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MeteoMedia

10 févr. 2012

Soins des plaies

BUT

  • Prévient l’infection
  • Protège la plaie des traumatismes
  • Aide à la cicatrisation
  • Confort du patient

MATÉRIEL

  • gants à usage unique
  • gants stériles ou pinces stériles
  • compresses stériles
  • antiseptiques moussants et dermiques
  • sérum physiologique
  • ruban adhésif (Hypafix)
  • poubelle
  • antalgiques si besoin
  • champ stérile ou plateau pré conditionné

TECHNIQUE

  • Prévenir le malade
  • Se laver les mains
  • Mettre des gants à usage unique pour enlever le pansement souillé et le mettre à la poubelle
  • Se relaver les mains
  • Préparer le matériel (pour les pinces : ouvrir le plateau et sortir les pinces sans les déstériliser ; pour les gants stériles, sortir un champ stérile ou utiliser l’emballage des gants, préparer tout le matériel stérile + antiseptique, mettre les gants)
  • Une fois le matériel prêt et les compresses imbibées, toujours garder un côté propre et un côté sale
  • Nettoyer la plaie au savon antiseptique en passant sur la plaie de haut en bas puis de chaque côté de la plaie et ceci de plus en plus large autour de la plaie (changer de compresses à chaque fois)
  • Rincer la plaie au sérum physiologique de façon à enlever totalement le savon
  • Sécher la plaie avec une compresse sèche en tamponnant
  • Appliquer ensuite l’antiseptique en ne passant qu’une fois de haut en bas
  • Observer la plaie
  • Déposer compresses sèches sur la plaie
  • Ôter- Nettoyer la plaie au sérum physiologique en passant sur la plaie de haut en bas puis de chaque côté de la plaie et ceci de plus en plus large autour de la plaie (changer de compresses à chaque fois); les gants stériles ou poser les pinces
  • Fixer le ruban adhésif
  • Se laver les mains
  • Ranger le matériel
  • Transmissions
Quel pansement pour quelle plaie ?
Un pansement est un dispositif permettant de recouvrir une plaie située sur la peau.
Le pansement a plusieurs buts fondamentaux:
  • protéger la plaie (contre une infection, une irritation),
  • permettre une meilleure cicatrisation en conservant l'humidité de la plaie,
  • faire cesser un saignement minime en comprimant les petits vaisseaux,
  • rapprocher les berges d'une plaie (pour raccourcir la durée de cicatrisation et limiter les séquelles esthétiques).
La cicatrisation est l’histoire naturelle d’une plaie, d’une nécrose ou d’une brûlure aboutissant à une cicatrice séquellaire, plus ou moins visible. La cicatrisation est définie par la chronologie successive des événements locaux qui vont conduire à la reconstitution intégrale du tissu lésé. Hors intervention chirurgicale et hors cicatrisation de première intention les berges de la plaie correctement affrontées subissent une ré-épithélialisation menant à la continuité de l’épiderme vers le 10e jour. Cette cicatrisation se déroule en trois phases, la détersion, le bourgeonnement, l’épidermisation.

Comment réaliser son pansement ?

La réalisation personnelle d’un pansement est facilement accessible mais elle nécessite un apprentissage et le respect de consignes et c’est le but de cette rubrique explicative.
Un pansement est un acte para-médical qui doit être effectué dans des conditions normées. C’est un soin propre mais non stérile. Au moindre doute (aspect de la plaie à l’ouverture du pansement en place, qualité de la mise en œuvre, douleur, rougeur etc…) le patient doit consulter formellement son médecin traitant ou son chirurgien s’il s’agit d’un pansement post-opératoire. Une plaie peut parfois évoluer vers une infection ou une surinfection locale ou vers une cicatrisation atone malgré les pansements prolongés. C’est alors au chirurgien de prendre la décision d’un geste chirurgical de reprise ou de mise à plat d’un sepsis.

Les conditions à respecter lors de la réalisation du pansement sont les suivantes :

  • se laver les mains et les décontaminer avec un antiseptique liquide ou en gel ,
  • préserver la stérilité du dispositif utilisé avant de l’appliquer sur la zone à traiter en évitant le contact direct,
  • nettoyer, désinfecter, rincer et sécher la surface à traiter avant d’appliquer le dispositif
  • respecter les consignes écrites du fabriquant et du médecin traitant sur le type du pansement et la fréquence du changement du pansement.
  • Le pansement doit être propre : il doit être changé régulièrement, en règle générale tous les deux jours ou tous les jours pour une plaie simple ou pour la cicatrisation dirigée d’une plaie propre et bourgeonnante ; tous les jours pour une plaie exsudative, saignante ou sale ; plusieurs fois par jour éventuellement pour une plaie infectée.
  • Le pansement doit être indolore : les gestes doivent être doux et patients ; il faut humidifier préalablement le pansement sec et cartonné, il faut utiliser des pansements adaptés et non adhérents : c’est l’intérêt des nouveaux types de pansement colloïdaux. Il faut encadrer le geste du changement de pansement par la prise d’antalgiques en particulier pour le premier pansement.
  • Le lavage de la plaie représente le temps fondamental : le pansement doit être ôté en sectionnant précautionneusement les dispositifs adhésifs jusqu’aux compresses collées sur la plaie à traiter. Ces compresses adhérentes sont décollées en passant la main sous l’eau du robinet ou par du sérum physiologique. La main est ensuite elle-même lavée sous l’eau tiède avec un peu de savon liquide ou d’antiseptique liquide. La peau adjacente doit être très propre ; les croûtes, caillots, ou souillures sanguines résiduelles ainsi que les peaux mortes doivent être ôtées. Les tissus fibrineux atones doivent être brossés et éventuellement excisés jusqu’à retrouver un tissu sain et rose. Les croûtes doivent être ôtées sans traumatisme par des produits gras de type Vaseline qui permettent d’assouplir et de faite tomber la croûte sans léser le tissu bourgeonnant sous-jacent.
  • Le pansement doit être « le plus petit possible » c’est la règle des 4P de Raymond Vilain : le pansement ne doit pas gêner la mobilité des articulations de voisinage ; la commissure entre chaque doigt et les articulations doivent être libres. « Ne pas aveugler les pulpes » pour garder une des fonctions fondamentales du doigt : toucher et sentir.
  • Le pansement ne doit pas empêcher la main de bouger : la main doit bouger, elle ne doit pas être immobilisée par une écharpe ou une épaulière. Le patient doit lutter contre l’œdème en surélevant sa main au-dessus du plan du cœur et en fléchissant et en allongeant les doigts pour éviter la stase veineuse préjudiciable.

Les différents types de pansements :

La plupart des pansements sont conditionnés stérilement ; ils doivent donc être manipulés en respectant les règles définies ci-dessus.
  • Le pansement « sec » : le plus commun dans la vie quotidienne ; il se présente sous la forme d'une fine compresse stérile maintenue sur la plaie par un adhésif périphérique. C’est un pansement destiné à une plaie propre, non inflammatoire. Il faut choisir une taille adaptée et éventuellement la recouper.
  • Le pansement « étanche » : un film adhésif semi perméable permet de laisser passer l'air et la vapeur d'eau. Il est très souple et peut être utilisé au niveau d'une articulation sans risquer de se décoller. C’est un pansement destiné à une plaie propre, non inflammatoire presque cicatrisée.
  • Le pansement « humide » : il est formé de compresses humides épaisses maintenues par des bandes. C’est un pansement destiné à une plaie suintante ; les compresses vont absorber les secrétions par capillarité, limitant ainsi le risque de collection ou d’hématome qui peuvent eux-mêmes être source d’infection secondaire. Le pansement Bétadiné* associe les avantages du pansement humide et l’usage d’un antiseptique local.( Il peut être utilisé dans les premiers jours de début d’un panaris par ex.)
  • Le pansement « tulle » :
    • Le pansement « tulle gras » est le pansement historique destiné aux pertes de substances cutanées dont il assure la cicatrisation. Cependant, contenant du baume du Pérou, il est potentiellement allergisant et reste douloureux à l’ablation du fait de son adhérence. On préfère donc utiliser un tulle comprenant une émulsion de paraffine ne séchant pas, autorisant donc un bon assouplissement cutané type Jelonet* ou les nouveaux tulles « interface ».
    • Le pansement « interface » : il est constitué d’une trame polyester à mailles serrées qui autorise un retrait indolore et une cicatrisation en milieu humide. Ce dernier peut être associé à une couche de gel hydro-colloïdes permettant une meilleure hydratation de la plaie et une cicatrisation favorisée. Le choix d'un type de pansements dépend du caractère plus ou moins exsudatif de la plaie (produisant plus ou moins d'eau) et de son degré d'humidité.
      • Un colloïde est une substance sous forme de liquide ou de gel qui contient en suspension des particules solides suffisamment petites pour que le mélange soit homogène. Il ne diffuse pas à travers les membranes hémi-perméables, et dans un fluide, il forme une dispersion homogène de particules dont les dimensions vont de 2 à 200 nanomètres. Les gels forment un réseau de molécules géantes ou micelles. Les métaux, comme l'argent (Collargol) peuvent se présenter sous forme de solution colloïdale, bien qu'il s'agisse plutôt de micro-suspension ou être intégrés dans le colloïde.
      • Les alginates sont des polysaccharides obtenus à partir d'une famille d'algues: les laminaires. Ils peuvent former des gels durs et thermostables utilisés comme additifs alimentaires (E400 à E405) permettant la reconstruction des aliments (jambon, cordons bleus, le poisson pané....). La molécule d'Alginate de Calcium, sous forme de compresse, est utilisée pour ses fortes capacités d'absorption des exsudats de la plaie et de détension des tissus fibrineux.
      • Le gel peut être imprégné éventuellement d’un produit médicamenteux : antiseptiques, corticoïdes pour limiter les bourgeonnements trop importants.
      • Les pansements hydrocellulaires. Ces nouveaux pansements, constitués d'une mousse alvéolaire, sont dotés de très fortes capacités d'absorption des serosites de la plaie lorsque celle-ci est très exsudative.
        Complexée à une inteface hydro-colloïde au contact de la plaie, les pansements sont totalement conformables et atraumatiques lors du retrait.
  • Les autres types de pansements :
    • Pansement « siliconé » : c’est un pansement adhésif et sans résidus qui a un intérêt dans la prévention des cicatrices hypertrophiques ; Il ne peut être utilisé que sur une plaie cicatrisée et parfaitement propre.
    • Pansement « alcoolisé » : c’est un pansement qui ne se met pas sur une cicatrice. Il est indiqué pour son effet anti-inflammatoire loco-régional après une contusion. Il est réalisé en imbibant des compresses d’alcool 70° coupé par du sérum physiologique. Ce pansement ne doit pas être maintenu trop longtemps en place pour éviter les lésions cutanées et il ne faut pas oublier que l’alcool est un produit inflammable…
    • Les compresses comportant un anti-inflammatoire non stéroïdiens, comme le Flector Tissugel sont indiquées pour leur effet anti-inflammatoire locorégional après une contusion.

Quel pansement pour quelle type de plaie ?

En pratique cela réclame l’expérience d’un bon clinicien ; en dehors des « égratignures » et des plaies simples non infectées, le choix du type de pansement adéquat suppose une analyse préalable du type de plaie a traiter. L’ utilisation en particulier des nouveaux types de pansements spécifiques ne doit pas être faite au hasard ; elle réclame des conseils et en pratique une ordonnance détaillée pour l’achat des produits d’une part mais surtout pour leur mise en place.
Voici quelques exemples de réalisation courante d’un pansement pour une plaie typique utilisant les nouveaux types de pansements spécifiques.
  • Pansement simple
  • Pansement pour plaie exsudative
  • Pansement pour plaie infectée
  • Pansement Siliconé sur cicatrice épaisse
Effets indésirables des pansements
  • Le patient peut être allergique à l'un des composants du pansement : film plastique, gel, adhésif.
  • un pansement trop adhésif ou desséché peut être douloureux à l'ablation.
  • un pansement non transparent peut gêner l'inspection de la plaie.
  • un pansement trop occlusif entraîne des risques de macération, ce qui favorise les infections.

Après le pansement…quand la plaie est guérie, il reste la cicatrice :

Lorsque la plaie est cicatrisée, les éventuels fils de sutures sont ôtés vers le 15e jour. Un pansement sec ou étanche peut être laissé en place 24 ou 48heures puis plus RIEN. Un pansement n’est pas une protection et il faut libérer les zones blessées en particulier si elles sont mobiles de toute contrainte afin de récupérer la motricité et la sensibilité.
La cicatrice va évoluer dans les 6 mois qui suivent. Il faut surveiller l’apparition d’une rétraction ou d’une cicatrice hypertrophique ou chéloïde qui pourront être traitées. Il faut masser la cicatrice quotidiennement et conserver une hydratation suffisante en particulier en période hivernale ; l’usage de pommade hydratante banale est conseillé (Biafine®, Nivea main®, Neutrogéna®, Biomain® etc…). Pendant la première année l’exposition de la cicatrice est déconseillée et une protection locale ou par une crème écran totale (indice sup. à 50) est utile.
Aucun pansement de la main n’est identique et il faut choisir le type approprié. Au fur et à mesure le type de pansement et les produits utilisés peuvent être modifiés s’il s’agit d’une cicatrisation dirigée. Il s’agit donc d’un acte thérapeutique qui peut être délégué mais qui doit alors être expliqué et même enseigné pour respecter les consignes d’hygiène et la chronologie de la réalisation du soin.

L'ablation d'agrafes
Définition
L’ablation d'agrafes consiste à enlever le système de réparation cutané sur une plaie presque ou totalement cicatrisée.
Indications
  • Plaie cicatrisée (selon la prescription médicale ou un protocole de soin).
  • Plaie sous tension : permettre l’écoulement d’une collection de pus ou un hématome.

Matériel
  • Pince de Michel stérile.
  • Gants non stériles à usage unique.
  • Compresses stériles.
  • Pansement.
  • Produits pour l’antisepsie :
  • Respecter les mêmes gammes de produit : polyvidone iodée ouchlorexidine.
  • Savon antiseptique.
  • Sérum physiologique ou eau stérile.
  • Antiseptique dermique.
  • Protection papier absorbante à usage unique.
  • Sac à élimination des déchets papier et matériel non contaminé.
  • Sac à élimination des déchets d'activités de soins à risques infectieux.
  • Conteneur à déchets contaminés piquants et tranchants.
  • Désinfectant de surface et chiffonnette.
  • Nécessaire à l'hygiène des mains.
Réalisation du soin
  • Vérifier la prescription médicale :
  • Date d'ablation.
  • Oter intégralement les agrafes ou desserrer les agrafes.
  • Prévenir le patient du soin, lui expliquer le processus, le prévenir que c’est un acte non douloureux mais qu’il peut ressentir un léger tiraillement ou picotement.
  • Installer confortablement le patient.
  • Effectuer un lavage simple des mains ou effectuer un traitement hygiénique des mains par frictions avec une solution hydro-alcoolique : hygiène des mains.
  • Installer le matériel après vérification des dates de péremptions et de l'intégrité des emballages.
  • Installation sur une surface propre et désinfectée au préalable.
  • Installer les poubelles de tri des déchets au pied du lit du patient.
  • Respecter le triangle d'hygiène, de sécurité et d'ergonomie : Propre (matériel) – Patient – Sale (poubelles).
  • Ouvrir aseptiquement les paquets de compresses et les imbiber avec le savon antiseptique (mettre un peu de sérum ou eau sur le savon antiseptique afin de le diluer), le sérum physiologique, l’antiseptique dermique, laisser un paquet de compresses sèches.
  • Effectuer un lavage simple des mains ou effectuer un traitement hygiénique des mains par frictions avec une solution hydro-alcoolique : hygiène des mains.
  • Mettre les gants non stériles à usage unique.
  • Oter le pansement et le jeter dans le sac à déchets contaminés ; ôter les gants et les jeter.
  • Observer l'aspect de la cicatrice, le nombre d'agrafes, les agrafes à enlever ou à desserrer.
  • Effectuer un lavage antiseptique des mains ou effectuer un traitement hygiénique des mains par frictions avec une solution hydro-alcoolique : hygiène des mains.
  • Pratiquer une antisepsie de la peau en 4 temps :
  • Procéder toujours de façon à aller d'une zone nettoyée donc propre vers une zone moins propre : aller de l'extérieur vers l'intérieur = faire un côté, l'autre côté et terminer par la plaie.
  • Ne jamais repasser à un même endroit.
  • Utiliser une compresse par passage puis la jeter dans le sac à déchets contaminés.
  • Respecter le temps de contact de l'antiseptique.
  • Nettoyer avec le savon antiseptique.
  • Rincer avec le sérum physiologique ou l'eau stérile.
  • Sécher avec des compresses stériles sèches.
  • Appliquer l'antiseptique dermique.
  • Ouvrir la pince de Michel et la glisser sous l’agrafes. Refermer doucement la pince, ce qui fait plier l’agrafe en son milieu et relever les griffes hors de la peau.
  • Il est préférable de desserrer les agrafes avant de les ôter pour évaluer la qualité de la cicatrisation.
  • Déposer au fur et à mesure les agrafes sur une compresse sèche.
  • Pratiquer une seconde antisepsie de la peau avec l'antiseptique dermique.
  • Mettre un pansement sur la cicatrice pour éviter une infection, l'écoulement de la plaie et l'irritation avec les vêtements.
  • Eliminer les déchets contaminés et désinfecter le matériel utilisé ainsi que le plan de travail.
  • Effectuer un lavage simple des mains ou effectuer un traitement hygiénique des mains par frictions avec une solution hydro-alcoolique : hygiène des mains.
  • Transmission : aspect de la cicatrice, nombre d'agrafes enlevés ou desserrer, réaction du patient.
Risques et complications
  • Désunion de la plaie lors de l’ablation du fils.
  • Hémorragie.
  • Infection.
  • Défaut ou retard de cicatrisation.
Surveillances et évaluations
  • Evolution de la cicatrice : fermeture des berges, inflammation, couleur des téguments.
  • Courbe de température.
Conseils au patient
  • Ne pas exposer la cicatrice au soleil pendant une durée de 1 an pour éviter une cicatrice visible par la suite.
  • Ne pas immerger la cicatrise durant 1 semaine (douche autorisée).
  • Ne pas porter d'objet lourds, ne pas faire de gestes dangereux : risque de désunion de la cicatrice.

