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2 sept. 2017

Levothyrox : une patiente dépose plainte

Levothyrox : une patiente dépose plainteUne quinquagénaire a déposé plainte à Mougins (Alpes-Maritimes) contre le laboratoire Merck pour "mise en danger de la vie d'autrui" après avoir subi des problèmes de santé liés, selon elle, à la nouvelle formule du Levothyrox.
Une pétition signée par plus de 170.000 mécontents, patients ou proches, circule actuellement en France contre la nouvelle version disponible depuis mars 2017 du Levothyrox, médicament indispensable pour traiter des pathologies thyroïdiennes. Ils accusent ce nouveau produit d'engendrer divers effets secondaires (crampes, maux de tête, vertiges...). Une patiente a déposé plainte pour mise en danger de la vie d'autrui le 29 août 2017.

Les patients n'ont pas été informés du changement de formule

"J'ai déposé plainte car nous n'avons pas été informés d'un changement de formule, rien dans la notice ne l'indique", a expliqué à l'AFP Anne-Catherine Colin-Chauley, 58 ans, confirmant une information de Nice-Matin. "Il y a bien une négligence fautive du laboratoire Merck et une faute de celui qui a ordonné le changement de la molécule sans indiquer les conséquences possibles de ce changement", dénonce-t-elle dans sa plainte consultée par l'AFP.
La plaignante, qui a subi une ablation totale de la thyroïde en 2006, assure souffrir depuis mai de "vertiges, crampes, fatigue". Elle en a fait part à son mari, médecin, qui lui prescrit des examens sanguins venant confirmer ses craintes : "Ma TSH (ndlr : dosage sanguin de la thyréostimuline, une hormone stimulant la glande thyroïde) s'est effondrée, et même après avoir essayé de modifier le traitement ça ne change rien". Mme Colin-Chauley, qui est avocate, déplore : "Je me bourre de cachets pour être en forme, je ne suis vraiment pas bien". Elle envisage d'aller "en Italie ou en Espagne" pour se procurer l'ancienne formule du médicament.

Un changement d'excipients en cause

Merck assure que le changement de formule ne concerne pas le principe actif (la lévothyroxine, une hormone de substitution) mais porte sur des substances, appelées "excipients", qui lui sont associées, comme par exemple le lactose qui a été remplacé par le mannitol, très courant dans l'alimentation et d'autres médicaments.
Trois millions de patients prennent ce traitement en France pour hypothyroïdie ou après une opération pour cancer de la thyroïde. Face à la polémique, l'Agence du médicament (ANSM) a mis en place un numéro vert pour "répondre aux inquiétudes" des patients. Au total, 154.000 appels avaient été dénombrés mercredi depuis sa mise en place, avec un rythme d'appels quotidiens tombé à 2.500, indique l'agence sanitaire.

Levothyrox : des patients demandent un retour à l’ancienne formule

Depuis le changement de formulation du Levothyrox, de nombreux patients se plaignent d'effets secondaires. Une pétition en ligne demandant le retour à l'ancienne formule a dépassé les 160 000 signatures.

La composition du Levothyrox a  été modifiée en mars 2017 à la demande de l’ANSM. Le lactose, un excipient présent dans le médicament a été remplacé par du mannitol et de l’acide citrique anhydre. Depuis, des patients se plaignent d’effets secondaires : fatigue intense, perte de cheveux ou encore digestion difficile.
Le Lévothyrox remplace la thyroxine, l'une des hormones secrétées par la thyroïde, qui permet le bon fonctionnement du corps. Ce médicament est prescrit généralement en cas d’hypothyroïdie ou d’ablation de la thyroïde après un cancer.

Une association de patient demande la démission du directeur de l’ANSM

Chantal L’hoir, présidente de l’Association Française des Malades de la Thyroïde, a elle aussi ressenti le changement de composition du Levothyrox®. Quelques semaines après être passée à la nouvelle version du médicament, elle a eu l’impression que ses jambes étaient paralysées. "J’avais les cuisses raides. Je me sentais très fatiguée. C'était tellement inhabituel que j’avais peur de rouler en voiture." Ces symptômes, Chantal L'Hoir n'est pas la seule à les avoir ressentis. Face à l’ampleur que prend l’affaire, l’ANSM a ouvert un numéro vert : 0.800.97.16.53.
Dans une lettre ouverte au Président de la République, les responsables de l’association demandent un retour à l’ancienne formule et la démission du directeur de l’ANSM, Mr. Martin. Lancée fin juin sur le site mesopinions.fr, une pétition pour le retour à l'ancienne formule a recueilli plus de 166 000 signatures.
Selon le Figaro, "il est en effet possible, avec les nouveaux excipients, que les hormones soient absorbées plus rapidement par le corps, faisant ainsi courir le risque aux patients de présenter des symptômes de surdosage en hormone thyroïdienne, détectable par prise de sang. La solution pour ces patients serait de rééquilibrer leur dosage de Levothyrox."

Une affaire semblable aux Pays-Bas

Selon Barbara Demeneix, biologiste et endocrinologue au CNRS, une affaire semblable a eu lieu aux Pays-Bas. "Il s’agit d’un problème similaire mais qui a eu des conséquences différentes. Un producteur a retiré son médicament du marché ce qui a forcé des milliers de patients à passer à une autre formulation. Un groupe de chercheurs et cliniciens a été chargé par le gouvernement d’enquêter. Ils ont trouvé que le changement de formulation avait effectivement changé la biodisponibilité de l’hormone avec des conséquences cliniques. Ils devraient bientôt faire une publication sur ce sujet. L’association des patients néerlandais sera présente à la réunion de  l’ETA (European Thyroid Association) à Belgrade en septembre prochain."

Pour la chercheuse du CNRS, Barbara Demeneix, il faudrait agir de même pour les patients français. En effet, les symptômes décrits par plusieurs patients rappellent les symptômes d’une hypothyroïdie. "On change les formulations et d’un coup, on se dit qu’il faudrait voir comment cela affecte les patients cliniquement (en mesurant le TSH)… Il aurait fallu le faire avant sur un grand échantillon", déplore la biologiste.
Pour elle, les excipients changent la bonne disponibilité de l’hormone thyroïdienne. Par cette action, ils peuvent donc causer des effets secondaires. "Ce n’est pas une question de bioéquivalence mais de disponibilité de l’hormone dans le corps."
L’ANSM conseille désormais, "par mesure de précaution", de réaliser un dosage de TSH dans les 6 à 8 semaines après le début de la prise de la nouvelle formule pour les personnes traitées pour un cancer de la thyroïde, ceux qui ont une maladie cardiovasculaire, chez les enfants, les personnes âgées ou encore, les personnes qui ont un équilibre thérapeutique difficile à atteindre. Les femmes enceintes sous Lévothyrox sont invitées à contrôler leur TSH dans les quatre semaines après le début de la prise de la nouvelle formule.

19 févr. 2016

Diabète : les enfants pourront surveiller leur glycémie sans se piquer


Les enfants et adolescents diabétiques insulinodépendants pourront désormais avoir accès au système FreeStyle Libre mis au point par le laboratoire Abbott. Ils pourront ainsi effectuer leur autosurveillance glycémique sans avoir à se piquer au bout des doigts.
Diabète : les enfants pourront surveiller leur glycémie sans se piquer
Le système lit le taux de glucose à l’aide d’un capteur placé à l’arrière du haut du bras.
Après le lancement en 2014 du système flash FreeStyle Libre pour les adultes, ce sont désormais les enfants et adolescents européens âgés de 4 à 17 ans qui pourront se libérer des douleurs et contraintes liées aux piqûres systématiques au bout des doigts pour surveiller leur glycémie (taux de glucose dans le sang).

Marquage de conformité européenne dans 8 pays

Abbott fait savoir que son système FreeStyle Libre a obtenu le marquage de conformité européene (CE) dans 8 pays dont la France. Une bonne nouvelle pour les enfants diabétiques  car, selon une étude, les personnes diabétiques, et en particulier les enfants et les adolescents, sont souvent réticents à se piquer au bout des doigts, notamment en raison de l’inconfort et de la douleur provoquée par ce geste qu’ils doivent effectuer en moyenne 6 fois par jour.
Le système lit le taux de glucose à l’aide d’un capteur placé à l’arrière du haut du bras pendant deux semaines. Ainsi, il ne sera plus nécessaire d’effectuer des contrôles par prélèvement de sang au bout des doigts, ce qui le différencie nettement des systèmes actuels d’autosurveillance du diabète.

Une aide aussi pour les parents

Les parents et les personnes qui prennent en charge des enfants diabétiques sont également confrontées à des difficultés au quotidien. Les hypoglycémies nocturnes (chute du taux de sucre dans le sang) sont encore une préoccupation majeure pour les parents d’enfants diabétiques en raison de ses risques potentiellement mortels. Ces hypoglycémies nocturnes sont plus fréquentes qu’on ne le pense. Ainsi, un parent ou un accompagnant est souvent contraint de réveiller l’enfant la nuit pour tester son taux de glucose. Grâce au système FreeStyle Libre, il pourra désormais le faire rapidement, sans perturber le sommeil de l’enfant et sans lui faire mal.
Pour le Dr Nadia Tubiana-Ruffi, du Service de pédiatrie-diabétologie à l’hôpital Robert Debré à Paris, "C’est une révolution dans l’autosurveillance et de l’insouciance retrouvée pour les enfants".
Pour plus d’informations sur le système Freestyle Libre et ses différentes fonctionnalités, rendez-vous sur le site dédié http://www.freestylelibre.fr/

11 sept. 2015

Diabète : les nouveaux médicaments sans danger cardiovasculaire

Diabète : les nouveaux médicaments sans danger cardiovasculaireLes médicaments récemment proposés pour traiter le diabète de type 2 -gliptines et incrétines- ont passé l’épreuve du feu. Ils viennent de prouver qu’ils ne faisaient courir aucun risque sur le plan cardiovasculaire. Après le scandale du Médiator et la mise sous surveillance de l’antiépileptique Dépakine en mai dernier, ces garanties vont rassurer les personnes diabétiques qui peuvent continuer leur traitement en toute confiance. 

Soigner son diabète sans risque avec les nouveaux antidiabétiques

Pour la plupart des personnes diabétiques, contrôler scrupuleusement sa glycémie (taux de sucre dans le sang) pour préserver son état cardiovasculaire est un impératif. Encore faut-il que les médicaments antidiabétiques qui font baisser la glycémie ne le détériorent pas ! Depuis 2008, les autorités sanitaires américaine (FDA) et européenne (EMA) exigent que toute nouvelle molécule prescrite dans le cadre du diabète démontre un effet au moins neutre sur le système cardiovasculaire. A ce jour, et c’est une première, deux classes de molécules commercialisées ces dernières années dans le diabète se sont pliées à l’exercice : les incrétines à prendre par voir orale ou gliptines, et les incrétines qui s’injectent. Les gliptines sont utiles lorsque la molécule de première ligne - la metformine - ne parvient plus à faire suffisamment baisser la glycémie.
 Pr Serge Halimi, du Service Endocrinologie-Diabétologie-Nutrition au CHU de Grenoble : « Elles ont l’avantage essentiel de ne pas faire courir le risque de tomber en hypoglycémie. Quant aux incrétines injectables, elles sont le plus souvent prescrites lorsque les traitements par plusieurs comprimés n’agissent plus, surtout en cas de fort surpoids et lorsque le passage à l’insuline n’est pas encore venu ».

Incrétines et gliptines n’exposent pas à un sur-risque cardiovasculaire

Déjà, fin 2013, deux gliptines avaient apporté la preuve de leur innocuité cardiovasculaire. Ils en existe de nouvelles  faisant état de leur bonne tolérance cardiovasculaire,  selon les résultats des récents essais de sécurité cardio-vasculaire révélés depuis le début 2015.  Ces résultats sont d’autant plus rassurants qu’ils ont été obtenus chez des personnes diabétiques à haut risque cardiovasculaire (voire après un infarctus), ce qui n’est pas - fort heureusement - la majorité des diabétiques.
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Dr Jean-Pierre Riveline, du Centre Universitaire du Diabète et de ses Complications à Hôpital Lariboisière (Paris): « Vis-à-vis du risque d’événements cardiovasculaires majeurs : décès cardiovasculaire, infarctus du myocarde non fatal, accident vasculaire cérébral non fatal, et hospitalisations pour angor instable (un type d’angine de poitrine), ces médicaments antidiabétiques ne sont pas nocifs, à moyen terme c'est-à-dire sur les trois ans qu’ont duré les études ».
Un point à souligner est un léger sur-risque d’insuffisance cardiaque uniquement avec la molécule saxagliptine, qu'il suffit de ne pas prescrire pour les  personnes souffrant déjà de ce trouble.

