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20 juil. 2015

Des lunettes spéciales pour voir les veines lors d’une prise de sang

Une prise de sang n’est pas vraiment une partie de plaisir spécialement lorsque l’infirmière rate la veine mais ce temps-là est peut-être bientôt terminé. Les infirmières porteront des lunettes spéciales pour voir plus facilement les veines…

La société Evena Medical a conçu des lunettes, les Eyes-On Glasses, afin de simplifier le travail des équipes médicales et bien sûr, pour éviter une douleur inutile au patient. Pour entrer un peu dans la technique, ces lunettes sont équipées d’une caméra multi-spectrale intégrée, elles permettent d’identifier clairement et facilement les veines du patient.
Se faire faire une prise de sang n'est pas toujours une partie de plaisir, d'autant plus lorsqu'on a les veines assez peu apparentes. Pour tenter de résoudre ce problème, la société Evena a créé des lunettes spécifiques qui permettent de voir les veines à travers la peau et pourra donc permettre au corps médical de pratiquer les piqûres avec plus de facilité.

Les Evena Eyes-On Glasses sont des lunettes à usage médical étudié spécifiquement pour permettre au porteur de voir à travers la peau pour identifier plus facilement les veines. Cette technologie a été imaginée dans le but de faciliter le travail du corps médical pour pratiquer des piqûres qu'il s'agisse de prises de sang ou de perfusions.  Développées par la société Evena, ces lunettes sont équipées d'une caméra multi-spectrale qui offre une vision claire des veines du patient. Avec ce système, il sera normalement très rare de s'y reprendre à plusieurs fois pour planter l'aiguille. Cette technologie est une révolution pour le corps médical qui pourra ainsi pratiquer des piqûres avec beaucoup plus de facilité et de rapidité, mais également en limitant encore plus la gène (ou parfois la douleur) engendrée aux patients.

D'autre part, les Eyes-On Glasses ont également été pensées pour encore plus de performance puisqu'évidemment elles peuvent être utilisées par-dessus des lunettes classiques de correction de vue. Mais l'autre élément intéressant est que les lunettes disposent également d'une connexion sans fil pour permettre au porteur de transmettre des images capturées par la caméra. Cette fonctionnalité peut s'avérer très intéressante dans le cas d'intervention à distance, nécessitant l'aide de professionnels se trouvant loin du patient.
Pour le moment, le prix des Evena Eyes-On Glasses n'a pas encore révélé, mais on ne doute pas que cette technologie séduira sûrement de nombreux membres du personnel médical et des laboratoires d'analyses médicales.


Prélèvements sanguins par ponction veineuse(2)

La loi prévoit que cette activité s'adresse aux :

  • Infirmières
  • Infirmières auxiliaires
  • CEPI
  • Technologistes médicaux
  • Externes en SI
  • Notes de révision

    Modification de l'image sur l'ordre de prélèvement des tubes et modification de l'information sur le tube de rejet, dans la section généralités, le 2012-10-22.
    Modification de l'information sur l'asepsie de la peau le 22 mai 2014.
    Définition(s)
    Procédure permettant de prélever du sang veineux pour des fins d'analyse.
    Objectif(s) de soins
    • Obtenir un spécimen de sang.
     Indications
    • Ordonnance médicale pour prélèvements sanguins
      • ordonnance collective
      • ordonnance individuelle
    • Application de protocole nécessitant des analyses sanguines.
    Généralités



    Nos garrots et barillets sont réutilisables, il est important de bien les nettoyer entre chaque usagers. Pour les usagers en isolement, le matériel est laissé dans la chambre.

    Principes d'asepsie et de sécurité

    • Lavage des mains avant et après un prélèvement sanguin
    • Le port des gants est recommandé pour tout prélèvement sanguin 
      • les gants agissent comme barrière pour protéger le soignant lors d'un risque de contact avec les liquides de l'organisme
      • enlever les gants et les jeter entre chaque usager
    • Le barillet est à usage unique et doit être jeté après chaque prélèvement (APIC, 2002; OSHA, 2002; Weinstein & Shannon, 2002) 
      • le sang, par aérosolisation, peut contaminer l'intérieur du barillet (APIC, 2002; Weinstein & Shannon, 2002) (voir l'onglet «outils» pour de la documentation complémentaire)
    • Il existe des barillets réutilisables sur le marché (tel que ''Pronto'' ou ''Autodrop''), mais la terminologie ''sécuritaire'' ne s'applique pas pour ce type de produit
      • ce produit a été conçu dans les années 90 pour l'éjection rapide de l'aiguille à prélèvement, le but était de permettre à l'utilisateur d'éviter de dévisser l'aiguille
      • un barillet à usage unique devient ''sécuritaire'' parce qu'il protège l'utilisateur d'une piqûre éventuelle causée par l'aiguille qui perce le tube à prélèvement
      • vérifier auprès du fabricant si le modèle de barillet utilisé dans l'établissement est réutilisable ou à usage unique
      • si le produit réutilisable est utilisé, la compagnie BD recommande la technique de désinfection suivante après chaque utilisation du dispositif Vacutainer® Pronto :
        • tremper 5 minutes dans une solution d’eau chlorée à 10% (1 : 10)  
        • agiter 5 minutes dans un bain à ultrasons contenant la solution d'eau chlorée à 10%
        • rincer à l'eau claire
        • égoutter et laisser sécher à l'air
          • cette procédure peut être utilisée pour 10 cycles de nettoyage sans altérer la performance du produit
          • jeter le barillet s'il est visiblement souillé de sang et/ou s'il est endommagé ou défectueux
          • déterminer le nombre de barillets et le volume de solution appropriés pour accomplir la décontamination
          • le barillet devrait être inspecté après chaque trempage en déclenchant le mécanisme d’ouverture (bouton vert) pour s’assurer de son bon fonctionnement
          • l’autoclavage ou l’usage d’une solution d’eau chlorée à 100% affectera la performance du barillet
          • suivre la méthode de désinfection de l'établissement
    • Une nouvelle aiguille est utilisée pour chaque ponction
      • s'il y a échec de la ponction, changer l'aiguille ou le microperfuseur avant de ponctionner dans un autre site veineux
      • ne pas recapuchonner l'aiguille 
      • activer le devis sécuritaire s'il y a lieu
      • disposer de l'aiguille souillée dans un contenant pour déchets coupants (idem pour aiguilles sécuritaires)
    • Les composantes du matériel à prélèvement sanguin doivent répondre aux normes de sécurité afin de protéger le personnel soignant des piqûres accidentelles
      • il est fortement recommandé d'utiliser des dispositifs sécuritaires (aiguilles, microperfuseurs, etc.)
    • Utiliser un garrot sans latex, à usage unique et le jeter après une utilisation (garrot jetable)
    • Si vous utilisez un garrot non jetable, le nettoyer quotidiennement avec de l'alcool 70 % et le changer fréquemment
    • Laver les garrots en fibre dans une eau savonneuse à 60°C. Il est suggéré d'ajouter une solution comprenant 10 % d'eau de javel à l'eau de lavage (OPTMQ, 2006)
    • Déposer les tubes à la verticale dans un support à tubes de prélèvement ou dans un contenant vide
      • afin d'éviter le bris des tubes
      • afin de conserver le spécimen dans une position optimale
    • Chaque tube est identifié selon le système utilisé par l'établissement et le laboratoire
    • Après deux ou trois tentatives infructueuses pour trouver une veine, demander l'aide d'une autre professionnelle habilitée
    • Consulter la Méthode Prévention des infections lors de techniques intraveineuses et la Méthode Précautions d'isolement pour les précautions standards pour toutes les ponctions veineuses et non seulement en présence de sang potentiellement contaminé
      • si isolement, respecter les précautions additionnelles et les directives de l'établissement.

    Nettoyage et asepsie de la peau

    Choix de l'antiseptique
    • Pour l'hémoculture
    • Aseptiser la peau avec un tampon d'alcool 70 % 
      • l'utilisation d'un autre antiseptique n'est pas contre-indiquée lorsqu'utilisé selon les directives du fabricant 
    • Temps d'application :
      • l'activité bactéricide de l'alcool est immédiate
      • agirait selon son plein potentiel après 30 secondes
      • cesse d'agir lorsque sec (aucune activité rémanente) 
      • appliquer avec friction pour un minimum de 30 secondes (Alexander et al. (INS, 2010)) 
    • Méthode d'application
      • appliquer par friction pendant un minimum de 30 secondes (Alexander et al. (INS, 2010)) 
        • dans les documents consultés, le tampon d'alcool est également utilisé selon la méthode d'application suivante :
          • application par mouvements circulaires à partir du site de ponction (ou d'injection) vers la périphérie (OPTMQ, 2006)
    • Temps de séchage
      • laisser sécher à l'air complètement (Alexander et al. (INS, 2010) ; INS, 2011b).
    Directives générales à respecter lors de l'asepsie de la peau 
    • S'assurer que l'usager n'est pas allergique à l'antiseptique utilisé
      • vérifier si la réaction cutanée est due à une allergie ou à une mauvaise utilisation du produit
        • temps de séchage non respecté, surapplication du produit, etc.
    • Une solution antiseptique contenue dans un emballage à usage unique devrait être utilisée
    • Nettoyer le site avec de l'eau et du savon avant l'application de la solution antiseptique s'il est visiblement souillé
    • Appliquer l'antiseptique selon les directives du fabricant en respectant la surface indiquée sur l'emballage
      • application généralement suggérée
        • appliquer avec friction et mouvements de va-et-vient pendant un minimum de 30 secondes 
        • povidone-iodine : appliquer par cercles concentriques à partir du site de ponction vers la périphérie
    • Aseptiser une surface couvrant 5 à 8 cm autour du site de ponction
    • Laisser l'antiseptique sécher complètement en respectant les directives du fabricant
      • ne pas souffler, ventiler ni essuyer le site à la suite de l'application de l'antiseptique
      • le temps de séchage doit être minimalement de 30 secondes (Alexander et al., 2010) et peut aller jusqu'à 3 minutes selon la solution utilisée 
    • Ne pas toucher la surface aseptisée avec les mains ou avec les gants non stériles
      • mettre des gants stériles avant de toucher au site aseptisé
      • reprendre l'aseptisation au complet si le site a été touché avec les mains ou avec du matériel non stérile. 