9 févr. 2012

Médicaments de A à Z

Cette rubrique a pour but de vous donner quelques éclaircissements sur les médicaments les plus couramment prescrits. Nous avons choisi la dénomination en DCI, c'est-à-dire la Dénomination Commune Internationale. Les noms de médicaments changeants selon les pays et selon le laboratoire qui les fabriquent il nous a paru plus utile de faire appel au nom du principe actif. Vous retrouverez sous cette DCI le nom des équivalents thérapeutiques les plus fréquemment utilisés en France. Les médicaments dans ce dossier sont classés selon leur classe thérapeutique, par exemple les antibiotiques se trouvent dans la catégorie anti-infectieux en compagnie des antiviraux, des antimycotiques et des vaccins.
La liste proposée est loin d'être exhaustive. Pour retrouver l'information souhaitée, reportez-vous à la DCI de votre traitement, en général elle se situe en petit caractères sous le nom de la marque du laboratoire et reportez vous à sa classe thérapeutique. Par exemple le DOLIPRANE R est du paracétamol et se trouve dans la catégorie antalgique-antipyrétique.
Médicaments de A à ZRien ne peut remplacer une consultation médicale, cette rubrique n'a pour but que de vous donner un complément d'information, si un doute persiste votre médecin traitant reste l'interlocuteur incontournable.

Nouvelles médicales

Des avancées récentes dans la recherche ravive l'espoir de vaincre Alzheimer

Plusieurs avancées récentes dans la recherche sur Alzheimer dont celle jeudi d'un anti-cancéreux qui restaure les fonctions cérébrales de souris atteintes de la maladie, font grandir l'espoir de traitements pour vaincre cette dégénérescence cérébrale aujourd'hui incurable.

La dernière percée en date, publiée dans la revue américaine Science du 10 février, révèle que le bexarotène, un médicament utilisé contre une forme rare de cancer, fait disparaître rapidement chez ces souris jusqu'à 75% des plaques de bêta-amyloïde, forme de protéine dont l'accumulation dans le cerveau est une des principales caractéristiques pathologiques d'Alzheimer.

Cette avancée est sans précédent, selon Paige Cramer, chercheur à la faculté de médecine Case Western à Cleveland (Ohio, Nord) qui a contribué à ces travaux.

Jusqu'alors le meilleur traitement existant chez des souris de laboratoire prenait plusieurs mois pour éliminer les plaques amyloïdes, dit-il.

Notre prochain objectif est de s'assurer que ce traitement agit de la même manière chez les humains, insiste le Dr Gary Landreth, professeur de neurosciences dans cette même faculté, principal auteur de l'étude.

En agissant sur un gène dit ApoE, le bexarotène semblent reprogrammer les cellules immunitaires du cerveau pour qu'elles puissent de nouveau dévorer les dépôts amyloïdes qui s'accumulent.

Le 2 février, des chercheurs de l'Université Columbia à New York avaient annoncé la découverte qu'Alzheimer sur des souris, se propageait comme une infection, d'une zone à l'autre du cerveau, le long des branchements entre les cellules cérébrales.

Cette propagation est le fait d'une variante anormale d'une protéine, appelée tau, dont l'agrégation sous forme de filaments étouffe progressivement l'ensemble des cellules nerveuses ou neurones.

Cette découverte laisse penser que bloquer suffisamment tôt ce processus qui intervient au début d'Alzheimer, empêcherait le développement de la maladie en empêchant l'accumulation de dépôts amyloïdes.

Fin janvier, une équipe française de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale avait publié une recherche montrant que le cerveau de la plupart des malades d'Alzheimer souffre d'importantes carences d'une protéine (FKBP52). Cette observation pourrait déboucher sur un traitement, selon ces chercheurs.

Les dernières avancées en laboratoire permettent d'être plus optimiste pour venir à bout d'Alzheimer avait jugé mardi devant la presse le Dr Francis Collins, directeur des Instituts nationaux américains de la santé (NIH).

Il avait alors cité l'étude sur la protéine tau financée par les NIH, notant la grande difficulté (jusqu'à présent) à transformer ces avancées en stratégies efficaces de traitement et de prévention.

Même optimisme prudent du côté du Dr Scott Turner, neurologue spécialiste de la mémoire de l'Université Georgetown à Washington, interrogé sur l'étude publiée dans Science à laquelle il n'a pas participé.

Ceci paraît très emballant, a-t-il dit, ajoutant aussitôt qu'il s'agissait de souris. Il y a beaucoup de choses qui marchent avec ces animaux mais quand on essaye avec des humains ça échoue.

George Vradenburgh, président USAgainstAlzheimer, fondation privée en pointe contre Alzheimer, se dit réservé mais également optimiste par ce qu'il entend dans le milieu de la recherche.

Je suis prudent mais également encouragé par les scientifiques aux Etats-Unis et en Europe qui me disent que nous avançons aujourd'hui beaucoup plus vite qu'il y a cinq ou dix ans sur Alzheimer, a-t-il déclaré à l'AFP.

Il a aussi estimé que les Etats-Unis devraient consacrer deux milliards de dollars par an à la lutte contre Alzheimer, soit 4,4 fois plus que le budget actuel.

Alzheimer affecte 36 millions de personnes dans le monde dont 5,5 millions d'Américains.
Dons d'organes et greffes pulmonaires : sur la bonne voie
chirurgienAu cours de la dernière décennie, le nombre de transplantations pulmonaires et le taux de survie qui en est résulté ont augmenté. Voilà l'une des conclusions tirées du rapport publié par l'ICIS (Institut canadien d'information sur la santé) en décembre dernier.

Transplantations pulmonaires à la hausse au Canada

Entre 1997 et 2006, un total de 1 222 transplantations pulmonaires ont été pratiquées au Canada. En 1997, on avait procédé à 93 transplantations pulmonaires; en 2006, ce nombre était passé à 171. Il s'agit d'un taux d'augmentation de 84 %. En outre, sur ces 171 transplantations, 128 étaient des transplantations doubles.

Par comparaison, l'ensemble des transplantations au Canada a connu une hausse de 29 % au cours des dix dernières années. Fait étrange, selon Québec Transplant, pour la même période, au Québec, le nombre de donneurs est resté stable, malgré la réduction du nombre de décès neurologiques grâce aux traitements de pointe en traumatologie et au succès des campagnes de sensibilisation à la sécurité routière.

Don d'organes : un sommet historique au Québec
Au Québec, en 2008, 513 organes provenant de 15 donneurs décédés ont été prélevés et transplantés chez 453 receveurs; il s'agit d'un record historique, selon Québec Transplant, avec un taux d'augmentation de 7,9 % du nombre de donneurs et de 9,4 % du nombre d'organes disponibles, par rapport à l'année 2007.

Cependant, malgré l'augmentation de l'offre, la demande croît à un rythme nettement plus rapide : au 31 décembre 2008, la liste d'attente unique de dons d'organes, gérée par Québec Transplant, comptait 1 159 patients.

De meilleures chances de survie
Le don d'organes et les avancées dans divers domaines de la médecine, notamment, ont permis d'augmenter la longévité des personnes atteintes de fibrose kystique et des personnes greffées en général. Les immunosuppresseurs et les techniques de préservation des organes et de transplantation sont de plus en plus efficaces.

En outre, grâce aux campagnes de sensibilisation au don d'organes, la population est mieux informée et plus sensible à l'espoir que représente le don d'organes pour les personnes en attente d'une greffe.

Enfin, les procédures de prise en charge des donneurs et des receveurs sont plus claires et plus efficaces. Les différents intervenants collaborent désormais plus facilement grâce aux registres provinciaux et national pour le don et la transplantation d'organes.

Avec les progrès de la médecine, la greffe est devenue une forme de traitement de nombreuses maladies qui étaient jusqu'ici considérées comme incurables et qui laissaient peu d'espoir aux personnes atteintes et à leur entourage. La technologie et les techniques ne cessent de s'améliorer; la médecine avance à pas de géant. Il reste à déterminer si l'offre saura un jour répondre à la demande toujours croissante...

Le saviez-vous?
La première transplantation pulmonaire réussie a été réalisée au Canada en 1983, et a été suivie de la première transplantation pulmonaire double en 1986. Au Québec, un seul médecin réalise les transplantations pulmonaires : le Dr Pasquale Ferraro, affilié au CHUM. En Ontario, l'Hôpital général de Toronto a récemment annoncé et testé une méthode novatrice de conservation des organes prélevés qui permet aux médecins de réparer les organes abîmés et offre une durée de survie variant entre 12 et 18 heures plutôt que les 5 à 8 heures que permet la méthode actuelle de conservation des organes.

Et si on laissait monter la température chez les enfants

S'il est un sujet dans le milieu médical qui , ces dernières années , refait surface sous forme de polémique, le traitement de la fièvre de l'enfant en fait partie.
Wikipédia

Des études aux résultats catastrophiques réalisées par des neuropédiatres jusqu'à la fin des années 80 avaient changé les comportements des médecins comme des parents pour la prise en charge de la fièvre.

Elle était responsable de tout les maux. Les "convulsions fébriles" parfois mortelles ou responsables de lourdes séquelles.

Une fois n'est pas coutume (en fait si... en médecine, c'est souvent le cas, c'est d'abord oui, puis non, puis oui, puis non, puis "peut-être" pour finir par un "on sait pas trop"), toutes ces jolies théories sont remises en question.

Patatrac.

Il n'y a pas moins de convulsions d'enfants chez qui on traite la température que chez les autres. Quelques études ont même montré que l'utilisation des antipyrétiques n'évitaient en rien la récidive des convulsions.

On pensait aussi que la fièvre était responsable de "troubles du comportement" (appétit, soif, diminution des capacités intellectuelles...) Eh bien non... ce n'est pas la fièvre qui en est responsable mais la présence dans le sang de certains "médiateurs chimiques". L'injection de ces médiateurs entraînant les mêmes "troubles"... mais sans fièvre.

Pire encore, l'absence de fièvre dans certaines infections (ou une lutte trop intensive contre elle en utilisant les médicaments qui la font tomber) aggrave le pronostic de la maladie.

La température ne serait donc qu'un signal d'alarme sur la présence d'une maladie active, comme un voyant d'un tableau de bord de voiture.

On a appris récemment qu'il était dorénavant déconseillé de donner systématiquement du paracétamol lorsqu'on vaccine les enfants .. ça diminuerait les défenses immunitaires.

On en apprend tout les jours, on se contredit tout les jours...

L'abus de sucre serait aussi toxique que l'alcool

Dans la revue Nature reprise par Les Echos, trois scientifiques américains déclarent que "manger trop de sucre est aussi toxique pour la santé que l'abus d'alcool," ils sont "partisans de la mise en place de mesures de restrictions équivalentes à celles qui frappent l'alcool et le tabac".


Extraits de l'article :


« pour en réduire la consommation, ils proposent de taxer les boissons et aliments comportant des sucres ajoutés, en particulier du fructose ».
« ces mesures pourraient aller jusqu'à restreindre la vente des produits trop sucrés en dehors des horaires scolaires, voire à interdire la vente de boissons sucrées aux mineurs de moins de 17 ans, avancent Robert Lustig, Laura Schmidt et Claire Brindis ».
« les maladies non transmissibles, comme les maladies cardiaques, le diabète ou les cancers, contribuent à la mort de 35 millions de personnes chaque année dans le monde, soit davantage que les maladies infectieuses, soulignent [les auteurs] en pointant le rôle du sucre dans la progression de ces pathologies ».
« Les effets de la consommation excessive de sucre peuvent être similaires à ceux d'un abus d'alcool. L'apport massif de sucres favorise ainsi l'hypertension, le diabète, et le risque cardiaque ainsi qu'une surcharge en graisses du foie », continue le journal.
« ces méfaits touchent jusqu'à 40% des gens de poids normal et épargnent 20% des obèses. La consommation de sucre dans le monde a triplé ces 50 dernières années ».
« Parmi leurs autres suggestions : contrôler le nombre de fast-foods dans les quartiers pauvres et inciter à l'installation de magasins de primeurs et de marchés de produits frais », ajoute le quotidien.

Le Monde détaille aussi cet article de la revue Nature, en reprenant que « trop de sucre nuit gravement à la santé », « la planète compte à présent 30% de plus de personnes obèses que d’individus sous-alimentés ».


La nicotine a des bienfaits ... En Patch ! .

Dans un article que nous résumons brièvement, Le journal
L’Express précise « administrer de la nicotine sous forme de patch à des personnes atteintes d'une sénilité légère améliore leurs performances cognitives, selon une étude américaine publiée dans la revue Neurology ».
« L’étude a été menée auprès de 74 patients âgés non fumeurs. Ceux qui ont porté le patch nicotiné pendant six mois ont vu leur temps de réaction, leur attention et leur vitesse psychomotrice s'améliorer » souligne L'Express.

Boire de l'eau diminue le diabète.

De l’eau contre le diabète ! Telle pourrait être la devise des chercheurs des unités Inserm 695 et 872 de Paris qui ont scruté la cohorte DESIR (3 615 sujets pendant 9 ans) et montré que les petits buveurs d’eau (moins d’1/2 litre quotidien) avaient un risque 29 % plus élevé de développer une hyperglycémie par rapport à ceux qui en buvaient plus d’un demi-litre. Le résultat a été obtenu quelque soit le niveaud’activité physique,professionnelle,de loisirs et après avoir exclu l’influence possible des facteurs classiques de prédiction de l’hyperglycémie tels que le sexe, l’âge, les antécédents familiaux de diabète ainsi que les quantités d’alcool ou de boissons sucrées consommées.
Des études expérimentales en cours devraient élucider les mécanismes qui lient l’état d’hydratation au métabolisme du glucose, défaillant en cas de diabète.


Les troubles du sommeil et le diabète ?
Une équipe franco-britannique (CNRS/Institut Pasteur de Lille/ EGID) a montré que les troubles du sommeil multiplieraient par 7 le risque de développer un diabète de type 2.
Avec 7 600 sujets diabétiques ou présentant une glycémie normale, testés, les chercheurs ont séquencé le gène MT2, qui code pour le récepteur de la mélatonine, Il y a eu 40 mutations observées, 14 d'entre elles rendaient ce récepteur « non fonctionnel ». « Chez les porteurs de ces mutations, le risque de développer un diabète est près de 7 fois plus élevé », « Cela pourrait déboucher sur de nouveaux traitements du diabète, à visée préventive ou curative », précisent les scientifiques.
Ces résultats démontrent l’implication directe d’un mécanisme de contrôle des rythmes biologiques dans le diabète de type 2.