Pas plus de pancréatite ni de certains cancers

Une crainte subsistait vis-à-vis d’un risque potentiel de cancer du pancréas et de pancréatites aigues (inflammation du pancréas) avec ces antidiabétiques.
Pr Halimi : « Elle est désormais levée, ces molécules ne font pas courir de sur-risque ni de cancer, ni de pancréatite, avec ce recul de trois années. Néanmoins, cela semble logique de les éviter chez des personnes alcooliques, celles qui ont eu des lithiases biliaires (présence de calculs des voies biliaires), une pancréatite ou des antécédents familiaux de pancréatite. Cancer ou risque cardiovasculaire, les personnes diabétiques de type 2 peuvent continuer leur traitement pour le diabète par ces deux classes d’incrétines l’esprit plus tranquille ! »
Ces nouvelles données scientifiques représentent une avancée dans la sécurité des traitements prescrits dans le diabète car contrairement aux molécules plus anciennes du diabète de type 2, comme l’incontournable metformine (molécule de premier choix) ou les sulfamides, ces classes récentes sont les seules vraiment satisfaisantes sur le plan de la sécurité cardio-vasculaire.
Source ICI

12 mai 2014

Dorothy Hodgkin, celle qui aperceva les secrets de l'insuline

Pour son Doodle du jour, Google célèbre le 104e anniversaire de la naissance de cette chercheuse britannique qui obtint le prix Nobel de chimie en 1964 pour son rôle prééminent dans la découverte de la structure de l'insuline qui permit aux diabétiques du monde entier de se soigner dès 1969.
Un doodle sur la chimiste anglaise Dorothy HodgkinElle aurait eu 104 ans ce lundi. Le 12 mai 1910 naissait l'une des chimistes les plus réputées du métier, Dorothy Hodgkin, qui fut récompensé en 1964 par le prix Nobel de chimie. Elle a joué un rôle primordial dans le travail de recherche sur l'insuline.
Très jeune, elle se passionne déjà pour la chimie. Pendant la Première Guerre mondiale, elle part au Royaume-Uni dans la famille de ses parents, mais sans eux. La guerre finie, sa mère décide de rester en Angleterre avec elle. Loin du Caire, sa ville natale, Dorothy va construire sa vie. Son intérêt pour la chimie va la mener tout droit au Somerville College d'Oxford puis à l'université de Cambridge. C'est là qu'elle va commencer à étudier la diffractométrie de rayons X, une technique d'analyse permettant de déterminer la structure des protéines.

En 1969, elle résout enfin la structure de l'insuline

Elle revient ensuite à Oxford pour enfin devenir chercheuse, deux ans plus tard, au Somerville College. Elle y reste jusqu'en 1977. Entre temps, elle est nommée Wolfson Research Professor à la Royal Society et dirige également l'union internationale de cristallographie de 1972 à 1975. Un emploi du temps bien chargé qu'elle va consacrer en majorité à son principal sujet de recherche: l'insuline, très important dans le traitement du diabète. En 1935, la critallographie à rayons X n'est pas assez au point et rend donc l'étude de la structure de l'insuline plus complexe. Avec d'autres confrères, Dorothy Hodgkin va passer 25 ans à perfectionner cette technique. Un combat qui sera récompensé en 1964 par le prix Nobel de Chimie. En 1969, elle résout enfin la structure de l'insuline. À 59 ans, elle profite de sa trouvaille pour vendre ses mérites à travers le monde afin de venir en aider aux diabètiques. Si Dorothy Hodgkin est surtout reconnue pour son travail sur l'insuline, on lui doit aussi de nombreuses autres découvertes comme celles de la structure du cholestérol en 1937, de la pénicilline en 1945 et de la vitamine B12 en 1954.
Jusqu'à sa mort en 1994, cette scientifique hors-pair se consacrera non seulement à la science mais aussi à des problèmes de société comme les inégalités dans le monde et les conflits armés.

16 févr. 2014

Signe de Chvostek et le Signe de Trousseau

Signe de Chvostek


Définition
Le signe de Chvostek est un signe de tétanie lié à une hypocalcémie, un déficit en magnésium et parfois une alcalose pulmonaire. Des contractions involontaires des nerfs de la face surviennent lors d'une stimulation distante. Le premier médecin à avoir décrit (en 1872) ce signe est un médecin Hongrois du nom de Frantisek Chostek. Ce signe est voisin dans son utilisation du signe de Trousseau.

Procédure

Le patient est allongé la tête tournée.

Si une stimulation latérale provoque une contraction involontaire des muscles de la face le signe de Chovstek est constaté.

Signe de Trousseau

Le signe de Trousseau est une contraction involontaire des fléchisseurs du carpe et des phalanges provoquée par une hypocalcémie (un déficit en calcium). Ce mouvement a été découvert en 1861 par Armand Trousseau. Si les techniques d'analyses biologiques ont pris une place importante dans le dépistage de l'hypocalcémie, le signe de Trousseau fait toujours partie des procédures standards de diagnostic.

Déroulement de l'examen
1 Le patient étend le bras et la main.


2 L'artère brachiale est bloquée à l'aide d'un brassard gonflable.


3 Si les doigts et la main se rétractent, le résultat est positif.

Utilisation

Le signe de trousseau fait partie (avec les analyses biologiques) des procédures médicales permettant de dépister une hypocalcémie.

Résultats

Lorsque le signe de Trousseau est constaté l'hypocalcémie est très probable.


18 sept. 2013

LE DIABETE


OBÉSITÉ


1 – DÉFINITIONS et PHYSIOPATHOLOGIE

  • Augmentation de la masse adipeuse.
  • Ce n’est pas une augmentation de poids au sens strict du terme, car dans le poids interviennent, bien sur la masse grasse, mais aussi le tissu osseux, l'eau et le muscle.
  • L'obésité est une véritable MALADIE GRAVE +++, qui tue plus de personnes que la sous alimentation !!!!!!
  • Sur 8 milliards d'individus, 4 milliards sont sous-alimentés et les 4 milliards sont sur le chemin de l’obésité. Les obèses sont hypertendus (30%), diabétiques (30%), dyslipidémiques (30%). Au minimum !
  • 50 % des nord-américains sont en surpoids à des degrés variés, et la moitié d’entre eux sont de vrais obèses (soit 25% de la population totale).
  • Les obèses sont de plus en plus jeunes. 43 millions d’enfants obèses dans le monde ! Tous, dans des pays dont l’alimentation est « occidentale»…
2 – INDICES d’OBÉSITÉ
2 – 1 – INDICE de MASSE CORPORELLE
─ IMC = poids de la personne divisé par le carré de sa taille (Kg / m 2).
·        Au dessus de 40, obésité morbide ++++ très grave
·        Supérieur ou égal à 30, le sujet est obèse
·        Entre 25 et 30, stade intermédiaire de pré-obésité
·        En dessous de 25, cela « pourrait » être considéré comme normal…

Classification
Indice de masse corporelle (kg/m2)
Risques de maladies
Maigreur
Moins de 18,5
Accrus
Poids santé
18,5 à 24,9
Faibles
Embonpoint
25,0 à 29,9
Accrus
Obésité, classe 1
30,0 à 34,9
Élevés
Obésité, classe 2
35,0 à 39,9
Très élevés
Obésité, classe 3 (obésité morbide)
40 ou plus
Extrêmement élevés

                                         Schéma adapté de l'Organisation mondiale de la Santé, Santé Canada
─ Les adultes de 20 à 65 ans peuvent utiliser l’IMC.

Sont exclus de ce mode de calcul, les femmes enceintes, les femmes qui allaitent, les sujets souffrant de maladies chroniques, les sportifs réguliers.

Si l'IMC est un indicateur de risque utile et facilement utilisable, les plus récentes recherches montrent que l'obésité abdominale constitue un meilleur élément prédictif de maladies cardiovasculaires.

Mais il est NETTEMENT moins fiable que le suivant…

2 – 2 – TOUR de TAILLE ++++

Cette mesure s'effectue à mi-distance entre la base thoracique et la crête iliaque, à hauteur du périmètre le plus large.

Classification du risque de maladie cardiovasculaire, de diabète et d'hypertension
Hommes
Femmes

cm
pouces
cm
pouces
Faible
< 94
< 37
< 80
< 31,5
Accru
> 94
> 37
> 80
> 31,5
Considérablement accru
> 102
> 40
> 88
> 35



Il existe des variations selon les ethnies : les personnes noires ont des chiffres de normalité plus faibles, les asiatiques, encore plus !

Associé à la mesure des triglycérides sanguins à jeun, cette valeur permet d'évaluer le risque métabolique du sujet.
Une perte de poids de 10% va entraîner une perte de tissu adipeux viscéral de 30%, facilement mesurable par ce tour de taille, qui devient alors plus important que la balance.
Le tour de taille, évaluation certes grossière de l’obésité androïde, est très ajusté au risque d’infarctus du myocarde +++.

2 – 3 – TOUR DE HANCHE

Facteur protecteur très fiable lui aussi !
Se mesure à la partie la plus large des fesses.
Inversement corrélé au risque d’infarctus…

La meilleure façon d’apprécier le risque cardio-vasculaire est le rapport :

Tour de taille (cm)
                                          = normalement environ 90%
Tour de hanches (cm)
Toute augmentation majore le risque…

3 – Les CAUSES DE l’OBÉSITÉ

Les facteurs de risque habituellement reconnus sont :

─ Facteurs génétiques rares ++++
  • Ils existent mais n’ont qu’une faible incidence
  • Un enfant obèse dont au moins un des parents l’est, est-il obèse par la simple génétique ou surtout par imitation du modèle parental alimentaire ???
  • Un enfant qui a un de ses 2 parents obèses, a 80% de le devenir. Si ses 2 parents ont une corpulence « normale », le risque chute à 10%.

─ Facteurs endocriniens : TRÈS RARES ++++++++++
Hypothyroïdie, acromégalie, Cushing…

Facteurs environnementaux
  • Trouble du comportement alimentaire, avec choix alimentaires riches en graisses et en sucres +++++++++++++++++++++++++++++++++
  • Sédentarité et manque d'activité physique +++++++++++++++++++++++++ : les professions sont de plus en plus automatisées, les voitures nous amènent bientôt de notre salon au bureau, les télécommandes nous rendent paresseux…

4 – Les RISQUES de l’OBÉSITÉ

4 – 1 – FACTEUR de RISQUE MAJEUR pour : 

  • Hypertension artérielle
  • Diabète non insulino-dépendant de type II
  • Maladies cardio-vasculaires coronariennes
  • Cancer de l'intestin
  • Cancer du sein
  • Hypercholestérolémie et hypertriglycéridémie
  • Apnée du sommeil
  • Insuffisance veineuse
  • Arthrose des articulations portantes
  • Infertilité
  • Reflux gastro-œsophagien
  • Incontinence urinaire

4 – 2 – FACTEUR de RISQUE MOYEN

  • Hypo - Ventilation alvéolaire (insuffisance respiratoire chronique)
  • Hypertension artérielle pulmonaire
  • Thromboses veineuses profondes
  • Embolies pulmonaires
  • Insuffisances cardiaques
  • HTIC
  • Stéatose hépatique
  • Cancers : prostate, cancer colo-rectal, voies biliaires, endomètre, col utérin, ovaires

4 – 3 – FACTEURS de RISQUE ACCESSOIRES

  • Altération de la qualité de vie
  • Discrimination
  • Préjudices multiples
  • Altération de l'image du corps
  • Hyper sudation
  • Mycoses des plis
  • Lymphoedème
  • Oedèmes des membres inférieurs
  • Hypogonadisme

5 – CAS PARTICULIER : GROSSESSE

  • Fausses couches
  • HTA
  • Diabète gestationnel et ses propres risques pour la mère et l’enfant, à long terme
  • Pré-éclampsie
  • Phlébites
  • Anomalies du travail
  • Césariennes plus fréquentes et plus risquées
  • Malformations congénitales
  • Mortalité néonatale accrue
DIABÈTE

Définition : augmentation permanente et pathologique de la glycémie.
Il existe théoriquement 2 diabètes principaux, mais les diabétiques sont de plus en plus nombreux, l’âge de survenue évolue.

1 – DIABÈTE NON INSULINO – DÉPENDANT (type 2)
 1 – DÉFINITION
─ Diabète gras (sujet obèse) ou de la maturité (sujet âgé, habituellement à partir de 50 ans), qui ne nécessite pas d’insuline (au moins pour un temps).

L'insuline est une hormone dont le rôle essentiel est d’ouvrir les « portes » cellulaires, permettant alors au glucose de pénétrer dans les cellules (diminuant d’autant la glycémie).  

Dans le DNID, apparaît une insulino résistance (voir plus bas) : pour maintenir une glycémie normale, le corps a besoin de plus d'insuline, car elle devient de moins en moins efficace. À ce stade, le diabète n’est pas déclaré.
À terme, même de grandes quantités d'insuline ne suffisent plus à utiliser le glucose circulant qui s'accumule dans le sang : c'est l'hyperglycémie permanente.  
Quand le pancréas est épuisé, plus capable de fournir suffisamment d’insuline, c'est l'insulino nécessitance.

Insulinorésistance :
L’insulinosensibilité signifie que l’insuline aura un effet hypoglycémiant normal si la sensibilité (réponse) des cellules pour l'insuline est normale, un effet diminué si la sensibilité des cellules pour l'insuline est faible : c’est l'insulinorésistance.

Les facteurs favorisant l’insulinorésistance sont :
  • L’âge ++++
  • Obésité ++++
  • Alimentation riche (en graisses et en sucres)
  • Sédentarité
  • Tout déséquilibre homéostatique ou stress (les hormones de stress sont toutes hyperglycémiantes +++) : pathologies aiguës (infection, infarctus du myocarde récent, AVC récent, traumatisme, chirurgie...) ou chroniques (maladie rhumatismale...). Le stress aigu entraine une insulinorésistance réversible, le stress chronique, irréversible.

