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28 janv. 2012

PROTHÈSE TOTALE DE GENOU

QUELQUES GÉNÉRALITÉS

L'usure des cartilages survient chez de nombreuses personnes; elle résulte de plusieurs causes
dont les principales sont:
- la gonarthrose : l'arthrose du genou peut être la conséquence de séquelles de fracture articulaire, d'un mauvais alignement du membre en dedans (varus) ou en dehors (valgus), d'une rupture ancienne de ligaments, d'une ablation ancienne de ménisque.
- la polyarthrite rhumatoïde ou un autre rhumatisme inflammatoire
- l'ostéonécrose qui siège le plus souvent sur le fémur
Les premières prothèses du genou sont apparues il y a une trentaine d'années. Elles ont transformé la vie de ces patients présentant de graves lésions du genou et qui, jusqu'à leur apparition, ne pouvaient plus marcher que sur quelques mètres au prix de vives douleurs.
Lorsque la douleur, l'instabilité, l'impotence ou les épanchements s'aggravent, et que les traitements médicaux sont sans effet au point de gêner la simple station debout, la montée d'escaliers ou la marche, il faut envisager l'heure de la chirurgie et de la mise en place d'une prothèse du genou.
ANATOMIE
Le genou articule le fémur au tibia et à la rotule

Le fémur et le tibia comportent des surfaces articulaires cartilagineuses :

- le condyle interne et le condyle externe qui s'articulent avec les surfaces tibiales
- la trochlée fémorale s'articule avec la rotule en avant.
- le plateau tibial interne et le plateau tibial externe s'articulent avec les condyles du fémur.

Les ménisques sont au nombre de deux : interne (MI) et externe (ME).
Ce sont des cales élastiques situées entre le fémur et le tibia qui amortissent les chocs et permettent aux surfaces osseuses recouvertes de cartilage de bien s'adapter l'une à l'autre. Leur disparition entraîne une usure progressive des cartilages c'est à dire une lente évolution vers l'arthrose.

Les ligaments assurent la stabilité du genou : latéral interne (LLI) et externe (LLE), les ligaments croisés antérieur (LCA) et postérieur (LCP).
LES PROTHÈSES DU GENOU
Le plus souvent, les ligaments de l'articulation sont intacts ou peu lésés.

Le chirurgien va remplacer la totalité des surfaces articulaires du fémur, du tibia et de la rotule par une prothèse totale qui se compose de trois implants différents :
La prothèse fémorale en alliage de chrome-cobalt va glisser et rouler sur le plateau tibial en polyéthylène
La prothèse tibiale qui comprend elle même deux parties :
-un plateau métallique en alliage de chrome-cobalt ancré dans le tibia.
-un plateau en polyéthylène qui repose sur le plateau métallique tibial.
La prothèse de la rotule : en polyéthylène, elle n'est pas posée systématiquement si elle n'est pas usée ou si sa forme s'adapte parfaitement à celle de la prothèse fémorale.
DÉROULEMENT de la PRISE en CHARGE de L'OPÉRÉ
AVANT L'INTERVENTION un bilan complet est indispensable.

Le dépistage de tout foyer infectieux (dentaire, sinusites, infection urinaire etc.) est indispensable. En effet les microbes présents dans l'organisme sont susceptibles de venir se fixer sur la prothèse et de provoquer une infection.

Le dépistage des facteurs de risque susceptibles de favoriser des complications post-opératoires immédiates et/ou de favoriser une usure ou un descellement de la prothèse ultérieurement. Ces facteurs de risques principaux sont :
- le diabète
- l'algodystrophie
- l'épilepsie - la maladie de Parkinson
- un traitement corticoïde ou immunodépresseur
- une infection à distance, ou une infection locale ancienne ou larvée
- l'obésité (poids supérieur de 20% à la normale)
- des antécédents de thrombose veineuse

Il n'est pas nécessaire de prévoir une transfusion car on utilise un appareil de récupération du sang au cours de l'intervention (cell saver) et pendant les deux heures suivant l'intervention; votre sang vous est retransfusé après filtrage. Cela évite tout risque de transmission de maladie sanguine.

Nous vous remettrons également des ordonnances pour effectuer le bilan médical général nécessaire à l'anesthésie.
L'HOSPITALISATION
Elle dure 8 à 10 jours dans le service de chirurgie, suivie d'un séjour en centre de rééducation à l'institut CALOT ou dans un autre centre de votre choix ( Une demande de prise en charge sera nécessaire). Ce séjour en centre paraît très souhaitable pour obtenir un bon résultat.
Le jour de l'hospitalisation, le personnel procédera au rasage du membre, une préparation de la peau du membre opéré après une douche antiseptique.

La mise en place d'une prothèse de genou est actuellement un acte courant, bien codifié, qui dure en moyenne une heure suivant les difficultés rencontrées. Vous serez ensuite surveillé en salle de réveil d'anesthésie, puis reconduit dans votre chambre (ou dans une chambre de surveillance pour 1 ou 2 jours).

L'INTERVENTION CHIRURGICALE
Une fois les coupes osseuses réalisées, et les implants d'essai positionnés, on vérifie l'équilibre ligamentaire, la stabilité et le bon centrage de la rotule au cours de la flexion du genou. Le resurfaçage de la rotule par un bouton en polyéthylène n'est pas obligatoire.
LES SUITES OPÉRATOIRES
Votre jambe sera surélevée sur un coussin, et votre articulation recouverte d'une vessie de glace pour diminuer l'inflammation et la douleur ; des calmants vous seront administrés à titre systématique et à la demande.
La rééducation sous le contrôle du chirurgien et du kinésithérapeute débute dès le lendemain de l'intervention. C'est elle qui va permettre à l'opéré de récupérer l'amplitude des mouvements et de reprendre la marche. Elle sera aidée dès le lendemain de l'opération par une attelle motorisée que le patient et le kinésithérapeute contrôlent en permanence.
Après le premier lever le lendemain de l'opération, la marche est reprise progressivement à partir du deuxiéme jour, avec l'aide de deux cannes anglaises. La technique chirurgicale et la prise en charge de la douleur permettent d'effectuer une rééducation rapide: Mobilisation pasive et active au lit et au fauteuil dès le lendemamin de l'opération, et en salle de rééducation avec des appareillages vers le 5° jour.
La montée et descente d'escaliers, et le pédalage sur vélo sont habituellement programmés à la fin de la première semaine.
Le transfert vers le centre de réducation se fait entre le 8° jet 10° jour.
Il faut savoir que le genou reste chaud pendant plusieurs semaines après l'opération, même en l'absence de complication ( environ 3°C aussitôt après la chirurgie). le retour à la normale s'effectue environ vers le 6° mois. Il faut donc glacer le genou tant qu'il reste chaud, même après la sortie du centre de rééducation.
Un traitement médical systématique par anticoagulants et port de bas de contention pendant une trentaine de jours est prescrit pour prévenir le risque de phlébite. Un examen echodoppler veineux et une radiographie sont faits à titre systématique en cours d'hospitalisation.
RÉSULTATS ET COMPLICATIONS
RÉSULTATS
Les résultats sont en général très bons. Les douleurs disparaissent, la marche redevient normale. Vous pourrez reprendre des activités normales (marches, vélo, jardinage, etc.) ; Les cannes sont habituellement abandonnées entre la fin du deuxième et du troisième mois après l'opération. Certains patients conservent une canne quelques semaines de plus lorsqu'ils sortent de leur domicile.

Les résultats d'une prothèse du genou, en particulier la flexion s'améliorent pendant environ un an.

Il est déconseillé de faire des activités physiques pouvant entraîner des chocs répétés ou violents risquant de faciliter un descellement ou une usure précoce.
Les activités de “travail” peuvent en général être reprises 3 à 4 mois après l'intervention, et la conduite automobile à la fin du premier mois.

Dans environ 90% des cas les patients n'ont plus de douleurs ou une douleur très modérée. La mobilité s'améliore pendant un an après l'intervention. Dans la majorité des cas la flexion atteint 90° à 120°, ce qui est indispensable pour monter et descendre normalement les escaliers. La récupération de la mobilité du genou opéré dépend également de la mobilité préopératoire et de la morphologie (obésité). Un genou raide avant l'intervention risque de conserver une limitation de sa mobilité. La longueur de la récupération est aussi conditionnée par le déficit musculaire préopératoire : il est donc conseillé d'effectuer des exercices de rééducation personnels ou chez le kinésithérapeuthe avant la chirurgie pour récuperer un bon tonus musculaire et une amélioration de la mobilité. Cela facilitera la récupération.

La durée de vie moyenne d'une prothèse totale de genou varie de 15 à 20 ans. Nous ignorons ce que sera la survie moyenne des prothèses de la nouvelle génération avec plateau tibial mobile puisqu'elles n'ont que 20 à 30 ans de recul pour les plus anciennes. Mais le suivi clinique et des radiographies de ces prothèses fait penser qu'elles dureront probablement plus longtemps.
COMPLICATIONS

Un certain nombre de complications sont cependant possibles comme dans tout acte chirurgical.

Cette liste n'est pas exhaustive, mais énumère les plus fréquentes.

Désunion ou retard de cicatrisation : elles sont dues au fait que la peau en avant du genou est mal vascularisée. Elles sont favorisées par une maladie dermatologique préexistante, un état diabétique, ou un traitement corticoïde au long cours, et des interventions chirurgicales antérieures sur le genou prothésé.
En général ces incidents sont sans conséquences. Dans quelques cas, ils peuvent néanmoins conduire à une nécrose de la peau et entraîner une exposition à l'air de la prothèse responsable d'infection.
Dans ce cas, il faut envisager une réintervention pour couvrir la prothèse avec des tissus sains.




L'infection est une complication redoutable, heureusement rare dans notre établissement. Mais sa fréquence reste cependant globalement aux environs de 0,2 %. Elle peut survenir dans les deux mois post-opératoires, mais aussi secondairement à distance à la suite d'une infection chronique (dentaire, urinaire, dermatologique etc.). Elle nécessite une nouvelle opération: soit un nettoyage de la prothèse en cas de dépistage rapide, soit un changement de prothèse avec une longue antibiothérapie en cas d'évolution chronique.
La solution ultime en cas de persistance de l'infection est l'arthrodèse, c'est à dire le blocage du genou après avoir enlevé la prothèse.

La raideur : malgré la kinésithérapie manuelle et les attelles motorisées, des brides peuvent empêcher une récupération satisfaisante de la mobilité (on doit obtenir 90° de flexion à la fin de la troisième semaine). Dans ce cas le chirurgien vous proposera de mobiliser votre genou sous anesthésie générale sans réouvrir le genou pour rompre les adhérences. Une arthroscopie peut être peut être nécessaire surtout si la raideur est traitée après le deuxième mois.

L'usure du polyéthylène : Le polyéthylène peut s'user. Les débris d'usure entraînent une réaction qui va détruire l'os et desceller la prothèse. Des douleurs à la marche, un épanchement, une inflammation font leur apparition. Il faut alors réopérer pour changer le Polyéthylène, ou la prothèse.

Le descellement : c'est la mobilisation progressive de la prothèse par faillite de sa fixation qui menace l'évolution à long terme des prothèses.
Les descellements ont diverses origines : ostéoporose, usure du polyéthylène, mais sont aussi dues à un excès de poids ou des activités trop dangereuses comme un sport pivot. Les statistiques de descellement varient avec le type de prothèse, et les équipes chirurgicales. Il faut alors enlever la prothèse.

C'EST DIRE L'IMPORTANCE DE NE PAS GROSSIR, ET MÊME DE MAIGRIR POUR MÉNAGER LA LONGÉVITÉ DE LA PROTHÈSE

Les complications rotuliennes constituent la complication la plus fréquente. Ces complications vont de la douleur plus ou moins invalidante, à la subluxation permanente de la rotule et le descellement surtout chez les obèses ( Indice de Masse Corporelles > 40). Elles peuvent nécessiter une nouvelle intervention pour réaxer la rotule ou changer la prothèse.
En cas de non resurfaçage de la rotule (il n'est pas obligatoire de resurfacer la rotule lorsqu'elle n'est pas arthrosique et usée), le cartilage peut néanmoins s'user et il faudra dans ce cas réoperer secondairement pour mettre un bouton rotulien en polyéthylène (2 à 3% des rotules non prothésées).

DES COMPLICATIONS GÉNÉRALES sont susceptibles de survenir dans les suites opératoires en particulier
- phlébites, embolie pulmonaire en cas de migration d'un caillot sanguin vers les poumons pouvant être fatale…
Leur prévention est systématiquement assurée par le port de bas de contention, la prescription d'anticoagulants, et surtout la mobilisation précoce de votre membre; vous serez levé dès le lendemain de l'opération (mise au fauteuil, puis marche le surlendemain si votre état général ne le contre-indique pas).

La fréquence de ces complications a beaucoup diminué mais il faut se souvenir qu'il n'y a pas de chirurgie et en particulier de chirurgie importante sans risques.

La description de ces complications ne doit cependant pas faire oublier qu'à 15 ans de recul, 90% des prothèses tricompartimentales du genou n'ont pas nécessité de nouvelle intervention.


SURVEILLANCE ET PRÉCAUTIONS
Une prothèse du genou doit être contrôlée régulièrement par le chirurgien qui l'a mise en place ou par un autre chirurgien orthopédiste. L'apparition progressive d'un descellement ou une usure ne sont visibles qu'à la radio au début; il ne faut pas attendre que de gros dégâts osseux apparaissent et vous faire réopérer plus tard dans des conditions difficiles. Un contrôle radiologique à 1 an, 3 ans, 5 ans, 7 ans et 10 ans paraît une sage précaution.
Le bilan radiographique comprendra les radios suivantes :

Un certain nombre de précautions sont conseillées
- Surveillez votre poids pour protéger votre prothèse.
- Installez des barres d'appui dans vos toilettes, votre douche et au-dessus de votre baignoire pour vous aider des bras pour vous lever, et ainsi diminuer les contraintes sur la prothèse.
- Prévenez votre dentiste et les médecins que vous consultez de la présence de votre prothèse car une antibiothérapie sera souhaitable lors de toute infection, afin d'éviter sa propagation à l'articulation prothésée.
- Pas d'ultrasons sur la région de la prothèse surtout si elle est cimentée. Celle-ci ne vibre pas à la même fréquence que les tissus qui l'entourent. Prévenez le kinésithérapeute et le radiologue.
- La pratique de sports comme le ski ou d'autres sports nécessitant une rotation des genoux est fortement déconseillée.