    Équipement pour la ponction

    • L'aiguille pour un prélèvement sanguin est de calibre 20G ou 21G
      • permet un flot sanguin adéquat pour remplir le tube de prélèvement
      • une aiguille de petit calibre peut causer l'hémolyse et l'activation plaquettaire et des facteurs de la coagulation
    • L'aiguille 22G est utilisée pour les veines plus difficiles à ponctionner
    • L'aiguille 23G ou 24G sera utilisée pour les nourrissons et les enfants
    • Le microperfuseur (papillon) est utilisé seulement s'il est impossible d'utiliser une aiguille, si le réseau veineux est difficile à ponctionner, ou en pédiatrie, étant donné le risque d'hémolyse du prélèvement avec ce type de dispositif
      • une longueur de 7 pouces est utilisée pour les prélèvements réguliers
      • une longueur de 12 pouces est utilisée pour l'hémoculture
    • Les tubes de prélèvement sont conçus pour prélever un volume de sang déterminé (pression sous vide)
      • laisser le tube en place jusqu'au moment où la pression du tube s'exhausse et l'écoulement du sang s'arrête
        • permet le respect du rapport sang/anticoagulant
      • doivent être choisis selon l'analyse
        • bouteille pour hémoculture
        • tube pour les épreuves de coagulation, citrate de sodium (bouchon bleu)
        • tube pour sérum avec un activateur de caillot, avec ou sans gel (bouchon jaune (doré), rouge, rouge marbré)
        • tube avec de l'héparine, avec ou sans gel (bouchon vert, vert pâle ou vert marbré noir)
        • tube avec EDTA (bouchon lavande, rose, mauve, violet, perle)
        • tube avec un inhibiteur de la glycolyse, de l'oxalate de potassium, fluorure de sodium (bouchon gris)
        • tube avec citrate de sodium pour analyses de la sédimentation (noir)
      • respecter l'ordre de prélèvement des tubes afin d'éviter une contamination croisée par les différents additifs contenus dans les tubes qui pourraient fausser les résultats des analyses

      • un tube de rejet doit être prélevé dans les situations suivantes : 
        • lorsqu’une unité de prélèvement à ailettes (papillon) est utilisée pour la ponction veineuse et que le premier tube prélevé est destiné à la coagulation
        • lorsque le premier tube prélevé est destiné à une analyse de TCA d’un patient traité à l’héparine non fractionnée ou pour toute autre analyse spécialisée de coagulation
    • Respecter la date d'expiration sur l'emballage de l'aiguille et sur le tube de prélèvement
      • jusqu'à la fin du mois inscrit
      • pas de garantie de la performance après la date d'expiration
      • il peut y avoir une détérioration de l'additif dans les tubes et l'aspiration peut être moins efficace
      • la gaine de l'aiguille à prélèvement (vacutainer) devient plus rigide
    • Si le prélèvement est fait avec une seringue, utiliser un dispositif de transfert de sang pour conserver l'intégrité de l'échantillon
    • Le garrot est souple, plat et sans latex
    • Le barillet correspond à la taille des tubes de prélèvement
      • certains fabricants offrent des barillets munis d'un mécanisme de sécurité intégré qui permet de dégager l'aiguille sans la manipuler
      • d'autres fabricants offrent des barillets avec aiguilles sécuritaires intégrées et jetables après usage
        • il n'y a donc pas de manipulation pour libérer l'aiguille.

    Choix du site de ponction

    • Choisir une veine assez grosse, bien apparente et dont le trajet est relativement droit
    • Le pli du coude (veine médiane cubitale) est généralement l'endroit idéal pour prélever des échantillons de sang, car la veine y est plus grosse et accessible
    • Les veines de l'avant-bras sont ensuite privilégiées
      • veine céphalique
      • veine basilique
        • dernier choix re : proximité de l'artère brachiale
      • veine antébrachiale (ou veine médiane de l'avant-bras)
    • Puis les veines superficielles de la main et du poignet

    • Chez le nourrisson, on privilégie les veines de la face dorsale de la main ou du pied, et les veines du cuir chevelu
    • Chez l'enfant, on privilégie le pli du coude (veine médiane ou céphalique ou basilique), l'avant-bras et le dessus de la main.  Le dessus du pied peut aussi être utilisé
      • Pour les technologistes médicaux : une ordonnance médicale est requise pour effectuer un prélèvement aux chevilles ou aux pieds.
        • Règles de pratique OPTMQ (9.9) et CLSI H3-A6
    • Chez les personnes âgées les veines sont plus en superficie et requiert un angle d'insertion plus faible
      • avant de ponctionner, stabiliser la veine en appliquant une traction sous le site de ponction
      • introduire l'aiguille directement sur le dessus de la veine stabilisée
    • Éviter d'utiliser le bras avec une perfusion intraveineuse afin de ne pas diluer l'échantillon de sang. S'il n'y a pas d'autres sites de ponction disponibles, prélever dans une autre veine située en-dessous du point de pefusion (ex. perfusion dans une veine de l'avant-bras, ponction dans une veine du dos de la main)
      • arrêter le soluté au moins 2 minutes avant le prélèvement
      • inscrire sur la requête ou informer le laboratoire que l'échantillon a été prélevé sur un bras ayant une perfusion afin d'éviter la diffusion d'un résultat faussé
        • il est recommandé de choisir une autre veine située en-dessous du point de perfusion et de cesser la perfusion pendant 2 minutes avant de procéder à la ponction veineuse afin d'éviter de fausser les résultats d'analyses (dilution du spécimen avec le soluté perfusé) (OPTMQ, Prélèvement de sang par ponction veineuse pour fins d'analyse, Sixième édition, Règles de pratique, p. 23)
    • Chez les personnes âgées, les veines sont souvent sclérosées; il faut donc agir avec précaution et éviter d'appliquer un garrot trop serré afin de réduire les risques de rupture de la veine
    • Lors de prélèvements répétés, commencer à l'extrémité distale de la veine de façon à la protéger pour les ponctions subséquentes qui seront faites plus haut sur celle-ci
    •  Ne pas faire de ponction :
      • dans un membre porteur d'une fistule artérioveineuse afin d'éviter l'occlusion de la fistule
        • communication entre une artère et une veine, soit congénitale, soit produite par une chirurgie pour permettre un accès dans les cas d'hémodialyse
      • dans un membre avec un cathéter d'hémodialyse ou un cathéter veineux central
      • dans une cicatrice, un hématome, une brûlure, un oedème, un site de perfusion infiltré ou une veine endommagée
        • afin d'éviter des résultats erronés
      • dans un membre paralysé ou opéré ou fracturé
      • si soupçon de phlébite ou membre porteur d'une phlébite
      • si présence d'un greffon
      • ne pas prélever dans un cathéter de perfusion intraveineuse
    • Éviter aussi de piquer dans les membres inférieurs surtout chez les personnes âgées à cause du risque de thrombophlébite
    • Éviter de ponctionner dans les veines du côté d'une mastectomie et du côté d'une résection ganglionnaire
      • la lymphostase est un risque accru d'infection
      • les résultats peuvent être affectés
    • Il n'est pas recommandé de faire des prélèvements de sang (risque de fausser les résultats)
      • à partir d'une ligne intraveineuse (soluté)
      • à partir d'un cathéter intraveineux pour administration intermittente (bouchon membrane)
      • à partir d'un cathéter veineux central

