC). (2011). Qu'est-ce qu'un arrêt cardiaque? Repéré à http://www.fmcoeur.com/site/c.ntJXJ8MMIqE/b.3634043/k.664C/Maladies_du_coeur__Qu8217estce_qu8217un_arr234t_cardiaque.htm
  6. Fondation des maladies du cœur du Canada et de l'AVC. (FMCC). (2014). Signes d’une crise cardiaque, d’un arrêt cardiaque et du syndrome de la mort subite par arythmie. Repéré à http://www.fmcoeur.qc.ca/site/c.kpIQKVOxFoG/b.3669861/k.4BA0/Maladies_du_coeur__Signes_d8217une_crise_cardiaque_d8217un_arr234t_cardiaque_et_du_syndrome_de_la_mort_subite_par_arythmie.htm
  7. Fondation des maladies du cœur du Canada et de l'AVC. (FMCC). (2015). Guidelines CPR and ECC. Points saillants de la mise à jour 2015 des lignes directrices. Lignes directrices en matière de RCR et de SUC de l'AHA. Repéré à http://www.fmcoeur.com/atf/cf/%7B3cb49e24-0fb7-4cee-9404-67f4cee1cbc0%7D/15-1002_ECC_HIGHLIGHTS_2015_FRCA-LR.PDF
  8. Gouvernement du Canada. (2015). Défibrillateurs externes automatisés (DEA). Repéré à http://canadiensensante.gc.ca/drugs-products-medicaments-produits/buying-using-achat-utilisation/products-canada-produits/drugs-devices-medicaments-instruments/defibrillators-defibrillateurs-fra.php
  9. Gouvernement du Québec. (2015). Code de déontologie des infirmières et infirmiers. Chapitre I. Devoirs envers le public, le client et la profession. Section I. Devoirs inhérents à l'exercice de la profession. Québec, QC : Éditeur officiel du Québec. Repéré à http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=3&file=/I_8/I8R9.HTM
  10. OIIQ, CMQ et OPQ (2015). Énoncé de position conjoint sur la collaboration interprofessionnelle : Rehausser la qualité et la sécurité des soins. Montréal, Qc : OIIQ. Repéré à http://www.oiiq.org/lordre/dossiers-strategiques/collaboration-interprofessionnelle
  11. OIIQ (2015). Exceptions à la réserve d'activités professionnelles. Situations d'urgence. Repéré à https://www.oiiq.org/pratique-infirmiere/champ-dexercice/cadre-legal/exceptions-a-la-reserve-dactivites
  12. Oto, B. (2011). What it Looks like: Agonal Respirations. EMS Basics. Repéré à http://emsbasics.com/2011/04/21/what-it-looks-like-agonal-respirations/ 
  13. Rea, T. D. (2005). Agonal respirations during cardiac arrest. Current Opinion in Critical Care. 11(3):188-91.Repéré à http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/15928464 
  14. Stiles, S. (2008). GASP! Agonal Breathing Common, Predicts Survival After Out-of-Hospital Cardiac Arrest. Medscape Nurses. Repéré à http://www.medscape.org/viewarticle/584370
  15. Université de Sherbrooke (nd). Utilisation du défibrillateur externe automatique (DEA). Repéré à https://www.usherbrooke.ca/urgence/premiers-soins/utilisation-du-defibrilateur-externe-automatique-dea/ 
Aide-mémoire
Matériel requis
  • Planche à compressions thoraciques, si disponible
  • Défibrillateur externe automatisé (DEA), si disponible 
  • Gants non stériles
  • Rasoir jetable, si pilosité abondante aux sites d'application des électrodes du DEA
  • Matériel pour la ventilation
    • un masque de poche
    • OU un ballon insufflateur avec masque
    • OU une canule oropharyngée OU une canule nasopharyngée, le cas échéant. 
Procédure(s)
Les étapes décrites ci-dessous s'appliquent aux intervenants oeuvrant en milieu de soins auprès d'adultes.

Étapes exécutoires

  • La FMCC précise que la séquence qui suit est souple; elle peut être modifiée
    • pour s'adapter à la réalité du milieu ou des intervenants
    • pour permettre des actions et/ou évaluations simultanées. 

  • DEA : Défibrillateur externe automatisé.

Étapes post-exécutoire

  • Suite à un retour à la circulation spontanée
    • aviser le médecin
    • préparer l'usager pour les tests ou soins appropriés à son état
  • En l'absence d'un retour à la circulation spontanée
    • poursuivre les manœuvres jusqu'à la prise en charge l'ÉIR, ÉMU ou les ambulanciers 
    • préparer l'usager pour le don d'organes, le cas échéant.

Réanimation cardio-pulmonaire


La réanimation cardio-pulmonaire (RCP), ou réanimation cardio-respiratoire (RCR) — en anglais : Cardio-pulmonary resuscitation (CPR) — est un ensemble de manœuvres destinées à assurer une oxygénation des organes lorsque la victime a cessé de respirer, est en arrêt circulatoire, et est en état d'inconscience.

En effet, lorsque la circulation du sang s'arrête, les organes, dont le cerveau et le cœur lui-même, ne sont plus alimentés en oxygène et commencent à mourir: des lésions cérébrales apparaissent dès la troisième minute, et les chances de survie deviennent quasiment nulles après huit minutes d'arrêt circulatoire[1]. Le fait d'oxygéner artificiellement le sang et de le faire circuler permet d'éviter ou de ralentir cette dégradation, et donc d'accroître les chances de survie.