26 janv. 2012

Prothèse totale de hanche

Sur le plan anatomique osseux, la hanche est constituée d’une ‘ demi-sphère et d’une boule’. Le cotyle hémisphérique ou acétabulum pelvien est formé par la réunion des structures pelviennes iliaque et branches ilio- et ischio-pubiennes. La tête du fémur s’y articule, faisant un angle de 135° avec la diaphyse fémorale et le grand trochanter, par l’intermédiaire du col du fémur. L’articulation est stable, stabilité renforcée par un système capsulo-ligamentaire.
Le cartilage recouvre le cotyle et la tête fémorale ; il a un rôle essentiel de glissement articulaire sans friction, d’absorption des chocs et de distribution des stress.
Plusieurs muscles entourant la hanche participe à sa stabilité et sa mobilité, en particulier le moyen fessier, muscle externe entre la crête iliaque et le grand trochanter, stabilisateur horizontal du bassin à la marche, permettant une marche sans boiterie : sa rééducation après prothèse de hanche est essentielle.
La mobilité rotatoire est ainsi possible dans les trois plans de l’espace : flexion-extension, abduction-adduction, et rotation interne-externe.
La destruction de l’articulation de la hanche, ou arthrite de hanche, par un processus dégénératif : arthrose ou coxarthrose, arthrite rhumatoïde, ostéonécrose aseptique ou avasculaire, et dysplasie, réduit sa capacité fonctionnelle, avec douleur, difficulté à la marche, accourcissement du membre inférieur, perte de la qualité de travail et de la vie. Le traitement de la dégradation cartilagineuse de la hanche commence habituellement par le traitement médica (anti-inflammatoires, protecteurs de cartilage), et le traitement fonctionnel : exercices et physiothérapie, diminution de l’activité, perte de poids, cannes.
Lorsque la destruction articulaire est plus avancée, et/ou résistante au traitement médical, la reconstruction chirurgicale articulaire par une prothèse totale de hanche est nécessaire.




Le processus dégénératif : Il s’agit essentiellement de l’arthrose ou coxarthrose, l’arthrite rhumatoïde, l’ostéonécrose aseptique ou avasculaire, et la dysplasie congénitale. L’absence de congruence entre cotyle et tête fémorale a pour résultat la dégradation progressive du cartilage.


La coxarthrose est une destruction progressive, mécanique du cartilage, passant par des stades croissants d’œdème, fibrillations, fissures, érosions, défect, destruction, amincissement, et disparition complète , avec ostéophytes périphériques, réduction de l’espace articulaire, ou au maximum contact osseux ou fusion tête-cotyle, mobilité douloureuse et réduite avec boiterie.
L’arthrite rhumatoïde est une destruction d’origine inflammatoire de l’articulation, incluant cartilage, tissus péri-articulaires.et capsulo-ligamentaires.
L’ostéonécrose aseptique ou avasculaire est une destruction osseuse de la tête fémorale, parfois aussi du cotyle, par absence de perfusion sanguine consécutive à un thrombus artériel, avec destruction du cartilage sus-jacent, évolution vers l’aplatissement de la tête, et l’arthrose. Les causes de cette nécrose sont diverses : traumatique (fracture du col fémoral, luxation de hanche), corticothérapie, alcoolo-tabagisme, ou inconnues.
La dysplasie congénitale est l’absence de congruence entre tête et cotyle, pouvant prendre diverses formes anatomiques pouvant être associées: aplasie du cotyle et luxation ou sub-luxation de la tête fémorale, dysplasie de la tête fémorale et malformation frontale (coxa vara ou valga), et/ou horizontale (rétro- ou anté-version), et/ou sagittale (flexion-extension).
Diagnostic

La douleur de l’arthrite de hanche, quelle soit mécanique - coxarthrose, ostéonécrose, dysplasie - ou inflammatoire – arthrite rhumatoïde -, est commune, de siège habituellement inguinal, avec irradiation vers la cuisse antérieure et parfois vers le genou ; elle peut être postérieure ou latérale autour du grand trochanter. Douleurs d’effort, à la marche, s’aggravant vers des douleurs au repos, avec boiterie latéralisée (vers la hanche malade) à la marche, aggravée par l’accourcissement du membre inférieur.
La mobilité articulaire est progressivement réduite, le plus souvent en flexion-rotation interne, position la plus douloureuse, ou en flexion de hanche.
L’examen clinique note l’accourcissement du membre inférieur, la réduction douloureuse de la mobilité articulaire, surtout en flexion-rotation interne.
Des radiographies standard du bassin de face et de la hanche malade de face et de profil, montre les signes classiques d’arthrite : pincement de l’espace articulaire, pouvant évoluer vers le contact ou la fusion osseuse tête fémorale-cotyle, densité de l’os sous-chondral, le plus souvent au niveau du toit du cotyle ou la région supéro-externe de la tête, ostéophytes, géodes, inégalité de longueur. Des signes de dysplasie sont recherchés : insuffisance du toit du cotyle, subluxation ou luxation de la tête fémorale, malformation rotatoire du col fémoral (varus, antéversion, …).
Une IRM (Imagerie par Résonnance Magnétique) peut être nécessaire pour rechercher une ostéonécrose avasculaire, ainsi éventuellement qu’une scintigraphie osseuse.
Le scanner est plus rarement indiqué, peut aider à apprécier l’orientation anatomique du cotyle et de la tête dysplasique, et mieux juger la pose des implants prothétiques et de leurs orientations.


Traitement

Le traitement de l’arthrite de hanche dépend du grade du processus dégénératif articulaire, et de la sévérité des symptômes.
Le traitement médical et fonctionnel est toujours institué, et en particulier aux stades précoces de l’arthrite :
Anti-inflammatoires non -stéroïdiens, antalgiques, protecteurs de cartilage et viscosupplémentation dans le cadre de l’arthrose, calcithérapie dans le cadre de l’ostéonécrose, physiothérapie et exercices, perte de poids et cannes.
Si la dégradation articulaire est plus avancée, surtout s’il existe une perte complète de cartilage (contact tête-cotyle), ou une incongruence articulaire (tête aplatie, subluxation, …), avec une résistance clinique au traitement médico-fonctionnel : douleur de repos, mobilité et activités réduites, boiterie, la reconstruction chirurgicale de la hanche, par mise en place d’une prothèse totale de hanche, est alors indiquée.

Traitement Chirurgical de la Hanche Arthritique : Destruction de Hanche par la Coxarthrose, ou l’Ostéonécrose, ou l’Arthrite Rhumatoïde, ou encore la Dysplasie Congénitale :se résume à la Prothèse Totale de Hanche. Elle donne des résultats fonctionnels immédiats, en permettant une mobilité articulaire de hanche libre et indolore, avec une marche normale et un retour aux activités physiques et professionnelles habituelles. Le résultat à long terme reste excellent et durable : les prothèses non cimentées, la qualité du design de la prothèse, proche de l’anatomie du fémur et du cotyle - notamment avec les prothèses de hanche sur mesure -, et la qualité des matériaux, ont augmentées la durée de vie des prothèses de hanche, qui peuvent dépasser la deuxième décennie.

Les Composants Prothétiques
" Les éléments en présence…"
Deux grands type de Hanche Artificielle
La prothèse totale de hanche cimentée, abandonnée dans notre pratique depuis 1988, sauf dans quelques cas de reprise difficile de prothèse ; les implants sont fixés à l’os par l’intermédiaire d’un ciment biologique méthylmétacrylate, dont le risque est son vieillissement et sa fracture à moyen terme, avec descellement de la prothèse.

Surtout la prothèse totale de hanche non cimentée, à durée de vie beaucoup plus longue,’state of the art’ dans notre pratique.
Elle est anatomique, épousant les contours osseux de la hanche ; elle est recouverte d’une couche d’hydroxyapatite de calcium (HAC) encastrée dans les micropores de la structure métallique de la prothèse, prothèse ‘ porous coating’ avec HAC, permettant la repousse osseuse dans les anfractuosités de l’implant. Il existe ainsi deux fixation : primaire ‘ press fit’ avec mise en place en force par impaction des implants de forme et de taille anatomique proche de la hanche naturelle du patient, et secondaire biologique par la repousse osseuse.
Les composants de la PTH
La prothèse totale de hanche est constituée de deux composants :
La prothèse cotyloïdienne (hémisphérique le plus souvent): elle remplace le cotyle ; elle est constituée elle-même de deux éléments :
  • le métal-back en titane ou chrome-cobalt recouvert d’HAC, impacté dans le cotyle osseux dont il à la même taille, et dont la fixation peut être éventuellement renforcée par des vis intra-articulaires ou par une plaque apposée sur le toit du cotyle, avec parfois dans certains modèles, un crochet inférieur encastrée dans le trou obturateur ;
  • l’insert articulaire s’y encastre : il est le plus souvent en polyéthylène haute densité avec toujours un système anti-luxation de type croissant supérieur ou postéro-supérieur; certains modèles proposent un insert en céramique ou métallique.
    La prothèse fémorale remplace la tête fémorale ; elle est faite elle aussi de deux éléments :
  • la tige fémorale avec son col, en titane ou chrome-cobalt recouvert d’HAC, anatomique et de taille proche du canal médullaire, avec ou sans collerette cervicale, fixée dans le fémur supérieur par impaction ;
  • la tête fémorale s’impacte sur le col prothétique ; elle est de longueurs variables, permettant d’ajuster au millimètre la longueur du membre inférieur ; elle est le plus souvent en céramique, ou métallique ; elle s’articule avec l’insert du cotyle prothétique.
Les surfaces articulaires en présence doivent permettre une friction la plus basse possible, pour éviter les débris d’usure et le risque de granulomes inflammatoires réactionnels, avec ostéolyse et descellement des pièces prothétiques. Les surfaces les plus utilisées actuellement sont les surfaces céramique-polyéthylène surtout, et métal-polyéthylène; d’autres surfaces de moindre friction sont aussi utilisées, notamment chez le jeune : surface céramique-céramique, et métal-métal.



Technique Chirurgicale
L’Opération
Elle dure entre 1 heure et 1 heure 30.
Elle est pratiquée sous rachianesthésie (spinale), ou sous anesthésie générale, souvent complétée par un bloc crural, avec cathéter laissé en place un ou deux jours pour l’analgésie post-opératoire. Un récupérateur de sang (cell saver) est souvent utilisé.
Sur le patient en décubitus dorsal, l’incision dans notre expérience est antéro-externe, avec passage entre moyen fessier et vaste externe, sans incision musculaire ni trochantérotomie ; selon les cas, la longueur de l’incision peut être réduite, de type ‘ mini-open’ d’environ 7 cm.
Après résection capsulaire, la tête fémorale est enlevée au moyen d’une scie électrique sur le col fémoral, à un niveau correspondant au calcul sur calque pré-opératoire pour restaurer la longueur exact du membre inférieur.



La préparation du cotyle est le premier temps osseux : à l’aide d’une fraise hémisphérique de taille croissante, on résèque le cartilage restant, jusqu’à l’os sous-chondral, en redonnant une forme hémisphérique au cotyle osseux ; la dernière taille de la fraise correspond généralement (ou à une taille de deux millimètres au-dessous) à la taille de la prothèse définitive de cotyle ; cette dernière, après essais, doit s’impacter en force, comme un ‘ bouton-pression’, de manière parfaite sur le cotyle osseux, l’épousant, reposant sur son arrière-fond, et affleurant ses bords. Cette fixation peut-être complétée par des vis intra-articulaires, dirigées généralement vers le toit du cotyle. L’insert articulaire est alors mis en place par clippage.


La préparation du fémur commence après avoir luxé le fémur, rendue possible par la désinsertion de la capsule postérieure, et parfois, en cas de rétraction, le relâchement des pelvis-trochantériens. Des râpes fémorales de tailles croissantes sont utilisées : elles ont la particularité d’avoir le même design que la prothèse fémorale définitive. Elles permettent de modeler progressivement le canal médullaire spongieux du fémur supérieur, jusqu’à recevoir la taille exacte de la prothèse fémorale définitive, s’encastrant par impaction contre l’os sous-chondral et une mince couche d’os spongieux ‘ dur’ du fémur.




La prothèse fémorale définitive est mise en place.
La tête fémorale, après essais des longueurs, est ensuite impactée sur le col de la prothèse fémorale, par un système de cône morse. Le choix de sa taille permet d’ajuster au millimètre près la restauration de la longueur du membre inférieur.
La prothèse fémorale est alors réduite sur la prothèse cotyloïdienne ;
On teste de nouveau la stabilité de l’articulation, l’absence de luxation dans toutes les positions de rotation, et l’égalisation de longueur des deux membres inférieurs.
Les sutures sont faites plans par plans, sous drains aspiratifs (non systématiques), laissés en place deux ou trois jours.
Exemples de radiographies face et profil, de contrôle de PTH non cimentée :

Evolution post-Opératoire
Les perfusions d’antalgiques et anti-inflammatoires sont poursuivies à J1 et J2, et le relais per-os est institué, pendant huit jours environ, en vérifiant l’absence d’anémie, pouvant nécessiter, rarement, une transfusion.
Le cathéter crural pour l’analgésie post-opératoire est laissé en place Un ou deux jours. L’antibiothérapie préventive est systématique, pendant l’intervention, poursuivie habituellement à J1 et J2. L’anticoagulation est aussi systématique, pendant 3 à 4 semaines, jusqu’à la reprise d’une marche normale.
Le patient est mis au fauteuil le lendemain J1 ou à J2.
La mobilisation active hanche et genou est immédiate, et la marche en appui complet commence dès le 2è ou 3è jour, avec déambulateur ou une paire de cannes anglaises.
Les drains sont enlevés au 3è jour, les pansements refaits une à deux fois par semaine jusqu’à cicatrisation à la 3è semaine. La sortie au domicile ou au centre de rééducation est envisagée dès le 6è jour.
La physiothérapie est instituée tous les jours ou trois fois par semaine.
Elle dure en moyenne deux ou trois mois selon la capacité de résistance et de renforcement musculaire des patients, selon aussi leur état général, pathologies associées, et l’existence ou non d’une obésité qui allonge le temps de rééducation. En moyenne, la marche avec une canne commence dès la 3è ou 4è semaine, et la marche sans canne vers la 6è semaine.