Une puce comestible pour le suivi de la prise de médicaments !Selon Le Figaro « une société américaine a développé une micropuce électronique qui permet de surveiller si le patient suit bien son traitement et comment son corps y réagit. Elle devrait être en vente prochainement en Grande-Bretagne ».
Le journal précise que « la mauvaise observance des traitements est un problème que les médecins connaissent bien et qui ne leur facilite pas le travail. Le phénomène concernerait un patient sur deux dans le monde, selon l'OMS »....
« développée par Proteus Biomedical, cette toute petite puce - plus petite qu'un grain de riz - fonctionne en duo avec un patch que le patient s'applique sur la peau.
Chacun des deux éléments contient une petite quantité de magnésium et de cuivre ».
Le Figro note que « quand la puce est ingérée, elle réagit aux sucs gastriques et crée un signal électrique qui est transmis par le corps jusqu'au patch. Ce dernier enregistre l'heure et la dose de médicament prise mais aussi l'activité cardiaque, la respiration, la qualité du sommeil et la température corporelle ».
« Toutes ces données cryptées sont envoyées à un téléphone portable ou à un ordinateur pour lecture, qui pourra rappeler au patient l'heure de la prochaine prise. Le signal ne peut être détecté qu'en présence du patch, a affirmé à Nature Andrew Thompson, l'un des dirigeants de la société, en réponse aux craintes sur la confidentialité des données »
Le journal cite « ce produit s'adresse en priorité aux personnes qui suivent des traitements compliqués et/ou de longue durée, et qui sont donc susceptibles de ne pas respecter les recommandations de leur médecin » « Protheus affirme avoir testé le système lors d'essais cliniques sur des patients souffrant de tuberculose, de troubles psychiatriques, de problèmes cardiaques, d'hypertension et de diabète.
Selon le Financial Times, l'entreprise a aussi conclu un partenariat avec le laboratoire suisse Novartis pour adjoindre ses puces au Diovan, un médicament destiné à abaisser la pression artérielle ».
Allaitement : Les hormones ont une mémoireLe cerveau et le système immunitaire ne sont plus les seuls concernés par la mémoire. Pour la première fois, une forme de mémoire du système endocrinien a été mise en évidence par des chercheurs de l’Inserm et du CNRS. L’équipe de Patrice Mollard à l’Institut de génomique fonctionnelle de Montpellier vient de montrer, chez la souris, que les cellules de l’hypophyse régulant la lactation s’organisent en réseau lors d’un premier allaitement. Une organisation mise en mémoire pour être encore plus opérationnelle lors de l’allaitement d’une seconde portée.
En dehors des systèmes immunitaires et cérébraux permettant de garder en mémoire des informations à long terme, rien n’indiquait que d’autres cellules pouvaient fonctionner de façon similaire.
L'hypophyse est un organe qui comprend des populations distinctes de cellules endocrines organisées en réseaux et qui régulent une multitude de fonctions physiologiques par la sécrétion de différentes hormones.
L’équipe de Patrice Mollard à Montpellier a travaillé avec celle de Paul Le Tissier à Londres (NIMR-MRC) afin de déterminer si les réseaux de cellules endocrines possèdent des capacités de mémorisation, avec pour modèle les cellules qui sécrètent la prolactine, hormone de la lactation. La sécrétion de prolactine commande un éventail de réponses cruciales pour permettre de nourrir des souriceaux, comprenant la production de lait. La production de prolactine et donc de lait maternel chez la souris est stimulée d’une part, par un signal provenant du cerveau et d’autre part, par le phénomène de tétée.

Un réseau mis en mémoire après l’allaitement

Grâce à l'imagerie biphotonique, les chercheurs ont pu distinguer les interactions entre les cellules productrices de prolactine, avant, pendant et après une période d’allaitement.
Avant l’allaitement, ces cellules sont faiblement connectées les unes des autres.

Au moment de l’allaitement, les cellules répondent à la lactation en augmentant la communication intercellulaire coordonnée, la connectivité fonctionnelle et la production tissulaire.
L’originalité de cette découverte réside dans le fait que trois mois après le sevrage, le réseau reste en place, comme s’il avait été mis en mémoire.
« Par la suite, explique Patrice Mollard, un même stimulus (tétée) entraînera une réponse plus coordonnée et plus efficace. Le réseau sécrétera plus de prolactine et provoquera à nouveau un accroissement de la production tissulaire. »
Bien que menés sur un modèle animal, cette mémoire à long terme des cellules endocrines pourrait expliquer une mise en route plus rapide d'un allaitement chez les femmes ayant déjà allaité un précédent enfant.
Toutefois cette mise en réseau ne se produit pas si la puissance du stimulus de tétée est réduite. Chez les souris dont les portées sont souvent importantes (8 petits par portée en moyenne), si, seuls 3 petits sont mis à la tétée, le stimulus est trop faible pour déclencher cette mise en réseau.
C’est la première fois que des chercheurs mettent en évidence une forme de mémoire dans un tel système. « Il ouvre un champ des possibilités assez immense. Nous pensons que cette découverte pourrait notamment s’appliquer à d’autres systèmes endocriniens tels que celui des cellules bêta pancréatiques et les cellules endocrines du tractus gastro-intestinal », concluent les auteurs.
Source Hodson et coll. “Existence of long-lasting experience-dependent plasticity in endocrine cell networks” Nature Communications 3 janvier 2012.


Un espoir de vaccin contre l'Hépatice C
Le Figaro annonce qu’« un essai britannique montre la faisabilité d’un vaccin contre l’hépatite C, alors que l’on pensait cet objectif inatteignable étant donné que ce virus mute tout le temps : dix fois plus que celui du sida ! ».
Le journal précise que ces travaux, publiés par une équipe de l’université d’Oxford dans Science Translational Medicine, « mettent en évidence un effet biologique apparemment protecteur. Reste à démontrer qu’il est efficace dans la «vraie vie» ».
Le Dr Lawrence Serfaty, hépatologue au CHU Saint-Antoine à Paris, explique que « les gènes codant pour des protéines appartenant à la structure du virus de l’hépatite C ont été recombinés avec un adénovirus de chimpanzé inactivé pour servir de vecteur et ainsi former un vaccin injecté à 41 volontaires sains ».
La spécialiste précise qu’« il était moins intéressant d’utiliser un adénovirus humain contre lequel beaucoup de personnes ont déjà une immunité préexistante et qui aurait donc été éliminé par l’organisme. Grâce à ce subterfuge, la réaction immunitaire obtenue a été forte et surtout durable : au moins une année, sans effet secondaire majeur ».

Le Pr Christine Silvain, chef du service d’hépatogastroentérologie au CHU de Poitiers, remarque pour sa part que « dans les pays où l’on compte encore des centaines de milliers de nouveaux infectés par le virus de l’hépatite C, … la mise au point d’un tel vaccin représenterait une avancée considérable. Mais pour un pays comme le nôtre où l’on estime qu’il y a chaque année 2 500 à 3 000 nouveaux cas diagnostiqués, la portée serait plus limitée »...« c’est plutôt l’usage thérapeutique qui pourrait être fait de ce vaccin qui intéresse nos médecins. On compte environ 370 000 porteurs du virus de l’hépatite C. Or, parmi ces personnes qui contractent le virus, 20% d’entre elles arrivent à s’en débarrasser spontanément et de façon très efficace, sans doute par le biais de leurs lymphocytes tue.

Pour conclure, le Figaro souligne que « pour autant, la route avant la commercialisation d’un vaccin (si elle se concrétise) est encore longue : une dizaine d’années environ ».urs ».

L'Aspirine serait dangereux
Une étude dirigée par des chercheurs britanniques de l'Université de Londres a examiné les données portant sur 100 000 participants à neuf essais cliniques. Cette étude vient d'être publiée dans la revue spécialisée Archives of Internal Medecine.
Elle démontre que la prise d'une faible dose d'aspirine chaque jour et à long terme, pour des personnes sans maladie cardiovasculaire entraine des risques qui dépassent les bénéfices en terme de prévention d'un accident cardiaque
.
Cette même étude révéle que la prise régulière d'aspirine à faible dose entraîne un risque 30% plus élevé de saignements internes.

"L'effet bénéfique de l'aspirine dans la prévention des maladies cardiovasculaires pour des personnes ayant fait des attaques ou des AVC (accident vasculaire cérébral) est indiscutable", déclare le docteur Rao Sehasai, de l'Université de Londres-St George, engageant ces patients à poursuivre leur traitement. "Mais les bénéfices pour des personnes qui n'ont pas ces problèmes sont beaucoup plus modestes qu'on le croyait, et un traitement à l'aspirine peut entraîner potentiellement des dégâts majeurs consécutifs à des saignements".
En outre, il n'y a pas de preuve que l'aspirine réduise les décès par cancer
L'étude n'a en outre pas trouvé de preuve que l'aspirine pouvait prévenir des décès par cancers. Plusieurs études précédentes publiées dans The Lancet avaient fait état d'effets protecteurs de l'aspirine contre plusieurs cancers courants (colon, prostate, poumon). 

Un gène protecteur du cancer colorectal
L’action d’un gène qui protège des tumeurs colorectales en induisant la mort des cellules cancéreuses vient d’être mise en évidence par l’équipe de Patrick Mehlen au Centre de Recherche en Cancérologie de Lyon. Cette découverte publiée dans la revue Nature pourrait aboutir plus largement à la mise au point d'un nouveau traitement des cancers visant à réactiver la mort spontanée des cellules cancéreuses.

Cancer colorectal humain et les cellules immunitaires

L’équipe de Patrick Mehlen, directeur du Laboratoire d’Excellence DEVweCAN au Centre de Recherche en Cancérologie de Lyon (1), étudie le processus de mort cellulaire – l’apoptose - et plus particulièrement le mécanisme qui permet aux cellules de comprendre qu’elles doivent s’engager dans un processus d’autodestruction lorsqu’elles deviennent anormales.

Ce mécanisme passe par des sentinelles localisées à la surface des cellules ; elles scrutent leur environnement pour donner l’ordre de maintenir en vie une cellule ou de mener à sa destruction. L’équipe de Patrick Mehlen a nommé ces sentinelles des "récepteurs à dépendance" et s’est penchée sur ce concept appliqué à la destruction des cellules cancéreuses, des cellules qui prolifèrent de manière anarchique.
Dans cette étude, les chercheurs montrent que le gène DCC (pour Deleted Cancer Colorectal), qui code pour un "récepteur à dépendance", protège l'organisme de l’apparition de cancer en provoquant la mort des cellules devenues cancéreuses.
Les scientifiques ont utilisé un modèle de souris dans lequel le gène DCC est génétiquement modifié : la mutation de ce "récepteur à dépendance" empêche le processus normal d'apoptose et la souris développe spontanément des cancers du côlon.
"L'organisme est naturellement protégé du développement de cancers grâce à la présence de ce gène suppresseur de tumeur.

Malheureusement, certaines cellules cancéreuses échappent à ce contrôle en bloquant ce mécanisme de sentinelles. On sait ainsi que le gène DCC est éteint dans la majorité des cancers chez l'homme", explique Patrick Mehlen.

Le travail des chercheurs pourrait déboucher dans un futur proche sur un nouveau traitement ciblé visant à réactiver la mort des cellules cancéreuses pour détruire les cancers, tels que le cancer du sein, du poumon… "Notre groupe a d'ailleurs développé plusieurs candidats médicaments qui réactivent la mort cellulaire induite par DCC dans des modèles animaux et nous espérons être capable de tester ces candidats médicaments en essai clinique chez l'homme d'ici 3 ans", conclut Patrick Mehlen.

Patrick Mehlen a reçu le 15 décembre 2011 le Prix Liliane Bettencourt pour les Sciences du Vivant.
Sources Castets et coll. DCC constrains tumour progression via its dependence receptor activity
Nature. 2011 Dec 11. doi: 10.1038/nature107

Infection nosocomiale

Une infection nosocomiale est une infection contractée dans un établissement de santé. Le terme nosocomial vient du grec nosous, maladie et de komein soigner, qui forment le mot nosokomeion, hôpital. Une infection est dite nosocomiale ou hospitalière, si elle est absente lors de l'admission du patient à l'hôpital et qu'elle se développe 48 heures au moins après l'admission. Ce délai permet de distinguer une infection d'acquisition communautaire d'une infection nosocomiale. Ce critère ne doit pas être appliqué sans réflexion et il est recommandé d'apprécier, dans les cas douteux, la plausibilité du lien causal entre hospitalisation et infection. Le délai de 48h s'allonge jusqu'à 30 jours dans le cas d'infections de site opératoire, et jusqu'à un an s'il y a mise en place de matériel prothétique. Autrement dit, toute infection survenant sur une cicatrice chirurgicale dans l'année suivant l'opération, même si le patient est sorti de l'hôpital, peut être considérée comme nosocomiale.

Généralités
L'augmentation des infections nosocomiales est en partie liée aux progrès diagnostiques et thérapeutiques de la médecine : la prise en charge de patients de plus en plus fragiles, notamment atteints de déficit congénital de l'immunité ou, le plus souvent, d'un déficit acquis par l'administration de médicaments immunosuppresseurs. Il faut cependant relativiser cette affirmation d'augmentation : entre l'enquête française de prévalence de 1996 et celle de 2001, bien que la comparaison des résultats soit difficile, une diminution de 13 % de la prévalence des infections nosocomiales est observée. Les nouveau-nés, les prématurés et les personnes âgées sont particulièrement sujets aux infections nosocomiales. Les techniques invasives utilisées dans les hôpitaux pour le diagnostic, la surveillance et le traitement ouvrent souvent de nouvelles portes à l'infection : sonde urinaire à demeure, mesure de la pression veineuse centrale, perfusions de toute nature, implantation de prothèses… Les infections nosocomiales ne sont donc pas toutes évitables, même si près de la moitié de ces infections peuvent être prévenues par des moyens simples, comme le lavage des mains et une formation continue adaptée.

Modes de transmission
Il existe quatre grands modes de transmission.

L'auto-infection :
La malade s'infecte avec ses propres germes, les « portes d'entrée » sont les lésions des muqueuses, les lésions cutanées (plaies, brûlures, maladies de peau). Les germes seront ceux de la peau, des muqueuses, du tractus digestif, etc. Ce mécanisme est favorisé par différents facteurs, la dissémination des germes du patient dans son environnement (comme par exemple le lit), par l'utilisation de traitement pouvant altérer l'immunocompétence (corticostéroïdes, immunosuppresseurs…), par l'administration de traitements sélectionnant certaines bactéries (antibiothérapie à spectre large…). Enfin, les patients immunodéprimés (sida, aplasiques…) sont les personnes les plus à risque du fait du défaut de vigilance immunitaire de leur organisme, développant ainsi des pathologies strictement endogènes.

L'hétéro-infection:
Dans ce cas, le germe responsable de l'infection nosocomiale provient d'un autre malade, la transmission étant le plus souvent manuportée, par le personnel soignant intervenant auprès de plusieurs patients, disséminant ainsi les germes d'une personne à l'autre. Ces infections sont dites « croisées ». C'est le mode de contamination le plus fréquemment retrouvé lors d'épidémies. Cependant certains germes, comme celui de la tuberculose, sont transmis par voie aérienne. Il peut en outre arriver plus rarement que les germes soient transmis par contact direct entre deux patients.

La xéno-infection :
Ce mode de transmission est un peu à part, dans ce cas les agents pathogènes sont transmis par des personnes venant de l'extérieur (personnel soignant, visiteurs, sous-traitants), et présentant eux-mêmes une pathologie infectieuse, déclarée ou en cours d'incubation. Ce mode de transmission n'est cependant pas à négliger, car il peut être dévastateur pour les patients particulièrement fragiles. Ainsi, les professionnels de santé sont de plus en plus encouragés à se faire vacciner contre la grippe.

L'Exo-infection :
Ce mode de transmission inclut soit à un dysfonctionnement technique d'un matériel (filtre à air, autoclave…) destiné à la protection des patients qui, ne remplissant plus son office, les laisse en contact avec des germes qui ne devraient, en principe, pas faire l'objet d'une infection, au vu des mesures prises pour les prévenir (aspergillose, légionelle, etc.), soit à une erreur commise dans l'exécution des procédures de traitement du matériel médico-chirurgical.
Causes des infections nosocomiales[modifier]
Pour développer une infection nosocomiale, il faut que trois éléments soient réunis :
1.Un agent infectieux ;
2.un mode de transmission ;
3.un sujet réceptif.
Il existe des facteurs favorisants dont ; manque d'hygiène (éventuellement faute de salles de bain ou douches), le comportement du personnel hospitalier (qui parfois sous-estime le risque ou le comprend mal), ou encore la mobilité des patients (fréquemment transférés d'un établissement ou service à l'autre).

Agent infectieux
Les infections nosocomiales sont généralement dues à des bactéries : Commensales, c'est-à-dire des germes qui ne peuvent vivre qu'au contact de notre organisme ; ces bactéries sont souvent utiles au bon fonctionnement du corps humain, ainsi la flore bactérienne résidant dans notre tube digestif (staphylocoque doré, pseudomonas aeruginosa…) est indispensable à la digestion ; en revanche, si pour une raison ou pour une autre lors d'une intervention chirurgicale, ces germes sont déversés dans la cavité abdominale, ils deviennent dangereux, pathogènes ; saprophytes, c'est-à-dire vivant dans l'environnement de l'homme (l'eau, l'air…) et pouvant le coloniser dans certaines conditions.