    20 nov. 2013

    MESURE ALTERNATIVE À LA CONTENTION ET À L’ISOLEMENT CHEZ LES PERSONNES ÂGÉES HOSPITALISÉES OU EN CENTRE D’HÉBERGEMENT

    Au Québec, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a mis de l’avant certaines initiatives pour diminuer l’utilisation des mesures de contention et d’isolement (1). Les orientations du MSSS visent à ce que la contention et l’isolement soient utilisés comme mesures de sécurité uniquement en dernier recours et dans un contexte de risque imminent. Cette position est en conformité avec l’article 118.1 de la Loi sur les services de santé et les services sociaux (L.R.Q., chapitre S-4.2) qui stipule que « la force, l’isolement, tout moyen mécanique ou toute substance chimique ne peuvent être utilisés, comme mesure de contrôle d’une personne dans une installation maintenue par un établissement, que pour l’empêcher de s’infliger ou d’infliger à autrui des lésions ». Cependant, malgré les initiatives du MSSS et celles d’autres groupes (2), on constate que l’efficacité, la sécurité et l’utilité des mesures alternatives à la contention et à l’isolement (aussi appelées mesures de remplacement) sont à préciser. Bien qu’il insiste sur l’utilisation des mesures alternatives, le MSSS ne s’est pas positionné clairement sur leur efficacité et leur sécurité pas plus que sur les mesures à privilégier. L’implantation des mesures alternatives à la contention et à l’isolement représente un défi dans les hôpitaux, dans les centres de santé et de services sociaux (CSSS) ainsi que dans les autres milieux de soins au Québec. Dans ce contexte, un mandat d’évaluation des mesures alternatives à la contention et à l’isolement a été confié à l’Unité d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé (UETMIS) du Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ). La demande a été formulée par la Table en Évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé (ETMIS) du Réseau universitaire intégré de santé de l’Université Laval (RUIS-UL). Le lit bas peut-il être une mesure alternative valable pour la prévention des chutes et la diminution du recours à la contention chez les personnes âgées hospitalisées ou en centre d’hébergement ? Les lits bas sont-ils efficaces et sécuritaires comme mesure : a. alternative à la contention chez les personnes âgées hospitalisées ou en centre d’hébergement ? b. de prévention pour réduire le risque de blessures en cas de chute chez les personnes âgées hospitalisées ou en centre d’hébergement ? Selon le MSSS, une contention est « une mesure de contrôle qui consiste à empêcher ou à limiter la liberté de mouvement d’une personne en utilisant la force humaine, un moyen mécanique ou en la privant d’un moyen qu’elle utilise pour pallier un handicap » (3). L’isolement se définit comme « une mesure de contrôle qui consiste à confiner une personne dans un lieu, pour un temps déterminé, d’où elle ne peut sortir librement » (3). Les mesures alternatives sont définies comme étant des « stratégies d’intervention faisant appel aux compétences et à la créativité des intervenants et qui permettent d’éviter de recourir à la contention ou à l’isolement » (3). Les chutes chez les personnes âgées représentent un problème majeur et fréquemment rencontré (4). Dans plusieurs cas, elles peuvent causer des blessures graves et diminuer l’autonomie des personnes âgées (5). Au Québec, entre 2000 et 2003, le risque de faire une chute entraînant l’hospitalisation était évalué à 1157 pour 100 000 personnes âgées (6). Parmi les adultes de 65 ans et plus, le nombre de chutes ayant entraîné une hospitalisation au cours de cette période a été de 12 033 (6). Les principaux facteurs de risque de chute dans cette population sont de nature accidentelle ou en lien avec leur environnement, issus de troubles d’équilibre et de la démarche, attribuables à des vertiges ou à des étourdissements (5). Des études ont évalué l’utilisation de programmes d’intervention multifactoriels ciblés sur la prévention des chutes chez les personnes âgées hospitalisées (7-9). Les plans d’intervention impliquent en général plusieurs spécialistes tels que des infirmières, des physiothérapeutes, des ergothérapeutes et des médecins, ainsi que de nombreuses interventions visant à réduire le risque de chute (p. ex. supervision accrue, modification du plan thérapeutique, ajustement de la hauteur du lit, exercices pour augmenter la mobilité). Les auteurs d’une revue systématique publiée en 2008 ont conclu qu’il n’y avait pas de preuve de l’efficacité des programmes de prévention multifactoriels à réduire les chutes (10). Le risque de chute chez les personnes âgées peut également être estimé à l’aide d’une grille d’évaluation (4). Cet outil sert à identifier les individus les plus à risque de chuter à partir de certaines caractéristiques telles que l’historique des chutes du patient, ses déficits sensoriels, ses difficultés motrices ainsi que son état médical et psychologique (4). Plusieurs modes d’intervention existent pour prévenir les risques de blessures associés aux chutes chez les personnes âgées dont les ridelles de lits, les ceintures abdominales et pelviennes ainsi que les tablettes au fauteuil. Afin de pallier à l’utilisation de ces mesures de contention, l’une des alternatives proposées pour prévenir les chutes chez la clientèle âgée hospitalisée ou en centre d’hébergement est l’utilisation de lits bas. Un lit dont la hauteur est peu élevée diminuerait la gravité des chutes et, possiblement, les conséquences sérieuses comme les fractures de hanches. Par ailleurs, la réduction de la hauteur du lit demanderait un effort physique plus important aux patients, ce qui pourrait représenter un obstacle pour ces derniers à se lever seul sans aide (11). Plusieurs auteurs ont déjà recommandé les lits bas comme mesure préventive pour les chutes et les blessures (12, 13). Le lit bas comme alternative à la contention et pour la prévention des chutes : une efficacité non démontrée La recherche documentaire effectuée a permis de retracer une seule étude ayant évalué l’utilisation des lits bas, en comparaison avec des lits conventionnels, et ce, pour la prévention des chutes chez les personnes âgées hospitalisées ou en centre d’hébergement (14). Cet ECR en grappes n’a pas permis de démontrer l’efficacité ou l’inefficacité de l’utilisation des lits bas comparativement aux lits conventionnels. On peut par contre se questionner à savoir si le devis expérimental mené par Haines et al. permettait de répondre adéquatement à l’objectif de l’étude. En effet, il n’est pas possible de déterminer avec l’information disponible si les lits bas ont été attribués aux patients qui présentaient un risque élevé de chute. Il n’était pas possible non plus d’établir la hauteur minimale des lits conventionnels utilisés dans les unités de soins qui, dans le cas présent, pourrait représenter un facteur confondant. La hauteur du lit au moment de la chute des patients est un autre facteur qui n’a pas été documenté par les auteurs. Le nombre de lits bas distribués par unité, soit un ratio de un pour douze lits conventionnels, pourrait également avoir été trop faible pour qu’il soit possible d’observer une différence dans l’incidence des chutes. De nouvelles études devraient être effectuées afin de statuer sur les bénéfices réels des lits bas pour la prévention des chutes chez les personnes âgées hospitalisées ou en centre d’hébergement. Ces recherches devraient être élaborées de manière à mieux répondre aux interrogations concernant l’efficacité et la sécurité des lits bas. Il existe plusieurs études sur la prévention des chutes dans lesquelles des interventions multifactorielles ont été utilisées, certaines incluant l’utilisation de lits bas (21, 22). En général, certaines des interventions évaluées dans ces études sont similaires mais rarement ou jamais en totalité. Par conséquent, le bénéfice attribuable à chacune des interventions, incluant les lits bas, de même que la clientèle à qui elle pourrait bénéficier le plus sont alors difficiles à déterminer (11). Certaines études ont démontré des taux de succès variables pour les programmes d’intervention multifactoriels sur la prévention des chutes chez les personnes âgées hospitalisées (7-9). En fait, les auteurs d’une revue systématique ont conclu qu’il n’y avait pas de preuve que ces programmes de prévention de chutes réduisaient leur nombre (10). La recherche documentaire sur les lits bas comme alternative à la contention n’a pas permis de répertorier d’étude ayant spécifiquement porté sur ce sujet. Cependant, des intervenants des établissements de santé et de services sociaux et du MSSS ont développé un cadre de référence pour l’élaboration des protocoles d’application des mesures de contrôle (16). Dans le rapport, le groupe propose des alternatives aux côtés de lits (ridelles). Ils recommandent de privilégier l’utilisation d’équipements de remplacement moins contraignants et plus sécuritaires, par exemple un matelas avec rebord surélevé, l’ajout de rouleaux de chaque côté de la personne, l’abaissement du lit plus près du sol et l’emploi d’un détecteur de mouvement (16). Éléments à considérer pour la prise de décision concernant l’introduction de lits bas Le patient Les personnes âgées vivant en centre d’hébergement de longue durée ont un risque plus élevé de chuter que celles qui vivent dans la communauté, l’incidence de chutes étant de 33 % supérieure dans cette population (23). Selon Rubenstein et al. (2008), les conséquences d’une chute chez une personne âgée sont accrues en raison de leur grande susceptibilité aux blessures (5). L’apparition de changements physiologiques attribuables à l’âge, dont des réflexes de protection plus lents et une prévalence élevée de maladies comme l’ostéoporose, sont d’autres éléments rendant les personnes âgées plus vulnérables aux chutes (5). Les personnes âgées ayant subi une chute avec blessure vont en général nécessiter un temps prolongé de récupération. Elles se retrouvent donc dans une période de déconditionnement qui a pour conséquence d’augmenter le risque de faire une nouvelle chute (5). Les intervenants La Commission de la santé et de la sécurité au travail a évalué que les efforts excessifs sont à l’origine de 55 % des lésions indemnisées dans les centres d’hébergement du Québec (30). On estime que dans près de la moitié des situations (47 %), le client était l’agent causal (30). La moitié des blessures sont localisées à la région dorsale. L’impact potentiel sur la santé du personnel relié à l’utilisation des lits bas dans l’environnement de travail devrait être évalué au regard des risques de blessures. En effet, bien que ces lits soient ajustables en hauteur, le risque de blessures, par exemple au dos, demeure présent pour les intervenants qui doivent soulever des patients de façon répétitive (21, 31). La compression lombaire peut différer selon le type de tâche à accomplir (p. ex. tourner le patient dans le lit, aider le patient à se lever, repositionner le patient dans son lit) et exiger ainsi des hauteurs variables de lits afin de permettre une exécution du travail en toute sécurité. Le risque potentiel de blessures chez le personnel devrait être examiné par l’équipe de santé et sécurité au travail de l’établissement dans le but d’établir les caractéristiques des lits médicaux à privilégier, dont la hauteur, pour assurer la sécurité des travailleurs. Les caractéristiques des lits bas Plusieurs organismes internationaux et canadiens ont publié des politiques de prévention des risques de chutes qui incluent l’utilisation de lit bas parmi les alternatives recommandées (18, 20, 32, 33). Cependant, aucun document ne décrit de manière précise la hauteur minimale à respecter pour définir ce qu’est un lit bas, en incluant ou non le matelas. Les recommandations se limitent principalement à une mention d’utiliser un lit bas ou un lit situé plus près du sol (7, 16). Ces recommandations s’appuient généralement sur l’hypothèse qu’un lit dont la hauteur se situe près du sol réduirait l’énergie cinétique développée par un patient lors d’une chute entrainant ainsi un risque moindre de blessures graves (14). Toutefois, cette hypothèse n’a pas été confirmée par des données probantes. Plusieurs fabricants de lits médicaux qualifient leur lit de « bas » lorsque celui-ci peut descendre à une hauteur de 18 à 30 cm à partir du sol jusqu’au sommier. Certains lits médicaux dits « conventionnels » peuvent également descendre jusqu’à 30 cm du sol et pourraient aussi être considérés dans la catégorie des lits bas. Les établissements de soins Dans les établissements de santé, l’abaissement du taux de chutes chez les personnes âgées jusqu’au risque zéro ne peut être accompli que par l’utilisation de mesures restrictives pour le patient, dont les conséquences ont pour effets de brimer son intimité, sa dignité, son autonomie et même sa durée de vie (11). L’objectif des hôpitaux et des centres d’hébergement est donc de tendre vers un risque le plus faible possible de chutes ayant des conséquences graves. L’utilisation d’alternatives aux mesures de contention selon une approche multifactorielle avec un plan d’intervention individualisé apparait souhaitable comme stratégies à déployer dans ce contexte particulier de soins. Quelques inconvénients ont été rapportés avec l’utilisation des lits bas. Des difficultés en lien avec le positionnement du lit ont été observées, par exemple, certains modèles ne permettant pas de placer un patient en position de Trendelenburg2 (34). Cette restriction serait particulièrement contraignante pour la clientèle orthopédique. Haines et al. (2010) mentionnent que le personnel d’un site ayant participé à leur étude avait éprouvé des difficultés lors de déplacements avec ce type de lit. Une attention particulière devrait donc être apportée à ces éléments techniques lors d’un processus d’acquisition de lit bas. Les données probantes ne permettent pas de se prononcer sur l’efficacité ou l’inefficacité des lits bas comme mesure visant à diminuer le taux de chutes ou comme alternative à la contention. Le choix des lits médicaux utilisés en centre d’hébergement ou dans les hôpitaux devrait tenir compte des caractéristiques et des besoins des patients et faciliter les interventions du personnel afin de diminuer les risques de blessures au travail. Dans cette optique, afin de répondre à la majorité de la clientèle, les modèles de lits médicaux offrant un plus large intervalle de hauteur minimale et maximale devraient être privilégiés.