Le suivi : Des visites de contrôle sont nécessaires, tous les mois pendant trois mois, ou jusqu’à récupération d’une fonction normale, puis le 6è et 12è mois, avec contrôle radiographique, et enfin selon les habitudes, tous les deux ou trois ans.
Les Complications
Des complications sont possibles ; elles surviennent rarement : le chirurgien doit savoir les prévenir ; quand elles surviennent, il doit y faire face, le plus souvent avec succès. La liste suivante n’est pas exhaustive, mais décrit les complications les plus communes :
Complications de l’anesthésie ; Décompensation de maladie pré- existante, surtout cardiaque; Thrombophlébite ; Luxation ; Infection ;
Descellement prothétique ; Fractures.
Les Complications de l’Anesthésie
Elles sont rarissimes : allergies aux drogues, complications cardio-respiratoires ; les risques sont surtout les :

Décompensations de maladies pré- existantes,
surtout cardiaques : troubles de rythme, embolies et accident vasculaire cérébrale, troubles respiratoires : il s’agit de complications rares, touchant principalement les patients de plus de 80 ans, fragiles, victimes de fracture du col fémoral traitée par prothèse de hanche.
Thrombophlébite : la thrombose veineuse profonde peut survenir : jambe gonflée, dur et douloureuse ; elle peut être, de façon rare, responsable d’une migration de caillot avec embolie pulmonaire : choc et troubles cardio-respiratoires pouvant nécessiter une réanimation.
La prévention est systématique et obligatoire : mobilisation et marche précoces, anticoagulation, bas à varices. En cas de thrombose : anticoagulation à l’héparine à forte dose dissout le caillot.
Luxation : la PTH peut se luxer : la tête fémorale se trouvant alors en dehors du cotyle. Cette éventualité existe surtout dans la période immédiate après la chirurgie (environ 2-4 semaines), durant la cicatrisation des tissus capsulaires et musculaires. Elle se réduit manuellement sous anesthésie. Sa récidive peut nécessiter la révision chirurgicale, souvent pour le repositionnement ou le changement de la prothèse cotyloïdienne. Le chirurgien et le physiothérapeute apprendront aux patients à éviter les positions luxantes, en particulier la rotation interne et l’adduction du membre inférieur : éviter de croiser les deux membres inférieurs, éviter de tourner le tronc membre inférieur opéré immobile : il faut se retourner en bloc d’un seul tenant, tronc et membre inférieur en même temps.
Mais la luxation est actuellement rare si les conditions suivantes sont respectées : position anatomique des implants : cotyle : inclinaison 50° et antéversion 15°-20° ; fémur : antéversion 20°, bras de levier du moyen fessier restauré, bonne position du centre de rotation de la tête fémorale, restauration de la longueur du membre, insert avec croissant anti-luxation ; enfin la voie chirurgicale antéro-externe est moins luxante que la voie postérieure.


Infection : complication sérieuse, rare : environ 0,5 %, pouvant survenir immédiatement, la semaine après la chirurgie : écoulement cicatriciel ; mais aussi des mois après, se manifestant par l’apparition de fistules. Cette complication est plus facilement traitée par une chirurgie de nettoyage résection des tissus infectés, une double antibiothérapie adaptée et longue (1 an en moyenne), après isolement du germe par prélèvement, depuis l’utilisation des prothèses non cimentées, l’effet de l’antibiotique pouvant alors se porter jusqu’à la jonction os-implant. La prothèse cimentée infectée peut nécessiter sa révision et son changement en prothèse non cimentée.
Descellement prothétique
L’implant n’est plus fixé à l’os, du fait d’une résorption osseuse provoquée par les débris d’usure des pièces articulaires, en particulier le polyéthylène ; il a une micro-mobilité douloureuse : c’est la principale complication mécanique de la PTH, premier souci mécanique du chirurgien orthopédiste, qui doit à la fois assurer une fonction de hanche normale et rapide, mais aussi une durée de vie la plus longue. Eviter ou repousser le descellement de la prothèse a fait l’objet de nombreuses recherches des fabricants et des chirurgiens. La prothèse non cimentée à surface à micropores et hydroxyapatite de calcium a une durée de vie la plus longue : dans les conditions normales d’utilisation, elle peut durer au moins 15 ans ; le patient jeune notamment sportif et porteur d’une PTH peut poser problème, l’intensité de son activité peut risquer une usure précoce des pièces articulaires tête et insert (et non des implants), pouvant nécessiter leur seul changement ou la révision si descellement associé.
Le descellement prothétique est douloureux et implique la révision et la mise en place d’une nouvelle prothèse totale de hanche, non cimentée, avec parfois greffes osseuses : l’intervention est plus longue et extensive.
En cas d’infection associée : descellement septique, notre habitude est la chirurgie en un seul temps, avec antibiothérapie au long cours (1 à 2 ans), et parfois, mise en place en intra-articulaire (contre le toit du cotyle), d’un ciment avec antibiotique relargué type vancocyne.
Fractures accidentelles : sont possibles, au niveau du fémur, autour ou sous la prothèse, et rarement au niveau du pelvis, pouvant nécessiter une fixation par ostéosynthèse
En résumé : le taux de complications de la chirurgie de Prothèse Totale de Hanche ne dépasse pas, toutes complications confondues, les 4 %. Le taux de survie à long terme à 15 ans est de 85 - 90 %.
La Réhabilitation
La marche en appui complet commence dès le 2è jour ; les points sont enlevés à la 3è semaine.
Les positions luxantes sont évitées pendant 4 à 5 semaines : flexion excessive de hanche : pas de position assise basse; jambes croisées; rotation dissociée tronc et jambes : tourner le corps entier d’un seul bloc; se relever avec prudence en sortant d’une voiture par exemple; pas d’activités de résistance lourde.
Les deux cannes sont utilisée pendant 3 semaines, et la marche avec une canne commence dès la 4è semaine, habituellement jusqu’à la 6è ou 8è semaine, lorsque la boiterie disparaît.
La physiothérapie est quotidienne pendant deux mois : travail actif des muscles du genou et de la hanche, le moyen fessier étant rééduqué par des abductions actives en décubitus latéral dès le 2è mois ; électrothérapie.
Le 3è mois, le rythme de la rééducation devient trois par semaine : c’est la période de renforcement intensive des muscles, contre résistance avec poids ou élastique.
La récupération totale, avec une fonction , une vie, et une marche normale, une force musculaire habituelle, intervient en moyenne à 4 mois post-opératoire, et pour certains patients à 6-8 mois, selon âge, pathologies existantes et poids.
Les contrôles réguliers sont importants, pour juger de la qualité de la rééducation et des progrès, et corriger les manquements éventuels par des examens cliniques. Des contrôles radiographiques sont pratiqués, dont l’intérêt est de dépister d’éventuels incidents comme l’usure, le descellement la fracture ; ils sont faits au rythme de 2 ou 3 fois la première année, puis selon les habitudes de chacun, tous les 2 ans ou plus.

Anatomique et non cimentée
1 - LA DESCRIPTION
La PTH est la reconstruction articulaire de la hanche, détruite par l'arthrose, l'ONA, les malformations congénitales, ou une ancienne prothèse descellée (surtout mal cimentée).
- Il s'agit d'une cupule cotyloïdienne et d'une tige fémorale, de taille anatomique, en titane entourées d'HAC (bio intrégration osseuse) sur lesquelles s'encastre un insert (cotyle) en polyéthylène et une
tête fémorale en céramique.
- La technique personnelle de mise en place de la prothèse par voie antéro externe permet d'éviter
toute section musculaire (une partie du moyen fessier) garant d'une récupération rapide.
2 - L'ANESTHESIE
Elle est habituellement locorégionale : rachianesthésie ou générale.
La consultation anesthésique et le bilan pré opératoire sont obligatoires avant l'intervention.
3 - DEROULEMENT DE L'INTERVENTION
- La durée moyenne varie de 1 heure pour une prothèse simple à quelques heures pour les changements de prothèse, ou les lésions complexes.
- Elle se fait sous autotransfusion simultanée et / ou différée.
4 - MAITRISE DES INCIDENTS MEDICAUX
Ceux-ci rares sont contrôlés par l'anesthésiste.
La douleur (antalgiques, pompe à Morphine éventuelle...)
Infection (antibiothérapie 48 heures), la phlébite (anticoagulants)
5 - MAITRISE DES INCIDENTS CHIRURGICAUX
Par le chirurgien, ceux-ci sont rarissimes, toujours contrôlables (luxation).
6 - LES SUITES IMMEDIATES POST OPERATOIRES
Assurées par le chirurgien et son équipe (assistant).
Repos le premier jour (J1), fauteuil le deuxième jour (J2)
Marche en appui complet avec déambulateur à J2 ou J3.
Rééducation quotidienne.
Durée du séjour en Clinique 8 à 9 jours.
Sortie à domicile ou pour un centre de Rééducation.
7 - LE PREMIER MOIS
Est dominé par la rééducation, en évitant les rotations.
La marche est totale, avec 2 cannes.
Les points sont enlevés à la troisième semaine.
8 - LE CONTROLE PAR LE CHIRURGIEN ET OU SON ASSISTANT

Est régulier toutes les 2 à 3 semaines.
9 - LE DEUXIEME MOIS

Poursuite de la rééducation avec renforcement musculaire.
La marche est quasi normale avec 1 ou sans canne.
10 - LES MOIS SUIVANTS (TROISIEME ET QUATRIEME MOIS)
Dans les cas complexes (changement de prothèse), la rééducation est poursuivie pour renforcer le moyen fessier (permet la marche sans boiterie)

Contrôle final (clinique et radiologique) par le chirurgien dés guérison totale.

19 janv. 2012

Les drogues et les adolescents

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Le fait d'essayer des drogues à l'adolescence peut venir d'un besoin de se découvrir et de s'exprimer.

Pour les parents, le spectre de la consommation peut être terrifiant; même si eux-mêmes ont pu passer par là jadis, ils ont souvent l'impression que les drogues consommées par les jeunes sont aujourd'hui plus nocives qu'avant.

Nous présentons ici des exemples des principales drogues consommées par les jeunes d'aujourd'hui, les formes qu'elles peuvent prendre, les différents noms sous lesquels on les désigne dans le jargon de rue et les bénéfices recherchés par les consommateurs.

1. Cannabis (marijuana, haschich)

Ses formes
- Parmi les drogues de rue consommées par les adolescents, le cannabis arrive toujours en tête de liste.
- La principale substance active responsable des effets du cannabis est le delta-9-tétrahydrocannabinol, communément appelé THC.
- Le cannabis, qui se décline principalement en deux formes, la marijuana (présentée sous forme de feuilles) et le haschich (pâte huileuse de couleur foncée), porte plusieurs noms dans le langage des jeunes, notamment pot, herbe (ou weed), mari, skunk ou ganja.
- Le cannabis est généralement fumé, sous forme de cigarette (joint ou splif) ou dans une pipe. Il peut également être consommé par voie orale, par exemple dans un gâteau ou des biscuits.Ses effets
- Nombreux sont ceux qui croient, à tort, que le cannabis est un dépresseur au même titre que l'alcool ou les substances opiacées; il s'agit en fait d'un perturbateur du système nerveux central.

- Le principal effet recherché par les consommateurs de cannabis est une certaine euphorie, un high, caractérisé par une sensation de bien-être, d'insouciance et de calme, une sociabilité accrue, une certaine tendance à la loquacité et à l'hilarité. En tant que perturbateur, le cannabis altère la perception du temps et de l'espace.
- Il peut également accentuer les perceptions sensorielles, intensifiant les émotions, les couleurs et les sons.
- Certains consommateurs seront plus créatifs après avoir pris du cannabis.
- Suite à cette phase de high, qui peut durer plus d'une heure, le consommateur de cannabis connaîtra une baisse d'énergie.

2. Les drogues de rave (amphétamines, MDMA, kétamine et GHB)

Les drogues que nous appelons drogues de rave ne partagent pas nécessairement de propriétés pharmacologiques, mais elles ont en commun d'avoir été popularisées en grande partie par le phénomène des raves, ces soirées dansantes sur fond de musique électronique, techno ou transe qui durent parfois bien après que le soleil se soit levé. Désormais, les contextes de consommation de ces drogues se sont multipliés et, dans les dernières décennies, leur attrait auprès des jeunes a connu une progression non négligeable.

Amphétamines

L'amphétamine, tout comme son dérivé puissant, la méthamphétamine, appartient à la catégorie des stimulants majeurs. C'est une drogue de synthèse.
Les noms
L'amphétamine et ses dérivés portent toute une ribambelle de noms : speed, pilule, amphet, crystal, ice et meth en sont des exemples communs.
Ses formes
- De façon générale, amphétamine et méthamphétamine pourront être absorbées par voie orale (sous forme de pilule) ou par voie intranasale (sous forme de poudre).
- Plus marginaux, certains consommateurs choisiront de s'injecter la drogue, ou encore de la fumer, particulièrement dans le cas de la méthamphétamine sous forme de cristaux, augmentant ainsi les effets de la drogue.
Ses effets
Le consommateur d'amphétamine recherche :
- Une disparition de la fatigue physique et mentale
- Un sentiment d'euphorie et d'invincibilitéu
- Une augmentation marquée de la confiance en soi.
- La perte d'appétit étant un des effets notoires des amphétamines, certains l'utiliseront également pour favoriser la perte de poids.

Le MDMA (ecstasy, E, X, ou XTC)

Le MDMA est un hallucinogène stimulant. Sa structure chimique est apparentée à celle de l'amphétamine, mais aussi à celle de la mescaline, un hallucinogène.
Ses formes
Il se présente généralement sous forme de comprimés colorés, qui seront absorbés par voie orale.
Ses effets
- Les consommateurs de MDMA recherchent parfois des effets stimulants semblables à ceux du speed, mais c'est principalement en raison de ses propriétés entactogènes et empathogènes qu'ils la choisissent.
- En d'autres termes, le MDMA fait en sorte que le consommateur vit plus intensément les sensations tactiles, en plus d'avoir l'impression de mieux comprendre les sentiments des autres.
- Ces propriétés font en sorte que les consommateurs ont envie de se rapprocher des autres, physiquement et psychologiquement; leurs sensations et leurs émotions sont décuplées. Ce n'est pas pour rien qu'on dit que l'Ecstasy est la drogue de l'amour !
- Il convient de noter que, fréquemment, des pilules présentées comme étant de l'ecstasy ne contiennent que très peu ou pas du tout de MDMA; celui-ci est coupé à l'aide de substances variées, par exemple de la méthamphétamine ou du PCP.

Le GHB

Le GHB est une drogue de synthèse qui agit comme dépresseur du système nerveux central. Il a la réputation d'être utilisée comme drogue du viol, bien que les études menées à ce sujet ne soient pas concluantes.
Ses formes
Il prend généralement la forme d'un liquide au goût salé, mais on le retrouve aussi en capsule ou sous forme de poudre blanche.
Ses noms
On lui donne le nom de liquid ecstasy ou liquid X, parfois salty water.
Ses effets
Les consommateurs de GHB sont friands de ses effets anxiolytiques, désinhibants et euphorisants.  Il peut être à l'origine d'épisodes d'amnésie, surtout lorsqu'il est consommé avec de l'alcool.

La kétamine

La kétamine est un anesthésique dissociatif, donc un perturbateur du système nerveux central.
Ses formes
Il est le plus souvent consommé sous forme de poudre, par voie intranasale.
Ses noms
Dans le jargon de rue, on l'appelle Ké, Special K, Vitamine K.
Ses effets
Cette substance entraîne une certaine euphorie, une perturbation des perceptions ainsi qu'une diminution de la douleur physique. Si son usage est encore très marginal, il a beaucoup augmenté au cours de la dernière décennie.