─ Plusieurs hypothèses sont évoquées devant ces anomalies complexes :
  • Baisse de la densité en récepteurs cellulaires insuliniques dans un milieu riche en insuline (obésité, sédentarité) = régulation négative membranaire cellulaire
  • Altération qualitative moléculaire des récepteurs les rendant impropres à leur rôle (âge)
  • Épuisement enzymatique par sur-sollicitation des cellules porteuses de ces récepteurs (la liaison avec le ligand reste sans effet)…
Un ligand est une fraction moléculaire hormonale, capable de créer une liaison avec le récepteur. Ce n’est pas la fraction « active » de l’hormone…

2 – CAUSES et FACTEURS DE RISQUE

85 % de l'ensemble des diabètes.
Autant d'hommes que de femmes.
Aujourd’hui, 5% de la population totale sont diabétiques traités.
Et les non traités ?
Au moins autant…
Dans quelques années, ces chiffres vont doubler…

Ce diabète apparaît vers 40-50 ans, avec une forte tendance à la précocité (malbouffe).
Il n'existe pas un seul facteur causal de la maladie mais plusieurs facteurs de risque :
  • Génétique et hérédité : « plusieurs membres de la famille ont du diabète ».
Certaines populations sont particulièrement touchées par le DNID, confirmant ainsi son origine génétique (haïtiens, autochtones…)
  • Surpoids et l'obésité : entre 60 et 90 % selon les études, des patients ayant un DNID présentent un surpoids important 
  • Sédentarité 
  • Certains médicaments hyperglycémiants (cortisone…)

Certains diabètes sont « secondaires » : pancréatites (alcool, maladies de surcharge ou de malnutrition...), chirurgies pancréatiques, maladies sévères du foie, endocrinopathies (acromégalie, Cushing…)

Ces facteurs de risque invitent à plus de vigilance donc de dépistage, chez :
·        Antécédents de diabète familial
·        Obésité
·        Sédentarité
·        Diabète gestationnel
·        Naissance de bébés faisant plus de 4 kilos
·        Médicaments comme la cortisone...

3 – SIGNES CLINIQUES

·        L'hyperglycémie chronique est le plus souvent asymptomatique, c'est-à-dire non ressentie.
·        Si le diabète est très déséquilibré, des symptômes peuvent apparaître : soif importante, augmentation de la diurèse sur 24 heures (c'est le syndrome polyuro-polydipsique.)
C’est une polyurie osmotique.
La déshydratation et l’hypo volémie qui en résultent, entraînent une soif augmentée (polydipsie).
La polyurie est causée par le dépassement des capacités de réabsorption des cellules du TCP pour le glucose, quand la glycémie est élevée.
La polyurie est secondaire à la réduction de la réabsorption d’eau dans l’anse de HENLÉ (branche ascendante), à cause de la présence d’une molécule (glucose) osmotiquement active.
La déshydratation qui en résulte déclenche la soif.
·        Une asthénie majeure, un amaigrissement seront surtout des signes d'une décompensation sur insulino-nécessitance, imposant un bilan médical rapide
·        Enfin, ce sont les signes de complications du diabète qui peuvent le révéler (voir plus loin.)  

4 – CONFIRMATION

  • Glycémie à jeun supérieure ou égale à 1,26 g/l (ou 8,3 mmol/l), à deux reprises,
  • Hémoglobine glyquée : témoin de l’hyperglycémie sur 3 mois +++
L'hémoglobine glyquée représente les molécules d'hémoglobine modifiées par fixation non enzymatique d'oses, surtout le glucose, sur des les fonctions aminées de la globine.
Sa valeur normale est entre 4 et 6 % de l’Hb totale.
La glycation non enzymatique des protéines est un processus physiologique très lent, et est d’autant plus importante que la glycémie est élevée.
Puisque la durée de vie des GR est de 120 jours, la concentration d'hémoglobine glyquée donne des informations sur l'équilibre glycémique des 12 dernières semaines précédant la prise de sang.
C’est une information fiable, rétrospective sur un terme assez long (3 mois).

5 – ÉVOLUTION

Le DNID va se compliquer. Toujours !

Il est donc très important de dépister le diabète, mais aussi tous les autres facteurs de risque cardiovasculaires : hypertension artérielle, excès de lipides sanguins (dyslipidémies), tabac, obésité, hérédité de maladie cardiaque...

Car le diabète étant un des plus graves facteurs de risque artériel, les diabétiques vont mourir d'angine de poitrine, d'infarctus du myocarde, d'accidents vasculaires cérébraux...

6 – TRAITEMENT

·        Respect de règles hygiéno-diététiques : maigrir ++++++++++
·        Lutte contre les autres facteurs de risque vasculaires +++++++
·        Les traitements médicamenteux sont les antidiabétiques oraux (ADO) et quand ils ne suffisent plus, l'insuline.




2 – DIABÈTE INSULINO-DÉPENDANT (type 1)

10% des diabètes.
Sujets, non obèses, jeunes (avant l'âge de 30 ans).
L’insuline est obligatoire.

2 – 1 – PHYSIOPATHOLOGIE

— Rôle de l'auto-immunité :
  • On découvre souvent des anticorps anti-îlots de Langerhans
  • La réaction auto-immune est déclenchée par des facteurs environnementaux probablement multiples et intriqués, surement mal connus (toxiques, virus, etc.).
  • Le diabète de type 1 est souvent associé à d'autres maladies auto-immunes (thyroïdite de Hashimoto, maladie de Basedow, myxœdème idiopathique, maladie d'Addison, maladie de Biermer, vitiligo, maladie cœliaque, etc.)
  • Et l’alimentation ?

Prédisposition génétique : anomalies de certains gènes du système HLA situé sur le bras court du chromosome 6.

— Chez des sujets prédisposés génétiquement, les cellules bêta du pancréas sont attaquées par les facteurs environnementaux lors de la phase de pré diabète.
Cela dure souvent quelques années.
La capacité pancréatique de produire l’insuline s’affaiblit.
La tolérance au glucose s'affaiblit.
Quand le seuil critique (20%) de cellules ß de Langerhans est atteint, le diabète se déclare.
L'hyperglycémie qui en résulte est un facteur aggravant : elle épuise les cellules ß restantes et entraîne une diminution de la sensibilité périphérique cellulaire à l'action de l'insuline.

On peut obtenir parfois des rémissions sous l'effet de traitements immunosuppresseurs (ciclosporine) au tout début clinique de ce diabète.
Une prévention sera sans doute possible à l'avenir, avec la mise en route plus précoce d'un traitement immunosuppresseur dès la phase pré diabétique.

2 – ÉVOLUTION

Les risques sont les mêmes que ceux du DNID, mais leur installation est plus rapide et le résultat souvent plus spectaculaire.

3 – TRAITEMENT

Le traitement est toujours l’insuline.


3 – COMPLICATIONS DU DIABÈTE

3 – 1 – COMPLICATIONS MÉTABOLIQUES

3 – 1 – 1 – HYPOGLYCÉMIE

► Signes cliniques
·        Ils sont variés et variables, d’un sujet à l’autre.
·        Pâleur, transpiration, tachycardie, fringale 
·        Fatigabilité, troubles de l'humeur, diplopie 
·        Convulsion, agitation psychomotrice, signes évoquant une ivresse alcoolique aiguë
·        Coma

► Facteurs favorisants 
·        Dans le DID, inadéquation entre régime alimentaire, activité physique et dose d'insuline
·        Dans le DNID, interactions médicamenteuses ou de tares viscérales surajoutées (insuffisance rénale.)

► Traitements 
·        Le traitement de l'hypoglycémie repose sur l'administration de sucre sous plusieurs formes, selon l’état de conscience du sujet :
·        Boissons sucrées, morceaux de sucre si le patient est conscient
·        Perfusion intraveineuse de glucosé à 30% si le patient est inconscient
·        Injection IM de glucagon, sauf en cas de traitement par sulfamide.

3 – 1 – 2 – ACIDOCÉTOSE DIABÉTIQUE

3 – 1 – 2 – 1 – Étiologie et mécanismes

DID 8 fois sur 10, DIND 2 fois sur 10.
Mode de découverte dans 30% du DID chez le jeune.

Facteurs favorisants : toute situation ou la glycémie augmente et/ou la carence insulinique est profonde…
  • Infection +++ (35%)
  • Lésion organique : complication vasculaire elle même d’origine diabétique (15%)
Ces 2 circonstances augmentent considérablement les besoins glucidiques de l’organisme.
  • Arrêt de l'insulinothérapie (accidentel, suicide), 10%
  • Grossesse : les besoins en insuline augmentent dès le 2ème trimestre de la grossesse, avec un risque non négligeable de mort fœtale in utero (5%).
  • Chirurgie (10%)
  • Autres (traumatismes…)

3 – 1 – 2 – 2 – SIGNES CLINIQUES

 

3 – 1 – 2 – 2 – 1 – Phase dite de pré-coma diabétique


Phase d’installation progressive sur plusieurs jours : polydipsie, polyurie, perte de poids (souvent plus de 10 kg en quelques semaines, malgré un appétit conservé).
Sont souvent associés : crampes nocturnes, troubles visuels, nausées, anorexie…

3 – 1 – 2 – 2 – 2 – Phase d'acidocétose sévère


─ Le coma n’est pas obligatoire : entre 10 % et 20 % des patients ont une conscience parfaitement normale, les autres patients ont une altération plus ou moins nette de leur état de conscience, de la confusion au coma (rare).
Les cellules cérébrales sont spontanément perméables au glucose même sans insuline. Donc, pas de coma en phase initiale d’installation de cette complication.

Haleine acétonique :
L’absence d’insuline ou son importante carence par rapport aux besoins, est responsable de l’impossibilité pour le glucose de pénétrer dans les cellules.
Celles-ci sont « obligées » de recourir à d’autres sources d’énergie, dont les lipides.
Le métabolisme de ces derniers produit beaucoup de déchets, dont l’acétone (la lipolyse adipocytaire libère des AG dont le métabolisme hépatique produit des corps cétoniques).
De plus, on observe une baisse de la consommation périphérique des corps cétoniques, car leur transformation est régulée par l’insuline !!!  

Les 2 voies privilégiées de l’élimination de l’acétone en excès, sont les reins et les poumons.
  • Polypnée ample et bruyante +++, dite dyspnée de Kussmaul
  • Fréquence respiratoire > 20. Au plus l’acidose est importante, au plus la polypnée est importante, sans lien direct avec une éventuelle cause infectieuse respiratoire.
  • Odeur caractéristique d'acétone exhalée +++.
  • L’hyperventilation aggrave la déshydratation !!!

  Déshydratation globale :
  • DEC (pli cutané, yeux excavés, hypotension) et DIC (soif, sécheresse de la muqueuse buccale, souffrance cérébrale)
  • Les troubles de conscience limitent l’hydratation. La polyurie dépasse considérablement la polydipsie, aggravant le déséquilibre hydrique +++.
  • Un collapsus cardio-vasculaire survient 1 fois sur 4 : résultat combiné de la déshydratation (sévère hypovolémie) et de l’étiologie (+/- septicémie à gram négatif ou lésion viscérale aiguë – infarctus ou pancréatite).

  Hypothermie fréquente mais non obligatoire, même si infection (dérèglement des centres hypothalamiques de la thermorégulation, lié à la DIC, l’acidose, et vasodilatation périphérique). Hyper leucocytose (hémoconcentration liée à la DEC) : ni la température centrale, ni la FSC n’aident au diagnostic d’infection comme facteur déclenchant.

  Signes digestifs (non spécifiques) : nausées ou vomissements qui aggravent la déshydratation et la perte ionique, exposent aux risques de fausses routes trachéales, peuvent provoquer un syndrome de Mallory-Weiss (ulcérations oesophagiennes hémorragiques).
Douleurs abdominales : 1 fois sur 2,  si acidose sévère.

─ Si coma, il est calme, flasque. Sans foyers neurologiques (aucun signe à l’examen neurologique ne peut orienter vers une lésion cérébrale) ++++

─ Glycémie capillaire élevée, glycosurie et cétonurie importante +++.

Finalement, la constatation d'un syndrome clinique d'acidose, d'une hyperglycémie capillaire supérieure à 13,7 mmol/l (2,50 g/l), d'une glycosurie sévère et d'une cétonurie importante, permet d'entreprendre un traitement énergique avant le résultat des examens biologiques plus complets.

3 – 1 – 3 – COMA HYPER OSMOLAIRE

Déshydratation massive, osmolarité supérieure à 350 mmol/l due à une hyperglycémie majeure et une hypernatrémie.
Pas de cétose ++++.

 

Facteurs favorisants :
  • Patients de plus de 60 ans
  • DNID ++++ = type 2. 
  • Patients ne percevant pas la sensation de soif (apanage de l’âge +++) ou étant dans l'impossibilité de l'assouvir pour des raisons neurologiques
  • Le processus hyperosmolaire peut être enclenché par toute cause de déshydratation : vomissements, diarrhée, infection surtout pulmonaire... ou par tout facteur d'hyperglycémie : « agression » responsable d'une hyper-sécrétion des hormones de contre-régulation (infection, accident vasculaire), mais aussi prescription de médicaments (diurétiques) ou de solutés hyperglycémiants (corticoïdes), fortes chaleurs, absorption massive de boissons très sucrées…

Exemples :
  • Sujet âgé diabétique avec HTA traitée par les diurétiques et faisant un ACV
  • Sujet âgé diabétique traité par corticoïdes pour une maladie de Horton
  • Sujet âgé diabétique vivant en institution pour démence et victime d'une infection broncho-pulmonaire (pneumonie…)

 

3 – 1 – 3 – 2 – PHYSIOPATHOLOGIE


Processus auto-entretenu : situation de stress, libération d’hormones hyperglycémiantes, l'hyperglycémie initiale crée une polyurie « osmotique ». Insuffisamment compensée par les apports hydriques, elle entraîne une hypo volémie majeure (pire que dans l’acidocétose). Elle même induit une insuffisance rénale fonctionnelle              rétention sodée (lutte contre l’hypovolémie), et élévation importante du seuil rénal du glucose (c’est le seuil au delà duquel le glucose passe dans les urines = 9,9 mmol/l)                   augmentation de la glycémie.
Il faut une limitation à l’accès à l’eau pour que la déshydratation soit aussi rapide à s’installer (sujets en milieu psychiatrique, sujets âgés, isolés, alités…)

La polyurie n'est plus seulement osmotique.
Elle se prolonge jusqu’à ce que la chute de la perfusion rénale entraîne une oligo-anurie (insuffisance rénale aiguë fonctionnelle).