Description sommaire

La réanimation cardio-pulmonaire est l'association de

la ventilation artificielle
et de compressions thoraciques ou « massage cardiaque externe » (MCE).
Le concept a été inventé par Peter Safar, à qui l'on doit l'acronyme en anglais ABC :

A pour airway, libération des voies aériennes ;
B pour breathing, ventilation artificielle ;
C pour circulation, assurer la circulation du sang par le massage cardiaque externe.
La réanimation cardio-pulmonaire doit se pratiquer sur toute personne en état de mort apparente, c'est-à-dire :

inconsciente : la personne ne bouge pas spontanément, elle ne réagit pas au toucher ni à la parole ;
et qui ne respire pas : après libération des voies aériennes ainsi que l'élévation du menton (dégrafage des vêtements pouvant gêner la respiration, mise en bascule prudente de la tête), on ne voit aucun mouvement respiratoire et on ne sent pas d'air sortir par le nez ou la bouche.
À moins d'y avoir été formé, il ne faut pas chercher à prendre le pouls de la victime[2]. Cette opération n'est fiable que si elle est réalisée par une personne entraînée et retarde d'autant la réanimation. Les cas d'arrêt respiratoire sans arrêt cardiaque sont rares et ne sont que temporaires. La conduite à adopter, pour le grand public, est la réanimation.

Les cas typiques de mort apparente sont la mort subite (la personne s'écroule sans raison apparente), la noyade et le choc électrique. Il peut aussi y avoir une origine traumatique autre, comme une asphyxie, une chute de hauteur ou un accident de la circulation. La mort apparente peut être aussi due à une perte de sang importante (il faut alors d'abord stopper l'hémorragie).

Dans tous les cas, la priorité reste la protection. Le sauveteur doit repérer et éliminer tout danger, par exemple l'appareil électrique dans le cas de la victime électrocutée.

Dans le cas d'un adulte qui s'effondre sans raison, et lorsqu'on est seul (sauveteur isolé), la priorité est l'arrivée des secours, il faut donc alerter les secours avant de commencer la RCP. Celle-ci améliore les chances de survie en attendant les secours.

Lorsque la victime est un enfant de moins de huit ans, si aucun témoin n'est disponible, on pratique la RCP deux minutes avant d'aller alerter les secours car l'apport rapide d'oxygène aux cellules peut améliorer l'état de la personne. Au contraire, dans la cas de l'arrêt spontané chez l'adulte, seule une défibrillation rapide et une intervention rapide des secours permet de sauver la personne.

Si un témoin est présent, le sauveteur lui demande d'alerter les secours et d'apporter un défibrillateur (DSA), puis commence immédiatement la réanimation.

Principes de la réanimation cardio-respiratoireModifier

La réanimation cardio-respiratoire fait intervenir deux mécanismes.

Oxygénation du sangModifier
Le sang sert entre autres à transporter l'oxygène vers les organes, leur permettant de fonctionner (la respiration cellulaire leur fournit de l'énergie). La respiration s'étant arrêtée, il faut la suppléer par la ventilation artificielle.

La ventilation artificielle consiste à envoyer de l'air dans les poumons de la victime. On pratique une ventilation dite « à pression positive »  : on souffle (avec sa bouche ou avec un dispositif) de l'air, la pression de l'air fait gonfler les poumons. Là, les échanges gazeux se produisent, et la victime expire passivement (le poids de la poitrine et des viscères appuient sur les poumons, qui se dégonflent).

Lorsque l'on pratique la ventilation artificielle sans matériel (bouche-à-bouche, bouche-à-nez, bouche-à-bouche-et-nez sur le nourrisson), on envoie un air qui, bien qu'étant expiré après respiration du sauveteur, est encore assez proche de l'air que l'on respire (il contient 16 % de dioxygène) : en effet, une partie de l'air provient de la « tuyauterie » (bronches, trachée, bouche) et est similaire à l'air respiré, et l'air provenant des poumons, s'il est appauvri en dioxygène, en contient encore. Mais le fait de pratiquer des compressions thoraciques permet de mettre en mouvement la colonne d'air de la trachée et de ventiler un air à 21 % d'O2, ce qui pourrait suffire.

Lorsque l'on utilise un ballon insufflateur (avec un masque ou un embout buccal), on envoie de l'air pur (21 % de dioxygène). Si on branche une bouteille de dioxygène médical, on augmente encore la fraction inspirée de dioxygène (FiO2), et l'on peut aller jusqu'à insuffler du dioxygène pur lorsque l'on utilise un ballon de réserve.

L'air que l'on insuffle passe vers les poumons, mais aussi vers l'estomac. Celui-ci se gonfle au fur-et-à-mesure, et si jamais il se dégonfle, il risque d'entraîner avec lui son contenu acide (suc gastrique) qui vont venir détériorer les poumons (syndrome de Mendelson) et compromettre gravement la survie de la victime. Il faut donc souffler sans excès, régulièrement sur deux secondes, et s'arrêter dès que l'on voit la poitrine se soulever.

Il n'est pas certain que la mise en route d'une ventilation artificielle, du moins en dehors d'un milieu de réanimation, soit totalement profitable au patient en arrêt cardio-circulatoire, car la réalisation de celle-ci se fait parfois aux dépens du temps consacré au massage cardiaque. Les méthodes de réanimation par massage seul (sans ventilation) semblent avoir au moins d'aussi bons résultats que la technique habituelle associant massage et ventilation[3], et apparaissent dans les recommandations américaines publiées en 2008[4]. Cependant, chez le sujet jeune (moins de 20 ans) ou lorsque la prise en charge de l'arrêt est tardive, la mise en route d'une ventilation pourrait conserver des bénéfices[5].