3. Cocaïne et dérivés

On pourrait croire que la cocaïne, en raison de son prix très élevé (entre 80 et 100 dollars le gramme), n'est pas populaire auprès des jeunes. Or, son usage se banalise et sa disponibilité s'accroît. Les adolescents y sont vulnérables, puisque cette drogue fait désormais partie de la panoplie ordinaire du petit revendeur de quartier ou de cour d'école.
Ses formes
- La cocaïne (coke, poudre, sniff ou snow), lorsqu'elle se présente sous forme de poudre, est généralement consommée par voie intranasale, parfois par voie intraveineuse.
- Quant au crack (roche, rock ou freebase), il s'agit d'une forme purifiée de cocaïne, qu'on obtient en mélangeant celle-ci à une substance alcaline (ammoniac ou bicarbonate de soude).
- Le crack, qui est vendu sous forme de roches cristallines, est fumé dans une pipe.
-  Certains usagers fument le crack mélangé avec du cannabis, sous forme de joint ; c'est ce qu'on appelle un juicy.
Ses effets
Les effets de la cocaïne sont semblables à ceux des amphétamines :
- Euphorie
- Désinhibition
- Confiance en soi décuplée
- Sentiment d'invincibilité.
- Les effets durent une trentaine de minutes, après quoi l'usager ressent le besoin de consommer à nouveau.
- Lorsque la drogue est consommée par voie intraveineuse (injectée) ou intrapulmonaire (fumée), l'effet est beaucoup plus intense et beaucoup plus bref. Les usagers peuvent même ressentir une sensation orgasmique dans les premières secondes suivant la consommation. Toutefois, après quelques minutes, l'euphorie cède la place à une grande anxiété et le besoin de consommer de nouveau est pressant.

4. LSD et analogues

LSD et champignons

Plusieurs adolescents essaieront les substances hallucinogènes. Règle générale, ils se tournent vers le LSD, drogue de synthèse qui est souvent vendue sous forme de buvard (carré de papier, souvent orné d'un dessin coloré, où on a appliqué une goutte de substance) ou vers les champignons hallucinogènes à la psilocybine, qui poussent dans la nature. Ces substances sont consommées par voie orales.
Les effets du LSD
- Le LSD est apprécié pour ses effets psychédéliques; il agit sur la perception de la réalité et peut être à l'origine d'hallucinations. La nature, l'intensité et la durée des effets varient en fonction de la dose, mais aussi de la personnalité et des attentes de l'utilisateur.
- Le sujet pourra expérimenter des distorsions perceptives (son, couleurs, textures, émotions, passage du temps, forme des objets, etc.
- Il pourra avoir l'impression que les objets inanimés sont vivants ou encore celle de ne faire qu'un avec l'univers, d'être en parfaite symbiose avec le monde qui l'entoure. Il est fréquent que les gens ayant pris du LSD passent rapidement et sans transition d'une émotion à une autre.
- Ils peuvent aussi avoir le sentiment de vivre une expérience unique, spéciale, presque mystique et ils accordent un sens profond aux réflexions les plus banales.
- Certaines personnes risquent de mal réagir aux effets intenses du LSD et de ressentir peur, anxiété et paranoïa. Ces états, caractérisés par des crises de paniques, s'appellent mauvais voyages (bad trips).

Les effets des champignons hallucinogènes

Les champignons hallucinogènes, souvent appelés mush ou champignons magiques, ont des effets semblables, mais l'expérience est souvent moins intense et moins potentiellement troublante qu'avec le LSD. Notons toutefois que, sur le marché noir, les champignons qui sont vendus aux consommateurs ne contiennent pas toujours de psilocybine; il arrive qu'il s'agisse de vulgaires champignons ordinaires qu'on a trempé dans une autre substance.

Conclusion

Sans prétendre avoir fait un portrait exhaustif de toutes les drogues existantes, nous avons voulu présenter ici les principales substances consommées par les jeunes. Ainsi, si vous entendez certains termes dans le vocabulaire de votre enfant, vous serez peut-être plus portés à tendre l'oreille!

Vous avez découvert que votre adolescent consomme de la drogue. Pourquoi ? Comment parler des conséquences ? Quand se faire aider ? Les réponses du pédopsychiatre Stéphane Clerget.



L'alcool & les jeunes

L’adolescence est le temps de toutes les découvertes. Parmi elles, figure la rencontre avec l’alcool.
C’est ainsi que la consommation d’alcool devient une étape incontournable des fêtes ou des sorties. Il orne et accompagne les différents rituels de la vie sociale.
L’alcool apparaît pour les jeunes adultes en quête de transgression d’un accès plus facile et bien moins stigmatisé socialement que les «mauvaises drogues».
Les producteurs d’alcool ne l’ignorent pas et n’hésitent pas à faire la promotion de leurs produits directement dans les fêtes étudiantes. L’idée est de créer des vocations de vrais buveurs qui dureront toute une vie, en mêlant l’alcool à la fête et à la musique.

Types d’alcools

Les types d’alcool choisis par les adolescents ne sont pas les mêmes que ceux de leurs parents. La bière est préférée au vin. On retrouve aussi une préférence pour les alcools forts, souvent en ingestion massive.
Les premix ciblent de manière directe les consommateurs les plus jeunes. Ces boissons se présentent comme des sodas « corsés » ou « branchés ». Malgré leur emballage qui ne les distinguent pas des boissons sans alcool, l’alcool est bien présent. Son goût est couvert par le sucre de la boisson.

 De plus en plus jeune ?
La consommation très précoce d’alcool chez les jeunes enfants (à l’école ou pendant les premières années de collège) est très préoccupante.
Cette prise d’alcool est volontiers méconnue. Elle est socialement inacceptable et donc cachée. Les études dans le domaine retrouvent pourtant des ivresses bien avant le collège chez les enfants les plus à risque.
Les enfants ou adolescents buvant de l’alcool en cachette se trouvent en situation d’échec scolaire. Ils sont en butte à diverses violences et exclusions qui en retour renforcent encore plus leur consommation.

Vers une augmentation des alcoolisations ?

Les études démontrent que l’alcoolisation de l’adolescent est de plus en plus fréquente. Elle se réalise souvent sous forme d’ivresse. Les garçons continuent à davantage s’alcooliser que les filles, mais celles-ci rattrapent leur « retard » à grande vitesse.
La consommation régulière d'alcool chez les adultes diminue, mais on assiste à une recrudescence des comportements extrêmes chez les jeunes.

On retrouve la prise de danger dans le « binge drinking ». Cette pratique consiste à s’enivrer massivement et le plus rapidement, souvent pendant le week-end ou lors de fêtes. Le moyen pour y arriver est simple : boire un maximum d’alcool en un minimum de temps.
Cette recherche de sensations fortes peut avoir de graves conséquences : traumatismes, troubles respiratoires, comas,…

De plus, ces fréquentes hyperalcoolisations pourraient conduire à des lésions cérébrales. Elles seraient dues à la réduction durable de la neurogenèse au niveau de l’hippocampe, jouant un grand rôle dans la mémoire. Ces lésions sur le cerveau sont irréversibles et laisseront des séquelles sur les capacités de mémorisation.

Association à d’autres substances :

Le cannabis est, avec l’alcool, la substance la plus consommée par les adolescents. Elle est le fait de deux types de jeunes :
  • certains utilisent l’alcool et la drogue comme un traitement sauvage à un état dépressif
  • dans d’autres cas, la consommation d’alcool et de cannabis s’inscrit dans le sillage d’un trouble de la personnalité marqué par une intolérance à la frustration, une impulsivité et une tendance à transgresser les règles sociales
Les adolescents consommant de l’alcool sont aussi ceux qui fument le plus de tabac. La relation à l’alcool et au tabac s’apprend très tôt dans la vie, et ces deux comportements sont souvent liés.
Ainsi, le fait de fumer à l’âge adulte est fréquemment corrélé à la consommation précoce d’alcool.

Alcool et scolarité :

Il peut rapidement se mettre en place une sorte de cercle vicieux. La prise d’alcool incite à désinvestir la scolarité.
En retour, le désinvestissement de la scolarité et l’échec des performances sont vécues comme une raison supplémentaire de consommer de l’alcool.
L’adolescent en échec scolaire tente d’oublier dans l’alcool une situation qui l’angoisse et dont il a honte.

  
Le point positif ?

La relation entre alcool et adolescence a tout de même une note positive. L’adolescence est l’époque ou s’acquiert l’expérience de l’alcoolisation normale, socialement intégrée. Les adolescents apprennent à passer de l’essai de l’alcool à une consommation conviviale.

Différents stades de relation avec l'alcool

  • Premier contact  - I l a lieu à des âges divers et ses effets sont variés.Certains adolescents interrompent leur relation à l’alcool dès ce premier contact. Ils se découvrent intolérants à la substance. Ils ne supportent pas l’effet d’euphorisation, de désinhibition ou encore l’effet sédatif.
  • L'expérience - A ce stade, l’adolescent apprend à connaitre les différentes boissons alcooliques. Il découvre sa propre capacité à boire. Il repère sa préférence pour certains modes d’alcoolisation. Il fait donc des essais sur lui-même et sur différentes boissons.
  • L'alcoolisation intégrée - Il s’agit pour la majorité des adolescents et ensuite des adultes du comportement définitif vis-à-vis de l’alcool. Il intègre les règles sociales et culturelles du moment. Il tient aussi compte des usages et des traditions de la famille, de l’exemple des amis.
    La façon de boire d’un adolescent apparaît liée à des facteurs macro-sociaux ainsi qu’à des facteurs individuels. Seule une minorité d’adolescents atteindra des stades d’alcoolisation plus pathologiques tels que l’alcoolisation excessive et la dépendance.
e terme « alcoolisme » est très général et imprécis. Il regroupe un ensemble hétérogène de relations anormales avec l’alcool, influencé par certains facteurs.
On préfèrera parler de non-usage, mésusage ou d’alcoolodépendance pour qualifier et quantifier la relation avec l’alcool.



Le non-usage est une absence de consommation de boissons alcoolisées
L’usage à faibles risques regroupe les habitudes de consommation n’ayant aucun préjudice sur la vie de l’individu.
Le mésusage se définit comme des « conduites d’alcoolisation caractérisées par l’existence d’un ou plusieurs risques potentiels ou par la survenue de dommages induits (alcoolodépendance incluse)».
Ce mésusage de l'alcool inclut l'usage à risques de l'alcool, l'usage nocif ou encore l'usage de l'alcool avec dépendance.


 Facteurs influençant la consommation

Pour concevoir des interventions efficaces contre l'usage nocif de l’alcool, il importe de comprendre les facteurs qui déterminent ce problème.
La consommation d’alcool est souvent enracinée dans le contexte culturel et social de nombreuses civilisations. Elle est aussi associée à certaines caractéristiques personnelles :

  • Âge, sexe, statut physiologique et psychologique, conscience personnelle des effets indésirables de la consommation d'alcool
  • Valeurs sociales, économiques et culturelles ; normes familiales telles qu’acceptation et approbation des schémas individuels de consommation d’alcool
  • Disponibilité, accessibilité économique et tolérance sociale de la consommation d’alcool
  • Caractéristiques socioculturelles de l'influence des pairs, de la situation personnelle et des attitudes sociales vis-à-vis de la consommation d'alcool
  • Image transmise par la publicité et les médias de la consommation d’alcool comme « virile » et « attirante », déterminant ainsi les valeurs et opinions individuelles à ce sujet
  • Statut juridique de l'alcool et existence de sanctions pénales à l'encontre des personnes occasionnant des traumatismes sous l'influence de l'alcool.
Dans de nombreuses sociétés, l’alcool est associé aux célébrations : mariage, naissance, promotion professionnelle, obtention de diplômes.
C’est le cas en France, où l’abstinence ou la modération sont rarement mises en avant lors de grandes occasions.

Diminuer sa consommation :

  • Décidez du nombre maximum de verre que vous allez boire avant de sortir
  • Ne rentrez pas dans le système des « tournées » qui encouragent à boire plus que prévu
  • Alternez boissons alcoolisées et boissons non-alcoolisées

Complications d'un mauvais usage de l'alcool

  • La santé

Court terme :

  • Baisse de la vigilance
  • Perte de contrôle
  • Diminution des capacités de réaction
  • Suicide
  • Perturbations neurologiques
  Long terme (alcoolisation répétée) :
 

  • Carences notamment vitaminiques
  • Hépato-toxicité
  • Complications neurologiques
  • Troubles digestifs
  • Complications endocriniennes
  • L'ivresse  - Ivresse simple
    Ivresse pathologique (4 formes) :
    • excitomotrice
    • maniaque
    • dépressive
    • délirante
      Coma éthylique -> urgence médicale
    Une intoxication aiguë à l’alcool peut aussi être responsable d’une crise d’épilepsie, ou d’un delirium tremens pendant le sevrage. Au même titre que le coma, ce sont des urgences médicales !
  • La dépendance  - La dépendance est le stade où l’individu a perdu la liberté de s’abstenir de l’alcool. Les alcooliques sont des buveurs excessifs. Leur dépendance à l’égard de l’alcool conduit à une consommation responsable d’un trouble mental ou physique.Cela affecte les comportements, les relations sociales et familiales, ainsi que le statut économique du sujet.

Les conséquences


A long terme, la surconsommation d'alcool impacte fortement la santé !

L'alcool agit à presque tous les niveaux sur l'être humain. Tant au niveau psychique, que physique, l'alcool sévit également dans la vie sociale ou professionnelle.
Les atteintes physiques sur l'organisme sont nombreuses et bien réelles. L'ensemble des organes est exposé. La diminution fonctionnelle du foie est bien connue, mais il faut aussi savoir que les yeux, l’œsophage ou le cœur sont sévèrement touchés par l'abus d'alcool.

L'alcool occasionne d'importants dégâts sur le cerveau. Ces atteintes sont irréversibles, et encore plus marquées chez les sujets jeunes abusant de boissons alcoolisées.


Le système nerveux est touché par l'excès d'alcool : troubles de la marche ou possible survenue de crises d'épilepsie, l'alcool fragilise tout le système nerveux de l'organisme.


Au delà des atteintes purement physiques, l'alcool entraîne également :

  • une exclusion sociale en coupant du reste des individus
  • des difficultés familiales menant souvent à des conflits ou à une séparation
  • des dommages professionnels par manque de motivation, abscence, ou manque de concentration
L'ensemble de ces dégâts et atteintes représente un très lourd coût pour la société, aussi bien en terme de soins à apporter qu'en terme de force de travail non utilisable.