Prévention
Il est estimé que 30 % des infections nosocomiales pourraient être évitées : « Au total, compte tenu des origines multiples des infections nosocomiales, Il est estimé à 70 % la proportion de celles qui ne pourraient pas être évitées par une meilleure prévention (mesures d'hygiène, locaux adaptés, etc.), notamment en raison de leur origine endogène. »
Les principales mesures pour combattre les infections nosocomiales relèvent de l'hygiène : Hygiène des mains des soignants, des patients et de leur entourage (Souvent par friction hydro-alcoolique en l'absence de cas de Clostridium ou de souillure sur les mains) ;
Dépistage à l'arrivée dans l'hôpital des patients considérés comme les plus à risques ( tranches d'âge extrêmes, patients ayant déjà subi de nombreuses hospitalisations, immunodéprimés, etc, transferts venus d'autres hôpitaux ) en particulier pour les SARM, comme pratiqué aux Pays-Bas, en Finlande et au Danemark ;
Isolement septique (en particulier dans une chambre individuelle) des malades susceptibles de propager l'infection ;
Isolement protecteur des sujets anormalement susceptibles aux infections ;
Surveillance de l'usage des antibiotiques dans l'hôpital ;
Surveillance de l'environnement par un technicien biohygiéniste (traitement d'air: au bloc opératoire, chambres de greffes;
contrôle de l'eau : eau bactériologiquement maîtrisée, eau chaude sanitaire (légionelles), eau pour soins standards, Contrôle de la désinfection des endoscopes, Contrôle de la qualité microbiologique des surfaces.
Actions préventives techniques: traitement des conduites transportant les fluides, notamment l'eau (choc thermique / choc chloré) des tours aéro-réfrigérantes et l'air (nettoyage des gaines, chauffage, climatisation);
Formation et contrôle médical périodique du personnel de l'hôpital : lavage des mains entre chaque patient (détersion avec du savon si nécessaire, et friction à la solution hydro-alcoolique), utilisation de gants stériles et de masques si nécessaire, désinfection du matériel (notamment à l'autoclave), obligation pour le personnel soignant de retirer tout bijou et ornement corporel transportant idéalement des germes même après détersion, destruction du matériel à usage unique. Constitution d'un Comité de Lutte contre les Infections Nosocomiales chargé d'élaborer un programme pour le contrôle des infections nosocomiales en association à une Équipe Opérationnelle d'Hygiène (E.O.H, UHLIN ...).
Changement régulier (3 à quatre fois par an) des anti-bactériens de surface ( et d'une manière générale de tous les produits d'entretien) pour que les bactéries ne deviennent pas résistantes aux produits.

SARM - Staphylococcus aureus résistant à la méticilline

Le Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM) ou Methicillin-resistant Staphylococcus aureus (MRSA, souvent prononcé « mersa ») est un Staphylococcus aureus (couramment appelé « Staphylocoque doré ») caractérisé par sa résistance à un antibiotique, la méticilline (ou méthicilline). Le SARM (Staphylococcus Aureus Résistant à la Méthicilline) est un staphylocoque qui a développé une résistance à plusieurs antibiotiques dont la méthicilline. Le SARM ne cause pas plus d’infections que les autres staphylocoques mais il limite le choix du traitement (antibiothérapie).
Que sont les staphylocoques?
Les staphylocoques sont des bactéries qu’on trouve habituellement sur la peau ou dans les narines des personnes. En général, les staphylocoques ne causent pas d’infections chez les gens en bonne santé. Parfois, ils peuvent causer des infections de la peau ou des infections de plaies et, plus rarement, des pneumonies ou des infections du sang. Une infection causée par un staphylocoque peut être traitée par un antibiotique.
Comment le SARM est-il détecté?
Un prélèvement (ex. : dans les narines ou dans une plaie) analysé en laboratoire permet de déterminer la présence de cette bactérie. On dit que le patient est porteur ou colonisé s’il y a présence de la bactérie sans aucun signe d’infection et infecté s’il y a présence de signes d’infection (ex. : plaie avec rougeur au pourtour, écoulement de pus).
Comment le SARM se transmet-il?
Le SARM se transmet principalement d’un patient porteur à un autre patient par les mains contaminées du personnel soignant. C’est pourquoi la meilleure protection est le lavage des mains du personnel soignant.
Le risque de transmission du SARM d’une personne porteuse à des membres de sa famille, incluant les enfants et les femmes enceintes, est très faible.
Pendant combien de temps le SARM reste-t-il présent dans les narines ou dans une plaie?
Le SARM peut rester dans les narines ou dans une plaie pendant plusieurs mois, parfois des années. Les personnes porteuses peuvent donc l’être encore au moment d’une nouvelle admission à l’hôpital.
Quelles précautions seront prises au moment d’une hospitalisation?
Il est important d’aviser le personnel soignant que la personne est porteuse de SARM lors d’une admission ou d’une consultation soit à l’hôpital, soit en centre d’hébergement (CHSLD) afin que les mesures soient prises pour empêcher la transmission de la bactérie à d’autres patients.
Vous recevez des soins à domicile?
Le personnel soignant qui donne des soins à domicile à un patient porteur de SARM doit prendre des précautions particulières afin de ne pas transmettre la bactérie à d’autres patients. L’utilisation de gants et d’une blouse peut être nécessaire dans certaines circonstances. Ces mesures seront cessées lorsque les résultats des tests de laboratoire indiqueront que le patient n’est plus porteur de la bactérie.
Quand doit-on se laver les mains en présence de SARM?
  • avant et après avoir donné des soins.
Se rappeler que, de façon générale, on doit aussi se laver les mains :
  • avant de préparer, de manipuler, de servir des aliments ou de manger;
  • après être allé aux toilettes;
  • après s’être mouché, avoir toussé ou avoir éternué;
  • après une contamination accidentelle avec du sang ou d’autres liquides biologiques;
  • lorsque les mains sont visiblement souillées.
C-Difficile

Qu’est-ce que le Clostridium difficile
Le Clostridium difficile, également appelé C. difficile, est une bactérie connue depuis longtemps. Un faible pourcentage de la population (environ 5 %) peut être porteur de cette bactérie dans l'intestin sans avoir de problème de santé, ce qui, par conséquent, ne requiert aucun traitement. En effet, elle vit en équilibre avec les autres types de bactéries normalement présentes dans l'intestin de l'être humain. Cette bactérie a la capacité de survivre dans l'environnement.
Qu'est-ce qu'une infection à C. difficile?
Après un traitement avec des antibiotiques, le nombre des bactéries dans l'intestin diminue et cela favorise la multiplication du C. difficile. La bactérie C. difficile peut se multiplier et produire une toxine responsable de la diarrhée.
Quels sont les symptômes d'une infection à C. difficile?
Les symptômes courants sont la diarrhée, la fièvre et les crampes abdominales. On retrouve parfois dans les selles du sang, du mucus ou du pus. Dès qu'on soupçonne une infection à C. difficile, une analyse des selles permet de savoir s'il s'agit de cette bactérie. Dans la majorité des cas, les patients guérissent de cette infection. Certaines personnes plus vulnérables peuvent avoir des complications comme une inflammation grave de l'intestin ou une déshydratation, complications qui peuvent mettre la vie des personnes en danger.
Qui est à risque d'avoir une infection à C. difficile?
Les personnes âgées ayant des problèmes de santé et qui sont hospitalisées sont plus à risque d'être infectées par cette bactérie lors de leur séjour à l'hôpital. La prise de certains antibiotiques est, dans une vaste majorité de cas, le facteur précipitant de l'infection. Le risque d'être infecté est très faible pour les personnes en bonne santé.
Comment le C. difficile se transmet-il?
Le C. difficile se transmet à partir des mains contaminées de la personne souffrant de diarrhée. Le personnel et les visiteurs peuvent se contaminer les mains lors de leurs contacts avec la personne malade ou en touchant à certains objets de son environnement (ex.: chasse d'eau, robinets, poignées de porte).
Peut-on traiter l'infection à C. difficile?
Oui. Pour chaque cas, le médecin doit d'abord évaluer si un traitement s'impose. Si c'est le cas, le médecin recommandera un antibiotique approprié. Il n'est pas nécessaire de faire un examen de contrôle si la diarrhée cesse avec le traitement. Si la diarrhée persiste ou recommence dans les semaines qui suivent, une consultation médicale est nécessaire.
Quelles sont les mesures prises pour prévenir la transmission à l'hôpital?
La personne infectée est placée en isolement dans une chambre privée ou partagée avec d'autres patients infectés. D'autres mesures sont mises en place, tels le port de gants et de blouses à manches longues par le personnel et les visiteurs ainsi que la désinfection quotidienne de l'environnement. Ces mesures sont maintenues au moins 72 heures après l'arrêt de la diarrhée. Une affiche placée à la porte de la chambre rappelle aux membres du personnel et aux visiteurs de se laver les mains et de respecter les mesures mises en place.
Comment éviter la transmission du C. difficile à domicile?
En présence de diarrhée causée par une infection à C. difficile, le lavage fréquent des mains de la personne malade et des membres de sa famille est le moyen le plus efficace et le plus simple pour prévenir la transmission. Certains objets et surfaces de l'environnement souvent touchés par la personne malade peuvent être contaminés. On doit procéder au nettoyage plus fréquent de la chambre et de la salle de bain en utilisant de l'eau de javel (1 partie d'eau de javel diluée dans 9 parties d'eau). Le lavage des vêtements peut se faire de façon habituelle avec un détergent commercial courant en utilisant de l'eau chaude ou tiède.
Quand doit-on se laver les mains?
  • Après être allé aux toilettes ;
  • avant et après avoir donné des soins à une personne infectée par le C. difficile ou un autre microbe ;
  • après tout contact avec l’environnement d’une personne malade ;
  • avant de préparer, de manipuler, de servir des aliments ou de manger ;
  • après s’être mouché, avoir toussé ou avoir éternué ;
  • après une contamination accidentelle avec du sang ou d’autres liquides biologiques ;
  • lorsque les mains sont visiblement souillées.
ERV

Qu’est-ce que les ERV ?
Les ERV (Entérocoques Résistants à la Vancomycine) sont des entérocoques qui ont développé une résistance à plusieurs antibiotiques dont la vancomycine. Les ERV ne causent pas plus d’infections que les autres entérocoques mais ils limitent les choix de traitement (antibiothérapie).
Que sont les entérocoques?
Les entérocoques sont des bactéries qu’on trouve habituellement dans l’intestin et les selles ou sur les parties génitales des personnes. En général, les entérocoques ne causent pas d’infections chez les gens en bonne santé. Parfois, ils peuvent causer des infections urinaires, des infections de plaies et, plus rarement, des infections du sang. Ces infections sont acquises lors d’un séjour dans un établissement de soins et peuvent être traitées par une combinaison d’antibiotiques.
Comment les ERV sont-ils détectés?
Un échantillon de selles ou un prélèvement rectal analysé en laboratoire permet de déterminer la présence de cette bactérie. On dit que le patient est porteur ou colonisé s’il y a présence de la bactérie sans aucun signe d’infection et infecté s’il y a présence de signes d’infection (ex. : symptômes urinaires, plaie avec rougeur au pourtour, écoulement de pus).
Comment les ERV se transmettent-ils?
Les ERV se transmettent d’un patient porteur à un autre patient par les mains contaminées du personnel soignant. Le personnel se contamine les mains lors des soins au patient ou en touchant à certains objets de l’environnement contaminés par le patient (ex. : toilette, poignées de porte, commutateurs de lumière). C’est pourquoi la meilleure protection est le lavage des mains par le personnel soignant et par le patient.
Le risque de transmission d’ERV d’une personne porteuse à des membres de sa famille, incluant les femmes enceintes et les enfants, est faible. L’état de porteur pour les personnes en bonne santé ne présente pas de risque particulier.
Pendant combien de temps les ERV restent-ils présents dans les selles?
Les ERV peuvent rester dans les selles pendant plusieurs semaines, parfois des mois. Les personnes porteuses peuvent donc l’être encore au moment d’une nouvelle admission à l’hôpital.
Quelles précautions seront prises au moment d’une hospitalisation?
Il est important d’aviser le personnel soignant si une personne est porteuse d’ERV lors d’une admission ou d’une consultation soit à l’hôpital, soit en centre d’hébergement (CHSLD) afin que les mesures soient prises pour empêcher la transmission de la bactérie à d’autres patients.
La personne porteuse d’ERV sera placée dans une chambre individuelle avec toilette privée et des précautions particulières seront prises (ex. : port de gants, blouse, désinfection plus fréquente de l’environnement). De plus, un échantillon de selles ou un prélèvement rectal sera fait afin de vérifier si la personne est toujours porteuse de cette bactérie.
Comment prévenir la transmission des ERV à la maison?
Le moyen le plus efficace et le plus simple est que la personne porteuse et les membres de sa famille se lavent les mains régulièrement. Les ERV ne sont pas plus dangereux que les autres bactéries retrouvées normalement chez les personnes que l’on côtoie à tous les jours.
Certains objets ou surfaces de l’environnement, souvent touchés par la personne porteuse, peuvent être contaminés. On devra donc nettoyer la chambre et la salle de bain en utilisant un désinfectant. On peut utiliser de l’eau de javel (1 partie d’eau de javel diluée dans 9 parties d’eau). Les objets et les surfaces souvent contaminés sont la toilette, la barre de soutien, la poignée de la chasse d’eau, les poignées de porte, les commutateurs de lumière, la table de chevet et le téléphone.
Les pansements souillés de sécrétions doivent être jetés dans un sac de plastique fermé. Il n’y a pas de mesure particulière à prendre pour la vaisselle et les ustensiles. Le lavage des vêtements d’une personne porteuse d’ERV peut se faire de façon habituelle avec un détergent commercial courant en utilisant de l’eau chaude ou tiède.
S’il y a une personne malade à la maison dont le système de défense est affaibli, il faut aviser le médecin ou l’infirmière avant le retour à la maison de la personne porteuse d’ERV car des mesures supplémentaires pourraient être nécessaires.
Vous recevez des soins à domicile?
Le personnel soignant qui donne des soins à domicile aux patients porteurs d’ERV doit prendre des précautions particulières afin de ne pas transmettre la bactérie à d’autres patients. L’utilisation de gants et d’une blouse peut être nécessaire dans certaines circonstances. Ces mesures seront cessées lorsque les résultats des tests de laboratoire indiqueront que le patient n’est plus porteur de la bactérie.
Quand doit-on se laver les mains en présence d’ERV?
  • après être allé aux toilettes;
  • avant et après avoir donné des soins à la personne porteuse;
  • après tout contact avec l’environnement de la personne porteuse (ex. : lit, poignées de porte, table de chevet, toilette) et en sortant de la chambre.
Se rappeler que, de façon générale, on doit aussi se laver les mains :
  • avant de préparer, de manipuler, de servir des aliments ou de manger;
  • après s’être mouché, avoir toussé ou avoir éternué;
  • après une contamination accidentelle avec du sang ou d’autres liquides biologiques;
  • lorsque les mains sont visiblement souillées.

Le Québec et les infections nosocomiales

Milieux de soins, milieux d’interactions complexes

L’hôpital est un endroit où se retrouvent quotidiennement un grand nombre de personnes pour y recevoir des soins de santé. Ces personnes peuvent être plus vulnérables aux infections ou encore, être elles-mêmes porteuses d’une infection transmissible.

Ici comme ailleurs dans le monde, l’expérience nous a appris que plusieurs procédures et interventions effectuées en milieu de soins et l’absence de certaines mesures sont susceptibles de favoriser la transmission des infections. Les façons de faire peuvent entraîner des niveaux d’infections plus élevés que ceux qui seraient attendus. C’est pourquoi autant les modes d’intervention et les procédures que la survenue d’infections nosocomiales, c’est-à-dire les infections acquises dans les milieux de soins, doivent faire l’objet d’une surveillance constante.

Certaines bactéries, à l’origine d’infections nosocomiales, font actuellement l’objet d’une préoccupation particulière. Ce sont :
  • le C. difficile (Clostridium difficile)
  • les ERV (Entérocoques Résistants à la Vancomycine)
  • le SARM (Staphylococcus Aureus Résistant à la Méthicilline)
Un service de santé constitue un milieu d’interactions complexes entre le patient, les interventions qu’il subit et l’environnement hospitalier. La condition physique et la flore microbienne du patient, le traitement administré et l’instrumentation utilisée pour les soins sont tous des facteurs ayant une incidence sur le risque d’acquisition et de transmission d’une infection.
Bien qu’il s’agisse d’un phénomène inéluctable, les connaissances actuelles ne permettant pas d’entrevoir son éradication, la saine gestion de ce risque dans une perspective de qualité des soins doit être visée.
Des mesures de prévention et de contrôle efficaces
Dans les établissements de santé québécois, on évalue qu’entre 80 000 et 90 000 personnes sont atteintes d’une infection nosocomiale, ce qui correspond à 10 % des admissions. Plusieurs études ont démontré qu’il est possible de réduire de près du tiers le nombre de nouveaux cas, en mettant en place un programme bien structuré. D’ailleurs, on a déjà pu constater chez nous les retombées positives des mesures adoptées depuis 2004 afin de répondre à l’augmentation des infections à Clostridium difficile.
La prévention et le contrôle des infections nosocomiales ne sont pas des préoccupations nouvelles au Québec. Depuis plusieurs années, des professionnels de la santé, notamment des microbiologistes infectiologues et des infirmières en prévention et contrôle des infections, consacrent temps et énergie à cette activité dans les établissements du réseau de la santé, là où commence la lutte contre ces infections, là où se trouve la responsabilité première de prévention et de contrôle de ces infections.
Dans la foulée des mesures adoptées depuis 2004, le Québec se situe déjà à l’avant-garde en matière de prévention et de contrôle des infections nosocomiales. Avec l’élaboration du Plan d’action sur la prévention et le contrôle des infections nosocomiales 2006-2009, Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre. le ministère de la Santé et des Services sociaux a franchi une autre étape importante relativement à l’encadrement et à la prise en charge de cette problématique en vue d’améliorer de façon bien concrète la qualité et la sécurité des soins offerts.