Circulation sanguineModifier
Le sang au niveau des poumons ayant été oxygéné, il faut ensuite le faire circuler dans le reste du corps. Ceci se fait grâce aux compressions thoraciques, appelées aussi massage cardiaque externe. Cela consiste à appuyer sur le milieu du thorax afin de comprimer la poitrine :

sur l'adulte et l'enfant de plus de huit ans, le sternum doit descendre de 4 à 5 cm ;
sur l'enfant entre un et huit ans, le sternum doit descendre de 1/3 à 1/2 de l'épaisseur du thorax (la R.C.P. se fait avec une main) ;
sur le nourrisson de moins d'un an, le sternum doit descendre de 1/3 à 1/2 de l'épaisseur du thorax (la R.C.P. se fait avec deux doigts).
En comprimant la poitrine, on comprime les vaisseaux sanguins ce qui chasse le sang vers le reste du corps (comme une éponge). On a longtemps cru que l'on comprimait le cœur ; il semble qu'il soit situé trop profondément, et qu'il ne joue qu'un rôle de régulation du sens de circulation par ses valves.

Pour que la compression thoracique soit efficace, il faut que la victime soit sur un plan dur ; en particulier, si la victime est allongée sur un lit, il faut la déposer à terre avant de commencer les manœuvres de réanimation.

La position des mains est importante si l'on veut avoir des compressions efficaces en minimisant les risques de fracture des côtes (notez que ce risque de fracture est négligeable par rapport au risque de décès si l'on ne fait rien).

Il faut aussi s'attacher à faire des compressions régulières, à laisser la poitrine reprendre sa forme initiale entre deux compressions, et à ce que le temps de relâchement soit égal au temps de compression. En effet, le relâchement de la poitrine permet le retour veineux, capital pour la bonne circulation.

Le rythme de massage doit être suffisant pour faire circuler le sang, mais pas trop rapide sinon la circulation n'est pas efficace (on crée des turbulences qui s'opposent à l'écoulement du sang). Le rapport compressions/insufflations a changé au fur et à mesure des études. Depuis 2005, il est recommandé à tout sauveteur seul d'alterner 30 compressions et 2 insufflations. Le rythme des compressions doit être comprise entre 100 et 120 par minute.

Afin d'adopter un rythme régulier et de respecter l'égalité temps de compression/temps de relâchement, et pour être sûr de bien faire le bon nombre de compressions successives, il est conseillé de compter à voix haute, sous la forme

chiffre (durant la compression) - et (durant le relâchement)
ainsi, on comptera à voix haute

« un-et-deux-et-trois-…–et–vingt-neuf–et–trente »
Cas particulier : femme enceinteModifier
Dans le cas d'une femme visiblement enceinte, il convient de surélever le flanc ou la fesse droite pour améliorer le retour veineux, en libérant la veine cave inférieure du poids du fœtus[6]. Cela peut se faire en mettant un linge plié sous la fesse droite. On peut aussi laisser la victime strictement plat-dos et demander à une personne de pousser le fœtus vers la gauche.

DéfibrillationModifier
Article détaillé : Défibrillateur automatique.
Lorsque l'arrêt cardiaque est dû à une fibrillation ventriculaire (le cœur bat de manière désorganisée), cas majoritaire de la mort subite de l'adulte, le seul espoir de sauver la victime consiste à défibriller le cœur, c'est-à-dire à resynchroniser le cœur par un choc électrique. Ceci peut se faire par un non-médecin avec un défibrillateur automatique externe, ou par un médecin avec un défibrillateur manuel.

Pratique de la RCPModifier

Chronologie : la chronologie suivante part du principe que la personne est en arrêt circulatoire. Si ce n'est pas le cas, un des éléments du bilan nous le dira, il ne faut alors pas faire de réanimation cardio-pulmonaire.

protection
bilan : reconnaître l'arrêt cardio-circulatoire ; appeler « À l'aide ! » dès la constatation de l'inconscience, et à chaque étape du bilan ;
alerte : envoyer quelqu'un prévenir les secours, où si l'on est isolé, aller prévenir soi-même les secours
envoyer quelqu'un chercher un défibrillateur automatique externe s'il y en a un de disponible (ne pas y aller soi-même car la réanimation est prioritaire sauf si l'accès si un DEA est à moins 10 minutes de vous) ; le mettre en œuvre dès que possible ;
réanimation cardio-pulmonaire
faire 30 compressions thoraciques en comptant à voix haute « un–et–deux–et–...–et–vingt-neuf–et–trente » (ce qui permet de donner un rythme efficace de 100 à 120 compressions par minute) ;
Si le sauveteur sait réaliser le bouche à bouche[2], faire 2 insufflations de 2 à 3 secondes stoppées dès que la poitrine se soulève. Ne pas oublier que seul, le fait de changer de position fatigue et ne permet pas d'assurer un massage cardiaque efficace très longtemps, or c'est bien les compressions thoraciques qu'il faut privilégier afin de permettre une perfusion des tissus nobles avec l'oxygène qui reste dissous dans le sang (en attendant les secours).
continuer l'alternance de compressions thoraciques et d'insufflations jusqu'à l'arrivée des secours.
dès qu'un défibrillateur est disponible, il faut le mettre en place sur la victime (soit par vous même, soit par l'autre sauveteur dans ce dernier cas n’arrêtez pas la RCP), en suivant les instructions vocales. Le défibrillateur donne en effet des instructions à haute voix - mais uniquement si ses électrodes ont été posées sur le thorax dénudé de la victime : il demande alors de pratiquer la réanimation lorsque c'est utile. Il est fait pour être très simple d'emploi, il ne faut donc pas hésiter à le mettre en place sur la victime même si l'on n'y a pas été formé.
On effectue ainsi un cycle de RCP en environ 24 secondes, soit cinq cycles en 2 minutes (donc 75 compressions et 5 ventilations artificielles par minute en moyenne).