Absence de cétose : inhibition de la lipolyse par la persistance au début, du processus d'une insulinémie périphérique insuffisante pour permettre la pénétration intra-cellulaire du glucose, mais suffisante pour inhiber la lipolyse.

3 – 1 – 3 – 3 – SIGNES CLINIQUES


Début insidieux, progressif, sur plusieurs jours voire 1 à 3 semaines : polyurie mal compensée, donc perte de poids et 1ers signes de déshydratation, apathie.

La simple surveillance de la diurèse devrait permettre de dépister l'hyperglycémie et la déshydratation avant le stade du coma hyper osmolaire.
Malheureusement, l'attention est souvent détournée par l'affection aiguë déclenchante.

Le coma hyper-osmolaire associe :

  Pas de cétose : pas d'odeur acétonique de l'haleine, et sans acidose métabolique sévère, pas de polypnée de Kussmaul. Des traces ou une croix d'acétone à l’examen urinaire à la bandelette, n'éliminent pas le diagnostic.

Très intense +++ déshydratation globale +++++ (DIC et DEC)
DIC = intra-cellulaire : sécheresse de la cavité buccale (face inférieure de la langue du sillon gingivo-jugal), disparition de la sudation, hypotonie des globes oculaires, soif, perte de poids.
DEC = extra-cellulaire : veines plates, marbrure cutanée, pli cutané sans valeur chez le sujet âgé, hypotension artérielle et tachycardie.

─ Troubles de la conscience (de l'obnubilation au coma), avec signes neurologiques en foyer (déficit moteur ou sensitif, asymétrie des réflexes, Babinski positif), crises convulsives, température centrale variable (de la fièvre à l'hypothermie, sans lien direct avec le facteur causal).

─ Ses signes digestifs variés : nausées, vomissements, douleurs abdominales.

─ Les examens biologiques montrent une glycosurie massive, et une glycémie extrêmement élevée.
3 – 1 – 3 – 5 – ÉVOLUTION et COMPLICATIONS
─ État de choc fréquent.
─ Quand la polyurie devient majeure, l’hypo volémie amène à l’insuffisance rénale aiguë.
─ Tendance à l’hypokaliémie

─ La déshydratation massive est responsable d’une augmentation de la concentration des sécrétions exocrines et du sang :
  • Hyper viscosité des sécrétions bronchiques : risque d’atélectasie avec ou sans surinfection
  • Hyper viscosité sanguine : thromboses artérielles (infarctus cérébral, coronarien, mésentérique ou gangrène) et veineuses (phlébite, embolie pulmonaire)
  • Les thromboses artérielles cérébrales créent des AVC avec séquelles encéphaliques et psychiques, altérant l’état neuropsychique des sujets même après récupération

Infections non spécifiques très fréquentes : infection urinaire sur sonde, infection sur cathéter, plaie de lit.

3 – 1 – 4 – ACIDOSE LACTIQUE

 

3 – 1 – 4 – 1 – PHYSIOPATHOLOGIE


Il faut 3 facteurs nécessaires pour l’installation de cette complication.

─ L'acide lactique est un produit du catabolisme anaérobie du glucose.
L'hyper production d’acide lactique survient dans toutes les circonstances ou l’oxygénation tissulaire est déficitaire, donc tous les états d’ischémie tissulaire +++.
  • Tous les états de choc quelle que soit leur mécanisme
  • Intoxication à l'oxyde de carbone
  • Anémie sévère
  • Altérations mitochondriales avec l’acétaminophène, l’alcool, certains médicaments anticancéreux…
  Le foie est équipé pour traiter de grandes quantités d'acide lactique. Le 2ème facteur est une insuffisance hépatocellulaire.
Elle peut se rencontrer dans :
  • Une hépatite aiguë
  • Une cirrhose avancée
  • Un foie cardiaque aigu
  • Une intoxication alcoolique
  • Un jeûne prolongé
  • Une famille de médicaments antidiabétiques oraux, les biguanides +++.
À la différence de certains traitements qui augmentent la synthèse d’insuline par le pancréas, ceux-là agissent directement sur le foie et diminuant sa production de glucose.

  L'acidose lactique est une acidose métabolique, qui devrait normalement être compensée par les reins (élimination de H+ et réabsorption de bicarbonates).
Une des complications du diabète, est l’insuffisance rénale.

Les reins étant incapables de compenser cette acidose sévère (pH inférieur à 7,2), celle-ci entraine une chute du débit cardiaque, ce qui aggrave l'hypoxie cellulaire, réduisant la capacité des cellules à fonctionner en aérobie, ce qui augmente la production de lactates (acide lactique).

Le choc qui en découle, est un état de stress intense, libérant de grandes quantités de  catécholamines, ce qui stimule la glycogénolyse (anaérobie), ce qui produit encore plus d’acide lactique…

3 – 1 – 4 – 2 – SIGNES CLINIQUES


  • Prodromes : syndrome poly algique = douleurs musculaires, douleurs abdominales et thoraciques et troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhées).
  • Hyperpnée (tentative de compensation de l’acidose) sans odeur d’acétone de l'haleine, troubles de la conscience variables.
  • Le choc est responsable d’une hypo perfusion rénale précoce. L’oligo-anurie qui en résulte permet de ne voir s’installer de déshydratation.
  • L’insuffisance rénale associée crée une hyperkaliémie, avec ses risques propres de troubles du rythme cardiaque.

3 – 2 – COMPLICATIONS DÉGÉNÉRATIVES : micro-angiopathies et macro-angiopathies

La réduction importante de la capacité cellulaire, à utiliser le glucose comme source énergétique, oblige l’emploi d’autres ressources.
La mobilisation des corps gras, impose leur transformation hépatique en cholestérol, très athérogène ++++++.
Ces complications sont assez liées à la durée du diabète et à son niveau d’équilibre.

3 – 2 – 1 – L'atteinte des gros vaisseaux (la macro-angiopathie)

Le diabète = facteur de risque vasculaire et multiplie par 2 ou 3 le risque d'accidents cardiovasculaires.
La macro angiopathie est une version diabétique de l’athérosclérose.

75% des décès chez le diabétique : angine de poitrine, infarctus du myocarde, artériopathie des membres inférieurs, accidents vasculaires cérébraux.
Prendre en compte les autres facteurs de risque : obésité, hypertension artérielle, dyslipidémie (hypercholestérolémie), tabagisme...

3 – 2 – 2 – L'atteinte des petits vaisseaux (la micro-angiopathie)

Les cibles de ces complications, sont les tissus ou la pénétration du glucose est « libre » : rétine, reins et nerfs périphériques.

L'atteinte des vaisseaux de petit calibre et des capillaires est relativement spécifique au diabète.
·        La présence du glucose, substance osmotiquement active, favorise une augmentation des pressions vasculaires locales, donc de la perméabilité pariétale, source d’œdème.
·        La souffrance cellulaire pariétale chronique libère des radicaux libres.
·        Les cellules pariétales en outre, libèrent du facteur de Willebrand, causant une hyperviscosité sanguine locale (tendance thrombogène, hyper-aggrégabilité).
Ces effets accélèrent l’apoptose cellulaire +++.

L'hypertension artérielle et le tabagisme aggravent considérablement ces anomalies.

— Rétinopathie diabétique = une des principales complications du diabète. 1ère cause de cécité dans le monde occidental.
La moitié des diabétiques présentent une maladie de la rétine après 15 ans d'évolution.

20 % des DT 2 ont déjà une RPD quand le diagnostic tombe !
Après 20 ans de diabète, la RPD est présente chez  90 % des DT 1 et 60 % des DT 2.

Consultation ophtalmologique obligatoire tous les ans +++.

— La néphropathie diabétique = complication rénale du diabète.
Protéinurie, tendance à l' HTA et détérioration progressive de la fonction rénale. Insuffisance rénale chronique chez 50% des DID.
40% des diabétiques tous types, auront une IRC à long terme.
20% des hémodialysés sont diabétiques.

3 – 3 – NEUROPATHIE DIABÉTIQUE

Elle est favorisée par l’âge (plus de 50), le sexe (homme), l’alcoolisme associé, la présence d’une artériopathie clinique des membres inférieurs.
Touche 50% des diabétiques après 25 ans de maladie.


Elle a des expressions très diverses :

Neuropathie périphérique (membres inférieurs) : 80% des neuropathies.
·        À prédominance sensitive = troubles de la sensibilité à la chaleur et à la douleur + mauvaise perception des vibrations du diapason.
Ces troubles sensitifs prédisposent à l'ostéo arthropathie (destruction articulaire indolore) et au mal perforant plantaire (ulcère profond, allant jusqu’à l’os).
Presque 80% des neuropathies : topographie distale en chaussettes, avec coexistence de troubles de la sensibilité tactile et de douleurs spontanées, surtout nocturnes, d’intensité variable, avec ou sans paresthésies…
·        Atteinte motrice plus tardive : Les ROT sont diminués ou abolis.

Mono neuropathie : atteinte d'un seul nerf = diplopie par atteinte d'un nerf moteur oculaire, paralysie faciale périphérique, cruralgie, compression du médian (canal carpien)… 15% des neuropatrhies.

Atteinte du système nerveux végétatif (neuropathie végétative) :
  • Troubles digestifs :
☼ Gastro parésie : troubles digestifs post prandiaux (pesanteur gastrique, nausées, sensation de satiété…)
☼ Diarrhée indolore, fécale, post prandiale, évoluant par poussées…
  • Troubles urinaires :
☼ Troubles de la vidange vésicale avec son risque de rétention urinaire, augmentation des infections urinaires et risque de pyélonéphrite chez ces immunodéprimés
☼ Impuissance +++ (artérite de la macro-angiopathie, neuropathie, fibrose pénienne de privation vasculaire, médicaments…) dans 30% des cas
☼ Éjaculation rétrograde +++
  • Troubles cardio-vasculaires
☼ Troubles vasomoteurs avec peau froide et sueurs
☼ Parfois pouls bondissants…
☼ Tachycardie de repos, asymétrie tensionnelle et OTA orthostatique
☼ Troubles de la sudation, depuis l’absence jusqu’à l’excès…
  • Disparition des symptômes d'origine adrénergique des hypoglycémies (pâleur, sueurs, tachycardie...)

3 – 4 – INFECTIONS DU DIABÉTIQUE

Diabète mal équilibré = risque infectieux majoré = déséquilibre diabétique.

Fréquentes : infections urinaires et infections cutanées à staphylocoques ou à champignons (mycoses.)

L’hyperglycémie altère les fonctions leucocytaires, via la carence en AA qu’elle entraine (consommation plus élevée comme source énergétique) :
·         Diminution de leur mobilisation
·         Altération de leur chimiotactisme
·         Baisse de l’activité bactéricide des polynucléaires neutrophiles

3 – 5 – Cas particulier : LE PIED DU DIABÉTIQUE

Surinfection de plaies négligées +++, troubles circulatoires et maux perforants.
Il faut 20 fois plus d’O2 pour cicatriser un tissu que pour entretenir sa vitalité de base.

Causes intriquées :
·         Ischémie (macro angiopathie diabétique) : nécroses localisées
·         Neuropathie périphérique (perte de sensibilité) : le pied, par disparition des sensations normales, perd aussi ses signaux normaux d’alarme en cas d’agression. En outre, la perte de sensibilité proprioceptive et profonde, crée une redistribution des pressions plantaires, à l’origine du mal perforant plantaire = MPP (ulcération arrondie au point d’appui des têtes du 1er, du 5ème métatarsien, ou du  talon).
·         Neuropathie végétative (troubles circulatoires locaux favorisant l'ostéo arthropathie.) La disparition de la sudation crée des crevasses et des fissures (portes d’entrée infectieuses). L’apparition de shunts artério-veineux altère la distribution sanguine : l’augmentation du débit vasculaire dans les os des pieds, crée une déminéralisation locale (l’ostéo arthropathie diabétique apparaît après des traumatismes mineurs – fractures, déformations, télescopages osseux…)

Infection = facteur aggravant des lésions ischémiques et neuropathiques.

Prévention = idéale +++ : hygiène des pieds, chaussures non traumatisantes, soins de pédicure pour les diabétiques (ablation de callosités et coupe non traumatique des ongles.)

Physiopathologies :
— Le MPP est une ulcération arrondie, indolore, positionnée sur les  points d’appui du pied (têtes des 1er et 5ème métatarsiens, talon, plante du pied).
Son apparition est insidieuse, sous forme de durillon ou de callosité.
Suite à une petite agression locale, qui passe inaperçue, apparait une ulcération dont le  fond est atone (a vasculaire) et dont les bords sont souvent hyperkératosiques.
Il est découvert tardivement (neuropathie sensitive +++), se creuse et peut recruter les   structures osseuses.
— L’ostéo-arthropathie diabétique est liée à l’augmentation du flux sanguin osseux (hyper vascularisation osseuse), qui favorise la déminéralisation.
Elle peut se développer après un traumatisme, même mineur, du pied.
Elle se présente comme une ostéolyse mutilante, surtout du tarse, de l’avant-pied, du  calcanéum (rarement de la cheville).
Apparaissent des subluxations, ruptures des surfaces articulaires, fractures, fragmentations et télescopages des os.
L’ostéoarthropathie nerveuse diabétique aboutit tardivement au « pied de CHARCOT » (destruction totale).
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Levothyrox : une patiente dépose plainte

Levothyrox : une patiente dépose plainteUne quinquagénaire a déposé plainte à Mougins (Alpes-Maritimes) contre le laboratoire Merck pour "mise en danger de la vie d'autrui" après avoir subi des problèmes de santé liés, selon elle, à la nouvelle formule du Levothyrox.
Une pétition signée par plus de 170.000 mécontents, patients ou proches, circule actuellement en France contre la nouvelle version disponible depuis mars 2017 du Levothyrox, médicament indispensable pour traiter des pathologies thyroïdiennes. Ils accusent ce nouveau produit d'engendrer divers effets secondaires (crampes, maux de tête, vertiges...). Une patiente a déposé plainte pour mise en danger de la vie d'autrui le 29 août 2017.