    localisation anatomique de la contention physique
    modalité de contention
    Indications et justifications
    main
    mitaine
    éviter les lésions de grattage au cours des épisodes de prurit, éviter l'arrachage des vêtements ou des dispositifs palliatifs utilisés dans la prise en charge de l'incontinence urinaire et/ou fécale.
    poignet
    bracelet
    éviter l'arrachage d'une perfusion ou d'un autre dispositif invasif (Galindo-Ciocon, 1993) (Leith et al. 1999) : sonde urinaire, sonde nasogastrique, poche de colostomie, sonde d'intubation trachéale, sonde de trachéotomie, sonde nasopharyngée ou lunettes nasales pour oxygénothérapie en ventilation spontanée, pansement, suture chirurgicale, cathéter veineux périphérique ou central. Ajoutons-y : drain, lame, cathéter artériel, sonde d'entraînement électrosystolique.
    membre supérieur
    attelles
    maintien d'une perfusion intraveineuse.
    cage thoracique
    veste, gilet, ceinture abdominale placée sous les aisselles,
    maintien forcé au fauteuil, maintien du buste par la veste en cas d'incapacité à maintenir la rectitude du tronc. Dans une enquête effectuée en 1998 en Australie, Retsas (Retsas et al. (2), 1998) trouve que la veste est le moyen de contention le plus utilisé en institution (25,3 % des cas parmi 2516 personnes âgées contenues par des moyens physiques).
    latéralement sur l'ensemble du corps
    barrières de lit, ridelles (au Québec), côtés de lit,
    risque de chute du lit lors d'un mouvement nocturne ou d'une tentative pour se lever. Une autre justification est la demande du patient quant à son autonomie pour se mobiliser. En effet, certains résidents s'aident des barrières avec leurs membres supérieurs, en particulier pour le maintien et les retournements du corps lors des soins ou encore pour disposer des objets : commande du lit, sonnette. Cette dernière possibilité est aussi appréciée positivement par les soignants.
    abdomen
    ceinture abdominale ou drap,
    maintien forcé au fauteuil.
    pelvis
    ceinture pelvienne,
    maintien forcé au fauteuil, possibilité de dissimulation sous les habits, préservation de la liberté de la partie supérieure du corps, possibilité de s'aider de ce dispositif pour les transferts passifs ou assistés.
    au-dessus des cuisses
    table ou adaptable fixés ou bloqués en regard du fauteuil ou de la chaise, barre de maintien au fauteuil, butée centrale sur le siège, inclinaison postérieure de l'assise.
    maintien forcé au fauteuil par impossibilité de se lever.
    face postérieure des cuisses et creux poplités
    traversin fixé dans un drap, au fauteuil, sous les genoux,
    pourrait limiter le glissement (Benteyn et al. 2000)
    chevilles
    attaches sous la forme de bracelets
    malade agité, en particulier en soins aigus, ou bien pour une attitude agressive utilisant les membres inférieurs
    toutes localisations
    attaches, courroies, bandes,
    attaches possibles au niveau des jambes, bras ou taille (Lejeune et al. 2000)
    lit de type Alzheimer,
    impossibilité de se lever du lit
    grenouillère.
    éviter le déshabillage itératif et manipulation des excrétions.
    contentions physiques atypiques "cachées" ou "déguisées"souliers enlevés, lunettes ôtées, canne ou déambulateur enlevés.limiter ou empêcher la mobilité.

    CLASSIFICATION
    selon la volonté du patientcontention demandée par le patient ("je veux ma ceinture") telle une ceinture de sécurité d'une automobile : contention douce ?
    contention acceptée par le patient ("il paraît qu'il me la faut")
    contention refusée par le patient ("enlevez moi ça !")
    selon la situation du patientcontention au fauteuil
    contention au lit
    selon l'apparence de la contentioncontention sous la forme d'un dispositif apparent : ceinture, harnais...
    contention "déguisée" ou indirecte : lit ou fauteuil dont il est impossible de s'extraire ou de se relever.
    selon les grandes indications retenues par l'algorithme de l'ANAES en octobre 2000 (page 29) et par l'algorithme des recommandations de bonnes pratiques de soins en EHPAD en octobre 2007.risque de chutes (à mon avis indication excessive). Je préfère : chutes fréquentes, graves, immédiates dès le lever du fauteuil
    déambulation excessive (à mon avis indication excessive)
    agitation  (à mon avis indication excessive)
    agressivité (à mon avis indication excessive)
    selon la situation du service de soinsnombre insuffisant de personnels
    formation insuffisante des personnels, en particulier dans la méconnaissance des recommandations

    Les facteurs favorisant ou défavorisant la contention au fauteuil :


    favorisant la contention
    défavorisant la contention
    fauteuil
    (Benteyn et al. 2000)
     
     
     
    assise du fauteuil
    plate, glissante, trop étroite, trop large ou trop profonde, trop dure, non réglable en inclinaison : ce dernier facteur est déterminant dans le confort et la stabilité passive du résident au fauteuil.
    réglable en inclinaison et en hauteur, confortable
    coussin sur l'assise
    pas de coussin ou bien présence d'un coussin inconfortable, inadapté, glissant sur l'assise.
    coussin confortable, prévu spécifiquement pour cet usage, avec répartition correcte de la pression (type antiescarres à plots ou alvéoles, au mieux de type ergonomique), ne glissant pas sur l'assise. Un dispositif antiglisse entre l'assise et le coussin peut être essayé mais il existe un risque de placement inversé qui entraîne une chute.
    marchepied
    dont la forme ne permet pas l'appui à plat des pieds, à réglage unidirectionnel, fixe en hauteur, autorisant la bascule du fauteuil en cas d'appui important du résident.
    de volume régulier, réglable dans les plans de l'espace, escamotable en cas d'appui important du résident
    repose-bras
    non réglables en hauteur, permettant la glisse du membre supérieur entre le dossier du fauteuil et le repose-bras, durs, inconfortables
    réglables, confortables, ne laissant pas d'espace significatif avec le dossier du fauteuil.
    cale-troncs et cale-têtes
    absents ou inadaptés
    présents et réglables
    stratégie de maintien au fauteuil

    égale pour tous les résidents, de durée relativement longue
    adaptée à chaque résident, éventuellement de durée très courte. Un malaise est toujours possible dans les minutes suivant la mise au fauteuil. La fatigue survient parfois en quelques dizaines de minutes.
    personnel

    peu nombreux, peu formé
    assez nombreux, sensibilisé, formé (Bradley et al. 1995) (Middleton et al. 1999), sensible à la responsabilité éthique, ayant de la dignité du résident une notion opposée à la contention

    pas d'animation proposée
    l'animation permet une occupation et une surveillance implicite dans l'intérêt des résidents
    direction

    peureuse, démagogue, incompétente, absente
    formée, dynamique, présente
    familles

    non informées des risques de la contention, absence d'objectifs de service clairement communiqués, en particulier lors de l'entrée du résident
    politique ouverte, informative, non démagogique, dynamique, avec des discussions fréquentes.

    CONCLUSION :
    Le problème des contentions connaît un intérêt nouveau, dominé par les recommandations nationales et internationales, ainsi que par le développement des unités spécialisées dans la prise en charge et l'accompagnement des déments déambulants.

    10 mars 2012

    La DOULEUR

    L'évaluation de la douleurUne douleur est une sensation désagréable ressentie par un organisme dont le système nerveux détecte un stimulus nociceptif. Elle peut être provoquée par un traumatisme (brûlure, plaie, choc) ou une maladie, mais aussi par un mauvais fonctionnement du système nerveux responsable de sa transmission. Habituellement, elle correspond à un signal d'alarme de l'organisme pour signifier une remise en cause de son intégrité physique. Un individu pourrait ressentir une sensation extrêmement désagréable, voire insupportable, qui peut provoquer un mouvement réflexe de retrait (au niveau des membres et des extrémités) ou un changement de position du corps.
    D’après l’IASP (International Association for the Study of Pain), « la douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, liée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle, ou décrite en termes d'une telle lésion. »
    Conséquences
    Outre le sentiment de souffrance, la douleur peut provoquer un malaise vagal par stimulation des nerfs vagues (nerfs pneumogastriques). Les symptômes de cette excitation vagale sont toutes ou parties des signes incluent notamment une baisse du débit sanguin par bradycardie et hypotension ; une syncope ; un myosis (diminution du diamètre des pupilles par contraction de l'iris) ; une transpiration aux extrémités des membres ; une sécrétion excessive de salive ; une hyperchlorhydrie (excès de sécrétion d'acide chlorhydrique par la muqueuse de l'estomac) ; une constipation ou des diarrhées ; des spasmes et des troubles de la respiration.
    La douleur prolongée est inhibée par le corps par sécrétion d'endorphines (ou endomorphines). La production d'endorphine se fait initialement aux niveaux des nerfs proches du siège de la douleur ; lorsque cette production ne suffit plus (douleur prolongée), c'est un site plus proche du cerveau qui prend le relais dans la sécrétion. La douleur revient ainsi par vagues.
    Classification
    La douleur compte trois grands mécanismes de genèse : la douleur de nociception, la douleur neurogène et la douleur psychogène.
    Les douleurs de nociception sont provoquées par la mise en jeu normale des voies neuro-physiologiques de la douleur. C'est ce qui se passe lorsque vous frappez votre index au lieu du clou avec le marteau. Elles résultent de lésions des tissus périphériques, qui provoquent un influx douloureux transmis par le système nerveux intact. La douleur est, dans ce cas, normale, et même souhaitable dans la plupart des cas, car constitue un signal d'alarme sur une agression. Elle peut être abolie dans certaines maladies génétiques exceptionnelles comportant une mutation du gène SC9A codant pour un certain type de canal membranaire.
    La caractéristique de la douleur neurogène, encore appelée douleur neuropathique3, est d'être ressentie comme des décharges électriques, des élancements, des sensations de brûlures, des sensations de froid douloureux et des picotements dans le territoire des nerfs atteints. Ce sont des qualificatifs proposés par le questionnaire de la douleur St-Antoine (QDSA), mais aussi le DN4 (Douleur neuropathique - 4 questions). C'est aussi la douleur que ressentent les malades amputés et en particulier la sensation perçue dans un membre qui a disparu (membre fantôme).
    La douleur psychogène existe en l'absence de lésion. C'est une douleur réellement ressentie par l'individu (à différencier de la simulation). Les mécanismes physiologiques de ces douleurs ne sont pas clairement définis mais l'utilisation d'antalgique semble inefficace. Ces manifestations douloureuses sont liées à la somatisation des problèmes psychologiques, psychiques ou sociaux de l'individu et c'est en traitant ces problèmes que les douleurs sont ainsi traitées.
    Types
     