Soins des plaies

BUT

  • Prévient l’infection
  • Protège la plaie des traumatismes
  • Aide à la cicatrisation
  • Confort du patient

MATÉRIEL

  • gants à usage unique
  • gants stériles ou pinces stériles
  • compresses stériles
  • antiseptiques moussants et dermiques
  • sérum physiologique
  • ruban adhésif (Hypafix)
  • poubelle
  • antalgiques si besoin
  • champ stérile ou plateau pré conditionné

TECHNIQUE

  • Prévenir le malade
  • Se laver les mains
  • Mettre des gants à usage unique pour enlever le pansement souillé et le mettre à la poubelle
  • Se relaver les mains
  • Préparer le matériel (pour les pinces : ouvrir le plateau et sortir les pinces sans les déstériliser ; pour les gants stériles, sortir un champ stérile ou utiliser l’emballage des gants, préparer tout le matériel stérile + antiseptique, mettre les gants)
  • Une fois le matériel prêt et les compresses imbibées, toujours garder un côté propre et un côté sale
  • Nettoyer la plaie au savon antiseptique en passant sur la plaie de haut en bas puis de chaque côté de la plaie et ceci de plus en plus large autour de la plaie (changer de compresses à chaque fois)
  • Rincer la plaie au sérum physiologique de façon à enlever totalement le savon
  • Sécher la plaie avec une compresse sèche en tamponnant
  • Appliquer ensuite l’antiseptique en ne passant qu’une fois de haut en bas
  • Observer la plaie
  • Déposer compresses sèches sur la plaie
  • Ôter- Nettoyer la plaie au sérum physiologique en passant sur la plaie de haut en bas puis de chaque côté de la plaie et ceci de plus en plus large autour de la plaie (changer de compresses à chaque fois); les gants stériles ou poser les pinces
  • Fixer le ruban adhésif
  • Se laver les mains
  • Ranger le matériel
  • Transmissions
Quel pansement pour quelle plaie ?
Un pansement est un dispositif permettant de recouvrir une plaie située sur la peau.
Le pansement a plusieurs buts fondamentaux:
  • protéger la plaie (contre une infection, une irritation),
  • permettre une meilleure cicatrisation en conservant l'humidité de la plaie,
  • faire cesser un saignement minime en comprimant les petits vaisseaux,
  • rapprocher les berges d'une plaie (pour raccourcir la durée de cicatrisation et limiter les séquelles esthétiques).
La cicatrisation est l’histoire naturelle d’une plaie, d’une nécrose ou d’une brûlure aboutissant à une cicatrice séquellaire, plus ou moins visible. La cicatrisation est définie par la chronologie successive des événements locaux qui vont conduire à la reconstitution intégrale du tissu lésé. Hors intervention chirurgicale et hors cicatrisation de première intention les berges de la plaie correctement affrontées subissent une ré-épithélialisation menant à la continuité de l’épiderme vers le 10e jour. Cette cicatrisation se déroule en trois phases, la détersion, le bourgeonnement, l’épidermisation.

Comment réaliser son pansement ?

La réalisation personnelle d’un pansement est facilement accessible mais elle nécessite un apprentissage et le respect de consignes et c’est le but de cette rubrique explicative.
Un pansement est un acte para-médical qui doit être effectué dans des conditions normées. C’est un soin propre mais non stérile. Au moindre doute (aspect de la plaie à l’ouverture du pansement en place, qualité de la mise en œuvre, douleur, rougeur etc…) le patient doit consulter formellement son médecin traitant ou son chirurgien s’il s’agit d’un pansement post-opératoire. Une plaie peut parfois évoluer vers une infection ou une surinfection locale ou vers une cicatrisation atone malgré les pansements prolongés. C’est alors au chirurgien de prendre la décision d’un geste chirurgical de reprise ou de mise à plat d’un sepsis.

Les conditions à respecter lors de la réalisation du pansement sont les suivantes :

  • se laver les mains et les décontaminer avec un antiseptique liquide ou en gel ,
  • préserver la stérilité du dispositif utilisé avant de l’appliquer sur la zone à traiter en évitant le contact direct,
  • nettoyer, désinfecter, rincer et sécher la surface à traiter avant d’appliquer le dispositif
  • respecter les consignes écrites du fabriquant et du médecin traitant sur le type du pansement et la fréquence du changement du pansement.
  • Le pansement doit être propre : il doit être changé régulièrement, en règle générale tous les deux jours ou tous les jours pour une plaie simple ou pour la cicatrisation dirigée d’une plaie propre et bourgeonnante ; tous les jours pour une plaie exsudative, saignante ou sale ; plusieurs fois par jour éventuellement pour une plaie infectée.
  • Le pansement doit être indolore : les gestes doivent être doux et patients ; il faut humidifier préalablement le pansement sec et cartonné, il faut utiliser des pansements adaptés et non adhérents : c’est l’intérêt des nouveaux types de pansement colloïdaux. Il faut encadrer le geste du changement de pansement par la prise d’antalgiques en particulier pour le premier pansement.
  • Le lavage de la plaie représente le temps fondamental : le pansement doit être ôté en sectionnant précautionneusement les dispositifs adhésifs jusqu’aux compresses collées sur la plaie à traiter. Ces compresses adhérentes sont décollées en passant la main sous l’eau du robinet ou par du sérum physiologique. La main est ensuite elle-même lavée sous l’eau tiède avec un peu de savon liquide ou d’antiseptique liquide. La peau adjacente doit être très propre ; les croûtes, caillots, ou souillures sanguines résiduelles ainsi que les peaux mortes doivent être ôtées. Les tissus fibrineux atones doivent être brossés et éventuellement excisés jusqu’à retrouver un tissu sain et rose. Les croûtes doivent être ôtées sans traumatisme par des produits gras de type Vaseline qui permettent d’assouplir et de faite tomber la croûte sans léser le tissu bourgeonnant sous-jacent.
  • Le pansement doit être « le plus petit possible » c’est la règle des 4P de Raymond Vilain : le pansement ne doit pas gêner la mobilité des articulations de voisinage ; la commissure entre chaque doigt et les articulations doivent être libres. « Ne pas aveugler les pulpes » pour garder une des fonctions fondamentales du doigt : toucher et sentir.
  • Le pansement ne doit pas empêcher la main de bouger : la main doit bouger, elle ne doit pas être immobilisée par une écharpe ou une épaulière. Le patient doit lutter contre l’œdème en surélevant sa main au-dessus du plan du cœur et en fléchissant et en allongeant les doigts pour éviter la stase veineuse préjudiciable.

Les différents types de pansements :

La plupart des pansements sont conditionnés stérilement ; ils doivent donc être manipulés en respectant les règles définies ci-dessus.
  • Le pansement « sec » : le plus commun dans la vie quotidienne ; il se présente sous la forme d'une fine compresse stérile maintenue sur la plaie par un adhésif périphérique. C’est un pansement destiné à une plaie propre, non inflammatoire. Il faut choisir une taille adaptée et éventuellement la recouper.
  • Le pansement « étanche » : un film adhésif semi perméable permet de laisser passer l'air et la vapeur d'eau. Il est très souple et peut être utilisé au niveau d'une articulation sans risquer de se décoller. C’est un pansement destiné à une plaie propre, non inflammatoire presque cicatrisée.
  • Le pansement « humide » : il est formé de compresses humides épaisses maintenues par des bandes. C’est un pansement destiné à une plaie suintante ; les compresses vont absorber les secrétions par capillarité, limitant ainsi le risque de collection ou d’hématome qui peuvent eux-mêmes être source d’infection secondaire. Le pansement Bétadiné* associe les avantages du pansement humide et l’usage d’un antiseptique local.( Il peut être utilisé dans les premiers jours de début d’un panaris par ex.)
  • Le pansement « tulle » :
    • Le pansement « tulle gras » est le pansement historique destiné aux pertes de substances cutanées dont il assure la cicatrisation. Cependant, contenant du baume du Pérou, il est potentiellement allergisant et reste douloureux à l’ablation du fait de son adhérence. On préfère donc utiliser un tulle comprenant une émulsion de paraffine ne séchant pas, autorisant donc un bon assouplissement cutané type Jelonet* ou les nouveaux tulles « interface ».
    • Le pansement « interface » : il est constitué d’une trame polyester à mailles serrées qui autorise un retrait indolore et une cicatrisation en milieu humide. Ce dernier peut être associé à une couche de gel hydro-colloïdes permettant une meilleure hydratation de la plaie et une cicatrisation favorisée. Le choix d'un type de pansements dépend du caractère plus ou moins exsudatif de la plaie (produisant plus ou moins d'eau) et de son degré d'humidité.
      • Un colloïde est une substance sous forme de liquide ou de gel qui contient en suspension des particules solides suffisamment petites pour que le mélange soit homogène. Il ne diffuse pas à travers les membranes hémi-perméables, et dans un fluide, il forme une dispersion homogène de particules dont les dimensions vont de 2 à 200 nanomètres. Les gels forment un réseau de molécules géantes ou micelles. Les métaux, comme l'argent (Collargol) peuvent se présenter sous forme de solution colloïdale, bien qu'il s'agisse plutôt de micro-suspension ou être intégrés dans le colloïde.
      • Les alginates sont des polysaccharides obtenus à partir d'une famille d'algues: les laminaires. Ils peuvent former des gels durs et thermostables utilisés comme additifs alimentaires (E400 à E405) permettant la reconstruction des aliments (jambon, cordons bleus, le poisson pané....). La molécule d'Alginate de Calcium, sous forme de compresse, est utilisée pour ses fortes capacités d'absorption des exsudats de la plaie et de détension des tissus fibrineux.
      • Le gel peut être imprégné éventuellement d’un produit médicamenteux : antiseptiques, corticoïdes pour limiter les bourgeonnements trop importants.
      • Les pansements hydrocellulaires. Ces nouveaux pansements, constitués d'une mousse alvéolaire, sont dotés de très fortes capacités d'absorption des serosites de la plaie lorsque celle-ci est très exsudative.
        Complexée à une inteface hydro-colloïde au contact de la plaie, les pansements sont totalement conformables et atraumatiques lors du retrait.
  • Les autres types de pansements :
    • Pansement « siliconé » : c’est un pansement adhésif et sans résidus qui a un intérêt dans la prévention des cicatrices hypertrophiques ; Il ne peut être utilisé que sur une plaie cicatrisée et parfaitement propre.
    • Pansement « alcoolisé » : c’est un pansement qui ne se met pas sur une cicatrice. Il est indiqué pour son effet anti-inflammatoire loco-régional après une contusion. Il est réalisé en imbibant des compresses d’alcool 70° coupé par du sérum physiologique. Ce pansement ne doit pas être maintenu trop longtemps en place pour éviter les lésions cutanées et il ne faut pas oublier que l’alcool est un produit inflammable…
    • Les compresses comportant un anti-inflammatoire non stéroïdiens, comme le Flector Tissugel sont indiquées pour leur effet anti-inflammatoire locorégional après une contusion.

Quel pansement pour quelle type de plaie ?

En pratique cela réclame l’expérience d’un bon clinicien ; en dehors des « égratignures » et des plaies simples non infectées, le choix du type de pansement adéquat suppose une analyse préalable du type de plaie a traiter. L’ utilisation en particulier des nouveaux types de pansements spécifiques ne doit pas être faite au hasard ; elle réclame des conseils et en pratique une ordonnance détaillée pour l’achat des produits d’une part mais surtout pour leur mise en place.
Voici quelques exemples de réalisation courante d’un pansement pour une plaie typique utilisant les nouveaux types de pansements spécifiques.
  • Pansement simple
  • Pansement pour plaie exsudative
  • Pansement pour plaie infectée
  • Pansement Siliconé sur cicatrice épaisse
Effets indésirables des pansements
  • Le patient peut être allergique à l'un des composants du pansement : film plastique, gel, adhésif.
  • un pansement trop adhésif ou desséché peut être douloureux à l'ablation.
  • un pansement non transparent peut gêner l'inspection de la plaie.
  • un pansement trop occlusif entraîne des risques de macération, ce qui favorise les infections.

Après le pansement…quand la plaie est guérie, il reste la cicatrice :

Lorsque la plaie est cicatrisée, les éventuels fils de sutures sont ôtés vers le 15e jour. Un pansement sec ou étanche peut être laissé en place 24 ou 48heures puis plus RIEN. Un pansement n’est pas une protection et il faut libérer les zones blessées en particulier si elles sont mobiles de toute contrainte afin de récupérer la motricité et la sensibilité.
La cicatrice va évoluer dans les 6 mois qui suivent. Il faut surveiller l’apparition d’une rétraction ou d’une cicatrice hypertrophique ou chéloïde qui pourront être traitées. Il faut masser la cicatrice quotidiennement et conserver une hydratation suffisante en particulier en période hivernale ; l’usage de pommade hydratante banale est conseillé (Biafine®, Nivea main®, Neutrogéna®, Biomain® etc…). Pendant la première année l’exposition de la cicatrice est déconseillée et une protection locale ou par une crème écran totale (indice sup. à 50) est utile.
Aucun pansement de la main n’est identique et il faut choisir le type approprié. Au fur et à mesure le type de pansement et les produits utilisés peuvent être modifiés s’il s’agit d’une cicatrisation dirigée. Il s’agit donc d’un acte thérapeutique qui peut être délégué mais qui doit alors être expliqué et même enseigné pour respecter les consignes d’hygiène et la chronologie de la réalisation du soin.

L'ablation d'agrafes
Définition
L’ablation d'agrafes consiste à enlever le système de réparation cutané sur une plaie presque ou totalement cicatrisée.
Indications
  • Plaie cicatrisée (selon la prescription médicale ou un protocole de soin).
  • Plaie sous tension : permettre l’écoulement d’une collection de pus ou un hématome.

Matériel
  • Pince de Michel stérile.
  • Gants non stériles à usage unique.
  • Compresses stériles.
  • Pansement.
  • Produits pour l’antisepsie :
  • Respecter les mêmes gammes de produit : polyvidone iodée ouchlorexidine.
  • Savon antiseptique.
  • Sérum physiologique ou eau stérile.
  • Antiseptique dermique.
  • Protection papier absorbante à usage unique.
  • Sac à élimination des déchets papier et matériel non contaminé.
  • Sac à élimination des déchets d'activités de soins à risques infectieux.
  • Conteneur à déchets contaminés piquants et tranchants.
  • Désinfectant de surface et chiffonnette.
  • Nécessaire à l'hygiène des mains.
Réalisation du soin
  • Vérifier la prescription médicale :
  • Date d'ablation.
  • Oter intégralement les agrafes ou desserrer les agrafes.
  • Prévenir le patient du soin, lui expliquer le processus, le prévenir que c’est un acte non douloureux mais qu’il peut ressentir un léger tiraillement ou picotement.
  • Installer confortablement le patient.
  • Effectuer un lavage simple des mains ou effectuer un traitement hygiénique des mains par frictions avec une solution hydro-alcoolique : hygiène des mains.
  • Installer le matériel après vérification des dates de péremptions et de l'intégrité des emballages.
  • Installation sur une surface propre et désinfectée au préalable.
  • Installer les poubelles de tri des déchets au pied du lit du patient.
  • Respecter le triangle d'hygiène, de sécurité et d'ergonomie : Propre (matériel) – Patient – Sale (poubelles).
  • Ouvrir aseptiquement les paquets de compresses et les imbiber avec le savon antiseptique (mettre un peu de sérum ou eau sur le savon antiseptique afin de le diluer), le sérum physiologique, l’antiseptique dermique, laisser un paquet de compresses sèches.
  • Effectuer un lavage simple des mains ou effectuer un traitement hygiénique des mains par frictions avec une solution hydro-alcoolique : hygiène des mains.
  • Mettre les gants non stériles à usage unique.
  • Oter le pansement et le jeter dans le sac à déchets contaminés ; ôter les gants et les jeter.
  • Observer l'aspect de la cicatrice, le nombre d'agrafes, les agrafes à enlever ou à desserrer.
  • Effectuer un lavage antiseptique des mains ou effectuer un traitement hygiénique des mains par frictions avec une solution hydro-alcoolique : hygiène des mains.
  • Pratiquer une antisepsie de la peau en 4 temps :
  • Procéder toujours de façon à aller d'une zone nettoyée donc propre vers une zone moins propre : aller de l'extérieur vers l'intérieur = faire un côté, l'autre côté et terminer par la plaie.
  • Ne jamais repasser à un même endroit.
  • Utiliser une compresse par passage puis la jeter dans le sac à déchets contaminés.
  • Respecter le temps de contact de l'antiseptique.
  • Nettoyer avec le savon antiseptique.
  • Rincer avec le sérum physiologique ou l'eau stérile.
  • Sécher avec des compresses stériles sèches.
  • Appliquer l'antiseptique dermique.
  • Ouvrir la pince de Michel et la glisser sous l’agrafes. Refermer doucement la pince, ce qui fait plier l’agrafe en son milieu et relever les griffes hors de la peau.
  • Il est préférable de desserrer les agrafes avant de les ôter pour évaluer la qualité de la cicatrisation.
  • Déposer au fur et à mesure les agrafes sur une compresse sèche.
  • Pratiquer une seconde antisepsie de la peau avec l'antiseptique dermique.
  • Mettre un pansement sur la cicatrice pour éviter une infection, l'écoulement de la plaie et l'irritation avec les vêtements.
  • Eliminer les déchets contaminés et désinfecter le matériel utilisé ainsi que le plan de travail.
  • Effectuer un lavage simple des mains ou effectuer un traitement hygiénique des mains par frictions avec une solution hydro-alcoolique : hygiène des mains.
  • Transmission : aspect de la cicatrice, nombre d'agrafes enlevés ou desserrer, réaction du patient.
Risques et complications
  • Désunion de la plaie lors de l’ablation du fils.
  • Hémorragie.
  • Infection.
  • Défaut ou retard de cicatrisation.
Surveillances et évaluations
  • Evolution de la cicatrice : fermeture des berges, inflammation, couleur des téguments.
  • Courbe de température.
Conseils au patient
  • Ne pas exposer la cicatrice au soleil pendant une durée de 1 an pour éviter une cicatrice visible par la suite.
  • Ne pas immerger la cicatrise durant 1 semaine (douche autorisée).
  • Ne pas porter d'objet lourds, ne pas faire de gestes dangereux : risque de désunion de la cicatrice.