Les patients n'ont pas été informés du changement de formule

"J'ai déposé plainte car nous n'avons pas été informés d'un changement de formule, rien dans la notice ne l'indique", a expliqué à l'AFP Anne-Catherine Colin-Chauley, 58 ans, confirmant une information de Nice-Matin. "Il y a bien une négligence fautive du laboratoire Merck et une faute de celui qui a ordonné le changement de la molécule sans indiquer les conséquences possibles de ce changement", dénonce-t-elle dans sa plainte consultée par l'AFP.
La plaignante, qui a subi une ablation totale de la thyroïde en 2006, assure souffrir depuis mai de "vertiges, crampes, fatigue". Elle en a fait part à son mari, médecin, qui lui prescrit des examens sanguins venant confirmer ses craintes : "Ma TSH (ndlr : dosage sanguin de la thyréostimuline, une hormone stimulant la glande thyroïde) s'est effondrée, et même après avoir essayé de modifier le traitement ça ne change rien". Mme Colin-Chauley, qui est avocate, déplore : "Je me bourre de cachets pour être en forme, je ne suis vraiment pas bien". Elle envisage d'aller "en Italie ou en Espagne" pour se procurer l'ancienne formule du médicament.

Un changement d'excipients en cause

Merck assure que le changement de formule ne concerne pas le principe actif (la lévothyroxine, une hormone de substitution) mais porte sur des substances, appelées "excipients", qui lui sont associées, comme par exemple le lactose qui a été remplacé par le mannitol, très courant dans l'alimentation et d'autres médicaments.
Trois millions de patients prennent ce traitement en France pour hypothyroïdie ou après une opération pour cancer de la thyroïde. Face à la polémique, l'Agence du médicament (ANSM) a mis en place un numéro vert pour "répondre aux inquiétudes" des patients. Au total, 154.000 appels avaient été dénombrés mercredi depuis sa mise en place, avec un rythme d'appels quotidiens tombé à 2.500, indique l'agence sanitaire.

Levothyrox : des patients demandent un retour à l’ancienne formule

Depuis le changement de formulation du Levothyrox, de nombreux patients se plaignent d'effets secondaires. Une pétition en ligne demandant le retour à l'ancienne formule a dépassé les 160 000 signatures.

La composition du Levothyrox a  été modifiée en mars 2017 à la demande de l’ANSM. Le lactose, un excipient présent dans le médicament a été remplacé par du mannitol et de l’acide citrique anhydre. Depuis, des patients se plaignent d’effets secondaires : fatigue intense, perte de cheveux ou encore digestion difficile.
Le Lévothyrox remplace la thyroxine, l'une des hormones secrétées par la thyroïde, qui permet le bon fonctionnement du corps. Ce médicament est prescrit généralement en cas d’hypothyroïdie ou d’ablation de la thyroïde après un cancer.

Une association de patient demande la démission du directeur de l’ANSM

Chantal L’hoir, présidente de l’Association Française des Malades de la Thyroïde, a elle aussi ressenti le changement de composition du Levothyrox®. Quelques semaines après être passée à la nouvelle version du médicament, elle a eu l’impression que ses jambes étaient paralysées. "J’avais les cuisses raides. Je me sentais très fatiguée. C'était tellement inhabituel que j’avais peur de rouler en voiture." Ces symptômes, Chantal L'Hoir n'est pas la seule à les avoir ressentis. Face à l’ampleur que prend l’affaire, l’ANSM a ouvert un numéro vert : 0.800.97.16.53.
Dans une lettre ouverte au Président de la République, les responsables de l’association demandent un retour à l’ancienne formule et la démission du directeur de l’ANSM, Mr. Martin. Lancée fin juin sur le site mesopinions.fr, une pétition pour le retour à l'ancienne formule a recueilli plus de 166 000 signatures.
Selon le Figaro, "il est en effet possible, avec les nouveaux excipients, que les hormones soient absorbées plus rapidement par le corps, faisant ainsi courir le risque aux patients de présenter des symptômes de surdosage en hormone thyroïdienne, détectable par prise de sang. La solution pour ces patients serait de rééquilibrer leur dosage de Levothyrox."

Une affaire semblable aux Pays-Bas

Selon Barbara Demeneix, biologiste et endocrinologue au CNRS, une affaire semblable a eu lieu aux Pays-Bas. "Il s’agit d’un problème similaire mais qui a eu des conséquences différentes. Un producteur a retiré son médicament du marché ce qui a forcé des milliers de patients à passer à une autre formulation. Un groupe de chercheurs et cliniciens a été chargé par le gouvernement d’enquêter. Ils ont trouvé que le changement de formulation avait effectivement changé la biodisponibilité de l’hormone avec des conséquences cliniques. Ils devraient bientôt faire une publication sur ce sujet. L’association des patients néerlandais sera présente à la réunion de  l’ETA (European Thyroid Association) à Belgrade en septembre prochain."

Pour la chercheuse du CNRS, Barbara Demeneix, il faudrait agir de même pour les patients français. En effet, les symptômes décrits par plusieurs patients rappellent les symptômes d’une hypothyroïdie. "On change les formulations et d’un coup, on se dit qu’il faudrait voir comment cela affecte les patients cliniquement (en mesurant le TSH)… Il aurait fallu le faire avant sur un grand échantillon", déplore la biologiste.
Pour elle, les excipients changent la bonne disponibilité de l’hormone thyroïdienne. Par cette action, ils peuvent donc causer des effets secondaires. "Ce n’est pas une question de bioéquivalence mais de disponibilité de l’hormone dans le corps."
L’ANSM conseille désormais, "par mesure de précaution", de réaliser un dosage de TSH dans les 6 à 8 semaines après le début de la prise de la nouvelle formule pour les personnes traitées pour un cancer de la thyroïde, ceux qui ont une maladie cardiovasculaire, chez les enfants, les personnes âgées ou encore, les personnes qui ont un équilibre thérapeutique difficile à atteindre. Les femmes enceintes sous Lévothyrox sont invitées à contrôler leur TSH dans les quatre semaines après le début de la prise de la nouvelle formule.

Diabète : les enfants pourront surveiller leur glycémie sans se piquer


Les enfants et adolescents diabétiques insulinodépendants pourront désormais avoir accès au système FreeStyle Libre mis au point par le laboratoire Abbott. Ils pourront ainsi effectuer leur autosurveillance glycémique sans avoir à se piquer au bout des doigts.
Diabète : les enfants pourront surveiller leur glycémie sans se piquer
Le système lit le taux de glucose à l’aide d’un capteur placé à l’arrière du haut du bras.
Après le lancement en 2014 du système flash FreeStyle Libre pour les adultes, ce sont désormais les enfants et adolescents européens âgés de 4 à 17 ans qui pourront se libérer des douleurs et contraintes liées aux piqûres systématiques au bout des doigts pour surveiller leur glycémie (taux de glucose dans le sang).

Marquage de conformité européenne dans 8 pays

Abbott fait savoir que son système FreeStyle Libre a obtenu le marquage de conformité européene (CE) dans 8 pays dont la France. Une bonne nouvelle pour les enfants diabétiques  car, selon une étude, les personnes diabétiques, et en particulier les enfants et les adolescents, sont souvent réticents à se piquer au bout des doigts, notamment en raison de l’inconfort et de la douleur provoquée par ce geste qu’ils doivent effectuer en moyenne 6 fois par jour.
Le système lit le taux de glucose à l’aide d’un capteur placé à l’arrière du haut du bras pendant deux semaines. Ainsi, il ne sera plus nécessaire d’effectuer des contrôles par prélèvement de sang au bout des doigts, ce qui le différencie nettement des systèmes actuels d’autosurveillance du diabète.

Une aide aussi pour les parents

Les parents et les personnes qui prennent en charge des enfants diabétiques sont également confrontées à des difficultés au quotidien. Les hypoglycémies nocturnes (chute du taux de sucre dans le sang) sont encore une préoccupation majeure pour les parents d’enfants diabétiques en raison de ses risques potentiellement mortels. Ces hypoglycémies nocturnes sont plus fréquentes qu’on ne le pense. Ainsi, un parent ou un accompagnant est souvent contraint de réveiller l’enfant la nuit pour tester son taux de glucose. Grâce au système FreeStyle Libre, il pourra désormais le faire rapidement, sans perturber le sommeil de l’enfant et sans lui faire mal.
Pour le Dr Nadia Tubiana-Ruffi, du Service de pédiatrie-diabétologie à l’hôpital Robert Debré à Paris, "C’est une révolution dans l’autosurveillance et de l’insouciance retrouvée pour les enfants".
Pour plus d’informations sur le système Freestyle Libre et ses différentes fonctionnalités, rendez-vous sur le site dédié http://www.freestylelibre.fr/

Diabète : les nouveaux médicaments sans danger cardiovasculaire

Diabète : les nouveaux médicaments sans danger cardiovasculaireLes médicaments récemment proposés pour traiter le diabète de type 2 -gliptines et incrétines- ont passé l’épreuve du feu. Ils viennent de prouver qu’ils ne faisaient courir aucun risque sur le plan cardiovasculaire. Après le scandale du Médiator et la mise sous surveillance de l’antiépileptique Dépakine en mai dernier, ces garanties vont rassurer les personnes diabétiques qui peuvent continuer leur traitement en toute confiance. 

Soigner son diabète sans risque avec les nouveaux antidiabétiques

Pour la plupart des personnes diabétiques, contrôler scrupuleusement sa glycémie (taux de sucre dans le sang) pour préserver son état cardiovasculaire est un impératif. Encore faut-il que les médicaments antidiabétiques qui font baisser la glycémie ne le détériorent pas ! Depuis 2008, les autorités sanitaires américaine (FDA) et européenne (EMA) exigent que toute nouvelle molécule prescrite dans le cadre du diabète démontre un effet au moins neutre sur le système cardiovasculaire. A ce jour, et c’est une première, deux classes de molécules commercialisées ces dernières années dans le diabète se sont pliées à l’exercice : les incrétines à prendre par voir orale ou gliptines, et les incrétines qui s’injectent. Les gliptines sont utiles lorsque la molécule de première ligne - la metformine - ne parvient plus à faire suffisamment baisser la glycémie.
 Pr Serge Halimi, du Service Endocrinologie-Diabétologie-Nutrition au CHU de Grenoble : « Elles ont l’avantage essentiel de ne pas faire courir le risque de tomber en hypoglycémie. Quant aux incrétines injectables, elles sont le plus souvent prescrites lorsque les traitements par plusieurs comprimés n’agissent plus, surtout en cas de fort surpoids et lorsque le passage à l’insuline n’est pas encore venu ».

Incrétines et gliptines n’exposent pas à un sur-risque cardiovasculaire

Déjà, fin 2013, deux gliptines avaient apporté la preuve de leur innocuité cardiovasculaire. Ils en existe de nouvelles  faisant état de leur bonne tolérance cardiovasculaire,  selon les résultats des récents essais de sécurité cardio-vasculaire révélés depuis le début 2015.  Ces résultats sont d’autant plus rassurants qu’ils ont été obtenus chez des personnes diabétiques à haut risque cardiovasculaire (voire après un infarctus), ce qui n’est pas - fort heureusement - la majorité des diabétiques.
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Dr Jean-Pierre Riveline, du Centre Universitaire du Diabète et de ses Complications à Hôpital Lariboisière (Paris): « Vis-à-vis du risque d’événements cardiovasculaires majeurs : décès cardiovasculaire, infarctus du myocarde non fatal, accident vasculaire cérébral non fatal, et hospitalisations pour angor instable (un type d’angine de poitrine), ces médicaments antidiabétiques ne sont pas nocifs, à moyen terme c'est-à-dire sur les trois ans qu’ont duré les études ».
Un point à souligner est un léger sur-risque d’insuffisance cardiaque uniquement avec la molécule saxagliptine, qu'il suffit de ne pas prescrire pour les  personnes souffrant déjà de ce trouble.