Tous les 5 cycles (donc toutes les 2 minutes) ou après chaque "Choc non recommandé" du DSA les secouristes contrôlent l'absence de pouls. Si la victime a un pouls, le secouriste contrôle la reprise d'une respiration spontanée supérieure à 6 respirations/minute. Si elle respire, la victime est tournée en position latérale de sécurité. Si elle ne respire pas les secouristes effectuent 10 insufflations avant de refaire un contrôle du pouls et de la respiration. Après un choc effectué par le DSA, les secouristes effectuent 5 cycles de RCP avant de contrôler le pouls.

Cas particuliers
Dans le cas d'un enfant (c'est-à-dire avant le début de la puberté), comme la cause de l'arrêt est probablement respiratoire, on pratique 5 insufflations avant de commencer les compressions thoraciques.
Les compressions thoraciques pratiquées lors de la réanimation cardio-pulmonaire, de par leur effet mécanique sur les poumons, assurent une ventilation minimale. Le massage cardiaque, sans bouche-à-bouche, semble aussi efficace, si ce n'est plus efficace que le massage cardiaque avec bouche-à-bouche, du moins chez l'adulte[7]. Ce dernier n'est donc plus enseigné dans les formations courtes à destination du grand public [2].

L'arrivée de la défibrillation en pré-hospitalier a ajouté un D à l'acronyme mnémotechnique de Safar qui devient donc ABCD : airways, breath, circulation, defibrillation.

Il existe une technique de réanimation à un seul secouriste en utilisant le ballon insufflateur, ce qui permet de bénéficier de l'apport en oxygène et de libérer un secouriste. Dans ce cas, le secouriste se place à la tête et effectue les compressions de cette position, en se penchant au-dessus du visage[8]. L'efficacité de cette manœuvre est cependant sujette à caution[9].

Planches descriptivesModifier

Vérification des fonctions respiratoires : le secouriste écoute la respiration, essaye de sentir l'air sur sa joue, regarde si la poitrine monte et descend, et sent les mouvements de la poitrine.

Insufflation au bouche-à-bouche La tête du patient est rejetée en arrière. Le secouriste ferme le nez du patient d'une main, tout en maintenant la bouche du patient ouverte en lui tenant le menton.

Placement de la main avant la CPR La main se place, chez un adulte à deux doigts en haut du plexus solaire.

Position pour la CPR Les bras sont maintenus tendus, les compressions viennent du mouvement des épaules.

Contrôle du pouls carotidien (n'est plus enseigné dans les formations courtes à destination du grand public[2] ; remplacé par l'appréciation du souffle respiratoire de la poitrine et de la bouche en 8-10 secondes)

Vue de l'opérateur du défibrillateur Un secouriste est à genoux à la tête de la victime et lui administre de l'oxygène. Si la tête de la victime est entre ses genoux, elle n'est pas serrée. Les électrodes de défibrillation sont collées.

Historique des procéduresModifier

Les procédures ont varié au cours du temps, en raison des progrès de la médecine (évolution des connaissances, évolution du traitement médical). Elles ont fait l'objet de recommandations faite par des sociétés savantes internationales :

entre 1991 et 2000 :
un sauveteur seul alternait 15 compressions thoraciques et 2 insufflations sur un adulte ou un enfant de plus de 8 ans ; les compressions se faisaient au rythme de 60 par minute,
pour un nourrisson, il effectuait 4 insufflations initiales (2 lors du bilan, puis 2 après le passage de l'alerte) et alternait 5 compressions thoraciques et 1 insufflation,
un sauveteur isolé et sans moyen d'appel pratiquait la RCP durant une minute avant d'appeler les secours,
deux sauveteurs ou secouristes alternaient 5 compressions et 1 insufflation, sur un adulte comme sur un nourrisson,
en 2000 :
on abandonne le terme « massage cardiaque » pour « compression thoracique »,
les rythmes de compression sont unifiés, 100 par minute quel que soit l'âge,
on ne fait plus que 2 insufflations initiales sur le nourrisson,
un sauveteur isolé et sans moyen d'appel passe désormais l'alerte immédiatement, sauf dans le cas d'un enfant de moins de huit ans, ou dans le cas d'une noyade ou d'une intoxication où l'alerte est passée après une minute de RCP,
à deux secouristes, on garde l'alternance 15:2,
en 2005 :
on abandonne la distinction entre un et plusieurs secouristes pour la RCP de l'adulte,
on passe à 30 compressions thoraciques alternées avec 2 insufflations en commençant par les compressions thoraciques,
on admet que le défibrillateur est un maillon indispensable de la chaîne de survie[10],
en 2010[11],[12] :
les insufflations ne sont plus systématiquement recommandées.
La RCP médicaleModifier

La réanimation cardiopulmonaire spécialisée (RCPS) par une équipe médicale ou paramédicale est le dernier maillon de la chaîne de survie avant admission à l'hôpital. Dans le cas idéal, les gestes spécialisés sont pratiqués dans les dix minutes qui suivent l'arrêt cardiaque, après la défibrillation.

La victime est intubée (connexion d'un respirateur artificiel aux voies respiratoires du patient par l'intermédiaire d'un tuyau que l'on glisse dans la trachée). Une voie d'abord veineuse est mise en place, soit périphérique (veines du bras) soit centrale (veine jugulaire, sous-clavière ou fémorale en cas d'impossibilité d'abord périphérique), tout en poursuivant les compressions thoraciques, y compris lors des insufflations : l'étanchéité du ballonnet de la sonde d'intubation empêche le dioxygène de ressortir lors des compressions.