    Plusieurs types de douleurs sont dénombrés. La douleur aiguë est une douleur vive, immédiate, et généralement brève. Elle est causée par une stimulation nociceptive de l'organisme, tel une lésion tissulaire, pouvant se produire sous la forme d'un stimulus thermique (contact de la peau avec du feu) ou mécanique (un pincement, un coup).
    Les douleurs chroniques sont des douleurs prolongées dans le temps :elles sont définies par des douleurs qui évoluent depuis plus de 3 mois. Les conséquences des douleurs chroniques sont autant organiques (hypertension artérielle secondaires, atrophie musculaires) que psychologiques avec une modification comportementale pouvant suivre celle de l'anxiodépression jusqu'à les troubles de la dépersonnalisation. Les douleurs chroniques sont principalement des douleurs neuropathiques dans le cadre de maladies générales avec une atteinte du système nerveux. Par exemple le diabète insulinique génère principalement une destruction des nerfs périphériques avec un hypoesthésie, mais dans certain cas, l'atteinte des nerfs périphériques va tendre vers un état d'hyperesthésie. Les atteintes des nerfs périphériques post opératoires sont aussi les principales causes de douleurs neuropathiques. En fait, toute atteinte d'un nerf périphérique ou une atteinte d'une structure du système nerveux central peut s'exprimer par des douleurs neuropathiques chroniques. Le mécanisme de ces douleurs est actuellement basé sur la perte du "gate controle". Le gate contrôle est schématiquement l'inhibition des voies nociceptives Aδ et C par les grosses fibres sensitive-motrices. Les autres mécanismes de douleur chronique sont des douleurs inflammatoires par hyperstimulation des voies nociceptives sans atteinte directes de celles-ci, les douleurs mécaniques par destruction des articulations, l'ischémie d'origine vasculaire avec une composante neuropathique par ischémie des nerfs des membres. Les douleurs chroniques, quelles que soient leurs origines qui peuvent être multiples, vont amputer de façon plus ou moins profonde et intense la sphère comportementale par atteinte de l'activité physique, le sommeil, la concentration et les fonctions cognitives (schématiquement par manque de sommeil). Progressivement le comportement va être modifié vers des signes de dépression avec anxiété, agressivité envers l'entourage, pouvant aller jusqu'à de réels troubles dépressifs majeurs et une dépersonnalisation du patient. Parallèlement le patient atteint de douleur chronique peut se désocilabiliser (arrêt de travail itératif, fin de droits...) tout en ayant acquis un certain nombres de bénéfices secondaires durant la période de chronicisation de la douleur. Sur le plan thérapeutique et en raison de l'atteinte organique et psychologique ou psychiatrique du patient, une prise en charge multidisciplinaire est donc théoriquement nécessaire. Il faut casser un cercle vicieux dans lequel la douleur est le point de départ et qui doit être traitée avant ou pendant la prise en charge psychothérapeutique. Une autre forme de douleur dite chronique est la douleur cancéreuse qui est liée soit au cancer lui même soit aux conséquences des traitements qui peuvent induire des douleurs neuropathiques ou compressive en fonction du mécanisme. La forme la plus rare de douleur chronique est la douleur sine materia qui est un diagnostic d'élimination. C'est une douleur qui n'a pas d'origine organique. Ce diagnostic ne devrait être évoqué que devant une douleur dont les explorations complémentaires morphologiques (IRM, TDM) et neurophysiologiques (Electromyogrammes, Electroneurogrammes, Potentiel évoqués somesthésiques) sont et restent normales.
    Mécanismes
    Les douleurs surviennent à partir de systèmes complexes. Elles se résument schématiquement en douleurs par excès de nociception, douleurs neurogènes, douleurs psychogènes, douleurs aiguës et chroniques. Les douleurs par excès de nociception sont des douleurs mettant en jeu les voies normalement fonctionnelles de la transmission nociceptive. Les douleurs neurogènes sont liées à un défaut majeur de la transmission douloureuse avec genèse d'influx douloureux au sein des voies de la douleur alors qu'aucune lésion apparente n'existe. Elles surviennent de façon spontanée ou pour des mouvements minimes, persistant en fond douloureux accentués par des paroxysmes. Les douleurs psychogènes sont dépendantes du psychisme. Elles sont aussi appelées douleurs fonctionnelles ou psychosomatiques. Néanmoins, ce sont de vraies douleurs. Alors que les mécanismes biologiques de la douleur sont assez bien connus chez l'homme et chez les animaux proches de lui (vertébrés), les connaissances concernant la nociception et la douleur chez les animaux invertébrés sont encore très fragmentaires.
    La douleur inflammatoire est plus importante le soir et en début de nuit (lorsque le taux sanguin de cortisol naturel est au plus bas). Elle diminue ou disparaît après échauffement et à l'effort (activité professionnelle ou sportive) : douleur de dérouillage.
    La douleur mécanique est constante, ne diminue pas voire s'accentue à l'effort. Elle n'augmente pas le soir, ni en début de nuit, et diminue lorsque la mobilisation s'arrête.
    Lors de l'examen médical des muscles, en particulier en médecine du sport, ces différents temps de l'examen permettent de faire la distinction entre les différentes pathologies possibles. La douleur musculaire est présente à l'effort. L'arrêt de l'effort physique ou la baisse de son intensité fait diminuer ou disparaître la douleur. Elle est présente au repos, lorsque les muscles sont "froids". La palpation du muscle concerné provoque ou augmente la douleur : rictus douloureux sur le visage du sujet examiné, réaction de retrait. La contraction volontaire provoque ou augmente la douleur. L'étirement du muscle provoque ou augmente la douleur
    Diagnostic
    La perception de la douleur, de son intensité, est en partie subjective. Le même phénomène (traumatisme, maladie) sera ressenti différemment selon la personne et selon la situation. La douleur peut aller d'une simple incommodation jusqu'à un malaise, voire la mise en danger du pronostic vital ou psychiatrique de la personne. Par ailleurs, la douleur va être mémorisée, et ce souvenir risque de « ressortir » lors d'un événement similaire et donc notamment de « parasiter » le diagnostic dans l'avenir ; par exemple, une personne ressent une douleur aigüe au réveil d'une opération, mais ce n'est en fait que le souvenir de la douleur initiale, ou bien une personne se blessant deux fois ressent une douleur « surévaluée » lors du second traumatisme car le traumatisme précédent était extrêmement douloureux. Il importe donc de pouvoir évaluer le ressenti par la douleur lors du diagnostic .
    Lorsqu'un clinicien recherche les signes fonctionnels dans l'examen clinique de son patient, va demander et noter les différentes caractéristiques de la douleur que son patient lui reporte le siège, le type de douleur, l'intensité, l'évolution de la douleur, les possibles irradiations, les facteurs déclenchant, (par exemple la prise d'un repas), les facteurs apaisant, (par exemple la prise d'un médicament), et les signes associés. Cela va permettre au clinicien de mieux comprendre l'origine de cette douleur et mieux la soigner .
    Auto-évaluation
    L'auto-évaluation consiste à demander directement au patient le niveau de sa douleur. Il nécessite une coopération et une bonne compréhension. Le système le plus simple et le plus couramment utilisé est l'échelle numérique (EN) qui consiste à demander au patient de noter sa douleur de 0 à 10, 0 étant l'absence de douleur et 10 la douleur maximale imaginable. L'échelle visuelle analogique ou EVA consiste à présenter une réglette graduée et à demander au patient de positionner un curseur, la position à gauche étant l'absence de douleur et la position à droite une douleur insupportable. Côté praticien, la réglette est graduée de 0 à 10, 1 étant une légère incommodation et 10 étant une douleur insupportable. Une estimation supérieure à 5 est en général considérée comme étant une douleur importante devant être prise en compte spécifiquement (c'est-à-dire qu'il faut prendre en compte également la douleur et pas seulement le traumatisme et la maladie) .
    L'« échelle verbale simple » (EVS) est utilisée : une série d'adjectifs est proposée au patient pour qualifier la douleur (absente > faible > modérée > intense > extrêmement intense)5 , qui est ensuite convertie en une valeur numérique (de 0 pour absente à 4 pour la douleur maximale). Dans certains cas, l'« échelle verbale relative » (EVR) est utilisé. Le principe est similaire à l'EVS, mais les différents types de douleur et leurs répercussions sont distingués et quantifiés comme notamment : fourmillements, décharges électriques, élancement, coup de poignard, douleur énervante et épuisante
    L'évaluation de la douleur
     L'évaluation de la douleur est une pratique complexe de la prise en charge infirmière. La douleur étant par définition subjective, il est difficile d'en rendre compte précisément avec une hétéro évaluation. La douleur elle même, est un phénomène qui comprend plusieurs mécanismes, plusieurs dimensions, plusieurs profils et des origines diverses. Son expression est également fonction de l'âge du vécu et de la personnalité du patient. Dans ce contexte, il faut pourtant se doter d'outils éprouvés afin de prendre en compte ces souffrances et de mettre en œuvre les actions adaptées.

    Rappels sur la douleur

    Il ne s'agit pas ici de développer un cours complet sur la douleur. Cependant, afin de comprendre certains aspects importants pour son évaluation, il convient d'effectuer quelques rappels.

    La douleur se définit comme une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable liée à une lésion tissulaire existante ou potentielle ou décrite en termes d'une telle lésion. Cette définition amène plusieurs notions importantes. Il s'agit d'une notion personnelle intégrant un vécu, une culture et une expression relative à l'intégration de cette valeur par le sujet. On a par exemple coutume de dire que les personnes âgées ne se plaignent pas. Cette absence de plainte liée à une histoire (privations dans des situations extrêmes, guerre, rationnement...) ne signifie donc nullement qu'il n'existe aucune douleur.
    La douleur est un signal d'alarme. Ce signal doit servir à réagir pour prendre des mesures conservatoires. Retirer une main d'une source de chaleur, repérer et soigner une blessure, adopter une position appropriée (maintenir une fracture par exemple).
    Il existe quatre types de douleurs :
    • La douleur nociceptive. Une blessure provoque un signal, lequel est envoyé au cerveau via le système nerveux. Ce sont les douleurs les plus répandues. Aigües ou chroniques, on les rencontre de façon courante (coups, brulures, fractures...)
    • La douleur neuropathique. C'est le système de transmission lui même qui est lésé. On parle souvent de névralgies car ce sont les « nerfs » eux mêmes qui provoquent la douleur (neuropathies du diabète, douleur post amputation). Les séquelles de zona sont typiques de ce type de douleurs. Ces douleurs étaient anciennement nommées de désafférentation ou neurogènes)
    • Les douleurs idiopathiques. Ce sont toutes les douleurs dont les mécanismes sont mal connus (fibromyalgies, douleurs myofasciales).
    • Les douleurs psychogènes. Elles sont vécues et ressenties comme toutes les autres, mais générées par le psychisme (deuil, traumatisme). Ces douleurs ne doivent pas être négligées et la somatisation de certains états d'esprit peut avoir des répercussions physiques importantes. L'hypnose est un excellent contre exemple. Lorsque l'esprit est occupé et porte son attention sur un point éloigné de la douleur, celle-ci peut être diminuée voir totalement oblitérée.
    On peut bien entendu retrouver les quatre types de douleurs chez la même personne. Identifier le mécanisme initial de la douleur est très important. Chaque type de douleur nécessite un traitement adapté. Les morphiniques par exemple, ne sont d'aucune efficacité sur les douleurs neuropathiques (inefficaces sur les migraines par exemple). Dans certains cas, une prise en charge psychologique peut permettre de calmer plus efficacement une douleur qu'un traitement allopathique « classique ».

    Nous avons vu que la douleur est une expérience personnelle. Par conséquent, personne ne sera mieux placé que le patient pour évaluer et exprimer sa douleur. C'est donc lui, avec l'aide des soignants et de leurs outils qui pourra dire si la prise en charge est efficace ou non. Il existe cependant des situations ou l'hétéro évaluation ne pourra pas être évitée.
    Par opposition à la douleur aigüe, la douleur chronique dure depuis plus de trois mois et cela quelle que soit son intensité.