Pas plus de pancréatite ni de certains cancers

Une crainte subsistait vis-à-vis d’un risque potentiel de cancer du pancréas et de pancréatites aigues (inflammation du pancréas) avec ces antidiabétiques.
Pr Halimi : « Elle est désormais levée, ces molécules ne font pas courir de sur-risque ni de cancer, ni de pancréatite, avec ce recul de trois années. Néanmoins, cela semble logique de les éviter chez des personnes alcooliques, celles qui ont eu des lithiases biliaires (présence de calculs des voies biliaires), une pancréatite ou des antécédents familiaux de pancréatite. Cancer ou risque cardiovasculaire, les personnes diabétiques de type 2 peuvent continuer leur traitement pour le diabète par ces deux classes d’incrétines l’esprit plus tranquille ! »
Ces nouvelles données scientifiques représentent une avancée dans la sécurité des traitements prescrits dans le diabète car contrairement aux molécules plus anciennes du diabète de type 2, comme l’incontournable metformine (molécule de premier choix) ou les sulfamides, ces classes récentes sont les seules vraiment satisfaisantes sur le plan de la sécurité cardio-vasculaire.
Source ICI

Dorothy Hodgkin, celle qui aperceva les secrets de l'insuline

Pour son Doodle du jour, Google célèbre le 104e anniversaire de la naissance de cette chercheuse britannique qui obtint le prix Nobel de chimie en 1964 pour son rôle prééminent dans la découverte de la structure de l'insuline qui permit aux diabétiques du monde entier de se soigner dès 1969.
Un doodle sur la chimiste anglaise Dorothy HodgkinElle aurait eu 104 ans ce lundi. Le 12 mai 1910 naissait l'une des chimistes les plus réputées du métier, Dorothy Hodgkin, qui fut récompensé en 1964 par le prix Nobel de chimie. Elle a joué un rôle primordial dans le travail de recherche sur l'insuline.
Très jeune, elle se passionne déjà pour la chimie. Pendant la Première Guerre mondiale, elle part au Royaume-Uni dans la famille de ses parents, mais sans eux. La guerre finie, sa mère décide de rester en Angleterre avec elle. Loin du Caire, sa ville natale, Dorothy va construire sa vie. Son intérêt pour la chimie va la mener tout droit au Somerville College d'Oxford puis à l'université de Cambridge. C'est là qu'elle va commencer à étudier la diffractométrie de rayons X, une technique d'analyse permettant de déterminer la structure des protéines.

En 1969, elle résout enfin la structure de l'insuline

Elle revient ensuite à Oxford pour enfin devenir chercheuse, deux ans plus tard, au Somerville College. Elle y reste jusqu'en 1977. Entre temps, elle est nommée Wolfson Research Professor à la Royal Society et dirige également l'union internationale de cristallographie de 1972 à 1975. Un emploi du temps bien chargé qu'elle va consacrer en majorité à son principal sujet de recherche: l'insuline, très important dans le traitement du diabète. En 1935, la critallographie à rayons X n'est pas assez au point et rend donc l'étude de la structure de l'insuline plus complexe. Avec d'autres confrères, Dorothy Hodgkin va passer 25 ans à perfectionner cette technique. Un combat qui sera récompensé en 1964 par le prix Nobel de Chimie. En 1969, elle résout enfin la structure de l'insuline. À 59 ans, elle profite de sa trouvaille pour vendre ses mérites à travers le monde afin de venir en aider aux diabètiques. Si Dorothy Hodgkin est surtout reconnue pour son travail sur l'insuline, on lui doit aussi de nombreuses autres découvertes comme celles de la structure du cholestérol en 1937, de la pénicilline en 1945 et de la vitamine B12 en 1954.
Jusqu'à sa mort en 1994, cette scientifique hors-pair se consacrera non seulement à la science mais aussi à des problèmes de société comme les inégalités dans le monde et les conflits armés.

Signe de Chvostek et le Signe de Trousseau

Signe de Chvostek


Définition
Le signe de Chvostek est un signe de tétanie lié à une hypocalcémie, un déficit en magnésium et parfois une alcalose pulmonaire. Des contractions involontaires des nerfs de la face surviennent lors d'une stimulation distante. Le premier médecin à avoir décrit (en 1872) ce signe est un médecin Hongrois du nom de Frantisek Chostek. Ce signe est voisin dans son utilisation du signe de Trousseau.

Procédure

Le patient est allongé la tête tournée.

Si une stimulation latérale provoque une contraction involontaire des muscles de la face le signe de Chovstek est constaté.

Signe de Trousseau

Le signe de Trousseau est une contraction involontaire des fléchisseurs du carpe et des phalanges provoquée par une hypocalcémie (un déficit en calcium). Ce mouvement a été découvert en 1861 par Armand Trousseau. Si les techniques d'analyses biologiques ont pris une place importante dans le dépistage de l'hypocalcémie, le signe de Trousseau fait toujours partie des procédures standards de diagnostic.

Déroulement de l'examen
1 Le patient étend le bras et la main.


2 L'artère brachiale est bloquée à l'aide d'un brassard gonflable.


3 Si les doigts et la main se rétractent, le résultat est positif.

Utilisation

Le signe de trousseau fait partie (avec les analyses biologiques) des procédures médicales permettant de dépister une hypocalcémie.

Résultats

Lorsque le signe de Trousseau est constaté l'hypocalcémie est très probable.


LE DIABETE


OBÉSITÉ


1 – DÉFINITIONS et PHYSIOPATHOLOGIE

  • Augmentation de la masse adipeuse.
  • Ce n’est pas une augmentation de poids au sens strict du terme, car dans le poids interviennent, bien sur la masse grasse, mais aussi le tissu osseux, l'eau et le muscle.
  • L'obésité est une véritable MALADIE GRAVE +++, qui tue plus de personnes que la sous alimentation !!!!!!
  • Sur 8 milliards d'individus, 4 milliards sont sous-alimentés et les 4 milliards sont sur le chemin de l’obésité. Les obèses sont hypertendus (30%), diabétiques (30%), dyslipidémiques (30%). Au minimum !
  • 50 % des nord-américains sont en surpoids à des degrés variés, et la moitié d’entre eux sont de vrais obèses (soit 25% de la population totale).
  • Les obèses sont de plus en plus jeunes. 43 millions d’enfants obèses dans le monde ! Tous, dans des pays dont l’alimentation est « occidentale»…
2 – INDICES d’OBÉSITÉ
2 – 1 – INDICE de MASSE CORPORELLE
─ IMC = poids de la personne divisé par le carré de sa taille (Kg / m 2).
·        Au dessus de 40, obésité morbide ++++ très grave
·        Supérieur ou égal à 30, le sujet est obèse
·        Entre 25 et 30, stade intermédiaire de pré-obésité
·        En dessous de 25, cela « pourrait » être considéré comme normal…

Classification
Indice de masse corporelle (kg/m2)
Risques de maladies
Maigreur
Moins de 18,5
Accrus
Poids santé
18,5 à 24,9
Faibles
Embonpoint
25,0 à 29,9
Accrus
Obésité, classe 1
30,0 à 34,9
Élevés
Obésité, classe 2
35,0 à 39,9
Très élevés
Obésité, classe 3 (obésité morbide)
40 ou plus
Extrêmement élevés

                                         Schéma adapté de l'Organisation mondiale de la Santé, Santé Canada
─ Les adultes de 20 à 65 ans peuvent utiliser l’IMC.

Sont exclus de ce mode de calcul, les femmes enceintes, les femmes qui allaitent, les sujets souffrant de maladies chroniques, les sportifs réguliers.

Si l'IMC est un indicateur de risque utile et facilement utilisable, les plus récentes recherches montrent que l'obésité abdominale constitue un meilleur élément prédictif de maladies cardiovasculaires.

Mais il est NETTEMENT moins fiable que le suivant…

2 – 2 – TOUR de TAILLE ++++

Cette mesure s'effectue à mi-distance entre la base thoracique et la crête iliaque, à hauteur du périmètre le plus large.

Classification du risque de maladie cardiovasculaire, de diabète et d'hypertension
Hommes
Femmes

cm
pouces
cm
pouces
Faible
< 94
< 37
< 80
< 31,5
Accru
> 94
> 37
> 80
> 31,5
Considérablement accru
> 102
> 40
> 88
> 35



Il existe des variations selon les ethnies : les personnes noires ont des chiffres de normalité plus faibles, les asiatiques, encore plus !

Associé à la mesure des triglycérides sanguins à jeun, cette valeur permet d'évaluer le risque métabolique du sujet.
Une perte de poids de 10% va entraîner une perte de tissu adipeux viscéral de 30%, facilement mesurable par ce tour de taille, qui devient alors plus important que la balance.
Le tour de taille, évaluation certes grossière de l’obésité androïde, est très ajusté au risque d’infarctus du myocarde +++.

2 – 3 – TOUR DE HANCHE

Facteur protecteur très fiable lui aussi !
Se mesure à la partie la plus large des fesses.
Inversement corrélé au risque d’infarctus…

La meilleure façon d’apprécier le risque cardio-vasculaire est le rapport :

Tour de taille (cm)
                                          = normalement environ 90%
Tour de hanches (cm)
Toute augmentation majore le risque…

3 – Les CAUSES DE l’OBÉSITÉ

Les facteurs de risque habituellement reconnus sont :

─ Facteurs génétiques rares ++++
  • Ils existent mais n’ont qu’une faible incidence
  • Un enfant obèse dont au moins un des parents l’est, est-il obèse par la simple génétique ou surtout par imitation du modèle parental alimentaire ???
  • Un enfant qui a un de ses 2 parents obèses, a 80% de le devenir. Si ses 2 parents ont une corpulence « normale », le risque chute à 10%.

─ Facteurs endocriniens : TRÈS RARES ++++++++++
Hypothyroïdie, acromégalie, Cushing…

Facteurs environnementaux
  • Trouble du comportement alimentaire, avec choix alimentaires riches en graisses et en sucres +++++++++++++++++++++++++++++++++
  • Sédentarité et manque d'activité physique +++++++++++++++++++++++++ : les professions sont de plus en plus automatisées, les voitures nous amènent bientôt de notre salon au bureau, les télécommandes nous rendent paresseux…

4 – Les RISQUES de l’OBÉSITÉ

4 – 1 – FACTEUR de RISQUE MAJEUR pour : 

  • Hypertension artérielle
  • Diabète non insulino-dépendant de type II
  • Maladies cardio-vasculaires coronariennes
  • Cancer de l'intestin
  • Cancer du sein
  • Hypercholestérolémie et hypertriglycéridémie
  • Apnée du sommeil
  • Insuffisance veineuse
  • Arthrose des articulations portantes
  • Infertilité
  • Reflux gastro-œsophagien
  • Incontinence urinaire

4 – 2 – FACTEUR de RISQUE MOYEN

  • Hypo - Ventilation alvéolaire (insuffisance respiratoire chronique)
  • Hypertension artérielle pulmonaire
  • Thromboses veineuses profondes
  • Embolies pulmonaires
  • Insuffisances cardiaques
  • HTIC
  • Stéatose hépatique
  • Cancers : prostate, cancer colo-rectal, voies biliaires, endomètre, col utérin, ovaires

4 – 3 – FACTEURS de RISQUE ACCESSOIRES

  • Altération de la qualité de vie
  • Discrimination
  • Préjudices multiples
  • Altération de l'image du corps
  • Hyper sudation
  • Mycoses des plis
  • Lymphoedème
  • Oedèmes des membres inférieurs
  • Hypogonadisme

5 – CAS PARTICULIER : GROSSESSE

  • Fausses couches
  • HTA
  • Diabète gestationnel et ses propres risques pour la mère et l’enfant, à long terme
  • Pré-éclampsie
  • Phlébites
  • Anomalies du travail
  • Césariennes plus fréquentes et plus risquées
  • Malformations congénitales
  • Mortalité néonatale accrue
DIABÈTE

Définition : augmentation permanente et pathologique de la glycémie.
Il existe théoriquement 2 diabètes principaux, mais les diabétiques sont de plus en plus nombreux, l’âge de survenue évolue.

1 – DIABÈTE NON INSULINO – DÉPENDANT (type 2)
 1 – DÉFINITION
─ Diabète gras (sujet obèse) ou de la maturité (sujet âgé, habituellement à partir de 50 ans), qui ne nécessite pas d’insuline (au moins pour un temps).

L'insuline est une hormone dont le rôle essentiel est d’ouvrir les « portes » cellulaires, permettant alors au glucose de pénétrer dans les cellules (diminuant d’autant la glycémie).  

Dans le DNID, apparaît une insulino résistance (voir plus bas) : pour maintenir une glycémie normale, le corps a besoin de plus d'insuline, car elle devient de moins en moins efficace. À ce stade, le diabète n’est pas déclaré.
À terme, même de grandes quantités d'insuline ne suffisent plus à utiliser le glucose circulant qui s'accumule dans le sang : c'est l'hyperglycémie permanente.  
Quand le pancréas est épuisé, plus capable de fournir suffisamment d’insuline, c'est l'insulino nécessitance.

Insulinorésistance :
L’insulinosensibilité signifie que l’insuline aura un effet hypoglycémiant normal si la sensibilité (réponse) des cellules pour l'insuline est normale, un effet diminué si la sensibilité des cellules pour l'insuline est faible : c’est l'insulinorésistance.

Les facteurs favorisant l’insulinorésistance sont :
  • L’âge ++++
  • Obésité ++++
  • Alimentation riche (en graisses et en sucres)
  • Sédentarité
  • Tout déséquilibre homéostatique ou stress (les hormones de stress sont toutes hyperglycémiantes +++) : pathologies aiguës (infection, infarctus du myocarde récent, AVC récent, traumatisme, chirurgie...) ou chroniques (maladie rhumatismale...). Le stress aigu entraine une insulinorésistance réversible, le stress chronique, irréversible.