PROTHÈSE TOTALE DE GENOU

QUELQUES GÉNÉRALITÉS

L'usure des cartilages survient chez de nombreuses personnes; elle résulte de plusieurs causes
dont les principales sont:
- la gonarthrose : l'arthrose du genou peut être la conséquence de séquelles de fracture articulaire, d'un mauvais alignement du membre en dedans (varus) ou en dehors (valgus), d'une rupture ancienne de ligaments, d'une ablation ancienne de ménisque.
- la polyarthrite rhumatoïde ou un autre rhumatisme inflammatoire
- l'ostéonécrose qui siège le plus souvent sur le fémur
Les premières prothèses du genou sont apparues il y a une trentaine d'années. Elles ont transformé la vie de ces patients présentant de graves lésions du genou et qui, jusqu'à leur apparition, ne pouvaient plus marcher que sur quelques mètres au prix de vives douleurs.
Lorsque la douleur, l'instabilité, l'impotence ou les épanchements s'aggravent, et que les traitements médicaux sont sans effet au point de gêner la simple station debout, la montée d'escaliers ou la marche, il faut envisager l'heure de la chirurgie et de la mise en place d'une prothèse du genou.
ANATOMIE
Le genou articule le fémur au tibia et à la rotule

Le fémur et le tibia comportent des surfaces articulaires cartilagineuses :

- le condyle interne et le condyle externe qui s'articulent avec les surfaces tibiales
- la trochlée fémorale s'articule avec la rotule en avant.
- le plateau tibial interne et le plateau tibial externe s'articulent avec les condyles du fémur.

Les ménisques sont au nombre de deux : interne (MI) et externe (ME).
Ce sont des cales élastiques situées entre le fémur et le tibia qui amortissent les chocs et permettent aux surfaces osseuses recouvertes de cartilage de bien s'adapter l'une à l'autre. Leur disparition entraîne une usure progressive des cartilages c'est à dire une lente évolution vers l'arthrose.

Les ligaments assurent la stabilité du genou : latéral interne (LLI) et externe (LLE), les ligaments croisés antérieur (LCA) et postérieur (LCP).
LES PROTHÈSES DU GENOU
Le plus souvent, les ligaments de l'articulation sont intacts ou peu lésés.

Le chirurgien va remplacer la totalité des surfaces articulaires du fémur, du tibia et de la rotule par une prothèse totale qui se compose de trois implants différents :
La prothèse fémorale en alliage de chrome-cobalt va glisser et rouler sur le plateau tibial en polyéthylène
La prothèse tibiale qui comprend elle même deux parties :
-un plateau métallique en alliage de chrome-cobalt ancré dans le tibia.
-un plateau en polyéthylène qui repose sur le plateau métallique tibial.
La prothèse de la rotule : en polyéthylène, elle n'est pas posée systématiquement si elle n'est pas usée ou si sa forme s'adapte parfaitement à celle de la prothèse fémorale.
DÉROULEMENT de la PRISE en CHARGE de L'OPÉRÉ
AVANT L'INTERVENTION un bilan complet est indispensable.

Le dépistage de tout foyer infectieux (dentaire, sinusites, infection urinaire etc.) est indispensable. En effet les microbes présents dans l'organisme sont susceptibles de venir se fixer sur la prothèse et de provoquer une infection.

Le dépistage des facteurs de risque susceptibles de favoriser des complications post-opératoires immédiates et/ou de favoriser une usure ou un descellement de la prothèse ultérieurement. Ces facteurs de risques principaux sont :
- le diabète
- l'algodystrophie
- l'épilepsie - la maladie de Parkinson
- un traitement corticoïde ou immunodépresseur
- une infection à distance, ou une infection locale ancienne ou larvée
- l'obésité (poids supérieur de 20% à la normale)
- des antécédents de thrombose veineuse

Il n'est pas nécessaire de prévoir une transfusion car on utilise un appareil de récupération du sang au cours de l'intervention (cell saver) et pendant les deux heures suivant l'intervention; votre sang vous est retransfusé après filtrage. Cela évite tout risque de transmission de maladie sanguine.

Nous vous remettrons également des ordonnances pour effectuer le bilan médical général nécessaire à l'anesthésie.
L'HOSPITALISATION
Elle dure 8 à 10 jours dans le service de chirurgie, suivie d'un séjour en centre de rééducation à l'institut CALOT ou dans un autre centre de votre choix ( Une demande de prise en charge sera nécessaire). Ce séjour en centre paraît très souhaitable pour obtenir un bon résultat.
Le jour de l'hospitalisation, le personnel procédera au rasage du membre, une préparation de la peau du membre opéré après une douche antiseptique.

La mise en place d'une prothèse de genou est actuellement un acte courant, bien codifié, qui dure en moyenne une heure suivant les difficultés rencontrées. Vous serez ensuite surveillé en salle de réveil d'anesthésie, puis reconduit dans votre chambre (ou dans une chambre de surveillance pour 1 ou 2 jours).

L'INTERVENTION CHIRURGICALE
Une fois les coupes osseuses réalisées, et les implants d'essai positionnés, on vérifie l'équilibre ligamentaire, la stabilité et le bon centrage de la rotule au cours de la flexion du genou. Le resurfaçage de la rotule par un bouton en polyéthylène n'est pas obligatoire.
LES SUITES OPÉRATOIRES
Votre jambe sera surélevée sur un coussin, et votre articulation recouverte d'une vessie de glace pour diminuer l'inflammation et la douleur ; des calmants vous seront administrés à titre systématique et à la demande.
La rééducation sous le contrôle du chirurgien et du kinésithérapeute débute dès le lendemain de l'intervention. C'est elle qui va permettre à l'opéré de récupérer l'amplitude des mouvements et de reprendre la marche. Elle sera aidée dès le lendemain de l'opération par une attelle motorisée que le patient et le kinésithérapeute contrôlent en permanence.
Après le premier lever le lendemain de l'opération, la marche est reprise progressivement à partir du deuxiéme jour, avec l'aide de deux cannes anglaises. La technique chirurgicale et la prise en charge de la douleur permettent d'effectuer une rééducation rapide: Mobilisation pasive et active au lit et au fauteuil dès le lendemamin de l'opération, et en salle de rééducation avec des appareillages vers le 5° jour.
La montée et descente d'escaliers, et le pédalage sur vélo sont habituellement programmés à la fin de la première semaine.
Le transfert vers le centre de réducation se fait entre le 8° jet 10° jour.
Il faut savoir que le genou reste chaud pendant plusieurs semaines après l'opération, même en l'absence de complication ( environ 3°C aussitôt après la chirurgie). le retour à la normale s'effectue environ vers le 6° mois. Il faut donc glacer le genou tant qu'il reste chaud, même après la sortie du centre de rééducation.
Un traitement médical systématique par anticoagulants et port de bas de contention pendant une trentaine de jours est prescrit pour prévenir le risque de phlébite. Un examen echodoppler veineux et une radiographie sont faits à titre systématique en cours d'hospitalisation.
RÉSULTATS ET COMPLICATIONS
RÉSULTATS
Les résultats sont en général très bons. Les douleurs disparaissent, la marche redevient normale. Vous pourrez reprendre des activités normales (marches, vélo, jardinage, etc.) ; Les cannes sont habituellement abandonnées entre la fin du deuxième et du troisième mois après l'opération. Certains patients conservent une canne quelques semaines de plus lorsqu'ils sortent de leur domicile.

Les résultats d'une prothèse du genou, en particulier la flexion s'améliorent pendant environ un an.

Il est déconseillé de faire des activités physiques pouvant entraîner des chocs répétés ou violents risquant de faciliter un descellement ou une usure précoce.
Les activités de “travail” peuvent en général être reprises 3 à 4 mois après l'intervention, et la conduite automobile à la fin du premier mois.

Dans environ 90% des cas les patients n'ont plus de douleurs ou une douleur très modérée. La mobilité s'améliore pendant un an après l'intervention. Dans la majorité des cas la flexion atteint 90° à 120°, ce qui est indispensable pour monter et descendre normalement les escaliers. La récupération de la mobilité du genou opéré dépend également de la mobilité préopératoire et de la morphologie (obésité). Un genou raide avant l'intervention risque de conserver une limitation de sa mobilité. La longueur de la récupération est aussi conditionnée par le déficit musculaire préopératoire : il est donc conseillé d'effectuer des exercices de rééducation personnels ou chez le kinésithérapeuthe avant la chirurgie pour récuperer un bon tonus musculaire et une amélioration de la mobilité. Cela facilitera la récupération.

La durée de vie moyenne d'une prothèse totale de genou varie de 15 à 20 ans. Nous ignorons ce que sera la survie moyenne des prothèses de la nouvelle génération avec plateau tibial mobile puisqu'elles n'ont que 20 à 30 ans de recul pour les plus anciennes. Mais le suivi clinique et des radiographies de ces prothèses fait penser qu'elles dureront probablement plus longtemps.
COMPLICATIONS

Un certain nombre de complications sont cependant possibles comme dans tout acte chirurgical.

Cette liste n'est pas exhaustive, mais énumère les plus fréquentes.

Désunion ou retard de cicatrisation : elles sont dues au fait que la peau en avant du genou est mal vascularisée. Elles sont favorisées par une maladie dermatologique préexistante, un état diabétique, ou un traitement corticoïde au long cours, et des interventions chirurgicales antérieures sur le genou prothésé.
En général ces incidents sont sans conséquences. Dans quelques cas, ils peuvent néanmoins conduire à une nécrose de la peau et entraîner une exposition à l'air de la prothèse responsable d'infection.
Dans ce cas, il faut envisager une réintervention pour couvrir la prothèse avec des tissus sains.




L'infection est une complication redoutable, heureusement rare dans notre établissement. Mais sa fréquence reste cependant globalement aux environs de 0,2 %. Elle peut survenir dans les deux mois post-opératoires, mais aussi secondairement à distance à la suite d'une infection chronique (dentaire, urinaire, dermatologique etc.). Elle nécessite une nouvelle opération: soit un nettoyage de la prothèse en cas de dépistage rapide, soit un changement de prothèse avec une longue antibiothérapie en cas d'évolution chronique.
La solution ultime en cas de persistance de l'infection est l'arthrodèse, c'est à dire le blocage du genou après avoir enlevé la prothèse.

La raideur : malgré la kinésithérapie manuelle et les attelles motorisées, des brides peuvent empêcher une récupération satisfaisante de la mobilité (on doit obtenir 90° de flexion à la fin de la troisième semaine). Dans ce cas le chirurgien vous proposera de mobiliser votre genou sous anesthésie générale sans réouvrir le genou pour rompre les adhérences. Une arthroscopie peut être peut être nécessaire surtout si la raideur est traitée après le deuxième mois.

L'usure du polyéthylène : Le polyéthylène peut s'user. Les débris d'usure entraînent une réaction qui va détruire l'os et desceller la prothèse. Des douleurs à la marche, un épanchement, une inflammation font leur apparition. Il faut alors réopérer pour changer le Polyéthylène, ou la prothèse.

Le descellement : c'est la mobilisation progressive de la prothèse par faillite de sa fixation qui menace l'évolution à long terme des prothèses.
Les descellements ont diverses origines : ostéoporose, usure du polyéthylène, mais sont aussi dues à un excès de poids ou des activités trop dangereuses comme un sport pivot. Les statistiques de descellement varient avec le type de prothèse, et les équipes chirurgicales. Il faut alors enlever la prothèse.

C'EST DIRE L'IMPORTANCE DE NE PAS GROSSIR, ET MÊME DE MAIGRIR POUR MÉNAGER LA LONGÉVITÉ DE LA PROTHÈSE

Les complications rotuliennes constituent la complication la plus fréquente. Ces complications vont de la douleur plus ou moins invalidante, à la subluxation permanente de la rotule et le descellement surtout chez les obèses ( Indice de Masse Corporelles > 40). Elles peuvent nécessiter une nouvelle intervention pour réaxer la rotule ou changer la prothèse.
En cas de non resurfaçage de la rotule (il n'est pas obligatoire de resurfacer la rotule lorsqu'elle n'est pas arthrosique et usée), le cartilage peut néanmoins s'user et il faudra dans ce cas réoperer secondairement pour mettre un bouton rotulien en polyéthylène (2 à 3% des rotules non prothésées).

DES COMPLICATIONS GÉNÉRALES sont susceptibles de survenir dans les suites opératoires en particulier
- phlébites, embolie pulmonaire en cas de migration d'un caillot sanguin vers les poumons pouvant être fatale…
Leur prévention est systématiquement assurée par le port de bas de contention, la prescription d'anticoagulants, et surtout la mobilisation précoce de votre membre; vous serez levé dès le lendemain de l'opération (mise au fauteuil, puis marche le surlendemain si votre état général ne le contre-indique pas).

La fréquence de ces complications a beaucoup diminué mais il faut se souvenir qu'il n'y a pas de chirurgie et en particulier de chirurgie importante sans risques.

La description de ces complications ne doit cependant pas faire oublier qu'à 15 ans de recul, 90% des prothèses tricompartimentales du genou n'ont pas nécessité de nouvelle intervention.


SURVEILLANCE ET PRÉCAUTIONS
Une prothèse du genou doit être contrôlée régulièrement par le chirurgien qui l'a mise en place ou par un autre chirurgien orthopédiste. L'apparition progressive d'un descellement ou une usure ne sont visibles qu'à la radio au début; il ne faut pas attendre que de gros dégâts osseux apparaissent et vous faire réopérer plus tard dans des conditions difficiles. Un contrôle radiologique à 1 an, 3 ans, 5 ans, 7 ans et 10 ans paraît une sage précaution.
Le bilan radiographique comprendra les radios suivantes :

Un certain nombre de précautions sont conseillées
- Surveillez votre poids pour protéger votre prothèse.
- Installez des barres d'appui dans vos toilettes, votre douche et au-dessus de votre baignoire pour vous aider des bras pour vous lever, et ainsi diminuer les contraintes sur la prothèse.
- Prévenez votre dentiste et les médecins que vous consultez de la présence de votre prothèse car une antibiothérapie sera souhaitable lors de toute infection, afin d'éviter sa propagation à l'articulation prothésée.
- Pas d'ultrasons sur la région de la prothèse surtout si elle est cimentée. Celle-ci ne vibre pas à la même fréquence que les tissus qui l'entourent. Prévenez le kinésithérapeute et le radiologue.
- La pratique de sports comme le ski ou d'autres sports nécessitant une rotation des genoux est fortement déconseillée.