Un capnomètre est mis en place : il mesure la quantité de dioxyde de carbone expiré, c'est-à-dire l'efficacité de la réanimation. En effet, si le patient expire du CO2, c'est que le dioxygène est bien arrivé aux cellules, et que les cellules l'ont consommé, donc qu'elles vivent.

On lui associe également l'administration de médicaments : adrénaline ou équivalents, isoprénaline si le cœur est trop lent, liquides de remplissage vasculaire ou d'alcalinisation suivant les cas. L'intérêt de l'administration systématique de médicaments reste cependant discuté : à très court terme, ils semblent améliorer la survie mais ce n'est plus apparent à moyen terme, tant en termes de survie que de séquelles[13]. Le défibrillateur du Samu peut être couplé à un stimulateur cardiaque externe si le cœur est trop lent.

Sur une femme manifestement enceinte, si le fœtus est potentiellement viable mais que la réanimation est inefficace, il faut envisager une césarienne d'urgence[6]

Par ailleurs, des études évaluent l'intérêt d'appliquer d'autres traitements préhospitaliers, sans que ces traitements constituent pour l'instant des standards :

injection de vasopressine[14] : les muscles qui contrôlent l'ouverture des vaisseaux sanguins n'étant plus oxygénés, ils se relâchent (vasodilatation), ce qui augmente le volume du système vasculaire et gêne la bonne circulation du sang lors des manœuvres de réanimation et en cas de reprise de l'activité cardiaque (collapsus cardiovasculaire) ; l'utilisation de médicaments vasopresseurs (c'est-à-dire faisant remonter la pression du sang) permet d'améliorer la circulation du sang et donc d'augmenter les chances de survie sans séquelle. Les résultats avec la vasopressine se sont révélés être décevants[15] ;
massage cardiaque interne (MCI) par mini-thoracotomie[16] : cette technique consiste à pratiquer une incision sur la poitrine, au 4e espace intercostal gauche, et à y introduire un dispositif qui se déploie à l'intérieur comme un parapluie contre le péricarde ; il permet de presser directement sur le cœur, et pour certains modèles de pratiquer une défibrillation interne ; ce système permet d'avoir une meilleure efficacité circulatoire, mais présente des risques d'hémorragie et d'infection.
La pratique française veut que le patient ne soit transporté qu'à partir du moment où la situation hémodynamique est à peu près stable (pouls présent avec une pression artérielle existante). La réanimation cardio-pulmonaire est donc poursuivie sur place jusqu'à échec (on n'arrive pas à réanimer le patient et celui-ci est déclaré décédé) ou succès. C'est la méthode dite du stay and play (« rester et jouer », c'est-à-dire agir sur place). Cela diffère avec les pratiques américaines qui préconisent le transport le plus rapidement possible vers un centre spécialisé, quel que soit l'état du patient. C'est la méthode du scoop and run (charger et courir). Cette différence s'explique en partie par l'absence de médicalisation des premiers secours, fonctionnant sur des paramedics, des secouristes paramédicaux pouvant faire des gestes infirmiers et médicaux (intubation, pose d'une voie veineuse et administration de médicaments) sur protocole.

Si de nombreuses études scientifiques ont montré l'intérêt de la RCP par un témoin et d'une défibrillation précoce (dans les 8 minutes suivant l'arrêt cardiaque) sur la survie, l'intérêt de la pratique de soins médicaux sur place est moins évident en ce qui concerne les taux de survie. Cependant, outre le fait que cela soulage les services d'urgence hospitaliers, les équipes médicales (ou paramédicales) formées aux soins pré-hospitaliers avancés de maintien des fonctions vitales (SAMFV), peuvent prendre en charge les infarctus en cours de formation, et l'on enregistre alors une nette amélioration en termes de survie[17].

La durée d'une réanimation, sans reprise d'un rythme cardiaque, est largement empirique. Elle ne dépasse cependant guère trente minutes[18].

La RCP en situation de combatModifier

Photo d'une séance d'entraînement à la réanimation cardiopulmonaire
Entraînement à la réanimation cardio-pulmonaire sur un mannequin.
La doctrine française, inspirée par le Tactical combat casualty care américain[19] (TCCC) et le Battlefield advanced trauma life support britannique (BATLS), est la suivante[20].

En situation de combat, on distingue typiquement trois lieux :

le lieu exposé au feu ;
le « nid de blessé », présentant une protection (par exemple un pan de mur) ;
le point de regroupement et d'évacuation ;
et trois types d'intervenants :

le combattant, ayant une formation minimale en secourisme ;
l'auxiliaire sanitaire ;
le professionnel de santé : infirmier ou médecin militaire.
On considère que sous le feu, il est dangereux pour le sauveteur, et inutile pour le blessé, de pratiquer une réanimation cardio-pulmonaire. Au nid de blessé, on ne considère que les arrêts cardiaques survenus secondairement (la victime respire encore lorsqu'elle arrive) ; son traitement spécifique, hors compressions thoraciques et ventilation, est du ressort de l'auxiliaire de santé ou du professionnel de santé. En raison du contexte traumatique, l'arrêt cardiaque est souvent dû :

soit à une asphyxie, auquel cas la priorité est la libération des voies aériennes supérieures, ce qui peut inclure la pose d'une canule de Guedel, une intubation ou une coniotomie ;
soit à un pneumothorax compressif, qui impose une exsufflation voire un drainage de la plèvre ;
soit à une hypovolémie, ce qui impose un remplissage vasculaire (perfusion de liquide pour compenser la perte de sang) associé à un vasoconstricteur.
Là encore, on estime « [qu'en] fonction des circonstances et des délais d’évacuation, il faut savoir économiser ses moyens devant des situations désespérées. »

RésultatsModifier

Le but de la réanimation cardio-pulmonaire est de sauver des vies, mais aussi de réduire, autant que possible, les séquelles neurologiques.