─ Plusieurs hypothèses sont évoquées devant ces anomalies complexes :
  • Baisse de la densité en récepteurs cellulaires insuliniques dans un milieu riche en insuline (obésité, sédentarité) = régulation négative membranaire cellulaire
  • Altération qualitative moléculaire des récepteurs les rendant impropres à leur rôle (âge)
  • Épuisement enzymatique par sur-sollicitation des cellules porteuses de ces récepteurs (la liaison avec le ligand reste sans effet)…
Un ligand est une fraction moléculaire hormonale, capable de créer une liaison avec le récepteur. Ce n’est pas la fraction « active » de l’hormone…

2 – CAUSES et FACTEURS DE RISQUE

85 % de l'ensemble des diabètes.
Autant d'hommes que de femmes.
Aujourd’hui, 5% de la population totale sont diabétiques traités.
Et les non traités ?
Au moins autant…
Dans quelques années, ces chiffres vont doubler…

Ce diabète apparaît vers 40-50 ans, avec une forte tendance à la précocité (malbouffe).
Il n'existe pas un seul facteur causal de la maladie mais plusieurs facteurs de risque :
  • Génétique et hérédité : « plusieurs membres de la famille ont du diabète ».
Certaines populations sont particulièrement touchées par le DNID, confirmant ainsi son origine génétique (haïtiens, autochtones…)
  • Surpoids et l'obésité : entre 60 et 90 % selon les études, des patients ayant un DNID présentent un surpoids important 
  • Sédentarité 
  • Certains médicaments hyperglycémiants (cortisone…)

Certains diabètes sont « secondaires » : pancréatites (alcool, maladies de surcharge ou de malnutrition...), chirurgies pancréatiques, maladies sévères du foie, endocrinopathies (acromégalie, Cushing…)

Ces facteurs de risque invitent à plus de vigilance donc de dépistage, chez :
·        Antécédents de diabète familial
·        Obésité
·        Sédentarité
·        Diabète gestationnel
·        Naissance de bébés faisant plus de 4 kilos
·        Médicaments comme la cortisone...

3 – SIGNES CLINIQUES

·        L'hyperglycémie chronique est le plus souvent asymptomatique, c'est-à-dire non ressentie.
·        Si le diabète est très déséquilibré, des symptômes peuvent apparaître : soif importante, augmentation de la diurèse sur 24 heures (c'est le syndrome polyuro-polydipsique.)
C’est une polyurie osmotique.
La déshydratation et l’hypo volémie qui en résultent, entraînent une soif augmentée (polydipsie).
La polyurie est causée par le dépassement des capacités de réabsorption des cellules du TCP pour le glucose, quand la glycémie est élevée.
La polyurie est secondaire à la réduction de la réabsorption d’eau dans l’anse de HENLÉ (branche ascendante), à cause de la présence d’une molécule (glucose) osmotiquement active.
La déshydratation qui en résulte déclenche la soif.
·        Une asthénie majeure, un amaigrissement seront surtout des signes d'une décompensation sur insulino-nécessitance, imposant un bilan médical rapide
·        Enfin, ce sont les signes de complications du diabète qui peuvent le révéler (voir plus loin.)  

4 – CONFIRMATION

  • Glycémie à jeun supérieure ou égale à 1,26 g/l (ou 8,3 mmol/l), à deux reprises,
  • Hémoglobine glyquée : témoin de l’hyperglycémie sur 3 mois +++
L'hémoglobine glyquée représente les molécules d'hémoglobine modifiées par fixation non enzymatique d'oses, surtout le glucose, sur des les fonctions aminées de la globine.
Sa valeur normale est entre 4 et 6 % de l’Hb totale.
La glycation non enzymatique des protéines est un processus physiologique très lent, et est d’autant plus importante que la glycémie est élevée.
Puisque la durée de vie des GR est de 120 jours, la concentration d'hémoglobine glyquée donne des informations sur l'équilibre glycémique des 12 dernières semaines précédant la prise de sang.
C’est une information fiable, rétrospective sur un terme assez long (3 mois).

5 – ÉVOLUTION

Le DNID va se compliquer. Toujours !

Il est donc très important de dépister le diabète, mais aussi tous les autres facteurs de risque cardiovasculaires : hypertension artérielle, excès de lipides sanguins (dyslipidémies), tabac, obésité, hérédité de maladie cardiaque...

Car le diabète étant un des plus graves facteurs de risque artériel, les diabétiques vont mourir d'angine de poitrine, d'infarctus du myocarde, d'accidents vasculaires cérébraux...

6 – TRAITEMENT

·        Respect de règles hygiéno-diététiques : maigrir ++++++++++
·        Lutte contre les autres facteurs de risque vasculaires +++++++
·        Les traitements médicamenteux sont les antidiabétiques oraux (ADO) et quand ils ne suffisent plus, l'insuline.




2 – DIABÈTE INSULINO-DÉPENDANT (type 1)

10% des diabètes.
Sujets, non obèses, jeunes (avant l'âge de 30 ans).
L’insuline est obligatoire.

2 – 1 – PHYSIOPATHOLOGIE

— Rôle de l'auto-immunité :
  • On découvre souvent des anticorps anti-îlots de Langerhans
  • La réaction auto-immune est déclenchée par des facteurs environnementaux probablement multiples et intriqués, surement mal connus (toxiques, virus, etc.).
  • Le diabète de type 1 est souvent associé à d'autres maladies auto-immunes (thyroïdite de Hashimoto, maladie de Basedow, myxœdème idiopathique, maladie d'Addison, maladie de Biermer, vitiligo, maladie cœliaque, etc.)
  • Et l’alimentation ?

Prédisposition génétique : anomalies de certains gènes du système HLA situé sur le bras court du chromosome 6.

— Chez des sujets prédisposés génétiquement, les cellules bêta du pancréas sont attaquées par les facteurs environnementaux lors de la phase de pré diabète.
Cela dure souvent quelques années.
La capacité pancréatique de produire l’insuline s’affaiblit.
La tolérance au glucose s'affaiblit.
Quand le seuil critique (20%) de cellules ß de Langerhans est atteint, le diabète se déclare.
L'hyperglycémie qui en résulte est un facteur aggravant : elle épuise les cellules ß restantes et entraîne une diminution de la sensibilité périphérique cellulaire à l'action de l'insuline.

On peut obtenir parfois des rémissions sous l'effet de traitements immunosuppresseurs (ciclosporine) au tout début clinique de ce diabète.
Une prévention sera sans doute possible à l'avenir, avec la mise en route plus précoce d'un traitement immunosuppresseur dès la phase pré diabétique.

2 – ÉVOLUTION

Les risques sont les mêmes que ceux du DNID, mais leur installation est plus rapide et le résultat souvent plus spectaculaire.

3 – TRAITEMENT

Le traitement est toujours l’insuline.


3 – COMPLICATIONS DU DIABÈTE

3 – 1 – COMPLICATIONS MÉTABOLIQUES

3 – 1 – 1 – HYPOGLYCÉMIE

► Signes cliniques
·        Ils sont variés et variables, d’un sujet à l’autre.
·        Pâleur, transpiration, tachycardie, fringale 
·        Fatigabilité, troubles de l'humeur, diplopie 
·        Convulsion, agitation psychomotrice, signes évoquant une ivresse alcoolique aiguë
·        Coma

► Facteurs favorisants 
·        Dans le DID, inadéquation entre régime alimentaire, activité physique et dose d'insuline
·        Dans le DNID, interactions médicamenteuses ou de tares viscérales surajoutées (insuffisance rénale.)

► Traitements 
·        Le traitement de l'hypoglycémie repose sur l'administration de sucre sous plusieurs formes, selon l’état de conscience du sujet :
·        Boissons sucrées, morceaux de sucre si le patient est conscient
·        Perfusion intraveineuse de glucosé à 30% si le patient est inconscient
·        Injection IM de glucagon, sauf en cas de traitement par sulfamide.

3 – 1 – 2 – ACIDOCÉTOSE DIABÉTIQUE

3 – 1 – 2 – 1 – Étiologie et mécanismes

DID 8 fois sur 10, DIND 2 fois sur 10.
Mode de découverte dans 30% du DID chez le jeune.

Facteurs favorisants : toute situation ou la glycémie augmente et/ou la carence insulinique est profonde…
  • Infection +++ (35%)
  • Lésion organique : complication vasculaire elle même d’origine diabétique (15%)
Ces 2 circonstances augmentent considérablement les besoins glucidiques de l’organisme.
  • Arrêt de l'insulinothérapie (accidentel, suicide), 10%
  • Grossesse : les besoins en insuline augmentent dès le 2ème trimestre de la grossesse, avec un risque non négligeable de mort fœtale in utero (5%).
  • Chirurgie (10%)
  • Autres (traumatismes…)

3 – 1 – 2 – 2 – SIGNES CLINIQUES

 

3 – 1 – 2 – 2 – 1 – Phase dite de pré-coma diabétique


Phase d’installation progressive sur plusieurs jours : polydipsie, polyurie, perte de poids (souvent plus de 10 kg en quelques semaines, malgré un appétit conservé).
Sont souvent associés : crampes nocturnes, troubles visuels, nausées, anorexie…

3 – 1 – 2 – 2 – 2 – Phase d'acidocétose sévère


─ Le coma n’est pas obligatoire : entre 10 % et 20 % des patients ont une conscience parfaitement normale, les autres patients ont une altération plus ou moins nette de leur état de conscience, de la confusion au coma (rare).
Les cellules cérébrales sont spontanément perméables au glucose même sans insuline. Donc, pas de coma en phase initiale d’installation de cette complication.

Haleine acétonique :
L’absence d’insuline ou son importante carence par rapport aux besoins, est responsable de l’impossibilité pour le glucose de pénétrer dans les cellules.
Celles-ci sont « obligées » de recourir à d’autres sources d’énergie, dont les lipides.
Le métabolisme de ces derniers produit beaucoup de déchets, dont l’acétone (la lipolyse adipocytaire libère des AG dont le métabolisme hépatique produit des corps cétoniques).
De plus, on observe une baisse de la consommation périphérique des corps cétoniques, car leur transformation est régulée par l’insuline !!!  

Les 2 voies privilégiées de l’élimination de l’acétone en excès, sont les reins et les poumons.
  • Polypnée ample et bruyante +++, dite dyspnée de Kussmaul
  • Fréquence respiratoire > 20. Au plus l’acidose est importante, au plus la polypnée est importante, sans lien direct avec une éventuelle cause infectieuse respiratoire.
  • Odeur caractéristique d'acétone exhalée +++.
  • L’hyperventilation aggrave la déshydratation !!!

  Déshydratation globale :
  • DEC (pli cutané, yeux excavés, hypotension) et DIC (soif, sécheresse de la muqueuse buccale, souffrance cérébrale)
  • Les troubles de conscience limitent l’hydratation. La polyurie dépasse considérablement la polydipsie, aggravant le déséquilibre hydrique +++.
  • Un collapsus cardio-vasculaire survient 1 fois sur 4 : résultat combiné de la déshydratation (sévère hypovolémie) et de l’étiologie (+/- septicémie à gram négatif ou lésion viscérale aiguë – infarctus ou pancréatite).

  Hypothermie fréquente mais non obligatoire, même si infection (dérèglement des centres hypothalamiques de la thermorégulation, lié à la DIC, l’acidose, et vasodilatation périphérique). Hyper leucocytose (hémoconcentration liée à la DEC) : ni la température centrale, ni la FSC n’aident au diagnostic d’infection comme facteur déclenchant.

  Signes digestifs (non spécifiques) : nausées ou vomissements qui aggravent la déshydratation et la perte ionique, exposent aux risques de fausses routes trachéales, peuvent provoquer un syndrome de Mallory-Weiss (ulcérations oesophagiennes hémorragiques).
Douleurs abdominales : 1 fois sur 2,  si acidose sévère.

─ Si coma, il est calme, flasque. Sans foyers neurologiques (aucun signe à l’examen neurologique ne peut orienter vers une lésion cérébrale) ++++

─ Glycémie capillaire élevée, glycosurie et cétonurie importante +++.

Finalement, la constatation d'un syndrome clinique d'acidose, d'une hyperglycémie capillaire supérieure à 13,7 mmol/l (2,50 g/l), d'une glycosurie sévère et d'une cétonurie importante, permet d'entreprendre un traitement énergique avant le résultat des examens biologiques plus complets.

3 – 1 – 3 – COMA HYPER OSMOLAIRE

Déshydratation massive, osmolarité supérieure à 350 mmol/l due à une hyperglycémie majeure et une hypernatrémie.
Pas de cétose ++++.

 

Facteurs favorisants :
  • Patients de plus de 60 ans
  • DNID ++++ = type 2. 
  • Patients ne percevant pas la sensation de soif (apanage de l’âge +++) ou étant dans l'impossibilité de l'assouvir pour des raisons neurologiques
  • Le processus hyperosmolaire peut être enclenché par toute cause de déshydratation : vomissements, diarrhée, infection surtout pulmonaire... ou par tout facteur d'hyperglycémie : « agression » responsable d'une hyper-sécrétion des hormones de contre-régulation (infection, accident vasculaire), mais aussi prescription de médicaments (diurétiques) ou de solutés hyperglycémiants (corticoïdes), fortes chaleurs, absorption massive de boissons très sucrées…

Exemples :
  • Sujet âgé diabétique avec HTA traitée par les diurétiques et faisant un ACV
  • Sujet âgé diabétique traité par corticoïdes pour une maladie de Horton
  • Sujet âgé diabétique vivant en institution pour démence et victime d'une infection broncho-pulmonaire (pneumonie…)

 

3 – 1 – 3 – 2 – PHYSIOPATHOLOGIE


Processus auto-entretenu : situation de stress, libération d’hormones hyperglycémiantes, l'hyperglycémie initiale crée une polyurie « osmotique ». Insuffisamment compensée par les apports hydriques, elle entraîne une hypo volémie majeure (pire que dans l’acidocétose). Elle même induit une insuffisance rénale fonctionnelle              rétention sodée (lutte contre l’hypovolémie), et élévation importante du seuil rénal du glucose (c’est le seuil au delà duquel le glucose passe dans les urines = 9,9 mmol/l)                   augmentation de la glycémie.
Il faut une limitation à l’accès à l’eau pour que la déshydratation soit aussi rapide à s’installer (sujets en milieu psychiatrique, sujets âgés, isolés, alités…)

La polyurie n'est plus seulement osmotique.
Elle se prolonge jusqu’à ce que la chute de la perfusion rénale entraîne une oligo-anurie (insuffisance rénale aiguë fonctionnelle).