    3.1 Définition
    Évaluation de la douleur ressentie par un sujet.

    3.2 But

    Identifier et définir une douleur afin de :
    • Déterminer une attitude thérapeutique (choix d'une molécule).
    • Adapter un traitement (posologies efficaces).
    • Transmettre une information claire et pertinente aux autres intervenants de la prise en charge.
    • Améliorer la relation soignant/soigné afin d'installer un climat de confiance et de collaboration.

    Méthodes

    Il existe trois principales méthodes pour évaluer la douleur chez l'adulte

    4.1 L'Échelle Numérique (EN)

    On demande simplement au patient de noter sa douleur de 0 à 10. Zéro étant l'absence de douleur et dix, la douleur maximum imaginable. Les consignes doivent être claires et neutres (ne pas faire appel à l'imaginaire ou aux souvenirs du patient par exemple en comparant le niveau 10 à la pire douleur vécue).

    4.2 L'Échelle Visuelle Analogique (EVA)

    Elle demande l'utilisation d'une réglette qui comporte deux faces distinctes. Celle qui est présentée au patient représente une ligne sur laquelle le sujet va déplacer un curseur. Une extrémité de la ligne est notée « absence de douleur » alors que l'autre est notée « douleur maximale imaginable ». La face tournée vers le soignant affiche en correspondance une échelle graduée de 0 à 10 ou parfois de 0 à 100. Le chiffre le plus faible représente toujours la douleur la moins élevée. Cette méthode est souvent considérée comme la plus fiable pour évaluer la douleur, dans la mesure où elle fait intervenir un élément graphique visuel et donc très facile à comprendre pour le patient. Le soignant n'a également que peu d'explications à fournir et influe donc en moindre mesure sur la réponse du patient (le discours du soignant peut être malgré lui, orienté pendant les explications).

    4.3 L'Échelle Verbale Simple (EVS)

    L'EVS est une variante de l'EVN. Elle propose de décrire l'intensité de la douleur sur quatre incréments : Pas de douleur, douleur faible, douleur modérée, douleur intense. Elle a l'avantage d'être très simple et très rapide à mettre en œuvre. Elle est en revanche moins précise que l'EVN et L'EVA.

    Le choix d'une méthode ne repose pas simplement sur les préférences des soignants. Il doit également être réfléchi en fonction du contexte et du patient. Malgré la popularité de l'EVA, certains patients seront plus enclins à utiliser d'autres échelles. Si les résultats sont discordants, cela peut également être considéré comme un symptôme et pas seulement comme l'expression d'une incapacité à utiliser ces échelles.

    En sus, de ces indications, le soignant doit également utiliser les autres éléments cliniques dont il dispose pour mettre en parallèle les dires du patient et les autres informations dont il dispose. A ce titre, les indicateurs physiologiques sont importants à connaître. La douleur provoque des modifications significatives sur les grandes fonctions du corps humain :
    Modifications cardio vasculaires : Tachycardie, variations de fréquence, hypertension, sudation palmaire.
    Modifications respiratoires : Tachypnée, baisse de la Sp02, variations d'amplitude, amputation de mouvements respiratoires (si la douleur est provoquée par les mouvements respiratoires par exemple). Il faut cependant garder à l'esprit que ces modifications ne sont pas spécifiques de la douleur et peuvent être consécutives à d'autres causes.

    Le comportement du patient apporte également bon nombre d'informations. L'expression faciale est généralement révélatrice de douleur, l'agressivité et/ou l'apathie peuvent être significatifs d'une douleur. Toute modification du comportement habituel du patient peut être le signe d'une douleur non exprimée. Ceci est particulièrement vrai chez les personnes âgées ou polyhandicapées qui n'expriment pas toujours leur douleur de façon conventionnelle. La douleur peut provoquer un repli sur soi, une inappétence, de l'irritabilité, des troubles du sommeil... Autant de signes non conventionnels qu'il convient de dépister.

    Chez l'enfant

    Contrairement à un ancien dogme qui voulait que les nouveaux nés ne ressentent aucune douleur (dogme assis sur l'idée que chez l'enfant, le système nerveux n'est pas encore mature), on sait aujourd'hui que la douleur peut être ressentie dès la 24ème semaine de vie utérine.

    A partir de l'âge de trois à quatre ans, un enfant est capable d'exprimer simplement sa douleur. On peut lui proposer trois niveaux ; un peu, beaucoup ou très mal. L'échelle de visages peut également être utilisée en fonction de l'expression faciale de l'enfant. La réglette EVA est utilisable à partir de l'âge de 5/6 ans. L'échelle numérique est utilisable à partir de 7 ans.
    Pour les enfants plus jeunes, on utilise des grilles d'observation spécifiques et on s'aide des informations que peuvent fournir les parents (jeu, sommeil, appétit....). On passe également un cap important. D'auto évaluation, on passe à une hétéro évaluation. Ce n'est plus le patient qui exprime sa douleur, mais le soignant qui va tenter de l'objectiver avec tous les écueils que cela peut comporter.

    Ici également, le relevé des informations physiologiques des réactions à la douleur (les mêmes que chez l'adulte) est utilisé pour tenter d'objectiver une douleur. La fréquence cardiaque est le paramètre le plus utilisé. Chez l'enfant, encore plus que chez l'adulte, il est important d'expliquer et de rassurer. La peur renforce l'intensité de la douleur ressentie et ce, pour le plus bénin des actes (le retrait d'un pansement par exemple).

    Les indicateurs comportementaux sont ici encore plus importants à observer. Une attitude prostrée et l'absence de réaction aux stimulations extérieures, ne soit pas faire penser que l'enfant ne souffre pas. L'expression faciale est considérée comme l'indicateur le plus fiable aujourd'hui.

    Les échelles développées pour évaluer la douleur chez l'enfant tentent donc d'utiliser au mieux les items considérés comme pertinents lorsqu'un enfant exprime une douleur. Voici quelques exemples d'échelles. La décision de choix entre ces échelles relève d'un consensus concernant les buts de l'évaluation (douleur aigüe, chronique, pendant un soin...).

    5.1 Le Neonatal Facial Coding System (NFCS)

    Le NFCS propose une série de 10 items à noter présents ou absents. Sur ces 10 items, quatre sont reconnus comme prépondérants. Le froncement des sourcils, le serrement des paupières, l'accentuation du sillon naso-labial, l'ouverture de la bouche. L'HAS préconise l'utilisation de cette échelle chez les nouveaux nés à terme et prématurés, jusqu'à l'âge de 18 mois.
    Item Présent / Absent
    Sourcils froncés
    Paupières serrées
    Sillon naso-labial accentué
    Bouche ouverte
    Langue tendue, creusée
    Menton tremblant
    Bouche étirée en hauteur
    Bouche étirée en largeur
    Lèvres faisant la moue
    Protrusion de la langue
    illustration de la NFCS

    5.2 L'échelle de Wong-Baker

    Cette échelle est utilisée de façon courante en pré-hospitalier et en urgence. Elle présente l'avantage d'être très graphique et elle est donc facilement et rapidement comprise par les enfants. Elle est utilisable à partir de l'âge de trois ans.


    L'enfant désigne simplement le visage qui correspond le mieux à son état du moment. On lui demande par exemple : « Montre-moi le bonhomme qui a mal comme toi ».

    5.3 L'échelle des visages de Bieri

    Dans le même esprit que l'échelle de Wong-Baker, elle comporte un nombre supérieur de visages. Elle est de ce fait considérée comme plus sensible (plus précise) et plus fiable que l'échelle de Wong-Baker.

    La question à poser est la même que pour l'échelle précédente : « Montre-moi le bonhomme qui a mal comme toi ».

    5.4 L'échelle de Oucher

    Développée au début des années 80, ce système est destiné à évaluer les enfants de 3 à 12 ans (bien qu'elle ait été utilisée avec succès chez des adolescents). Elle se présente sous forme de photos échelonnées verticalement à côté desquelles une graduation de 0 à 100 permet d'objectiver le résultat sous forme numérique. Les enfants capables d'utiliser directement l'échelle numérique ne passent pas par la désignation de la photo qui correspondrait le mieux à leur état de douleur.

    Le système a été adapté aux différentes ethnies et on peut ainsi trouver des échelles destinées aux enfants d'origine africaine, hispanique ou caucasienne. Initialement, l'échelle était présentée sous forme de poster accroché à un mur. L'enfant était donc simplement placé en face et devait désigner soit le niveau correspondant sur l'échelle numérique, soit la photo la plus adaptée.

    5.5 Douleur Aigüe du Nouveau né (DAN)

    L'échelle Dan a été élaborée pour évaluer le retentissement de certains soins douloureux chez le nouveau né et l'efficacité des traitements pour remédier à ces douleurs. Elle évalue trois items comportementaux ; la réponse faciale, les mouvements des membres et l'expression vocale de la douleur. Son score évolue de 0 à 10. L'évaluation est effectuée avant, pendant et après le soin sur le modèle du tableau ci-dessous.
    Items Score
    Réponses faciales
    Calme0
    Pleurniche avec alternance ouverture / fermeture des yeux1
    Contraction paupières, froncement sourcils, accentuation des sillons nasaux-labiaux légers intermittents avec retour au calme2
    Contraction paupières, froncement sourcils, accentuation des sillons nasaux-labiaux modérés3
    Contraction paupières, froncement sourcils, accentuation des sillons nasaux-labiaux très marqués, permanents4
    Mouvements des membres
    Calmes ou mouvements de toux0
    Pédalage, écartement des orteils, membres inférieurs raides et
    surélevés, agitation des bras, réaction de retrait, légers, intermittents avec retour au calme
    1
    Pédalage, écartement des orteils, membres inférieurs raides et
    surélevés, agitation des bras, réaction de retrait, modérés
    2
    Pédalage, écartement des orteils, membres inférieurs raides et
    surélevés, agitation des bras, réaction de retrait, très marqués, permanents
    3
    Expression vocale de la douleur
    Absence de plainte0
    Gémit brièvement (pour l'enfant intubé : semble inquiet)1
    Cris intermittents (pour l'enfant intubé : mimique de cris intermittents)2
    Cris de longue durée, hurlement constant (pour l'enfant intubé, mimique de cris constants)3