Médicaments de A à Z

Cette rubrique a pour but de vous donner quelques éclaircissements sur les médicaments les plus couramment prescrits. Nous avons choisi la dénomination en DCI, c'est-à-dire la Dénomination Commune Internationale. Les noms de médicaments changeants selon les pays et selon le laboratoire qui les fabriquent il nous a paru plus utile de faire appel au nom du principe actif. Vous retrouverez sous cette DCI le nom des équivalents thérapeutiques les plus fréquemment utilisés en France. Les médicaments dans ce dossier sont classés selon leur classe thérapeutique, par exemple les antibiotiques se trouvent dans la catégorie anti-infectieux en compagnie des antiviraux, des antimycotiques et des vaccins.
La liste proposée est loin d'être exhaustive. Pour retrouver l'information souhaitée, reportez-vous à la DCI de votre traitement, en général elle se situe en petit caractères sous le nom de la marque du laboratoire et reportez vous à sa classe thérapeutique. Par exemple le DOLIPRANE R est du paracétamol et se trouve dans la catégorie antalgique-antipyrétique.
Médicaments de A à ZRien ne peut remplacer une consultation médicale, cette rubrique n'a pour but que de vous donner un complément d'information, si un doute persiste votre médecin traitant reste l'interlocuteur incontournable.

Nouvelles médicales

Des avancées récentes dans la recherche ravive l'espoir de vaincre Alzheimer

Plusieurs avancées récentes dans la recherche sur Alzheimer dont celle jeudi d'un anti-cancéreux qui restaure les fonctions cérébrales de souris atteintes de la maladie, font grandir l'espoir de traitements pour vaincre cette dégénérescence cérébrale aujourd'hui incurable.

La dernière percée en date, publiée dans la revue américaine Science du 10 février, révèle que le bexarotène, un médicament utilisé contre une forme rare de cancer, fait disparaître rapidement chez ces souris jusqu'à 75% des plaques de bêta-amyloïde, forme de protéine dont l'accumulation dans le cerveau est une des principales caractéristiques pathologiques d'Alzheimer.

Cette avancée est sans précédent, selon Paige Cramer, chercheur à la faculté de médecine Case Western à Cleveland (Ohio, Nord) qui a contribué à ces travaux.

Jusqu'alors le meilleur traitement existant chez des souris de laboratoire prenait plusieurs mois pour éliminer les plaques amyloïdes, dit-il.

Notre prochain objectif est de s'assurer que ce traitement agit de la même manière chez les humains, insiste le Dr Gary Landreth, professeur de neurosciences dans cette même faculté, principal auteur de l'étude.

En agissant sur un gène dit ApoE, le bexarotène semblent reprogrammer les cellules immunitaires du cerveau pour qu'elles puissent de nouveau dévorer les dépôts amyloïdes qui s'accumulent.

Le 2 février, des chercheurs de l'Université Columbia à New York avaient annoncé la découverte qu'Alzheimer sur des souris, se propageait comme une infection, d'une zone à l'autre du cerveau, le long des branchements entre les cellules cérébrales.

Cette propagation est le fait d'une variante anormale d'une protéine, appelée tau, dont l'agrégation sous forme de filaments étouffe progressivement l'ensemble des cellules nerveuses ou neurones.

Cette découverte laisse penser que bloquer suffisamment tôt ce processus qui intervient au début d'Alzheimer, empêcherait le développement de la maladie en empêchant l'accumulation de dépôts amyloïdes.

Fin janvier, une équipe française de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale avait publié une recherche montrant que le cerveau de la plupart des malades d'Alzheimer souffre d'importantes carences d'une protéine (FKBP52). Cette observation pourrait déboucher sur un traitement, selon ces chercheurs.

Les dernières avancées en laboratoire permettent d'être plus optimiste pour venir à bout d'Alzheimer avait jugé mardi devant la presse le Dr Francis Collins, directeur des Instituts nationaux américains de la santé (NIH).

Il avait alors cité l'étude sur la protéine tau financée par les NIH, notant la grande difficulté (jusqu'à présent) à transformer ces avancées en stratégies efficaces de traitement et de prévention.

Même optimisme prudent du côté du Dr Scott Turner, neurologue spécialiste de la mémoire de l'Université Georgetown à Washington, interrogé sur l'étude publiée dans Science à laquelle il n'a pas participé.

Ceci paraît très emballant, a-t-il dit, ajoutant aussitôt qu'il s'agissait de souris. Il y a beaucoup de choses qui marchent avec ces animaux mais quand on essaye avec des humains ça échoue.

George Vradenburgh, président USAgainstAlzheimer, fondation privée en pointe contre Alzheimer, se dit réservé mais également optimiste par ce qu'il entend dans le milieu de la recherche.

Je suis prudent mais également encouragé par les scientifiques aux Etats-Unis et en Europe qui me disent que nous avançons aujourd'hui beaucoup plus vite qu'il y a cinq ou dix ans sur Alzheimer, a-t-il déclaré à l'AFP.

Il a aussi estimé que les Etats-Unis devraient consacrer deux milliards de dollars par an à la lutte contre Alzheimer, soit 4,4 fois plus que le budget actuel.

Alzheimer affecte 36 millions de personnes dans le monde dont 5,5 millions d'Américains.
Dons d'organes et greffes pulmonaires : sur la bonne voie
chirurgienAu cours de la dernière décennie, le nombre de transplantations pulmonaires et le taux de survie qui en est résulté ont augmenté. Voilà l'une des conclusions tirées du rapport publié par l'ICIS (Institut canadien d'information sur la santé) en décembre dernier.

Transplantations pulmonaires à la hausse au Canada

Entre 1997 et 2006, un total de 1 222 transplantations pulmonaires ont été pratiquées au Canada. En 1997, on avait procédé à 93 transplantations pulmonaires; en 2006, ce nombre était passé à 171. Il s'agit d'un taux d'augmentation de 84 %. En outre, sur ces 171 transplantations, 128 étaient des transplantations doubles.

Par comparaison, l'ensemble des transplantations au Canada a connu une hausse de 29 % au cours des dix dernières années. Fait étrange, selon Québec Transplant, pour la même période, au Québec, le nombre de donneurs est resté stable, malgré la réduction du nombre de décès neurologiques grâce aux traitements de pointe en traumatologie et au succès des campagnes de sensibilisation à la sécurité routière.

Don d'organes : un sommet historique au Québec
Au Québec, en 2008, 513 organes provenant de 15 donneurs décédés ont été prélevés et transplantés chez 453 receveurs; il s'agit d'un record historique, selon Québec Transplant, avec un taux d'augmentation de 7,9 % du nombre de donneurs et de 9,4 % du nombre d'organes disponibles, par rapport à l'année 2007.

Cependant, malgré l'augmentation de l'offre, la demande croît à un rythme nettement plus rapide : au 31 décembre 2008, la liste d'attente unique de dons d'organes, gérée par Québec Transplant, comptait 1 159 patients.

De meilleures chances de survie
Le don d'organes et les avancées dans divers domaines de la médecine, notamment, ont permis d'augmenter la longévité des personnes atteintes de fibrose kystique et des personnes greffées en général. Les immunosuppresseurs et les techniques de préservation des organes et de transplantation sont de plus en plus efficaces.

En outre, grâce aux campagnes de sensibilisation au don d'organes, la population est mieux informée et plus sensible à l'espoir que représente le don d'organes pour les personnes en attente d'une greffe.

Enfin, les procédures de prise en charge des donneurs et des receveurs sont plus claires et plus efficaces. Les différents intervenants collaborent désormais plus facilement grâce aux registres provinciaux et national pour le don et la transplantation d'organes.

Avec les progrès de la médecine, la greffe est devenue une forme de traitement de nombreuses maladies qui étaient jusqu'ici considérées comme incurables et qui laissaient peu d'espoir aux personnes atteintes et à leur entourage. La technologie et les techniques ne cessent de s'améliorer; la médecine avance à pas de géant. Il reste à déterminer si l'offre saura un jour répondre à la demande toujours croissante...

Le saviez-vous?
La première transplantation pulmonaire réussie a été réalisée au Canada en 1983, et a été suivie de la première transplantation pulmonaire double en 1986. Au Québec, un seul médecin réalise les transplantations pulmonaires : le Dr Pasquale Ferraro, affilié au CHUM. En Ontario, l'Hôpital général de Toronto a récemment annoncé et testé une méthode novatrice de conservation des organes prélevés qui permet aux médecins de réparer les organes abîmés et offre une durée de survie variant entre 12 et 18 heures plutôt que les 5 à 8 heures que permet la méthode actuelle de conservation des organes.

Et si on laissait monter la température chez les enfants

S'il est un sujet dans le milieu médical qui , ces dernières années , refait surface sous forme de polémique, le traitement de la fièvre de l'enfant en fait partie.
Wikipédia

Des études aux résultats catastrophiques réalisées par des neuropédiatres jusqu'à la fin des années 80 avaient changé les comportements des médecins comme des parents pour la prise en charge de la fièvre.

Elle était responsable de tout les maux. Les "convulsions fébriles" parfois mortelles ou responsables de lourdes séquelles.

Une fois n'est pas coutume (en fait si... en médecine, c'est souvent le cas, c'est d'abord oui, puis non, puis oui, puis non, puis "peut-être" pour finir par un "on sait pas trop"), toutes ces jolies théories sont remises en question.

Patatrac.

Il n'y a pas moins de convulsions d'enfants chez qui on traite la température que chez les autres. Quelques études ont même montré que l'utilisation des antipyrétiques n'évitaient en rien la récidive des convulsions.

On pensait aussi que la fièvre était responsable de "troubles du comportement" (appétit, soif, diminution des capacités intellectuelles...) Eh bien non... ce n'est pas la fièvre qui en est responsable mais la présence dans le sang de certains "médiateurs chimiques". L'injection de ces médiateurs entraînant les mêmes "troubles"... mais sans fièvre.

Pire encore, l'absence de fièvre dans certaines infections (ou une lutte trop intensive contre elle en utilisant les médicaments qui la font tomber) aggrave le pronostic de la maladie.

La température ne serait donc qu'un signal d'alarme sur la présence d'une maladie active, comme un voyant d'un tableau de bord de voiture.

On a appris récemment qu'il était dorénavant déconseillé de donner systématiquement du paracétamol lorsqu'on vaccine les enfants .. ça diminuerait les défenses immunitaires.

On en apprend tout les jours, on se contredit tout les jours...

L'abus de sucre serait aussi toxique que l'alcool

Dans la revue Nature reprise par Les Echos, trois scientifiques américains déclarent que "manger trop de sucre est aussi toxique pour la santé que l'abus d'alcool," ils sont "partisans de la mise en place de mesures de restrictions équivalentes à celles qui frappent l'alcool et le tabac".


Extraits de l'article :


« pour en réduire la consommation, ils proposent de taxer les boissons et aliments comportant des sucres ajoutés, en particulier du fructose ».
« ces mesures pourraient aller jusqu'à restreindre la vente des produits trop sucrés en dehors des horaires scolaires, voire à interdire la vente de boissons sucrées aux mineurs de moins de 17 ans, avancent Robert Lustig, Laura Schmidt et Claire Brindis ».
« les maladies non transmissibles, comme les maladies cardiaques, le diabète ou les cancers, contribuent à la mort de 35 millions de personnes chaque année dans le monde, soit davantage que les maladies infectieuses, soulignent [les auteurs] en pointant le rôle du sucre dans la progression de ces pathologies ».
« Les effets de la consommation excessive de sucre peuvent être similaires à ceux d'un abus d'alcool. L'apport massif de sucres favorise ainsi l'hypertension, le diabète, et le risque cardiaque ainsi qu'une surcharge en graisses du foie », continue le journal.
« ces méfaits touchent jusqu'à 40% des gens de poids normal et épargnent 20% des obèses. La consommation de sucre dans le monde a triplé ces 50 dernières années ».
« Parmi leurs autres suggestions : contrôler le nombre de fast-foods dans les quartiers pauvres et inciter à l'installation de magasins de primeurs et de marchés de produits frais », ajoute le quotidien.

Le Monde détaille aussi cet article de la revue Nature, en reprenant que « trop de sucre nuit gravement à la santé », « la planète compte à présent 30% de plus de personnes obèses que d’individus sous-alimentés ».


La nicotine a des bienfaits ... En Patch ! .

Dans un article que nous résumons brièvement, Le journal
L’Express précise « administrer de la nicotine sous forme de patch à des personnes atteintes d'une sénilité légère améliore leurs performances cognitives, selon une étude américaine publiée dans la revue Neurology ».
« L’étude a été menée auprès de 74 patients âgés non fumeurs. Ceux qui ont porté le patch nicotiné pendant six mois ont vu leur temps de réaction, leur attention et leur vitesse psychomotrice s'améliorer » souligne L'Express.

Boire de l'eau diminue le diabète.

De l’eau contre le diabète ! Telle pourrait être la devise des chercheurs des unités Inserm 695 et 872 de Paris qui ont scruté la cohorte DESIR (3 615 sujets pendant 9 ans) et montré que les petits buveurs d’eau (moins d’1/2 litre quotidien) avaient un risque 29 % plus élevé de développer une hyperglycémie par rapport à ceux qui en buvaient plus d’un demi-litre. Le résultat a été obtenu quelque soit le niveaud’activité physique,professionnelle,de loisirs et après avoir exclu l’influence possible des facteurs classiques de prédiction de l’hyperglycémie tels que le sexe, l’âge, les antécédents familiaux de diabète ainsi que les quantités d’alcool ou de boissons sucrées consommées.
Des études expérimentales en cours devraient élucider les mécanismes qui lient l’état d’hydratation au métabolisme du glucose, défaillant en cas de diabète.


Les troubles du sommeil et le diabète ?
Une équipe franco-britannique (CNRS/Institut Pasteur de Lille/ EGID) a montré que les troubles du sommeil multiplieraient par 7 le risque de développer un diabète de type 2.
Avec 7 600 sujets diabétiques ou présentant une glycémie normale, testés, les chercheurs ont séquencé le gène MT2, qui code pour le récepteur de la mélatonine, Il y a eu 40 mutations observées, 14 d'entre elles rendaient ce récepteur « non fonctionnel ». « Chez les porteurs de ces mutations, le risque de développer un diabète est près de 7 fois plus élevé », « Cela pourrait déboucher sur de nouveaux traitements du diabète, à visée préventive ou curative », précisent les scientifiques.
Ces résultats démontrent l’implication directe d’un mécanisme de contrôle des rythmes biologiques dans le diabète de type 2.