Prothèse totale de hanche

Sur le plan anatomique osseux, la hanche est constituée d’une ‘ demi-sphère et d’une boule’. Le cotyle hémisphérique ou acétabulum pelvien est formé par la réunion des structures pelviennes iliaque et branches ilio- et ischio-pubiennes. La tête du fémur s’y articule, faisant un angle de 135° avec la diaphyse fémorale et le grand trochanter, par l’intermédiaire du col du fémur. L’articulation est stable, stabilité renforcée par un système capsulo-ligamentaire.
Le cartilage recouvre le cotyle et la tête fémorale ; il a un rôle essentiel de glissement articulaire sans friction, d’absorption des chocs et de distribution des stress.
Plusieurs muscles entourant la hanche participe à sa stabilité et sa mobilité, en particulier le moyen fessier, muscle externe entre la crête iliaque et le grand trochanter, stabilisateur horizontal du bassin à la marche, permettant une marche sans boiterie : sa rééducation après prothèse de hanche est essentielle.
La mobilité rotatoire est ainsi possible dans les trois plans de l’espace : flexion-extension, abduction-adduction, et rotation interne-externe.
La destruction de l’articulation de la hanche, ou arthrite de hanche, par un processus dégénératif : arthrose ou coxarthrose, arthrite rhumatoïde, ostéonécrose aseptique ou avasculaire, et dysplasie, réduit sa capacité fonctionnelle, avec douleur, difficulté à la marche, accourcissement du membre inférieur, perte de la qualité de travail et de la vie. Le traitement de la dégradation cartilagineuse de la hanche commence habituellement par le traitement médica (anti-inflammatoires, protecteurs de cartilage), et le traitement fonctionnel : exercices et physiothérapie, diminution de l’activité, perte de poids, cannes.
Lorsque la destruction articulaire est plus avancée, et/ou résistante au traitement médical, la reconstruction chirurgicale articulaire par une prothèse totale de hanche est nécessaire.




Le processus dégénératif : Il s’agit essentiellement de l’arthrose ou coxarthrose, l’arthrite rhumatoïde, l’ostéonécrose aseptique ou avasculaire, et la dysplasie congénitale. L’absence de congruence entre cotyle et tête fémorale a pour résultat la dégradation progressive du cartilage.


La coxarthrose est une destruction progressive, mécanique du cartilage, passant par des stades croissants d’œdème, fibrillations, fissures, érosions, défect, destruction, amincissement, et disparition complète , avec ostéophytes périphériques, réduction de l’espace articulaire, ou au maximum contact osseux ou fusion tête-cotyle, mobilité douloureuse et réduite avec boiterie.
L’arthrite rhumatoïde est une destruction d’origine inflammatoire de l’articulation, incluant cartilage, tissus péri-articulaires.et capsulo-ligamentaires.
L’ostéonécrose aseptique ou avasculaire est une destruction osseuse de la tête fémorale, parfois aussi du cotyle, par absence de perfusion sanguine consécutive à un thrombus artériel, avec destruction du cartilage sus-jacent, évolution vers l’aplatissement de la tête, et l’arthrose. Les causes de cette nécrose sont diverses : traumatique (fracture du col fémoral, luxation de hanche), corticothérapie, alcoolo-tabagisme, ou inconnues.
La dysplasie congénitale est l’absence de congruence entre tête et cotyle, pouvant prendre diverses formes anatomiques pouvant être associées: aplasie du cotyle et luxation ou sub-luxation de la tête fémorale, dysplasie de la tête fémorale et malformation frontale (coxa vara ou valga), et/ou horizontale (rétro- ou anté-version), et/ou sagittale (flexion-extension).
Diagnostic

La douleur de l’arthrite de hanche, quelle soit mécanique - coxarthrose, ostéonécrose, dysplasie - ou inflammatoire – arthrite rhumatoïde -, est commune, de siège habituellement inguinal, avec irradiation vers la cuisse antérieure et parfois vers le genou ; elle peut être postérieure ou latérale autour du grand trochanter. Douleurs d’effort, à la marche, s’aggravant vers des douleurs au repos, avec boiterie latéralisée (vers la hanche malade) à la marche, aggravée par l’accourcissement du membre inférieur.
La mobilité articulaire est progressivement réduite, le plus souvent en flexion-rotation interne, position la plus douloureuse, ou en flexion de hanche.
L’examen clinique note l’accourcissement du membre inférieur, la réduction douloureuse de la mobilité articulaire, surtout en flexion-rotation interne.
Des radiographies standard du bassin de face et de la hanche malade de face et de profil, montre les signes classiques d’arthrite : pincement de l’espace articulaire, pouvant évoluer vers le contact ou la fusion osseuse tête fémorale-cotyle, densité de l’os sous-chondral, le plus souvent au niveau du toit du cotyle ou la région supéro-externe de la tête, ostéophytes, géodes, inégalité de longueur. Des signes de dysplasie sont recherchés : insuffisance du toit du cotyle, subluxation ou luxation de la tête fémorale, malformation rotatoire du col fémoral (varus, antéversion, …).
Une IRM (Imagerie par Résonnance Magnétique) peut être nécessaire pour rechercher une ostéonécrose avasculaire, ainsi éventuellement qu’une scintigraphie osseuse.
Le scanner est plus rarement indiqué, peut aider à apprécier l’orientation anatomique du cotyle et de la tête dysplasique, et mieux juger la pose des implants prothétiques et de leurs orientations.


Traitement

Le traitement de l’arthrite de hanche dépend du grade du processus dégénératif articulaire, et de la sévérité des symptômes.
Le traitement médical et fonctionnel est toujours institué, et en particulier aux stades précoces de l’arthrite :
Anti-inflammatoires non -stéroïdiens, antalgiques, protecteurs de cartilage et viscosupplémentation dans le cadre de l’arthrose, calcithérapie dans le cadre de l’ostéonécrose, physiothérapie et exercices, perte de poids et cannes.
Si la dégradation articulaire est plus avancée, surtout s’il existe une perte complète de cartilage (contact tête-cotyle), ou une incongruence articulaire (tête aplatie, subluxation, …), avec une résistance clinique au traitement médico-fonctionnel : douleur de repos, mobilité et activités réduites, boiterie, la reconstruction chirurgicale de la hanche, par mise en place d’une prothèse totale de hanche, est alors indiquée.

Traitement Chirurgical de la Hanche Arthritique : Destruction de Hanche par la Coxarthrose, ou l’Ostéonécrose, ou l’Arthrite Rhumatoïde, ou encore la Dysplasie Congénitale :se résume à la Prothèse Totale de Hanche. Elle donne des résultats fonctionnels immédiats, en permettant une mobilité articulaire de hanche libre et indolore, avec une marche normale et un retour aux activités physiques et professionnelles habituelles. Le résultat à long terme reste excellent et durable : les prothèses non cimentées, la qualité du design de la prothèse, proche de l’anatomie du fémur et du cotyle - notamment avec les prothèses de hanche sur mesure -, et la qualité des matériaux, ont augmentées la durée de vie des prothèses de hanche, qui peuvent dépasser la deuxième décennie.

Les Composants Prothétiques
" Les éléments en présence…"
Deux grands type de Hanche Artificielle
La prothèse totale de hanche cimentée, abandonnée dans notre pratique depuis 1988, sauf dans quelques cas de reprise difficile de prothèse ; les implants sont fixés à l’os par l’intermédiaire d’un ciment biologique méthylmétacrylate, dont le risque est son vieillissement et sa fracture à moyen terme, avec descellement de la prothèse.

Surtout la prothèse totale de hanche non cimentée, à durée de vie beaucoup plus longue,’state of the art’ dans notre pratique.
Elle est anatomique, épousant les contours osseux de la hanche ; elle est recouverte d’une couche d’hydroxyapatite de calcium (HAC) encastrée dans les micropores de la structure métallique de la prothèse, prothèse ‘ porous coating’ avec HAC, permettant la repousse osseuse dans les anfractuosités de l’implant. Il existe ainsi deux fixation : primaire ‘ press fit’ avec mise en place en force par impaction des implants de forme et de taille anatomique proche de la hanche naturelle du patient, et secondaire biologique par la repousse osseuse.
Les composants de la PTH
La prothèse totale de hanche est constituée de deux composants :
La prothèse cotyloïdienne (hémisphérique le plus souvent): elle remplace le cotyle ; elle est constituée elle-même de deux éléments :
  • le métal-back en titane ou chrome-cobalt recouvert d’HAC, impacté dans le cotyle osseux dont il à la même taille, et dont la fixation peut être éventuellement renforcée par des vis intra-articulaires ou par une plaque apposée sur le toit du cotyle, avec parfois dans certains modèles, un crochet inférieur encastrée dans le trou obturateur ;
  • l’insert articulaire s’y encastre : il est le plus souvent en polyéthylène haute densité avec toujours un système anti-luxation de type croissant supérieur ou postéro-supérieur; certains modèles proposent un insert en céramique ou métallique.
    La prothèse fémorale remplace la tête fémorale ; elle est faite elle aussi de deux éléments :
  • la tige fémorale avec son col, en titane ou chrome-cobalt recouvert d’HAC, anatomique et de taille proche du canal médullaire, avec ou sans collerette cervicale, fixée dans le fémur supérieur par impaction ;
  • la tête fémorale s’impacte sur le col prothétique ; elle est de longueurs variables, permettant d’ajuster au millimètre la longueur du membre inférieur ; elle est le plus souvent en céramique, ou métallique ; elle s’articule avec l’insert du cotyle prothétique.
Les surfaces articulaires en présence doivent permettre une friction la plus basse possible, pour éviter les débris d’usure et le risque de granulomes inflammatoires réactionnels, avec ostéolyse et descellement des pièces prothétiques. Les surfaces les plus utilisées actuellement sont les surfaces céramique-polyéthylène surtout, et métal-polyéthylène; d’autres surfaces de moindre friction sont aussi utilisées, notamment chez le jeune : surface céramique-céramique, et métal-métal.



Technique Chirurgicale
L’Opération
Elle dure entre 1 heure et 1 heure 30.
Elle est pratiquée sous rachianesthésie (spinale), ou sous anesthésie générale, souvent complétée par un bloc crural, avec cathéter laissé en place un ou deux jours pour l’analgésie post-opératoire. Un récupérateur de sang (cell saver) est souvent utilisé.
Sur le patient en décubitus dorsal, l’incision dans notre expérience est antéro-externe, avec passage entre moyen fessier et vaste externe, sans incision musculaire ni trochantérotomie ; selon les cas, la longueur de l’incision peut être réduite, de type ‘ mini-open’ d’environ 7 cm.
Après résection capsulaire, la tête fémorale est enlevée au moyen d’une scie électrique sur le col fémoral, à un niveau correspondant au calcul sur calque pré-opératoire pour restaurer la longueur exact du membre inférieur.



La préparation du cotyle est le premier temps osseux : à l’aide d’une fraise hémisphérique de taille croissante, on résèque le cartilage restant, jusqu’à l’os sous-chondral, en redonnant une forme hémisphérique au cotyle osseux ; la dernière taille de la fraise correspond généralement (ou à une taille de deux millimètres au-dessous) à la taille de la prothèse définitive de cotyle ; cette dernière, après essais, doit s’impacter en force, comme un ‘ bouton-pression’, de manière parfaite sur le cotyle osseux, l’épousant, reposant sur son arrière-fond, et affleurant ses bords. Cette fixation peut-être complétée par des vis intra-articulaires, dirigées généralement vers le toit du cotyle. L’insert articulaire est alors mis en place par clippage.


La préparation du fémur commence après avoir luxé le fémur, rendue possible par la désinsertion de la capsule postérieure, et parfois, en cas de rétraction, le relâchement des pelvis-trochantériens. Des râpes fémorales de tailles croissantes sont utilisées : elles ont la particularité d’avoir le même design que la prothèse fémorale définitive. Elles permettent de modeler progressivement le canal médullaire spongieux du fémur supérieur, jusqu’à recevoir la taille exacte de la prothèse fémorale définitive, s’encastrant par impaction contre l’os sous-chondral et une mince couche d’os spongieux ‘ dur’ du fémur.




La prothèse fémorale définitive est mise en place.
La tête fémorale, après essais des longueurs, est ensuite impactée sur le col de la prothèse fémorale, par un système de cône morse. Le choix de sa taille permet d’ajuster au millimètre près la restauration de la longueur du membre inférieur.
La prothèse fémorale est alors réduite sur la prothèse cotyloïdienne ;
On teste de nouveau la stabilité de l’articulation, l’absence de luxation dans toutes les positions de rotation, et l’égalisation de longueur des deux membres inférieurs.
Les sutures sont faites plans par plans, sous drains aspiratifs (non systématiques), laissés en place deux ou trois jours.
Exemples de radiographies face et profil, de contrôle de PTH non cimentée :

Evolution post-Opératoire
Les perfusions d’antalgiques et anti-inflammatoires sont poursuivies à J1 et J2, et le relais per-os est institué, pendant huit jours environ, en vérifiant l’absence d’anémie, pouvant nécessiter, rarement, une transfusion.
Le cathéter crural pour l’analgésie post-opératoire est laissé en place Un ou deux jours. L’antibiothérapie préventive est systématique, pendant l’intervention, poursuivie habituellement à J1 et J2. L’anticoagulation est aussi systématique, pendant 3 à 4 semaines, jusqu’à la reprise d’une marche normale.
Le patient est mis au fauteuil le lendemain J1 ou à J2.
La mobilisation active hanche et genou est immédiate, et la marche en appui complet commence dès le 2è ou 3è jour, avec déambulateur ou une paire de cannes anglaises.
Les drains sont enlevés au 3è jour, les pansements refaits une à deux fois par semaine jusqu’à cicatrisation à la 3è semaine. La sortie au domicile ou au centre de rééducation est envisagée dès le 6è jour.
La physiothérapie est instituée tous les jours ou trois fois par semaine.
Elle dure en moyenne deux ou trois mois selon la capacité de résistance et de renforcement musculaire des patients, selon aussi leur état général, pathologies associées, et l’existence ou non d’une obésité qui allonge le temps de rééducation. En moyenne, la marche avec une canne commence dès la 3è ou 4è semaine, et la marche sans canne vers la 6è semaine.