    5.6 Prémature Infant Pain Profile (PIPP)

    Cette échelle évalue non seulement des items comportementaux, mais également des items physiologiques et contextuels. Elle a bénéficié de nombreuses études de validation. Utilisée pour évaluer la douleur chez le prématuré et l'enfant à terme, son score, pondéré par l'âge gestationnel, varie de 0 à 21.
    Item Score
    Age gestationnel
    36 semaines et plus0
    32-35 semaines, 6 jours1
    28-31 semaines2
    Moins de 28 semaines3
    État de veille / sommeil
    Actif éveillé, yeux ouverts et motricité faciale0
    Calme et éveillé, yeux ouverts, pas de motricité faciale1
    Actif et endormi, yeux fermés, motricité faciale présente2
    Calme et endormi, yeux fermés, pas de motricité faciale3
    Fréquence cardiaque maximum
    Augmentation de 0 à 4 battements par minute0
    Augmentation de 5 à 14 battements par minute1
    Augmentation de 15 à 24 battements par minute2
    Augmentation de de plus de 24 battements par minute3
    Saturation en 02 minimum
    Diminution de 0 à 2,4%0
    Diminution de 2,5 à 4,9%1
    Diminution de 5 à 7,4%2
    Diminution de plus de 7,5%3
    Froncement des sourcils
    Aucun, 0 à 9% du temps0
    Minime, 10 à 39% du temps1
    Modéré, 40 à 69% du temps2
    Maximal, 70% du temps ou plus3
    Plissement des paupières
    Aucun, 0 à 9% du temps0
    Minime, 10 à 39% du temps1
    Modéré, 40 à 69% du temps2
    Maximal, 70% du temps ou plus3
    Plissement du sillon naso labial
    Aucun, 0 à 9% du temps0
    Minime, 10 à 39% du temps1
    Modéré, 40 à 69% du temps2
    Maximal, 70% du temps ou plus3

    5.7 Échelle de Douleur et d'Inconfort du Nouveau né (EDIN)

    C'est une échelle utile pour évaluer le niveau d'inconfort et de douleur prolongée du nouveau né. Le score peut évoluer de 0 à 15, le seuil de traitement étant fixé à 5. Ses items prennent en compte la relation avec le soignant, les possibilités de réconfort, l'expression faciale, l'expression corporelle et le sommeil.
    Item Score
    VISAGE0 Visage détendu
    1 Grimaces passagères : froncement des sourcils, lèvres pincées, plissement du menton, tremblement du menton
    2 Grimaces fréquentes, marquées ou prolongées
    3 Crispation permanente ou visage prostré, figé ou visage violacé
    CORPS0 Détendu
    1 Agitation transitoire, assez souvent calme
    2 Agitation fréquente, mais retour au calme possible
    3 Agitation permanente, crispation des extrémités, raideur des membres / motricité très pauvre, limitée avec corps figé
    SOMMEIL0 S'endort facilement, sommeil prolongé, calme
    1 S'endort difficilement
    2 Se réveille spontanément en dehors des soins, et fréquemment, sommeil agité
    3 Pas de sommeil
    RELATION0 Sourire aux anges, sourire réponse, attentif à l'écoute
    1 Appréhension passagère au moment du contact
    2 Contact difficile, cri à la moindre stimulation
    3 Refuse le contact, aucune relation possible. Hurlement ou gémissement sans la moindre stimulation
    RÉCONFORT0 N'a pas besoin de réconfort
    1 Se calme rapidement lors des caresses, au son de la voix où à la succion
    2 Se calme difficilement
    3 Inconsolable. Succion désespérée

    5.8 Échelle Children's Hospital of Eastern Ontario Pain Scale (CHEOPS)

    La CHEOPS est l'échelle la plus utilisée aujourd'hui chez le jeune enfant, en particulier en poste opératoire pour objectiver la douleur aigüe. Comme son nom l'indique, elle a été développée au Canada. Elle est destinée aux enfants de 1 à 5 ans et comporte 6 items. Très simple et facile d'utilisation (ce qui explique son succès), son score varie de 4 à 13.
    ItemsScore
    PLEURS
    Pas de pleurs0
    Gémissements ou pleurs1
    Cris perçants ou hurlements2
    VISAGE
    Sourire0
    Visage calme1
    Grimace2
    PLAINTES VERBALES
    Parle de choses et d'autres sans se plaindre0
    Ne parle pas ou se plaint, mais pas de douleur1
    Se plaint de douleur2
    CORPS
    Calme, au repos1
    Change de position, s'agite, corps arqué, rigide ou tremblant, redressé verticalement ou contentions physiques2
    MAINS
    N'avance pas la main vers la lésion1
    Avance, la main, touche la plaie, contentions physiques2
    JAMBES
    Relâchées ou mouvements doux1
    Se tordent, se tortillent, donnent des coups, se relèvent, contention physique2

    5.9 Échelle Objective Pain Scale (OPS)

    Cette échelle américaine est destinée à évaluer la douleur prolongée ou continue. La difficulté d'évaluation de variation de la pression artérielle a conduit certains utilisateurs à n'en faire une échelle qu'à quatre items (au lieu des cinq de la version originale). Cette utilisation n'a cependant été validée par aucune étude. Des enfants de 1 à 13 ans ont été évalués à l'aide de cet outil.
    ItemsScore
    PLEURS
    Absents0
    Présents, mais enfant consolable1
    Présents, mais enfant inconsolable2
    MOUVEMENTS
    Éveillé calme et/ou endormi0
    Agitation modérée, ne tient pas en place, change de position fréquemment1
    Agitation désordonnée, danger pour l'enfant qui risque de se blesser2
    COMPORTEMENT
    Éveillé calme et/ou endormi0
    Voix tremblante, mais accessible à la parole et au réconfort1
    Inaccessible et inconsolable, yeux écarquillés, accrochés aux bras des parents/soignants2
    EXPRESSION VERBALE / CORPORELLE
    Calme, ou endormi, sans recherche de position antalgique0
    Plaintes modérées, inconfort, faible douleur, jambes fléchies, bras croisés sur le corps1
    Douleur moyenne, exprimée verbalement ou désignée, hambes fléchies, poings serrés, cherche ) se protéger2
    VARIATION PRESSION ARTERIELLE SYSTOLIQUE (PAR RAPPORT AUX VALEURS PRE OPERATOIRES)
    Augmentation inférieure à 10%0
    Augmentation de 10% à 20%1
    Augmentation supérieure à 20%2

    5.10 Échelle Amiel-Tison

    Sur 10 items et sur le plan comportemental et neurologique, elle sert à évaluer la douleur et le confort des enfants âgés de 1 à 7 mois. A l'inverse de la plupart des autres outils, c'est la note la plus élevée qui exprime le meilleur confort de l'enfant et l'absence de douleurs. Certains ont jugé utile d'inverser la notation afin qu'elle corresponde plus aux habitudes générales de notation (un score élevé = douleur élevée comme dans l'exemple ci-dessous).
    ItemsScore
    SOMMEIL PENDANT L'HEURE PRECEDENTE
    Calme pendant plus de 10 minutes0
    Périodes de 5 à 10 minutes1
    Aucun2
    MIMIQUE DOULOUREUSE
    Calme et détendu0
    Peu marquée, intermittente1
    Marquée2
    QUALITE DES PLEURS
    Pas de pleurs0
    Modulée et facilement calmés par la parole1
    Répétés, aigus, douloureux2
    ACTIVITE MOTRICE SPONTANEE
    Normale0
    Agitation modérée1
    Agitation permanente2
    EXCITABILITE REPONSE AUX STIMULI AMBIANTS
    Calme0
    Excessive à n'importe quelle stimulation1
    Trémulations, clonies, Moro spontané2
    FLEXION PALMAIRE ET PLANTAIRE
    Mains ouvertes, orteils non crispés0
    Intermittente, moyenne marquée1
    Permanente et très prononcée2
    SUCCION
    Forte régulière et apaisante0
    Discontinue et interrompue par des pleurs1
    Absente ou ébauches de mouvements2
    TONUS MUSCULAIRE
    Normal0
    Modérément hypertonique1
    Très hypertonique2
    CONSOLABILITE
    Calmé en moins d'une minute0
    Calmé après une à deux minutes1
    Non consolable après deux minutes d'efforts2
    SOCIABILITÉ
    Facile et prolongée0
    Difficile à obtenir1
    Absente2

    5.11 Échelle EValuation ENfant DouLeur (EVENDOL)

    5 items, deux temps d'observation (au repos et à la mobilisation), un score évoluant de 0 à 15 avec un seuil de prescription médicamenteuse fixé à 4/15. Cette échelle a été conçue en France pour noter la douleur aigüe prolongée de la naissance à l'âge de 5 ans est considérée comme très fiable et reproductive. Tout comme l'échelle CHEOPS, sa simplicité d'utilisation en fait un outil très pratique dans le contexte de l'urgence.
    Absent Faible, passager Moyen
    la moitié du temps
    Fort
    Permanent
    Pleure et/ou crie/gémit/dit qu'il a mal012 3
    Front plissé et/ou sourcils froncés/bouche crispée0123
    S'agite et/ou se raidit/se crispe0123
    Attitude inhabituelle et/ou antalgique/se protège/reste immobile0123
    Peut être consolé et/ou joue/communique avec l'entourage01 23

    5.12 Échelle de COMFORT

    Élaborée au départ pour évaluer la douleur d'un enfant en réanimation, elle comporte des éléments qui cotent également le degré de sédation. Utilisable de la naissance à l'adolescence, elle se décompose en huit items. Le score s'échelonne de 8 à 40. La douleur est considérée légère à modérée pour un score entre 15 et 25, importante entre 26 et 34 et très importante au delà. Cette échelle est parfois adaptée aux besoins spécifiques de certains services de réanimation.
    ItemScore
    Éveil
    Profondément endormi1
    Légèrement endormi2
    Somnolent3
    Éveillé, vigilant4
    Hyper attentif5
    Calme agitation
    Calme1
    Légèrement anxieux2
    Anxieux3
    Très anxieux4
    Paniqué5
    Ventilation
    Pas de ventilation, pas de toux1
    Ventilation spontanée sans réaction au respirateur2
    Lutte contre le respirateur ou tousse de temps en temps3
    Lutte activement contre le respirateur et tousse régulièrement4
    S'oppose au respirateur, tousse, suffoque5
    Mouvements
    Absence1
    Légers2
    Légers fréquents3
    Énergiques uniquement aux extrémités4
    Énergiques torse et tête compris5
    Pression artérielle moyenne (observer 6 fois pendant deux minutes)
    En dessous de la valeur de base1
    A la valeur de base2
    15% ou plus de la valeur de base 1 à 3 fois3
    15% ou plus de la valeur de base plus de trois fois4
    15% ou plus de la valeur de base de façon prolongée5
    Fréquence cardiaque (observer 6 fois pendant deux minutes)
    En dessous de la valeur de base1
    A la valeur de base2
    15% ou plus de la valeur de base 1 à 3 fois3
    15% ou plus de la valeur de base plus de trois fois4
    15% ou plus de la valeur de base de façon prolongée5
    Tonus musculaire
    Totalement décontracté, aucune tension musculaire1
    Tonus diminué2
    Tonus normal3
    Tonus augmenté avec flexion palmo plantaire4
    Rigidité extrême avec flexion palmo plantaire5
    Tension du visage
    Visage totalement décontracté1
    Tonus normal aucune tension visible2
    Contracture de quelques muscles du visage3
    Contracture de l'ensemble des muscles du visage4
    Grimaces marquées et permanentes5