Une puce comestible pour le suivi de la prise de médicaments !Selon Le Figaro « une société américaine a développé une micropuce électronique qui permet de surveiller si le patient suit bien son traitement et comment son corps y réagit. Elle devrait être en vente prochainement en Grande-Bretagne ».
Le journal précise que « la mauvaise observance des traitements est un problème que les médecins connaissent bien et qui ne leur facilite pas le travail. Le phénomène concernerait un patient sur deux dans le monde, selon l'OMS »....
« développée par Proteus Biomedical, cette toute petite puce - plus petite qu'un grain de riz - fonctionne en duo avec un patch que le patient s'applique sur la peau.
Chacun des deux éléments contient une petite quantité de magnésium et de cuivre ».
Le Figro note que « quand la puce est ingérée, elle réagit aux sucs gastriques et crée un signal électrique qui est transmis par le corps jusqu'au patch. Ce dernier enregistre l'heure et la dose de médicament prise mais aussi l'activité cardiaque, la respiration, la qualité du sommeil et la température corporelle ».
« Toutes ces données cryptées sont envoyées à un téléphone portable ou à un ordinateur pour lecture, qui pourra rappeler au patient l'heure de la prochaine prise. Le signal ne peut être détecté qu'en présence du patch, a affirmé à Nature Andrew Thompson, l'un des dirigeants de la société, en réponse aux craintes sur la confidentialité des données »
Le journal cite « ce produit s'adresse en priorité aux personnes qui suivent des traitements compliqués et/ou de longue durée, et qui sont donc susceptibles de ne pas respecter les recommandations de leur médecin » « Protheus affirme avoir testé le système lors d'essais cliniques sur des patients souffrant de tuberculose, de troubles psychiatriques, de problèmes cardiaques, d'hypertension et de diabète.
Selon le Financial Times, l'entreprise a aussi conclu un partenariat avec le laboratoire suisse Novartis pour adjoindre ses puces au Diovan, un médicament destiné à abaisser la pression artérielle ».
Allaitement : Les hormones ont une mémoireLe cerveau et le système immunitaire ne sont plus les seuls concernés par la mémoire. Pour la première fois, une forme de mémoire du système endocrinien a été mise en évidence par des chercheurs de l’Inserm et du CNRS. L’équipe de Patrice Mollard à l’Institut de génomique fonctionnelle de Montpellier vient de montrer, chez la souris, que les cellules de l’hypophyse régulant la lactation s’organisent en réseau lors d’un premier allaitement. Une organisation mise en mémoire pour être encore plus opérationnelle lors de l’allaitement d’une seconde portée.
En dehors des systèmes immunitaires et cérébraux permettant de garder en mémoire des informations à long terme, rien n’indiquait que d’autres cellules pouvaient fonctionner de façon similaire.
L'hypophyse est un organe qui comprend des populations distinctes de cellules endocrines organisées en réseaux et qui régulent une multitude de fonctions physiologiques par la sécrétion de différentes hormones.
L’équipe de Patrice Mollard à Montpellier a travaillé avec celle de Paul Le Tissier à Londres (NIMR-MRC) afin de déterminer si les réseaux de cellules endocrines possèdent des capacités de mémorisation, avec pour modèle les cellules qui sécrètent la prolactine, hormone de la lactation. La sécrétion de prolactine commande un éventail de réponses cruciales pour permettre de nourrir des souriceaux, comprenant la production de lait. La production de prolactine et donc de lait maternel chez la souris est stimulée d’une part, par un signal provenant du cerveau et d’autre part, par le phénomène de tétée.

Un réseau mis en mémoire après l’allaitement

Grâce à l'imagerie biphotonique, les chercheurs ont pu distinguer les interactions entre les cellules productrices de prolactine, avant, pendant et après une période d’allaitement.
Avant l’allaitement, ces cellules sont faiblement connectées les unes des autres.

Au moment de l’allaitement, les cellules répondent à la lactation en augmentant la communication intercellulaire coordonnée, la connectivité fonctionnelle et la production tissulaire.
L’originalité de cette découverte réside dans le fait que trois mois après le sevrage, le réseau reste en place, comme s’il avait été mis en mémoire.
« Par la suite, explique Patrice Mollard, un même stimulus (tétée) entraînera une réponse plus coordonnée et plus efficace. Le réseau sécrétera plus de prolactine et provoquera à nouveau un accroissement de la production tissulaire. »
Bien que menés sur un modèle animal, cette mémoire à long terme des cellules endocrines pourrait expliquer une mise en route plus rapide d'un allaitement chez les femmes ayant déjà allaité un précédent enfant.
Toutefois cette mise en réseau ne se produit pas si la puissance du stimulus de tétée est réduite. Chez les souris dont les portées sont souvent importantes (8 petits par portée en moyenne), si, seuls 3 petits sont mis à la tétée, le stimulus est trop faible pour déclencher cette mise en réseau.
C’est la première fois que des chercheurs mettent en évidence une forme de mémoire dans un tel système. « Il ouvre un champ des possibilités assez immense. Nous pensons que cette découverte pourrait notamment s’appliquer à d’autres systèmes endocriniens tels que celui des cellules bêta pancréatiques et les cellules endocrines du tractus gastro-intestinal », concluent les auteurs.
Source Hodson et coll. “Existence of long-lasting experience-dependent plasticity in endocrine cell networks” Nature Communications 3 janvier 2012.


Un espoir de vaccin contre l'Hépatice C
Le Figaro annonce qu’« un essai britannique montre la faisabilité d’un vaccin contre l’hépatite C, alors que l’on pensait cet objectif inatteignable étant donné que ce virus mute tout le temps : dix fois plus que celui du sida ! ».
Le journal précise que ces travaux, publiés par une équipe de l’université d’Oxford dans Science Translational Medicine, « mettent en évidence un effet biologique apparemment protecteur. Reste à démontrer qu’il est efficace dans la «vraie vie» ».
Le Dr Lawrence Serfaty, hépatologue au CHU Saint-Antoine à Paris, explique que « les gènes codant pour des protéines appartenant à la structure du virus de l’hépatite C ont été recombinés avec un adénovirus de chimpanzé inactivé pour servir de vecteur et ainsi former un vaccin injecté à 41 volontaires sains ».
La spécialiste précise qu’« il était moins intéressant d’utiliser un adénovirus humain contre lequel beaucoup de personnes ont déjà une immunité préexistante et qui aurait donc été éliminé par l’organisme. Grâce à ce subterfuge, la réaction immunitaire obtenue a été forte et surtout durable : au moins une année, sans effet secondaire majeur ».

Le Pr Christine Silvain, chef du service d’hépatogastroentérologie au CHU de Poitiers, remarque pour sa part que « dans les pays où l’on compte encore des centaines de milliers de nouveaux infectés par le virus de l’hépatite C, … la mise au point d’un tel vaccin représenterait une avancée considérable. Mais pour un pays comme le nôtre où l’on estime qu’il y a chaque année 2 500 à 3 000 nouveaux cas diagnostiqués, la portée serait plus limitée »...« c’est plutôt l’usage thérapeutique qui pourrait être fait de ce vaccin qui intéresse nos médecins. On compte environ 370 000 porteurs du virus de l’hépatite C. Or, parmi ces personnes qui contractent le virus, 20% d’entre elles arrivent à s’en débarrasser spontanément et de façon très efficace, sans doute par le biais de leurs lymphocytes tue.

Pour conclure, le Figaro souligne que « pour autant, la route avant la commercialisation d’un vaccin (si elle se concrétise) est encore longue : une dizaine d’années environ ».urs ».

L'Aspirine serait dangereux
Une étude dirigée par des chercheurs britanniques de l'Université de Londres a examiné les données portant sur 100 000 participants à neuf essais cliniques. Cette étude vient d'être publiée dans la revue spécialisée Archives of Internal Medecine.
Elle démontre que la prise d'une faible dose d'aspirine chaque jour et à long terme, pour des personnes sans maladie cardiovasculaire entraine des risques qui dépassent les bénéfices en terme de prévention d'un accident cardiaque
.
Cette même étude révéle que la prise régulière d'aspirine à faible dose entraîne un risque 30% plus élevé de saignements internes.

"L'effet bénéfique de l'aspirine dans la prévention des maladies cardiovasculaires pour des personnes ayant fait des attaques ou des AVC (accident vasculaire cérébral) est indiscutable", déclare le docteur Rao Sehasai, de l'Université de Londres-St George, engageant ces patients à poursuivre leur traitement. "Mais les bénéfices pour des personnes qui n'ont pas ces problèmes sont beaucoup plus modestes qu'on le croyait, et un traitement à l'aspirine peut entraîner potentiellement des dégâts majeurs consécutifs à des saignements".
En outre, il n'y a pas de preuve que l'aspirine réduise les décès par cancer
L'étude n'a en outre pas trouvé de preuve que l'aspirine pouvait prévenir des décès par cancers. Plusieurs études précédentes publiées dans The Lancet avaient fait état d'effets protecteurs de l'aspirine contre plusieurs cancers courants (colon, prostate, poumon). 

Un gène protecteur du cancer colorectal
L’action d’un gène qui protège des tumeurs colorectales en induisant la mort des cellules cancéreuses vient d’être mise en évidence par l’équipe de Patrick Mehlen au Centre de Recherche en Cancérologie de Lyon. Cette découverte publiée dans la revue Nature pourrait aboutir plus largement à la mise au point d'un nouveau traitement des cancers visant à réactiver la mort spontanée des cellules cancéreuses.

Cancer colorectal humain et les cellules immunitaires

L’équipe de Patrick Mehlen, directeur du Laboratoire d’Excellence DEVweCAN au Centre de Recherche en Cancérologie de Lyon (1), étudie le processus de mort cellulaire – l’apoptose - et plus particulièrement le mécanisme qui permet aux cellules de comprendre qu’elles doivent s’engager dans un processus d’autodestruction lorsqu’elles deviennent anormales.

Ce mécanisme passe par des sentinelles localisées à la surface des cellules ; elles scrutent leur environnement pour donner l’ordre de maintenir en vie une cellule ou de mener à sa destruction. L’équipe de Patrick Mehlen a nommé ces sentinelles des "récepteurs à dépendance" et s’est penchée sur ce concept appliqué à la destruction des cellules cancéreuses, des cellules qui prolifèrent de manière anarchique.
Dans cette étude, les chercheurs montrent que le gène DCC (pour Deleted Cancer Colorectal), qui code pour un "récepteur à dépendance", protège l'organisme de l’apparition de cancer en provoquant la mort des cellules devenues cancéreuses.
Les scientifiques ont utilisé un modèle de souris dans lequel le gène DCC est génétiquement modifié : la mutation de ce "récepteur à dépendance" empêche le processus normal d'apoptose et la souris développe spontanément des cancers du côlon.
"L'organisme est naturellement protégé du développement de cancers grâce à la présence de ce gène suppresseur de tumeur.

Malheureusement, certaines cellules cancéreuses échappent à ce contrôle en bloquant ce mécanisme de sentinelles. On sait ainsi que le gène DCC est éteint dans la majorité des cancers chez l'homme", explique Patrick Mehlen.

Le travail des chercheurs pourrait déboucher dans un futur proche sur un nouveau traitement ciblé visant à réactiver la mort des cellules cancéreuses pour détruire les cancers, tels que le cancer du sein, du poumon… "Notre groupe a d'ailleurs développé plusieurs candidats médicaments qui réactivent la mort cellulaire induite par DCC dans des modèles animaux et nous espérons être capable de tester ces candidats médicaments en essai clinique chez l'homme d'ici 3 ans", conclut Patrick Mehlen.

Patrick Mehlen a reçu le 15 décembre 2011 le Prix Liliane Bettencourt pour les Sciences du Vivant.
Sources Castets et coll. DCC constrains tumour progression via its dependence receptor activity
Nature. 2011 Dec 11. doi: 10.1038/nature107

Infection nosocomiale

Une infection nosocomiale est une infection contractée dans un établissement de santé. Le terme nosocomial vient du grec nosous, maladie et de komein soigner, qui forment le mot nosokomeion, hôpital. Une infection est dite nosocomiale ou hospitalière, si elle est absente lors de l'admission du patient à l'hôpital et qu'elle se développe 48 heures au moins après l'admission. Ce délai permet de distinguer une infection d'acquisition communautaire d'une infection nosocomiale. Ce critère ne doit pas être appliqué sans réflexion et il est recommandé d'apprécier, dans les cas douteux, la plausibilité du lien causal entre hospitalisation et infection. Le délai de 48h s'allonge jusqu'à 30 jours dans le cas d'infections de site opératoire, et jusqu'à un an s'il y a mise en place de matériel prothétique. Autrement dit, toute infection survenant sur une cicatrice chirurgicale dans l'année suivant l'opération, même si le patient est sorti de l'hôpital, peut être considérée comme nosocomiale.

Généralités
L'augmentation des infections nosocomiales est en partie liée aux progrès diagnostiques et thérapeutiques de la médecine : la prise en charge de patients de plus en plus fragiles, notamment atteints de déficit congénital de l'immunité ou, le plus souvent, d'un déficit acquis par l'administration de médicaments immunosuppresseurs. Il faut cependant relativiser cette affirmation d'augmentation : entre l'enquête française de prévalence de 1996 et celle de 2001, bien que la comparaison des résultats soit difficile, une diminution de 13 % de la prévalence des infections nosocomiales est observée. Les nouveau-nés, les prématurés et les personnes âgées sont particulièrement sujets aux infections nosocomiales. Les techniques invasives utilisées dans les hôpitaux pour le diagnostic, la surveillance et le traitement ouvrent souvent de nouvelles portes à l'infection : sonde urinaire à demeure, mesure de la pression veineuse centrale, perfusions de toute nature, implantation de prothèses… Les infections nosocomiales ne sont donc pas toutes évitables, même si près de la moitié de ces infections peuvent être prévenues par des moyens simples, comme le lavage des mains et une formation continue adaptée.

Modes de transmission
Il existe quatre grands modes de transmission.

L'auto-infection :
La malade s'infecte avec ses propres germes, les « portes d'entrée » sont les lésions des muqueuses, les lésions cutanées (plaies, brûlures, maladies de peau). Les germes seront ceux de la peau, des muqueuses, du tractus digestif, etc. Ce mécanisme est favorisé par différents facteurs, la dissémination des germes du patient dans son environnement (comme par exemple le lit), par l'utilisation de traitement pouvant altérer l'immunocompétence (corticostéroïdes, immunosuppresseurs…), par l'administration de traitements sélectionnant certaines bactéries (antibiothérapie à spectre large…). Enfin, les patients immunodéprimés (sida, aplasiques…) sont les personnes les plus à risque du fait du défaut de vigilance immunitaire de leur organisme, développant ainsi des pathologies strictement endogènes.

L'hétéro-infection:
Dans ce cas, le germe responsable de l'infection nosocomiale provient d'un autre malade, la transmission étant le plus souvent manuportée, par le personnel soignant intervenant auprès de plusieurs patients, disséminant ainsi les germes d'une personne à l'autre. Ces infections sont dites « croisées ». C'est le mode de contamination le plus fréquemment retrouvé lors d'épidémies. Cependant certains germes, comme celui de la tuberculose, sont transmis par voie aérienne. Il peut en outre arriver plus rarement que les germes soient transmis par contact direct entre deux patients.

La xéno-infection :
Ce mode de transmission est un peu à part, dans ce cas les agents pathogènes sont transmis par des personnes venant de l'extérieur (personnel soignant, visiteurs, sous-traitants), et présentant eux-mêmes une pathologie infectieuse, déclarée ou en cours d'incubation. Ce mode de transmission n'est cependant pas à négliger, car il peut être dévastateur pour les patients particulièrement fragiles. Ainsi, les professionnels de santé sont de plus en plus encouragés à se faire vacciner contre la grippe.

L'Exo-infection :
Ce mode de transmission inclut soit à un dysfonctionnement technique d'un matériel (filtre à air, autoclave…) destiné à la protection des patients qui, ne remplissant plus son office, les laisse en contact avec des germes qui ne devraient, en principe, pas faire l'objet d'une infection, au vu des mesures prises pour les prévenir (aspergillose, légionelle, etc.), soit à une erreur commise dans l'exécution des procédures de traitement du matériel médico-chirurgical.
Causes des infections nosocomiales[modifier]
Pour développer une infection nosocomiale, il faut que trois éléments soient réunis :
1.Un agent infectieux ;
2.un mode de transmission ;
3.un sujet réceptif.
Il existe des facteurs favorisants dont ; manque d'hygiène (éventuellement faute de salles de bain ou douches), le comportement du personnel hospitalier (qui parfois sous-estime le risque ou le comprend mal), ou encore la mobilité des patients (fréquemment transférés d'un établissement ou service à l'autre).

Agent infectieux
Les infections nosocomiales sont généralement dues à des bactéries : Commensales, c'est-à-dire des germes qui ne peuvent vivre qu'au contact de notre organisme ; ces bactéries sont souvent utiles au bon fonctionnement du corps humain, ainsi la flore bactérienne résidant dans notre tube digestif (staphylocoque doré, pseudomonas aeruginosa…) est indispensable à la digestion ; en revanche, si pour une raison ou pour une autre lors d'une intervention chirurgicale, ces germes sont déversés dans la cavité abdominale, ils deviennent dangereux, pathogènes ; saprophytes, c'est-à-dire vivant dans l'environnement de l'homme (l'eau, l'air…) et pouvant le coloniser dans certaines conditions.