Le suivi : Des visites de contrôle sont nécessaires, tous les mois pendant trois mois, ou jusqu’à récupération d’une fonction normale, puis le 6è et 12è mois, avec contrôle radiographique, et enfin selon les habitudes, tous les deux ou trois ans.
Les Complications
Des complications sont possibles ; elles surviennent rarement : le chirurgien doit savoir les prévenir ; quand elles surviennent, il doit y faire face, le plus souvent avec succès. La liste suivante n’est pas exhaustive, mais décrit les complications les plus communes :
Complications de l’anesthésie ; Décompensation de maladie pré- existante, surtout cardiaque; Thrombophlébite ; Luxation ; Infection ;
Descellement prothétique ; Fractures.
Les Complications de l’Anesthésie
Elles sont rarissimes : allergies aux drogues, complications cardio-respiratoires ; les risques sont surtout les :

Décompensations de maladies pré- existantes,
surtout cardiaques : troubles de rythme, embolies et accident vasculaire cérébrale, troubles respiratoires : il s’agit de complications rares, touchant principalement les patients de plus de 80 ans, fragiles, victimes de fracture du col fémoral traitée par prothèse de hanche.
Thrombophlébite : la thrombose veineuse profonde peut survenir : jambe gonflée, dur et douloureuse ; elle peut être, de façon rare, responsable d’une migration de caillot avec embolie pulmonaire : choc et troubles cardio-respiratoires pouvant nécessiter une réanimation.
La prévention est systématique et obligatoire : mobilisation et marche précoces, anticoagulation, bas à varices. En cas de thrombose : anticoagulation à l’héparine à forte dose dissout le caillot.
Luxation : la PTH peut se luxer : la tête fémorale se trouvant alors en dehors du cotyle. Cette éventualité existe surtout dans la période immédiate après la chirurgie (environ 2-4 semaines), durant la cicatrisation des tissus capsulaires et musculaires. Elle se réduit manuellement sous anesthésie. Sa récidive peut nécessiter la révision chirurgicale, souvent pour le repositionnement ou le changement de la prothèse cotyloïdienne. Le chirurgien et le physiothérapeute apprendront aux patients à éviter les positions luxantes, en particulier la rotation interne et l’adduction du membre inférieur : éviter de croiser les deux membres inférieurs, éviter de tourner le tronc membre inférieur opéré immobile : il faut se retourner en bloc d’un seul tenant, tronc et membre inférieur en même temps.
Mais la luxation est actuellement rare si les conditions suivantes sont respectées : position anatomique des implants : cotyle : inclinaison 50° et antéversion 15°-20° ; fémur : antéversion 20°, bras de levier du moyen fessier restauré, bonne position du centre de rotation de la tête fémorale, restauration de la longueur du membre, insert avec croissant anti-luxation ; enfin la voie chirurgicale antéro-externe est moins luxante que la voie postérieure.


Infection : complication sérieuse, rare : environ 0,5 %, pouvant survenir immédiatement, la semaine après la chirurgie : écoulement cicatriciel ; mais aussi des mois après, se manifestant par l’apparition de fistules. Cette complication est plus facilement traitée par une chirurgie de nettoyage résection des tissus infectés, une double antibiothérapie adaptée et longue (1 an en moyenne), après isolement du germe par prélèvement, depuis l’utilisation des prothèses non cimentées, l’effet de l’antibiotique pouvant alors se porter jusqu’à la jonction os-implant. La prothèse cimentée infectée peut nécessiter sa révision et son changement en prothèse non cimentée.
Descellement prothétique
L’implant n’est plus fixé à l’os, du fait d’une résorption osseuse provoquée par les débris d’usure des pièces articulaires, en particulier le polyéthylène ; il a une micro-mobilité douloureuse : c’est la principale complication mécanique de la PTH, premier souci mécanique du chirurgien orthopédiste, qui doit à la fois assurer une fonction de hanche normale et rapide, mais aussi une durée de vie la plus longue. Eviter ou repousser le descellement de la prothèse a fait l’objet de nombreuses recherches des fabricants et des chirurgiens. La prothèse non cimentée à surface à micropores et hydroxyapatite de calcium a une durée de vie la plus longue : dans les conditions normales d’utilisation, elle peut durer au moins 15 ans ; le patient jeune notamment sportif et porteur d’une PTH peut poser problème, l’intensité de son activité peut risquer une usure précoce des pièces articulaires tête et insert (et non des implants), pouvant nécessiter leur seul changement ou la révision si descellement associé.
Le descellement prothétique est douloureux et implique la révision et la mise en place d’une nouvelle prothèse totale de hanche, non cimentée, avec parfois greffes osseuses : l’intervention est plus longue et extensive.
En cas d’infection associée : descellement septique, notre habitude est la chirurgie en un seul temps, avec antibiothérapie au long cours (1 à 2 ans), et parfois, mise en place en intra-articulaire (contre le toit du cotyle), d’un ciment avec antibiotique relargué type vancocyne.
Fractures accidentelles : sont possibles, au niveau du fémur, autour ou sous la prothèse, et rarement au niveau du pelvis, pouvant nécessiter une fixation par ostéosynthèse
En résumé : le taux de complications de la chirurgie de Prothèse Totale de Hanche ne dépasse pas, toutes complications confondues, les 4 %. Le taux de survie à long terme à 15 ans est de 85 - 90 %.
La Réhabilitation
La marche en appui complet commence dès le 2è jour ; les points sont enlevés à la 3è semaine.
Les positions luxantes sont évitées pendant 4 à 5 semaines : flexion excessive de hanche : pas de position assise basse; jambes croisées; rotation dissociée tronc et jambes : tourner le corps entier d’un seul bloc; se relever avec prudence en sortant d’une voiture par exemple; pas d’activités de résistance lourde.
Les deux cannes sont utilisée pendant 3 semaines, et la marche avec une canne commence dès la 4è semaine, habituellement jusqu’à la 6è ou 8è semaine, lorsque la boiterie disparaît.
La physiothérapie est quotidienne pendant deux mois : travail actif des muscles du genou et de la hanche, le moyen fessier étant rééduqué par des abductions actives en décubitus latéral dès le 2è mois ; électrothérapie.
Le 3è mois, le rythme de la rééducation devient trois par semaine : c’est la période de renforcement intensive des muscles, contre résistance avec poids ou élastique.
La récupération totale, avec une fonction , une vie, et une marche normale, une force musculaire habituelle, intervient en moyenne à 4 mois post-opératoire, et pour certains patients à 6-8 mois, selon âge, pathologies existantes et poids.
Les contrôles réguliers sont importants, pour juger de la qualité de la rééducation et des progrès, et corriger les manquements éventuels par des examens cliniques. Des contrôles radiographiques sont pratiqués, dont l’intérêt est de dépister d’éventuels incidents comme l’usure, le descellement la fracture ; ils sont faits au rythme de 2 ou 3 fois la première année, puis selon les habitudes de chacun, tous les 2 ans ou plus.

Anatomique et non cimentée
1 - LA DESCRIPTION
La PTH est la reconstruction articulaire de la hanche, détruite par l'arthrose, l'ONA, les malformations congénitales, ou une ancienne prothèse descellée (surtout mal cimentée).
- Il s'agit d'une cupule cotyloïdienne et d'une tige fémorale, de taille anatomique, en titane entourées d'HAC (bio intrégration osseuse) sur lesquelles s'encastre un insert (cotyle) en polyéthylène et une
tête fémorale en céramique.
- La technique personnelle de mise en place de la prothèse par voie antéro externe permet d'éviter
toute section musculaire (une partie du moyen fessier) garant d'une récupération rapide.
2 - L'ANESTHESIE
Elle est habituellement locorégionale : rachianesthésie ou générale.
La consultation anesthésique et le bilan pré opératoire sont obligatoires avant l'intervention.
3 - DEROULEMENT DE L'INTERVENTION
- La durée moyenne varie de 1 heure pour une prothèse simple à quelques heures pour les changements de prothèse, ou les lésions complexes.
- Elle se fait sous autotransfusion simultanée et / ou différée.
4 - MAITRISE DES INCIDENTS MEDICAUX
Ceux-ci rares sont contrôlés par l'anesthésiste.
La douleur (antalgiques, pompe à Morphine éventuelle...)
Infection (antibiothérapie 48 heures), la phlébite (anticoagulants)
5 - MAITRISE DES INCIDENTS CHIRURGICAUX
Par le chirurgien, ceux-ci sont rarissimes, toujours contrôlables (luxation).
6 - LES SUITES IMMEDIATES POST OPERATOIRES
Assurées par le chirurgien et son équipe (assistant).
Repos le premier jour (J1), fauteuil le deuxième jour (J2)
Marche en appui complet avec déambulateur à J2 ou J3.
Rééducation quotidienne.
Durée du séjour en Clinique 8 à 9 jours.
Sortie à domicile ou pour un centre de Rééducation.
7 - LE PREMIER MOIS
Est dominé par la rééducation, en évitant les rotations.
La marche est totale, avec 2 cannes.
Les points sont enlevés à la troisième semaine.
8 - LE CONTROLE PAR LE CHIRURGIEN ET OU SON ASSISTANT

Est régulier toutes les 2 à 3 semaines.
9 - LE DEUXIEME MOIS

Poursuite de la rééducation avec renforcement musculaire.
La marche est quasi normale avec 1 ou sans canne.
10 - LES MOIS SUIVANTS (TROISIEME ET QUATRIEME MOIS)
Dans les cas complexes (changement de prothèse), la rééducation est poursuivie pour renforcer le moyen fessier (permet la marche sans boiterie)

Contrôle final (clinique et radiologique) par le chirurgien dés guérison totale.

Les drogues et les adolescents

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Le fait d'essayer des drogues à l'adolescence peut venir d'un besoin de se découvrir et de s'exprimer.

Pour les parents, le spectre de la consommation peut être terrifiant; même si eux-mêmes ont pu passer par là jadis, ils ont souvent l'impression que les drogues consommées par les jeunes sont aujourd'hui plus nocives qu'avant.

Nous présentons ici des exemples des principales drogues consommées par les jeunes d'aujourd'hui, les formes qu'elles peuvent prendre, les différents noms sous lesquels on les désigne dans le jargon de rue et les bénéfices recherchés par les consommateurs.

1. Cannabis (marijuana, haschich)

Ses formes
- Parmi les drogues de rue consommées par les adolescents, le cannabis arrive toujours en tête de liste.
- La principale substance active responsable des effets du cannabis est le delta-9-tétrahydrocannabinol, communément appelé THC.
- Le cannabis, qui se décline principalement en deux formes, la marijuana (présentée sous forme de feuilles) et le haschich (pâte huileuse de couleur foncée), porte plusieurs noms dans le langage des jeunes, notamment pot, herbe (ou weed), mari, skunk ou ganja.
- Le cannabis est généralement fumé, sous forme de cigarette (joint ou splif) ou dans une pipe. Il peut également être consommé par voie orale, par exemple dans un gâteau ou des biscuits.Ses effets
- Nombreux sont ceux qui croient, à tort, que le cannabis est un dépresseur au même titre que l'alcool ou les substances opiacées; il s'agit en fait d'un perturbateur du système nerveux central.

- Le principal effet recherché par les consommateurs de cannabis est une certaine euphorie, un high, caractérisé par une sensation de bien-être, d'insouciance et de calme, une sociabilité accrue, une certaine tendance à la loquacité et à l'hilarité. En tant que perturbateur, le cannabis altère la perception du temps et de l'espace.
- Il peut également accentuer les perceptions sensorielles, intensifiant les émotions, les couleurs et les sons.
- Certains consommateurs seront plus créatifs après avoir pris du cannabis.
- Suite à cette phase de high, qui peut durer plus d'une heure, le consommateur de cannabis connaîtra une baisse d'énergie.

2. Les drogues de rave (amphétamines, MDMA, kétamine et GHB)

Les drogues que nous appelons drogues de rave ne partagent pas nécessairement de propriétés pharmacologiques, mais elles ont en commun d'avoir été popularisées en grande partie par le phénomène des raves, ces soirées dansantes sur fond de musique électronique, techno ou transe qui durent parfois bien après que le soleil se soit levé. Désormais, les contextes de consommation de ces drogues se sont multipliés et, dans les dernières décennies, leur attrait auprès des jeunes a connu une progression non négligeable.

Amphétamines

L'amphétamine, tout comme son dérivé puissant, la méthamphétamine, appartient à la catégorie des stimulants majeurs. C'est une drogue de synthèse.
Les noms
L'amphétamine et ses dérivés portent toute une ribambelle de noms : speed, pilule, amphet, crystal, ice et meth en sont des exemples communs.
Ses formes
- De façon générale, amphétamine et méthamphétamine pourront être absorbées par voie orale (sous forme de pilule) ou par voie intranasale (sous forme de poudre).
- Plus marginaux, certains consommateurs choisiront de s'injecter la drogue, ou encore de la fumer, particulièrement dans le cas de la méthamphétamine sous forme de cristaux, augmentant ainsi les effets de la drogue.
Ses effets
Le consommateur d'amphétamine recherche :
- Une disparition de la fatigue physique et mentale
- Un sentiment d'euphorie et d'invincibilitéu
- Une augmentation marquée de la confiance en soi.
- La perte d'appétit étant un des effets notoires des amphétamines, certains l'utiliseront également pour favoriser la perte de poids.

Le MDMA (ecstasy, E, X, ou XTC)

Le MDMA est un hallucinogène stimulant. Sa structure chimique est apparentée à celle de l'amphétamine, mais aussi à celle de la mescaline, un hallucinogène.
Ses formes
Il se présente généralement sous forme de comprimés colorés, qui seront absorbés par voie orale.
Ses effets
- Les consommateurs de MDMA recherchent parfois des effets stimulants semblables à ceux du speed, mais c'est principalement en raison de ses propriétés entactogènes et empathogènes qu'ils la choisissent.
- En d'autres termes, le MDMA fait en sorte que le consommateur vit plus intensément les sensations tactiles, en plus d'avoir l'impression de mieux comprendre les sentiments des autres.
- Ces propriétés font en sorte que les consommateurs ont envie de se rapprocher des autres, physiquement et psychologiquement; leurs sensations et leurs émotions sont décuplées. Ce n'est pas pour rien qu'on dit que l'Ecstasy est la drogue de l'amour !
- Il convient de noter que, fréquemment, des pilules présentées comme étant de l'ecstasy ne contiennent que très peu ou pas du tout de MDMA; celui-ci est coupé à l'aide de substances variées, par exemple de la méthamphétamine ou du PCP.

Le GHB

Le GHB est une drogue de synthèse qui agit comme dépresseur du système nerveux central. Il a la réputation d'être utilisée comme drogue du viol, bien que les études menées à ce sujet ne soient pas concluantes.
Ses formes
Il prend généralement la forme d'un liquide au goût salé, mais on le retrouve aussi en capsule ou sous forme de poudre blanche.
Ses noms
On lui donne le nom de liquid ecstasy ou liquid X, parfois salty water.
Ses effets
Les consommateurs de GHB sont friands de ses effets anxiolytiques, désinhibants et euphorisants.  Il peut être à l'origine d'épisodes d'amnésie, surtout lorsqu'il est consommé avec de l'alcool.

La kétamine

La kétamine est un anesthésique dissociatif, donc un perturbateur du système nerveux central.
Ses formes
Il est le plus souvent consommé sous forme de poudre, par voie intranasale.
Ses noms
Dans le jargon de rue, on l'appelle Ké, Special K, Vitamine K.
Ses effets
Cette substance entraîne une certaine euphorie, une perturbation des perceptions ainsi qu'une diminution de la douleur physique. Si son usage est encore très marginal, il a beaucoup augmenté au cours de la dernière décennie.