Absence de cétose : inhibition de la lipolyse par la persistance au début, du processus d'une insulinémie périphérique insuffisante pour permettre la pénétration intra-cellulaire du glucose, mais suffisante pour inhiber la lipolyse.

3 – 1 – 3 – 3 – SIGNES CLINIQUES


Début insidieux, progressif, sur plusieurs jours voire 1 à 3 semaines : polyurie mal compensée, donc perte de poids et 1ers signes de déshydratation, apathie.

La simple surveillance de la diurèse devrait permettre de dépister l'hyperglycémie et la déshydratation avant le stade du coma hyper osmolaire.
Malheureusement, l'attention est souvent détournée par l'affection aiguë déclenchante.

Le coma hyper-osmolaire associe :

  Pas de cétose : pas d'odeur acétonique de l'haleine, et sans acidose métabolique sévère, pas de polypnée de Kussmaul. Des traces ou une croix d'acétone à l’examen urinaire à la bandelette, n'éliminent pas le diagnostic.

Très intense +++ déshydratation globale +++++ (DIC et DEC)
DIC = intra-cellulaire : sécheresse de la cavité buccale (face inférieure de la langue du sillon gingivo-jugal), disparition de la sudation, hypotonie des globes oculaires, soif, perte de poids.
DEC = extra-cellulaire : veines plates, marbrure cutanée, pli cutané sans valeur chez le sujet âgé, hypotension artérielle et tachycardie.

─ Troubles de la conscience (de l'obnubilation au coma), avec signes neurologiques en foyer (déficit moteur ou sensitif, asymétrie des réflexes, Babinski positif), crises convulsives, température centrale variable (de la fièvre à l'hypothermie, sans lien direct avec le facteur causal).

─ Ses signes digestifs variés : nausées, vomissements, douleurs abdominales.

─ Les examens biologiques montrent une glycosurie massive, et une glycémie extrêmement élevée.
3 – 1 – 3 – 5 – ÉVOLUTION et COMPLICATIONS
─ État de choc fréquent.
─ Quand la polyurie devient majeure, l’hypo volémie amène à l’insuffisance rénale aiguë.
─ Tendance à l’hypokaliémie

─ La déshydratation massive est responsable d’une augmentation de la concentration des sécrétions exocrines et du sang :
  • Hyper viscosité des sécrétions bronchiques : risque d’atélectasie avec ou sans surinfection
  • Hyper viscosité sanguine : thromboses artérielles (infarctus cérébral, coronarien, mésentérique ou gangrène) et veineuses (phlébite, embolie pulmonaire)
  • Les thromboses artérielles cérébrales créent des AVC avec séquelles encéphaliques et psychiques, altérant l’état neuropsychique des sujets même après récupération

Infections non spécifiques très fréquentes : infection urinaire sur sonde, infection sur cathéter, plaie de lit.

3 – 1 – 4 – ACIDOSE LACTIQUE

 

3 – 1 – 4 – 1 – PHYSIOPATHOLOGIE


Il faut 3 facteurs nécessaires pour l’installation de cette complication.

─ L'acide lactique est un produit du catabolisme anaérobie du glucose.
L'hyper production d’acide lactique survient dans toutes les circonstances ou l’oxygénation tissulaire est déficitaire, donc tous les états d’ischémie tissulaire +++.
  • Tous les états de choc quelle que soit leur mécanisme
  • Intoxication à l'oxyde de carbone
  • Anémie sévère
  • Altérations mitochondriales avec l’acétaminophène, l’alcool, certains médicaments anticancéreux…
  Le foie est équipé pour traiter de grandes quantités d'acide lactique. Le 2ème facteur est une insuffisance hépatocellulaire.
Elle peut se rencontrer dans :
  • Une hépatite aiguë
  • Une cirrhose avancée
  • Un foie cardiaque aigu
  • Une intoxication alcoolique
  • Un jeûne prolongé
  • Une famille de médicaments antidiabétiques oraux, les biguanides +++.
À la différence de certains traitements qui augmentent la synthèse d’insuline par le pancréas, ceux-là agissent directement sur le foie et diminuant sa production de glucose.

  L'acidose lactique est une acidose métabolique, qui devrait normalement être compensée par les reins (élimination de H+ et réabsorption de bicarbonates).
Une des complications du diabète, est l’insuffisance rénale.

Les reins étant incapables de compenser cette acidose sévère (pH inférieur à 7,2), celle-ci entraine une chute du débit cardiaque, ce qui aggrave l'hypoxie cellulaire, réduisant la capacité des cellules à fonctionner en aérobie, ce qui augmente la production de lactates (acide lactique).

Le choc qui en découle, est un état de stress intense, libérant de grandes quantités de  catécholamines, ce qui stimule la glycogénolyse (anaérobie), ce qui produit encore plus d’acide lactique…

3 – 1 – 4 – 2 – SIGNES CLINIQUES


  • Prodromes : syndrome poly algique = douleurs musculaires, douleurs abdominales et thoraciques et troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhées).
  • Hyperpnée (tentative de compensation de l’acidose) sans odeur d’acétone de l'haleine, troubles de la conscience variables.
  • Le choc est responsable d’une hypo perfusion rénale précoce. L’oligo-anurie qui en résulte permet de ne voir s’installer de déshydratation.
  • L’insuffisance rénale associée crée une hyperkaliémie, avec ses risques propres de troubles du rythme cardiaque.

3 – 2 – COMPLICATIONS DÉGÉNÉRATIVES : micro-angiopathies et macro-angiopathies

La réduction importante de la capacité cellulaire, à utiliser le glucose comme source énergétique, oblige l’emploi d’autres ressources.
La mobilisation des corps gras, impose leur transformation hépatique en cholestérol, très athérogène ++++++.
Ces complications sont assez liées à la durée du diabète et à son niveau d’équilibre.

3 – 2 – 1 – L'atteinte des gros vaisseaux (la macro-angiopathie)

Le diabète = facteur de risque vasculaire et multiplie par 2 ou 3 le risque d'accidents cardiovasculaires.
La macro angiopathie est une version diabétique de l’athérosclérose.

75% des décès chez le diabétique : angine de poitrine, infarctus du myocarde, artériopathie des membres inférieurs, accidents vasculaires cérébraux.
Prendre en compte les autres facteurs de risque : obésité, hypertension artérielle, dyslipidémie (hypercholestérolémie), tabagisme...

3 – 2 – 2 – L'atteinte des petits vaisseaux (la micro-angiopathie)

Les cibles de ces complications, sont les tissus ou la pénétration du glucose est « libre » : rétine, reins et nerfs périphériques.

L'atteinte des vaisseaux de petit calibre et des capillaires est relativement spécifique au diabète.
·        La présence du glucose, substance osmotiquement active, favorise une augmentation des pressions vasculaires locales, donc de la perméabilité pariétale, source d’œdème.
·        La souffrance cellulaire pariétale chronique libère des radicaux libres.
·        Les cellules pariétales en outre, libèrent du facteur de Willebrand, causant une hyperviscosité sanguine locale (tendance thrombogène, hyper-aggrégabilité).
Ces effets accélèrent l’apoptose cellulaire +++.

L'hypertension artérielle et le tabagisme aggravent considérablement ces anomalies.

— Rétinopathie diabétique = une des principales complications du diabète. 1ère cause de cécité dans le monde occidental.
La moitié des diabétiques présentent une maladie de la rétine après 15 ans d'évolution.

20 % des DT 2 ont déjà une RPD quand le diagnostic tombe !
Après 20 ans de diabète, la RPD est présente chez  90 % des DT 1 et 60 % des DT 2.

Consultation ophtalmologique obligatoire tous les ans +++.

— La néphropathie diabétique = complication rénale du diabète.
Protéinurie, tendance à l' HTA et détérioration progressive de la fonction rénale. Insuffisance rénale chronique chez 50% des DID.
40% des diabétiques tous types, auront une IRC à long terme.
20% des hémodialysés sont diabétiques.

3 – 3 – NEUROPATHIE DIABÉTIQUE

Elle est favorisée par l’âge (plus de 50), le sexe (homme), l’alcoolisme associé, la présence d’une artériopathie clinique des membres inférieurs.
Touche 50% des diabétiques après 25 ans de maladie.


Elle a des expressions très diverses :

Neuropathie périphérique (membres inférieurs) : 80% des neuropathies.
·        À prédominance sensitive = troubles de la sensibilité à la chaleur et à la douleur + mauvaise perception des vibrations du diapason.
Ces troubles sensitifs prédisposent à l'ostéo arthropathie (destruction articulaire indolore) et au mal perforant plantaire (ulcère profond, allant jusqu’à l’os).
Presque 80% des neuropathies : topographie distale en chaussettes, avec coexistence de troubles de la sensibilité tactile et de douleurs spontanées, surtout nocturnes, d’intensité variable, avec ou sans paresthésies…
·        Atteinte motrice plus tardive : Les ROT sont diminués ou abolis.

Mono neuropathie : atteinte d'un seul nerf = diplopie par atteinte d'un nerf moteur oculaire, paralysie faciale périphérique, cruralgie, compression du médian (canal carpien)… 15% des neuropatrhies.

Atteinte du système nerveux végétatif (neuropathie végétative) :
  • Troubles digestifs :
☼ Gastro parésie : troubles digestifs post prandiaux (pesanteur gastrique, nausées, sensation de satiété…)
☼ Diarrhée indolore, fécale, post prandiale, évoluant par poussées…
  • Troubles urinaires :
☼ Troubles de la vidange vésicale avec son risque de rétention urinaire, augmentation des infections urinaires et risque de pyélonéphrite chez ces immunodéprimés
☼ Impuissance +++ (artérite de la macro-angiopathie, neuropathie, fibrose pénienne de privation vasculaire, médicaments…) dans 30% des cas
☼ Éjaculation rétrograde +++
  • Troubles cardio-vasculaires
☼ Troubles vasomoteurs avec peau froide et sueurs
☼ Parfois pouls bondissants…
☼ Tachycardie de repos, asymétrie tensionnelle et OTA orthostatique
☼ Troubles de la sudation, depuis l’absence jusqu’à l’excès…
  • Disparition des symptômes d'origine adrénergique des hypoglycémies (pâleur, sueurs, tachycardie...)

3 – 4 – INFECTIONS DU DIABÉTIQUE

Diabète mal équilibré = risque infectieux majoré = déséquilibre diabétique.

Fréquentes : infections urinaires et infections cutanées à staphylocoques ou à champignons (mycoses.)

L’hyperglycémie altère les fonctions leucocytaires, via la carence en AA qu’elle entraine (consommation plus élevée comme source énergétique) :
·         Diminution de leur mobilisation
·         Altération de leur chimiotactisme
·         Baisse de l’activité bactéricide des polynucléaires neutrophiles

3 – 5 – Cas particulier : LE PIED DU DIABÉTIQUE

Surinfection de plaies négligées +++, troubles circulatoires et maux perforants.
Il faut 20 fois plus d’O2 pour cicatriser un tissu que pour entretenir sa vitalité de base.

Causes intriquées :
·         Ischémie (macro angiopathie diabétique) : nécroses localisées
·         Neuropathie périphérique (perte de sensibilité) : le pied, par disparition des sensations normales, perd aussi ses signaux normaux d’alarme en cas d’agression. En outre, la perte de sensibilité proprioceptive et profonde, crée une redistribution des pressions plantaires, à l’origine du mal perforant plantaire = MPP (ulcération arrondie au point d’appui des têtes du 1er, du 5ème métatarsien, ou du  talon).
·         Neuropathie végétative (troubles circulatoires locaux favorisant l'ostéo arthropathie.) La disparition de la sudation crée des crevasses et des fissures (portes d’entrée infectieuses). L’apparition de shunts artério-veineux altère la distribution sanguine : l’augmentation du débit vasculaire dans les os des pieds, crée une déminéralisation locale (l’ostéo arthropathie diabétique apparaît après des traumatismes mineurs – fractures, déformations, télescopages osseux…)

Infection = facteur aggravant des lésions ischémiques et neuropathiques.

Prévention = idéale +++ : hygiène des pieds, chaussures non traumatisantes, soins de pédicure pour les diabétiques (ablation de callosités et coupe non traumatique des ongles.)

Physiopathologies :
— Le MPP est une ulcération arrondie, indolore, positionnée sur les  points d’appui du pied (têtes des 1er et 5ème métatarsiens, talon, plante du pied).
Son apparition est insidieuse, sous forme de durillon ou de callosité.
Suite à une petite agression locale, qui passe inaperçue, apparait une ulcération dont le  fond est atone (a vasculaire) et dont les bords sont souvent hyperkératosiques.
Il est découvert tardivement (neuropathie sensitive +++), se creuse et peut recruter les   structures osseuses.
— L’ostéo-arthropathie diabétique est liée à l’augmentation du flux sanguin osseux (hyper vascularisation osseuse), qui favorise la déminéralisation.
Elle peut se développer après un traumatisme, même mineur, du pied.
Elle se présente comme une ostéolyse mutilante, surtout du tarse, de l’avant-pied, du  calcanéum (rarement de la cheville).
Apparaissent des subluxations, ruptures des surfaces articulaires, fractures, fragmentations et télescopages des os.
L’ostéoarthropathie nerveuse diabétique aboutit tardivement au « pied de CHARCOT » (destruction totale).

Concerts

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