Prévention
Il est estimé que 30 % des infections nosocomiales pourraient être évitées : « Au total, compte tenu des origines multiples des infections nosocomiales, Il est estimé à 70 % la proportion de celles qui ne pourraient pas être évitées par une meilleure prévention (mesures d'hygiène, locaux adaptés, etc.), notamment en raison de leur origine endogène. »
Les principales mesures pour combattre les infections nosocomiales relèvent de l'hygiène : Hygiène des mains des soignants, des patients et de leur entourage (Souvent par friction hydro-alcoolique en l'absence de cas de Clostridium ou de souillure sur les mains) ;
Dépistage à l'arrivée dans l'hôpital des patients considérés comme les plus à risques ( tranches d'âge extrêmes, patients ayant déjà subi de nombreuses hospitalisations, immunodéprimés, etc, transferts venus d'autres hôpitaux ) en particulier pour les SARM, comme pratiqué aux Pays-Bas, en Finlande et au Danemark ;
Isolement septique (en particulier dans une chambre individuelle) des malades susceptibles de propager l'infection ;
Isolement protecteur des sujets anormalement susceptibles aux infections ;
Surveillance de l'usage des antibiotiques dans l'hôpital ;
Surveillance de l'environnement par un technicien biohygiéniste (traitement d'air: au bloc opératoire, chambres de greffes;
contrôle de l'eau : eau bactériologiquement maîtrisée, eau chaude sanitaire (légionelles), eau pour soins standards, Contrôle de la désinfection des endoscopes, Contrôle de la qualité microbiologique des surfaces.
Actions préventives techniques: traitement des conduites transportant les fluides, notamment l'eau (choc thermique / choc chloré) des tours aéro-réfrigérantes et l'air (nettoyage des gaines, chauffage, climatisation);
Formation et contrôle médical périodique du personnel de l'hôpital : lavage des mains entre chaque patient (détersion avec du savon si nécessaire, et friction à la solution hydro-alcoolique), utilisation de gants stériles et de masques si nécessaire, désinfection du matériel (notamment à l'autoclave), obligation pour le personnel soignant de retirer tout bijou et ornement corporel transportant idéalement des germes même après détersion, destruction du matériel à usage unique. Constitution d'un Comité de Lutte contre les Infections Nosocomiales chargé d'élaborer un programme pour le contrôle des infections nosocomiales en association à une Équipe Opérationnelle d'Hygiène (E.O.H, UHLIN ...).
Changement régulier (3 à quatre fois par an) des anti-bactériens de surface ( et d'une manière générale de tous les produits d'entretien) pour que les bactéries ne deviennent pas résistantes aux produits.

SARM - Staphylococcus aureus résistant à la méticilline

Le Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM) ou Methicillin-resistant Staphylococcus aureus (MRSA, souvent prononcé « mersa ») est un Staphylococcus aureus (couramment appelé « Staphylocoque doré ») caractérisé par sa résistance à un antibiotique, la méticilline (ou méthicilline). Le SARM (Staphylococcus Aureus Résistant à la Méthicilline) est un staphylocoque qui a développé une résistance à plusieurs antibiotiques dont la méthicilline. Le SARM ne cause pas plus d’infections que les autres staphylocoques mais il limite le choix du traitement (antibiothérapie).
Que sont les staphylocoques?
Les staphylocoques sont des bactéries qu’on trouve habituellement sur la peau ou dans les narines des personnes. En général, les staphylocoques ne causent pas d’infections chez les gens en bonne santé. Parfois, ils peuvent causer des infections de la peau ou des infections de plaies et, plus rarement, des pneumonies ou des infections du sang. Une infection causée par un staphylocoque peut être traitée par un antibiotique.
Comment le SARM est-il détecté?
Un prélèvement (ex. : dans les narines ou dans une plaie) analysé en laboratoire permet de déterminer la présence de cette bactérie. On dit que le patient est porteur ou colonisé s’il y a présence de la bactérie sans aucun signe d’infection et infecté s’il y a présence de signes d’infection (ex. : plaie avec rougeur au pourtour, écoulement de pus).
Comment le SARM se transmet-il?
Le SARM se transmet principalement d’un patient porteur à un autre patient par les mains contaminées du personnel soignant. C’est pourquoi la meilleure protection est le lavage des mains du personnel soignant.
Le risque de transmission du SARM d’une personne porteuse à des membres de sa famille, incluant les enfants et les femmes enceintes, est très faible.
Pendant combien de temps le SARM reste-t-il présent dans les narines ou dans une plaie?
Le SARM peut rester dans les narines ou dans une plaie pendant plusieurs mois, parfois des années. Les personnes porteuses peuvent donc l’être encore au moment d’une nouvelle admission à l’hôpital.
Quelles précautions seront prises au moment d’une hospitalisation?
Il est important d’aviser le personnel soignant que la personne est porteuse de SARM lors d’une admission ou d’une consultation soit à l’hôpital, soit en centre d’hébergement (CHSLD) afin que les mesures soient prises pour empêcher la transmission de la bactérie à d’autres patients.
Vous recevez des soins à domicile?
Le personnel soignant qui donne des soins à domicile à un patient porteur de SARM doit prendre des précautions particulières afin de ne pas transmettre la bactérie à d’autres patients. L’utilisation de gants et d’une blouse peut être nécessaire dans certaines circonstances. Ces mesures seront cessées lorsque les résultats des tests de laboratoire indiqueront que le patient n’est plus porteur de la bactérie.
Quand doit-on se laver les mains en présence de SARM?
  • avant et après avoir donné des soins.
Se rappeler que, de façon générale, on doit aussi se laver les mains :
  • avant de préparer, de manipuler, de servir des aliments ou de manger;
  • après être allé aux toilettes;
  • après s’être mouché, avoir toussé ou avoir éternué;
  • après une contamination accidentelle avec du sang ou d’autres liquides biologiques;
  • lorsque les mains sont visiblement souillées.
C-Difficile

Qu’est-ce que le Clostridium difficile
Le Clostridium difficile, également appelé C. difficile, est une bactérie connue depuis longtemps. Un faible pourcentage de la population (environ 5 %) peut être porteur de cette bactérie dans l'intestin sans avoir de problème de santé, ce qui, par conséquent, ne requiert aucun traitement. En effet, elle vit en équilibre avec les autres types de bactéries normalement présentes dans l'intestin de l'être humain. Cette bactérie a la capacité de survivre dans l'environnement.
Qu'est-ce qu'une infection à C. difficile?
Après un traitement avec des antibiotiques, le nombre des bactéries dans l'intestin diminue et cela favorise la multiplication du C. difficile. La bactérie C. difficile peut se multiplier et produire une toxine responsable de la diarrhée.
Quels sont les symptômes d'une infection à C. difficile?
Les symptômes courants sont la diarrhée, la fièvre et les crampes abdominales. On retrouve parfois dans les selles du sang, du mucus ou du pus. Dès qu'on soupçonne une infection à C. difficile, une analyse des selles permet de savoir s'il s'agit de cette bactérie. Dans la majorité des cas, les patients guérissent de cette infection. Certaines personnes plus vulnérables peuvent avoir des complications comme une inflammation grave de l'intestin ou une déshydratation, complications qui peuvent mettre la vie des personnes en danger.
Qui est à risque d'avoir une infection à C. difficile?
Les personnes âgées ayant des problèmes de santé et qui sont hospitalisées sont plus à risque d'être infectées par cette bactérie lors de leur séjour à l'hôpital. La prise de certains antibiotiques est, dans une vaste majorité de cas, le facteur précipitant de l'infection. Le risque d'être infecté est très faible pour les personnes en bonne santé.
Comment le C. difficile se transmet-il?
Le C. difficile se transmet à partir des mains contaminées de la personne souffrant de diarrhée. Le personnel et les visiteurs peuvent se contaminer les mains lors de leurs contacts avec la personne malade ou en touchant à certains objets de son environnement (ex.: chasse d'eau, robinets, poignées de porte).
Peut-on traiter l'infection à C. difficile?
Oui. Pour chaque cas, le médecin doit d'abord évaluer si un traitement s'impose. Si c'est le cas, le médecin recommandera un antibiotique approprié. Il n'est pas nécessaire de faire un examen de contrôle si la diarrhée cesse avec le traitement. Si la diarrhée persiste ou recommence dans les semaines qui suivent, une consultation médicale est nécessaire.
Quelles sont les mesures prises pour prévenir la transmission à l'hôpital?
La personne infectée est placée en isolement dans une chambre privée ou partagée avec d'autres patients infectés. D'autres mesures sont mises en place, tels le port de gants et de blouses à manches longues par le personnel et les visiteurs ainsi que la désinfection quotidienne de l'environnement. Ces mesures sont maintenues au moins 72 heures après l'arrêt de la diarrhée. Une affiche placée à la porte de la chambre rappelle aux membres du personnel et aux visiteurs de se laver les mains et de respecter les mesures mises en place.
Comment éviter la transmission du C. difficile à domicile?
En présence de diarrhée causée par une infection à C. difficile, le lavage fréquent des mains de la personne malade et des membres de sa famille est le moyen le plus efficace et le plus simple pour prévenir la transmission. Certains objets et surfaces de l'environnement souvent touchés par la personne malade peuvent être contaminés. On doit procéder au nettoyage plus fréquent de la chambre et de la salle de bain en utilisant de l'eau de javel (1 partie d'eau de javel diluée dans 9 parties d'eau). Le lavage des vêtements peut se faire de façon habituelle avec un détergent commercial courant en utilisant de l'eau chaude ou tiède.
Quand doit-on se laver les mains?
  • Après être allé aux toilettes ;
  • avant et après avoir donné des soins à une personne infectée par le C. difficile ou un autre microbe ;
  • après tout contact avec l’environnement d’une personne malade ;
  • avant de préparer, de manipuler, de servir des aliments ou de manger ;
  • après s’être mouché, avoir toussé ou avoir éternué ;
  • après une contamination accidentelle avec du sang ou d’autres liquides biologiques ;
  • lorsque les mains sont visiblement souillées.
ERV

Qu’est-ce que les ERV ?
Les ERV (Entérocoques Résistants à la Vancomycine) sont des entérocoques qui ont développé une résistance à plusieurs antibiotiques dont la vancomycine. Les ERV ne causent pas plus d’infections que les autres entérocoques mais ils limitent les choix de traitement (antibiothérapie).
Que sont les entérocoques?
Les entérocoques sont des bactéries qu’on trouve habituellement dans l’intestin et les selles ou sur les parties génitales des personnes. En général, les entérocoques ne causent pas d’infections chez les gens en bonne santé. Parfois, ils peuvent causer des infections urinaires, des infections de plaies et, plus rarement, des infections du sang. Ces infections sont acquises lors d’un séjour dans un établissement de soins et peuvent être traitées par une combinaison d’antibiotiques.
Comment les ERV sont-ils détectés?
Un échantillon de selles ou un prélèvement rectal analysé en laboratoire permet de déterminer la présence de cette bactérie. On dit que le patient est porteur ou colonisé s’il y a présence de la bactérie sans aucun signe d’infection et infecté s’il y a présence de signes d’infection (ex. : symptômes urinaires, plaie avec rougeur au pourtour, écoulement de pus).
Comment les ERV se transmettent-ils?
Les ERV se transmettent d’un patient porteur à un autre patient par les mains contaminées du personnel soignant. Le personnel se contamine les mains lors des soins au patient ou en touchant à certains objets de l’environnement contaminés par le patient (ex. : toilette, poignées de porte, commutateurs de lumière). C’est pourquoi la meilleure protection est le lavage des mains par le personnel soignant et par le patient.
Le risque de transmission d’ERV d’une personne porteuse à des membres de sa famille, incluant les femmes enceintes et les enfants, est faible. L’état de porteur pour les personnes en bonne santé ne présente pas de risque particulier.
Pendant combien de temps les ERV restent-ils présents dans les selles?
Les ERV peuvent rester dans les selles pendant plusieurs semaines, parfois des mois. Les personnes porteuses peuvent donc l’être encore au moment d’une nouvelle admission à l’hôpital.
Quelles précautions seront prises au moment d’une hospitalisation?
Il est important d’aviser le personnel soignant si une personne est porteuse d’ERV lors d’une admission ou d’une consultation soit à l’hôpital, soit en centre d’hébergement (CHSLD) afin que les mesures soient prises pour empêcher la transmission de la bactérie à d’autres patients.
La personne porteuse d’ERV sera placée dans une chambre individuelle avec toilette privée et des précautions particulières seront prises (ex. : port de gants, blouse, désinfection plus fréquente de l’environnement). De plus, un échantillon de selles ou un prélèvement rectal sera fait afin de vérifier si la personne est toujours porteuse de cette bactérie.
Comment prévenir la transmission des ERV à la maison?
Le moyen le plus efficace et le plus simple est que la personne porteuse et les membres de sa famille se lavent les mains régulièrement. Les ERV ne sont pas plus dangereux que les autres bactéries retrouvées normalement chez les personnes que l’on côtoie à tous les jours.
Certains objets ou surfaces de l’environnement, souvent touchés par la personne porteuse, peuvent être contaminés. On devra donc nettoyer la chambre et la salle de bain en utilisant un désinfectant. On peut utiliser de l’eau de javel (1 partie d’eau de javel diluée dans 9 parties d’eau). Les objets et les surfaces souvent contaminés sont la toilette, la barre de soutien, la poignée de la chasse d’eau, les poignées de porte, les commutateurs de lumière, la table de chevet et le téléphone.
Les pansements souillés de sécrétions doivent être jetés dans un sac de plastique fermé. Il n’y a pas de mesure particulière à prendre pour la vaisselle et les ustensiles. Le lavage des vêtements d’une personne porteuse d’ERV peut se faire de façon habituelle avec un détergent commercial courant en utilisant de l’eau chaude ou tiède.
S’il y a une personne malade à la maison dont le système de défense est affaibli, il faut aviser le médecin ou l’infirmière avant le retour à la maison de la personne porteuse d’ERV car des mesures supplémentaires pourraient être nécessaires.
Vous recevez des soins à domicile?
Le personnel soignant qui donne des soins à domicile aux patients porteurs d’ERV doit prendre des précautions particulières afin de ne pas transmettre la bactérie à d’autres patients. L’utilisation de gants et d’une blouse peut être nécessaire dans certaines circonstances. Ces mesures seront cessées lorsque les résultats des tests de laboratoire indiqueront que le patient n’est plus porteur de la bactérie.
Quand doit-on se laver les mains en présence d’ERV?
  • après être allé aux toilettes;
  • avant et après avoir donné des soins à la personne porteuse;
  • après tout contact avec l’environnement de la personne porteuse (ex. : lit, poignées de porte, table de chevet, toilette) et en sortant de la chambre.
Se rappeler que, de façon générale, on doit aussi se laver les mains :
  • avant de préparer, de manipuler, de servir des aliments ou de manger;
  • après s’être mouché, avoir toussé ou avoir éternué;
  • après une contamination accidentelle avec du sang ou d’autres liquides biologiques;
  • lorsque les mains sont visiblement souillées.

Le Québec et les infections nosocomiales

Milieux de soins, milieux d’interactions complexes

L’hôpital est un endroit où se retrouvent quotidiennement un grand nombre de personnes pour y recevoir des soins de santé. Ces personnes peuvent être plus vulnérables aux infections ou encore, être elles-mêmes porteuses d’une infection transmissible.

Ici comme ailleurs dans le monde, l’expérience nous a appris que plusieurs procédures et interventions effectuées en milieu de soins et l’absence de certaines mesures sont susceptibles de favoriser la transmission des infections. Les façons de faire peuvent entraîner des niveaux d’infections plus élevés que ceux qui seraient attendus. C’est pourquoi autant les modes d’intervention et les procédures que la survenue d’infections nosocomiales, c’est-à-dire les infections acquises dans les milieux de soins, doivent faire l’objet d’une surveillance constante.

Certaines bactéries, à l’origine d’infections nosocomiales, font actuellement l’objet d’une préoccupation particulière. Ce sont :
  • le C. difficile (Clostridium difficile)
  • les ERV (Entérocoques Résistants à la Vancomycine)
  • le SARM (Staphylococcus Aureus Résistant à la Méthicilline)
Un service de santé constitue un milieu d’interactions complexes entre le patient, les interventions qu’il subit et l’environnement hospitalier. La condition physique et la flore microbienne du patient, le traitement administré et l’instrumentation utilisée pour les soins sont tous des facteurs ayant une incidence sur le risque d’acquisition et de transmission d’une infection.
Bien qu’il s’agisse d’un phénomène inéluctable, les connaissances actuelles ne permettant pas d’entrevoir son éradication, la saine gestion de ce risque dans une perspective de qualité des soins doit être visée.
Des mesures de prévention et de contrôle efficaces
Dans les établissements de santé québécois, on évalue qu’entre 80 000 et 90 000 personnes sont atteintes d’une infection nosocomiale, ce qui correspond à 10 % des admissions. Plusieurs études ont démontré qu’il est possible de réduire de près du tiers le nombre de nouveaux cas, en mettant en place un programme bien structuré. D’ailleurs, on a déjà pu constater chez nous les retombées positives des mesures adoptées depuis 2004 afin de répondre à l’augmentation des infections à Clostridium difficile.
La prévention et le contrôle des infections nosocomiales ne sont pas des préoccupations nouvelles au Québec. Depuis plusieurs années, des professionnels de la santé, notamment des microbiologistes infectiologues et des infirmières en prévention et contrôle des infections, consacrent temps et énergie à cette activité dans les établissements du réseau de la santé, là où commence la lutte contre ces infections, là où se trouve la responsabilité première de prévention et de contrôle de ces infections.
Dans la foulée des mesures adoptées depuis 2004, le Québec se situe déjà à l’avant-garde en matière de prévention et de contrôle des infections nosocomiales. Avec l’élaboration du Plan d’action sur la prévention et le contrôle des infections nosocomiales 2006-2009, Ce lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre. le ministère de la Santé et des Services sociaux a franchi une autre étape importante relativement à l’encadrement et à la prise en charge de cette problématique en vue d’améliorer de façon bien concrète la qualité et la sécurité des soins offerts.

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