3. Cocaïne et dérivés

On pourrait croire que la cocaïne, en raison de son prix très élevé (entre 80 et 100 dollars le gramme), n'est pas populaire auprès des jeunes. Or, son usage se banalise et sa disponibilité s'accroît. Les adolescents y sont vulnérables, puisque cette drogue fait désormais partie de la panoplie ordinaire du petit revendeur de quartier ou de cour d'école.
Ses formes
- La cocaïne (coke, poudre, sniff ou snow), lorsqu'elle se présente sous forme de poudre, est généralement consommée par voie intranasale, parfois par voie intraveineuse.
- Quant au crack (roche, rock ou freebase), il s'agit d'une forme purifiée de cocaïne, qu'on obtient en mélangeant celle-ci à une substance alcaline (ammoniac ou bicarbonate de soude).
- Le crack, qui est vendu sous forme de roches cristallines, est fumé dans une pipe.
-  Certains usagers fument le crack mélangé avec du cannabis, sous forme de joint ; c'est ce qu'on appelle un juicy.
Ses effets
Les effets de la cocaïne sont semblables à ceux des amphétamines :
- Euphorie
- Désinhibition
- Confiance en soi décuplée
- Sentiment d'invincibilité.
- Les effets durent une trentaine de minutes, après quoi l'usager ressent le besoin de consommer à nouveau.
- Lorsque la drogue est consommée par voie intraveineuse (injectée) ou intrapulmonaire (fumée), l'effet est beaucoup plus intense et beaucoup plus bref. Les usagers peuvent même ressentir une sensation orgasmique dans les premières secondes suivant la consommation. Toutefois, après quelques minutes, l'euphorie cède la place à une grande anxiété et le besoin de consommer de nouveau est pressant.

4. LSD et analogues

LSD et champignons

Plusieurs adolescents essaieront les substances hallucinogènes. Règle générale, ils se tournent vers le LSD, drogue de synthèse qui est souvent vendue sous forme de buvard (carré de papier, souvent orné d'un dessin coloré, où on a appliqué une goutte de substance) ou vers les champignons hallucinogènes à la psilocybine, qui poussent dans la nature. Ces substances sont consommées par voie orales.
Les effets du LSD
- Le LSD est apprécié pour ses effets psychédéliques; il agit sur la perception de la réalité et peut être à l'origine d'hallucinations. La nature, l'intensité et la durée des effets varient en fonction de la dose, mais aussi de la personnalité et des attentes de l'utilisateur.
- Le sujet pourra expérimenter des distorsions perceptives (son, couleurs, textures, émotions, passage du temps, forme des objets, etc.
- Il pourra avoir l'impression que les objets inanimés sont vivants ou encore celle de ne faire qu'un avec l'univers, d'être en parfaite symbiose avec le monde qui l'entoure. Il est fréquent que les gens ayant pris du LSD passent rapidement et sans transition d'une émotion à une autre.
- Ils peuvent aussi avoir le sentiment de vivre une expérience unique, spéciale, presque mystique et ils accordent un sens profond aux réflexions les plus banales.
- Certaines personnes risquent de mal réagir aux effets intenses du LSD et de ressentir peur, anxiété et paranoïa. Ces états, caractérisés par des crises de paniques, s'appellent mauvais voyages (bad trips).

Les effets des champignons hallucinogènes

Les champignons hallucinogènes, souvent appelés mush ou champignons magiques, ont des effets semblables, mais l'expérience est souvent moins intense et moins potentiellement troublante qu'avec le LSD. Notons toutefois que, sur le marché noir, les champignons qui sont vendus aux consommateurs ne contiennent pas toujours de psilocybine; il arrive qu'il s'agisse de vulgaires champignons ordinaires qu'on a trempé dans une autre substance.

Conclusion

Sans prétendre avoir fait un portrait exhaustif de toutes les drogues existantes, nous avons voulu présenter ici les principales substances consommées par les jeunes. Ainsi, si vous entendez certains termes dans le vocabulaire de votre enfant, vous serez peut-être plus portés à tendre l'oreille!

Vous avez découvert que votre adolescent consomme de la drogue. Pourquoi ? Comment parler des conséquences ? Quand se faire aider ? Les réponses du pédopsychiatre Stéphane Clerget.



L'alcool & les jeunes

L’adolescence est le temps de toutes les découvertes. Parmi elles, figure la rencontre avec l’alcool.
C’est ainsi que la consommation d’alcool devient une étape incontournable des fêtes ou des sorties. Il orne et accompagne les différents rituels de la vie sociale.
L’alcool apparaît pour les jeunes adultes en quête de transgression d’un accès plus facile et bien moins stigmatisé socialement que les «mauvaises drogues».
Les producteurs d’alcool ne l’ignorent pas et n’hésitent pas à faire la promotion de leurs produits directement dans les fêtes étudiantes. L’idée est de créer des vocations de vrais buveurs qui dureront toute une vie, en mêlant l’alcool à la fête et à la musique.

Types d’alcools

Les types d’alcool choisis par les adolescents ne sont pas les mêmes que ceux de leurs parents. La bière est préférée au vin. On retrouve aussi une préférence pour les alcools forts, souvent en ingestion massive.
Les premix ciblent de manière directe les consommateurs les plus jeunes. Ces boissons se présentent comme des sodas « corsés » ou « branchés ». Malgré leur emballage qui ne les distinguent pas des boissons sans alcool, l’alcool est bien présent. Son goût est couvert par le sucre de la boisson.

 De plus en plus jeune ?
La consommation très précoce d’alcool chez les jeunes enfants (à l’école ou pendant les premières années de collège) est très préoccupante.
Cette prise d’alcool est volontiers méconnue. Elle est socialement inacceptable et donc cachée. Les études dans le domaine retrouvent pourtant des ivresses bien avant le collège chez les enfants les plus à risque.
Les enfants ou adolescents buvant de l’alcool en cachette se trouvent en situation d’échec scolaire. Ils sont en butte à diverses violences et exclusions qui en retour renforcent encore plus leur consommation.

Vers une augmentation des alcoolisations ?

Les études démontrent que l’alcoolisation de l’adolescent est de plus en plus fréquente. Elle se réalise souvent sous forme d’ivresse. Les garçons continuent à davantage s’alcooliser que les filles, mais celles-ci rattrapent leur « retard » à grande vitesse.
La consommation régulière d'alcool chez les adultes diminue, mais on assiste à une recrudescence des comportements extrêmes chez les jeunes.

On retrouve la prise de danger dans le « binge drinking ». Cette pratique consiste à s’enivrer massivement et le plus rapidement, souvent pendant le week-end ou lors de fêtes. Le moyen pour y arriver est simple : boire un maximum d’alcool en un minimum de temps.
Cette recherche de sensations fortes peut avoir de graves conséquences : traumatismes, troubles respiratoires, comas,…

De plus, ces fréquentes hyperalcoolisations pourraient conduire à des lésions cérébrales. Elles seraient dues à la réduction durable de la neurogenèse au niveau de l’hippocampe, jouant un grand rôle dans la mémoire. Ces lésions sur le cerveau sont irréversibles et laisseront des séquelles sur les capacités de mémorisation.

Association à d’autres substances :

Le cannabis est, avec l’alcool, la substance la plus consommée par les adolescents. Elle est le fait de deux types de jeunes :
  • certains utilisent l’alcool et la drogue comme un traitement sauvage à un état dépressif
  • dans d’autres cas, la consommation d’alcool et de cannabis s’inscrit dans le sillage d’un trouble de la personnalité marqué par une intolérance à la frustration, une impulsivité et une tendance à transgresser les règles sociales
Les adolescents consommant de l’alcool sont aussi ceux qui fument le plus de tabac. La relation à l’alcool et au tabac s’apprend très tôt dans la vie, et ces deux comportements sont souvent liés.
Ainsi, le fait de fumer à l’âge adulte est fréquemment corrélé à la consommation précoce d’alcool.

Alcool et scolarité :

Il peut rapidement se mettre en place une sorte de cercle vicieux. La prise d’alcool incite à désinvestir la scolarité.
En retour, le désinvestissement de la scolarité et l’échec des performances sont vécues comme une raison supplémentaire de consommer de l’alcool.
L’adolescent en échec scolaire tente d’oublier dans l’alcool une situation qui l’angoisse et dont il a honte.

  
Le point positif ?

La relation entre alcool et adolescence a tout de même une note positive. L’adolescence est l’époque ou s’acquiert l’expérience de l’alcoolisation normale, socialement intégrée. Les adolescents apprennent à passer de l’essai de l’alcool à une consommation conviviale.

Différents stades de relation avec l'alcool

  • Premier contact  - I l a lieu à des âges divers et ses effets sont variés.Certains adolescents interrompent leur relation à l’alcool dès ce premier contact. Ils se découvrent intolérants à la substance. Ils ne supportent pas l’effet d’euphorisation, de désinhibition ou encore l’effet sédatif.
  • L'expérience - A ce stade, l’adolescent apprend à connaitre les différentes boissons alcooliques. Il découvre sa propre capacité à boire. Il repère sa préférence pour certains modes d’alcoolisation. Il fait donc des essais sur lui-même et sur différentes boissons.
  • L'alcoolisation intégrée - Il s’agit pour la majorité des adolescents et ensuite des adultes du comportement définitif vis-à-vis de l’alcool. Il intègre les règles sociales et culturelles du moment. Il tient aussi compte des usages et des traditions de la famille, de l’exemple des amis.
    La façon de boire d’un adolescent apparaît liée à des facteurs macro-sociaux ainsi qu’à des facteurs individuels. Seule une minorité d’adolescents atteindra des stades d’alcoolisation plus pathologiques tels que l’alcoolisation excessive et la dépendance.
e terme « alcoolisme » est très général et imprécis. Il regroupe un ensemble hétérogène de relations anormales avec l’alcool, influencé par certains facteurs.
On préfèrera parler de non-usage, mésusage ou d’alcoolodépendance pour qualifier et quantifier la relation avec l’alcool.



Le non-usage est une absence de consommation de boissons alcoolisées
L’usage à faibles risques regroupe les habitudes de consommation n’ayant aucun préjudice sur la vie de l’individu.
Le mésusage se définit comme des « conduites d’alcoolisation caractérisées par l’existence d’un ou plusieurs risques potentiels ou par la survenue de dommages induits (alcoolodépendance incluse)».
Ce mésusage de l'alcool inclut l'usage à risques de l'alcool, l'usage nocif ou encore l'usage de l'alcool avec dépendance.


 Facteurs influençant la consommation

Pour concevoir des interventions efficaces contre l'usage nocif de l’alcool, il importe de comprendre les facteurs qui déterminent ce problème.
La consommation d’alcool est souvent enracinée dans le contexte culturel et social de nombreuses civilisations. Elle est aussi associée à certaines caractéristiques personnelles :

  • Âge, sexe, statut physiologique et psychologique, conscience personnelle des effets indésirables de la consommation d'alcool
  • Valeurs sociales, économiques et culturelles ; normes familiales telles qu’acceptation et approbation des schémas individuels de consommation d’alcool
  • Disponibilité, accessibilité économique et tolérance sociale de la consommation d’alcool
  • Caractéristiques socioculturelles de l'influence des pairs, de la situation personnelle et des attitudes sociales vis-à-vis de la consommation d'alcool
  • Image transmise par la publicité et les médias de la consommation d’alcool comme « virile » et « attirante », déterminant ainsi les valeurs et opinions individuelles à ce sujet
  • Statut juridique de l'alcool et existence de sanctions pénales à l'encontre des personnes occasionnant des traumatismes sous l'influence de l'alcool.
Dans de nombreuses sociétés, l’alcool est associé aux célébrations : mariage, naissance, promotion professionnelle, obtention de diplômes.
C’est le cas en France, où l’abstinence ou la modération sont rarement mises en avant lors de grandes occasions.

Diminuer sa consommation :

  • Décidez du nombre maximum de verre que vous allez boire avant de sortir
  • Ne rentrez pas dans le système des « tournées » qui encouragent à boire plus que prévu
  • Alternez boissons alcoolisées et boissons non-alcoolisées

Complications d'un mauvais usage de l'alcool

  • La santé

Court terme :

  • Baisse de la vigilance
  • Perte de contrôle
  • Diminution des capacités de réaction
  • Suicide
  • Perturbations neurologiques
  Long terme (alcoolisation répétée) :
 

  • Carences notamment vitaminiques
  • Hépato-toxicité
  • Complications neurologiques
  • Troubles digestifs
  • Complications endocriniennes
  • L'ivresse  - Ivresse simple
    Ivresse pathologique (4 formes) :
    • excitomotrice
    • maniaque
    • dépressive
    • délirante
      Coma éthylique -> urgence médicale
    Une intoxication aiguë à l’alcool peut aussi être responsable d’une crise d’épilepsie, ou d’un delirium tremens pendant le sevrage. Au même titre que le coma, ce sont des urgences médicales !
  • La dépendance  - La dépendance est le stade où l’individu a perdu la liberté de s’abstenir de l’alcool. Les alcooliques sont des buveurs excessifs. Leur dépendance à l’égard de l’alcool conduit à une consommation responsable d’un trouble mental ou physique.Cela affecte les comportements, les relations sociales et familiales, ainsi que le statut économique du sujet.

Les conséquences


A long terme, la surconsommation d'alcool impacte fortement la santé !

L'alcool agit à presque tous les niveaux sur l'être humain. Tant au niveau psychique, que physique, l'alcool sévit également dans la vie sociale ou professionnelle.
Les atteintes physiques sur l'organisme sont nombreuses et bien réelles. L'ensemble des organes est exposé. La diminution fonctionnelle du foie est bien connue, mais il faut aussi savoir que les yeux, l’œsophage ou le cœur sont sévèrement touchés par l'abus d'alcool.

L'alcool occasionne d'importants dégâts sur le cerveau. Ces atteintes sont irréversibles, et encore plus marquées chez les sujets jeunes abusant de boissons alcoolisées.


Le système nerveux est touché par l'excès d'alcool : troubles de la marche ou possible survenue de crises d'épilepsie, l'alcool fragilise tout le système nerveux de l'organisme.


Au delà des atteintes purement physiques, l'alcool entraîne également :

  • une exclusion sociale en coupant du reste des individus
  • des difficultés familiales menant souvent à des conflits ou à une séparation
  • des dommages professionnels par manque de motivation, abscence, ou manque de concentration
L'ensemble de ces dégâts et atteintes représente un très lourd coût pour la société, aussi bien en terme de soins à apporter qu'en terme de force de travail non utilisable.

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