Le temps écoulé entre la survenue de l'arrêt cardiaque et la prise en charge de celui-ci (massage cardiaque externe) est appelé communément « no-flow » (absence de débit). Celui entre le début de la prise en charge et le retour à une circulation sanguine spontanée (permettant l'arrêt du massage) est appelé « low flow » (débit faible). Le pronostic dépend naturellement de ces deux paramètres.

La proportion de personnes sortant vivantes de l'hôpital après un arrêt cardio-circulatoire n'excède pas 15% mais peut atteindre un tiers des patients si la cause de l'arrêt est un trouble du rythme ventriculaire[21]. Le pronostic, vital aussi bien que fonctionnel dépend également de la durée de la réanimation nécessaire pour retrouver un débit cardiaque spontané (« low flow ») : si, réalisée dans des conditions optimales, elle excède un quart d'heure, les chances de récupérations sont très faibles[22]. Chez l'enfant, la probabilité de récupération est cependant supérieure, même en cas de massage cardiaque prolongé[23].

Méthodes périmées ou discutéesModifier

Dans le cadre de la prise en charge médicale, il a été proposé de pratiquer une thrombolyse systématique[24],[25] : la présence d'un caillot de sang dans les artères est une des principales causes de l'arrêt cardiaque (infarctus du myocarde et embolie pulmonaire) et par ailleurs l'arrêt cardiaque s'accompagne de la formation de caillots minuscules dans le cerveau (microthrombi cérébraux), qui, en gênant une bonne oxygénation de certaines parties du cerveau lors des manœuvres de réanimation et en cas de reprise d'une activité cardiaque, vont entraîner des souffrances neurologiques. Le but de la thrombolyse (ou fibrinolyse) est de détruire ces caillots et donc d'améliorer les chances de survie sans séquelle.

Ce traitement ne fait toutefois pas l'unanimité en raison des risques d'hémorragie (la thrombolyse s'oppose à la coagulation du sang), notamment, lors des compressions thoraciques, il peut se produire des fractures des côtes qui peuvent provoquer des saignements ; la thrombolyse est par ailleurs contre-indiquée dans certains cas comme la dissection de l'aorte (fissuration de l'artère aorte) ou un accident vasculaire cérébral hémorragique comme la rupture d'anévrisme. Elle n'a pas prouvé son efficacité[26].

L'association de la ventilation artificielle avec les compressions thoraciques est apparue relativement récemment (sans doute dans les années 1960). D'autres méthodes existaient auparavant, qui étaient peu efficaces, voir totalement inefficaces ou même nuisibles[réf. souhaitée].

Article détaillé : Ventilation artificielle#Anciennes méthodes.
La légende urbaine de la toux salvatriceModifier

En cardiologie, on demande parfois aux patients de tousser afin de réguler le rythme cardiaque ; en effet, la toux provoque une augmentation de la pression de l'air dans les poumons, qui appuie sur les vaisseaux sanguins parcourant les poumons et provoque donc un pic de pression artérielle.

Partant de là, certains ont proposé de tousser lorsque l'on « sent arriver » l'arrêt cardiaque. Cette idée a été reprise et largement diffusée, notamment par l'Internet et est devenu une légende urbaine.

Ce geste est en effet totalement inutile[27] car d'une part on ne sent pas arriver l'arrêt cardiaque, lorsqu'il survient, l'inconscience est immédiate, aucun muscle ne peut agir, on ne peut pas tousser. Et lorsque l'on ressent des signes pouvant laisser penser à un infarctus du myocarde, les seuls gestes utiles sont d'appeler à l'aide et faire prévenir les secours, et de s'allonger par terre ou s'asseoir contre un mur. En particulier, si l'on conduit un véhicule, il faut absolument se garer au plus vite, en sécurité, et si possible à proximité d'autres personnes qui auront ainsi la possibilité de prévenir les secours (112 en Europe) si l'on devient incapable d'appeler soi-même. Il faut aussi déverrouiller les serrures afin que les secours n'aient pas à forcer les portes du véhicule.

Notes et référencesModifier

↑ à température « normale » (20 °C) ; les basses températures protègent le cerveau et augmentent les chances de survie, ainsi, en cas de noyade ou d'hypothermie, il est possible de récupérer une victime malgré un arrêt circulatoire de plusieurs dizaines de minutes (notion de « mort apparente »)
↑ a, b, c et d Recommandations relatives à l’initiation du grand public à la prise en charge de l'arrêt cardiaque et à l'utilisation de défibrillateurs automatisés externes, [http://www.interieur.gouv.fr/content/download/36642/277086/file/AC_grand_public_VF.pdf Ministére Français de l'intérieur, Consulté le 13/12/2013
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V. Bargoin. Déception pour TROICA : la fibrinolyse n'améliore pas le pronostic de l'arrêt cardiaque, 7 septembre 2006, theHeart.org
↑ (en) « Cough CPR », sur American Heart Association,‎ 10 décembre 2014
Voir aussiModifier

BibliographieModifier
(en) Dr Ian Stiell. New England Journal of Medicine, 12 août 2004
Articles connexesModifier
Procédure ABCDEF de traitement des urgences extrahospitalières
Liens externesModifier
Fédération française de cardiologie
Réanimation des arrêts cardiorespiratoires de l'adulte, conférence d'expert, Société française d'anesthésie et de réanimation (Sfar), janvier 1995, 17 pages [PDF]
(en) European Resuscitation Council (ERC)
(en) 2005 International consensus on cardiopulmonary resuscitation and emergency cardiovascular care science with treatment recommandations, Circulation, vol. 112, supplément au no 22, 29 novembre 2005
(en) The European Resuscitation Council Guidelines for Resuscitation 2005

Que faire quand quelqu'un perd connaissance ?

Que faire quand quelqu'un perd connaissance ?Que feriez-vous si vous vous retrouviez face à une personne qui perd connaissance, qui s’écroule, inanimée sur le sol ?
Sachez que par définition, une personne qui a perdu connaissance reste allongée, sans bouger, et ne réagit pas à la parole ni au toucher.
Voici les bons réflexes à adopter quand quelqu’un a perdu connaissance.

Quelles sont les principales causes d’une perte de connaissance ?

Une perte de connaissance peut résulter d’une maladie, d’un traumatisme ou d’un manque d’oxygène.
Mais une perte de connaissance peut avoir d’autres causes, comme une consommation d’alcool ou de drogue, une intoxication au monoxyde de carbone, etc.

Premier réflexe : vérifiez si la victime réagit à la parole ou au toucher

Parlez-lui d’une voix forte : « Ouvrez les yeux ! », « Serrez-moi la main ! ». En l’absence de toute réponse, la personne est inconsciente.

Deuxième réflexe : vérifiez si la victime respire

Placez une main sur le front de la victime, l’autre sous le menton, et faites basculer sa tête doucement en arrière. Approchez votre oreille pour entendre sa respiration et observez si sa poitrine se soulève.

Si la personne respire : placez-la en position latérale de sécurité

Desserrez son col, sa cravate et sa ceinture.
Installez la victime en position latérale de sécurité : sur le côté, tête et cou basculés en arrière afin de libérer les voies respiratoires (http://www.croix-rouge.fr/Je-me-forme/Particuliers/Les-6-gestes-de-base/L-inconscience).
S’il s’agit d’une femme enceinte, placez-la en position latérale de sécurité sur le côté gauche.
Appelez immédiatement les secours en composant le 911 ou
déléguer quelqu’un le faire pour vous. Couvrez chaudement la victime.

Si la personne ne respire pas : pratiquez immédiatement la réanimation cardiopulmonaire

Demandez à quelqu’un d’appeler les secours et d’apporter un défibrillateur.
Débutez immédiatement le massage cardiopulmonaire : alternez avec le bouche-à-bouche à raison de 30 compressions thoraciques pour 2 insufflations.
Si vous n’êtes pas à l’aise, mieux vaut vous concentrer uniquement sur les compressions thoraciques. Chaque minute compte !
Poursuivez jusqu’à l’arrivée des secours ou d’un défibrillateur que vous mettrez alors en fonctionnement et dont vous suivrez les indications.

Une syncope, c’est grave ou pas ?

Les syncopes ou pertes brutales de connaissance, sont des incidents assez fréquents mais heureusement bénins, encore faut-il s’en assurer en consultant un médecin. Autrement dit, il ne faut pas attendre la récidive d’une syncope pour consulter, et ceci pour deux raisons :
  • Une syncope est parfois le signe avant-coureur d’une maladie grave, comme d’une maladie cardiaque notamment. Il est donc préférable de le vérifier rapidement.
  • Une syncope peut entraîner des conséquences traumatiques, des blessures et des fractures selon le lieu où elle survient.

La victime ne parle pas, ne réagit pas et respire ...
Que faites-vous ?

Si la victime est inconsciente, et si sa poitrine se soulève régulièrement, il faut libérer les voies aériennes et la placer en position latérale de sécurité.

Les étapes de l'intervention

inconscience1
Vérifiez que la victime ne réagit pas.
inconscience2
Libérez les voies aériennes.
inconscience3
Vérifiez que la victime respire.
inconscience4
Tournez la victime sur le côté en position latérale de sécurité.
inconscience5
Demandez à quelqu'un d'appeler les secours ; allez chercher de l'aide si vous êtes seul.
inconscience6
Vérifiez régulièrement la respiration de la victime jusqu'à l'arrivée des secours.

Technique : la libération des voies aériennes

inconscience7
En cas de perte de conscience, les muscles sont relâchés, ce qui provoque une obstruction des voies aériennes par la chute de la langue dans le fond de la gorge.
Ce risque peut-être écarté en basculant la tête de la victime en arrière et en soulevant son menton.

inconscience8
Desserrez si vous le pouvez le col, la cravate ou la ceinture de la victime.
Placez une main sur le front de la victime et basculez délicatement sa tête vers l'arrière.
Dans un même temps, positionnez l'extrémité des doigts de l'autre main sous le bout du menton de la victime et soulevez celui-ci pour décoller la langue du fond de la gorge et dégager ainsi les voies aériennes.
N'exercez aucune pression sur la région molle située sous le menton pour ne pas entraver la respiration.

inconscience9
Vérifiez la respiration de la victime :
Vérifiez que la poitrine se soulève et s'abaisse régulièrement.
Ecoutez les bruits de la respiration en approchant votre oreille de sa bouche.
Essayez de sentir le souffle de sa respiration en plaçant votre joue près de sa bouche.

Technique : la mise en position latérale de sécurité (PLS)

Si la victime porte des lunettes, ôtez-les lui.
Assurez-vous que ses jambes sont allongées côte à côte. Si ce n'est pas le cas, rapprochez-les délicatement l'une de l'autre de manière à les placer dans l'axe du corps.
inconscience10
Disposez le bras de la victime le plus proche de vous à angle droit de son corps. Pliez ensuite son coude tout en gardant la paume de sa main tournée vers le haut.
Placez-vous à genoux ou en trépied à côté de la victime.

inconscience11
Saisissez l'autre bras de la victime d'une main, placez le dos de sa main contre son oreille, de votre côté.
Maintenez la main de la victime pressée contre son oreille, paume contre paume.


inconscience12
Attrapez la jambe la plus éloignée de vous avec l'autre main, juste derrière le genou, et relevez-la tout en gardant le pied au sol.
Placez-vous assez loin de la victime, au niveau de son thorax, pour pouvoir la tourner sur le côté vers vous, sans avoir à reculer.

inconscience13
Faites rouler la victime en tirant sur sa jambe jusqu'à ce que le genou touche le sol.
Dégagez doucement votre main de sous la tête de la victime en maintenant son coude de votre autre main afin de ne pas entraîner sa main et d'éviter ainsi toute mobilisation de sa tête.

inconscience14
Ajustez la jambe située au-dessus de sorte que la hanche et le genou soient à angle droit.





inconscience15
Ouvrez la bouche de la victime d'une main, avec le pouce et l'index, sans mobiliser la tête, afin de permettre l'écoulement des liquides vers l'extérieur.
Demandez à quelqu'un d'appeler les secours ou bien allez chercher de l'aide si vous êtes seul.
Vérifiez régulièrement que la respiration est normale.
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Prêt à intervenir en cas d'urgence ?

RCR

Si la respiration et le pouls d'une personne se sont arrêtés, une réanimation cardio-respiratoire (RCR) peut lui sauver la vie. Mais vous devez faire vite - elle peut mourir ou subir des dommages irréversibles au cerveau seulement quatre minutes après avoir arrêté de respirer.
RCRLa RCR est décrite ci-dessous, mais la meilleure façon de l'apprendre consiste à suivre un cours de RCR agréé.
D'abord, assurez-vous que la personne a vraiment besoin d'une RCR. Demandez-lui si « Ça va ? » Si elle ne répond pas, regardez, écoutez et sentez si elle respire (voir « Avant l'arrivée des secours - que pouvez-vous faire »).

Si la personne ne respire pas, appelez le 9-1-1 et regardez s'il y a un défibrillateur externe automatique (DAE - appareil électronique qui relance les battements du cœur) à proximité. Si oui, prenez-le ou demandez à quelqu'un de vous l'apporter.
Commencez la RCR :
  1. placez la personne sur le dos sur une surface stable ;
  2. ouvrez ses voies respiratoires en inclinant sa tête vers l'arrière en portant une main sur son front et l'autre sous son menton. Parfois c'est suffisant pour régler le problème. Regardez, écoutez et sentez sa respiration ;
  3. si la personne ne respire toujours pas, placez votre bouche exactement sur la sienne, pincez son nez (pour que l'air ne s'échappe pas) et donnez-lui deux respirations artificielles*. Chacune des respirations artificielles doit durer environ une seconde. Ne prenez pas une profonde inspiration avant de commencer une respiration artificielle, contentez-vous de respirer normalement. Donnez une respiration toutes les cinq secondes. Regardez la poitrine pour être sûr qu'elle se soulève et s'abaisse pendant les respirations artificielles ;
  4. ensuite, faites des compressions thoraciques : placez le talon d'une main sur la moitié inférieur du sternum entre les seins. Placez l'autre main au-dessus et appuyez fortement et rapidement (30 compressions devraient durer environ 20 secondes) sur la poitrine. Laissez la poitrine remonter entre les compressions. Faites 30 compressions thoraciques suivies de deux respirations artificielles ;
  5. répétez le cycle de 30 compressions suivies de 2 respirations artificielles jusqu'à ce que vous ayez un DAE ;
  6. quand vous avez le DAE, utilisez-le en suivant les instructions de l'emballage. Le DAE vous dira si la personne peut recevoir une décharge électrique (c.-à-d. si la décharge du DAE peut faire repartir son cœur). Si oui, donnez-lui une décharge électrique, puis recommencez 5 cycles de RCR (un cycle comprend 30 compressions thoraciques et 2 respirations). Si la personne ne peut supporter une décharge électrique, recommencez la RCR et faites une autre vérification tous les 5 cycles pour voir si elle peut à présent supporter la décharge électrique ;
  7. recommencez jusqu'à ce que la personne commence à bouger ou jusqu'à ce que les secours médicaux arrivent.
Note : Les techniques de RCR sont les mêmes pour les adultes et les enfants de plus de 1 an, excepté que les enfants peuvent avoir besoin de plus petites respirations artificielles. Donnez des respirations qui sont juste suffisantes pour que la poitrine se soulève.
Pour de l'information sur la RCR des enfants de moins de 1 an ou toute autre question, adressez-vous à votre médecin ou contactez votre bureau local de l'Ambulance Saint-Jean ou de la Croix-Rouge pour suivre un cours de secourisme.

*Note de sécurité : Vous pourriez risquer de contracter des maladies comme le VIH, l'hépatite B ou C si vous êtes en contact avec le sang d'un blessé (par exemple, s'il y a des plaies, du sang ou des éraflures dans la bouche de l'une ou l'autre personne). Vous pourriez utiliser un masque de RCR pour vous protéger. Vos pouvez en acheter un et le conserver dans votre sac ou votre voiture pour être prêt où que vous alliez.

** Veuillez remarquer que cet article ne donne qu'un aperçu général de la RCR. Elle ne peut remplacer la véritable formation d'un cours de secourisme agréé. Si vous souhaitez donner des premiers soins, veuillez contacter votre bureau local de l'Ambulance Saint-Jean ou de la Croix-Rouge pour suivre un cours de secourisme.

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