    5.13 Grille San Salvadour

    Cette grille est destinée aux personnes polyhandicapées ou incapables d'utiliser les moyens « classiques » (autisme). Bien qu'elle soit le plus souvent à destination des enfants, elle est parfois utilisée chez les adultes handicapés. Son efficacité ne peut être bonne qu'avec la participation de l'entourage proche (parents, éducateurs) du patient et une bonne connaissance des habitudes du patient. A cet effet, il est obligatoire de remplir un questionnaire afin de connaître ces habitudes. Un exemple de ce questionnaire est consultable à cette adresse.
    A partir d'un score de 2 le doute subsiste, il est levé lorsque le score atteint 6 et nécessite en conséquence une prise en charge.
    Pleurs et ou cris
    Se manifeste selon son habitude0
    Se manifeste plus que d'habitude1
    Pleurs et/ou cris lors des soins ou gestes douloureux2
    Pleurs et/ou cris sans stimulation et inhabituels3
    Mêmes signes que les trois premiers cas avec manifestations neuro végétatives : tachy/bradycardie, sueurs, rash cutané, accès de sueurs, pâleur4
    Réaction de défense +/- coordonnée à l'examen d'une zone présumée douloureuse
    Réaction habituelle0
    Réaction inhabituelle1
    Mouvements de retrait inhabituel2
    Même signe que 1 et 2 avec grimace et/ou gémissement3
    Même signe que 1 et 2 avec agitation cris et pleurs4
    Mimique douloureuse (un rire paradoxal peut en faire partie)
    Comme d'habitude0
    Inquiet de façon inhabituelle1
    Mimiques douloureuses lors des manipulations potentiellement douloureuses2
    Mimique douloureuse spontanée3
    Même signe que 1, 2, où 3 avec manifestations neuro végétatives4
    Protection des zones douloureuses
    Réaction habituelle0
    Redoute le contact d'une zone particulière1
    Protège une région précise de son corps2
    Même signe que 1 ou 2 avec grimace et/ou gémissement3
    Même signe que 1, 2 ou 3 avec agitation, cris et pleurs4
    Gémissements ou pleurs silencieux
    Comme d'habitude0
    Plus geignard que d'habitude1
    Geint de façon inhabituelle2
    Gémissements avec mimique douloureuse3
    Gémissements entrecoupés de cris et de pleurs4
    Intérêt pour l'environnement
    Comme d'habitude0
    Semble moins intéressé que d'habitude1
    Baisse de l'intérêt, doit être sollicité2
    Désintérêt total, sans réaction aux stimulations3
    État de prostration inhabituel4
    Accentuation des troubles du tonus
    Manifestations habituelles0
    Plus raide qu'habituellement1
    Accentuation des raideurs pendant les soins2
    Même signes que 1 et 2 avec mimique douloureuse3
    Même signes que 1, 2 ou 3, avec cris et pleurs4
    Capacité à interagir avec l'adulte
    Comme d'habitude0
    Moins impliqué1
    Difficultés inhabituelles pour établir un contact2
    Refus inhabituel de tout contact3
    Retrait inhabituel dans une indifférence totale4
    Accentuation des mouvements spontanés
    Manifestations habituelles0
    Recrudescence des mouvements spontanés1
    État d'agitation inhabituel2
    Même signes que 1 et 2 avec mimique douloureuse3
    Même signes que 1, 2, ou 3, avec cris et pleurs4
    Attitude antalgique spontanée
    Position de confort habituelle0
    Moins à l'aise dans sa posture1
    Certaines postures ne sont plus tolérées2
    Soulagé par une posture inhabituelle3
    Aucune posture ne semble soulager4

    Chez la personne âgée

    6.1 Échelle Doloplus 2

    Cette échelle, très utilisée chez la personne âgée atteinte de troubles cognitifs ou en incapacité de communiquer évalue la douleur dans sa globalité. Elle comporte 10 items en trois sous groupes. Chaque item est côté sur quatre niveaux. Cette échelle est une des rares à nécessiter une cotation en équipe afin d'être la plus précise possible. Lorsque le score est supérieur ou égal à 5/30, il existe une douleur à prendre en charge. Si un item n'est pas adapté, il faut s'abstenir de le coter (et bien évidement en tenir compte dans le score total). Son utilisation n'est pas systématique chez la personne âgée (on peut être âgé et capable d'exprimer une douleur).
    RENTENTISSEMENT SOMATIQUE
    Plaintes somatiques
    Pas de plainte0
    Plaintes uniquement à la sollicitation1
    Plaintes spontanées occasionnelles2
    Plaintes spontanées continues3
    Positions antalgiques au repos
    Pas de position antalgique0
    Évite certaines positions de façon occasionnelle1
    Position antalgique permanente et efficace2
    Position antalgique permanente et inefficace3
    Protection des zones douloureuses
    Pas de protection0
    Protection pendant les soins, mais n'empêchant pas ces derniers1
    Protection pendant les soins et les entravant2
    Protection au repos sans aucune sollicitation3
    Mimique
    Habituelle0
    Exprime la douleur à la sollicitation1
    Exprime la douleur, même sans sollicitation2
    Mimique inexpressive et permanente de façon inhabituelle (regard vide, atone)3
    Sommeil
    Habituel0
    Difficultés d'endormissement1
    Réveils fréquents2
    Insomnie avec retentissement sur les phases d'éveil3
    RETENTISSEMENT PSYCHOMOTEUR
    Toilette et/ou habillage
    Possibilités habituelles inchangées0
    Possibilités habituelles peu diminuées1
    Possibilités habituelles très diminuées habillage difficile et/ou partiel2
    Toilette et/ou habillage impossible, patient opposant3
    Mouvements
    Possibilités habituelles inchangées0
    Possibilités actives limitées1
    Possibilités actives et passives limités (même avec aide)2
    Mouvement impossible, opposition à la mobilisation3
    RETENTISSEMENT PSYCHOSOCIAL
    Communication
    Inchangée0
    Intensifiée1
    Diminuée2
    Absence ou refus3
    Vie sociale
    Participation habituelle0
    Participation uniquement à la sollicitation1
    Refus partiel de participation2
    Refus de toute vie sociale3
    Troubles du comportement
    Comportement habituel0
    Troubles à la sollicitation et itératifs1
    Troubles à la sollicitation et permanents2
    Troubles permanents même sans sollicitation3

    6.2 Échelle Comportementale de la Personne Âgée.

    Par de nombreux points, cette échelle ressemble à son homologue pédiatrique ; l'échelle EVENDOL. Deux temps de notation, au repos et pendant les soins et des critères comportementaux qui ne nécessitent pas de verbalisation complexe. Cette échelle comprend 8 items scindés en deux dimensions (donc 4 items par dimension). Chaque item est noté de 0 à 4. Cette cotation, peut être effectuée plus facilement par un soignant seul qu'avec la méthode Doloplus 2.
    AVANT LES SOINS
    Expression du visage : Regard et mimique
    Visage détendu0
    Visage soucieux1
    Le sujet grimace de temps en temps2
    Regard effrayé et/ou visage crispé3
    Expression complètement figée4
    Position spontanée au repos
    Aucune position antalgique0
    Évitement d'une position1
    Position antalgique2
    Recherche sans succès d'une position antalgique3
    Sujet immobile, coulé par la douleur4
    Mouvements ou mobilité du patient
    Mouvements habituels0
    Évite certains mouvements1
    Mouvements lents et rares2
    Immobile3
    Mouvement très rares où au contraire, agitation intense4
    Relation à autrui
    Même type de contact que d'habitude0
    Contact plus difficile que d'habitude1
    Evite la relation, contrairement à son habitude2
    Absence de contact3
    Indifférence totale4
    PENDANT LES SOINS
    Anticipation anxieuse aux soins
    Pas d'anxiété0
    Angoisse du regard, impression de peur1
    Sujet agité2
    Sujet agressif3
    Cris soupirs gémissements4
    Réactions pendant la mobilisation
    Se laisse mobiliser dans problème0
    Regard attentif, semble craindre la mobilisation ou les soins1
    Retient la main ou guide les gestes pendant les soins2
    Adopte une position antalgique pendant les soins3
    S'oppose à la mobilisation et aux soins4
    Réaction pendant les soins des zones douloureuses
    Aucune réaction pendant les soins0
    Réaction pendant les soins, sans plus1
    Réaction au toucher des zones douloureuses2
    Réaction à l'effleurement des zones douloureuses3
    L'approche des zones est impossible4
    Plaintes pendant les soins
    Le sujet ne se plaint pas0
    Le sujet se plaint si le soignant s'adresse à lui1
    Le sujet se plaint en présence du soignant2
    Gémit ou pleure silencieusement dès qu'on le soigne3
    Crie ou se plaint violement dès qu'on le soigne4

    En pratique

    La douleur nécessite d'être évaluée dans différents contextes et différentes situations. Par exemple, en mouvement passif lorsque le soignant mobilise une jambe, en mouvement actif de la part du patient, ou encore en situation de vie normale lorsque le patient va se verticaliser et reprendre la marche. Les outils présentés dans ce document doivent en principe être utilisés de façon itérative sans changer de contexte et de type de stimulation.

    La douleur n'est pas fonction de l'importance de la lésion. Il ne faut jamais présupposer de l'intensité d'une douleur en fonction de l'aspect ou de l'étendue d'une lésion. En plus des variations inter individuelles, la localisation d'une petite lésion sur une zone très ramifiée en terminaisons nerveuses peut être bien plus douloureuse qu'une tumeur envahissante de grande taille.

    La douleur, à l'instar des autres paramètres vitaux n'est pas un système isolé. Le soignant doit pouvoir mobiliser ses connaissances et son sens de l'observation pour pondérer son observation et la rendre la plus objective possible. On peut par exemple noter une discordance chez un patient qui évalue sa douleur comme insupportable alors qu'il n'existe aucune somatisation visible de cette information. Visage détendu, pouls et pression artérielle dans les limites normales, absence de sueurs, patient somnolent et calme. Il convient dans ce cas de prendre du recul afin d'identifier les causes de cette discordance. Incompréhension du système d'évaluation par le patient ? Médication masquant les signes habituels de douleur (pas de sueurs à cause d'atropiniques, pas de tachycardie et d'hypertension à cause de bêta bloquants ou d'anti hypertenseurs, somnolence à en raison d'une titration à la morphine...) ?

    Conclusion

    Le choix d'utilisation d'un moyen d'évaluation de la douleur s'effectue en fonction des situations, des contextes et des équipes qui doivent assurer la prise en charge des patients. L'évaluation repose ensuite autant sur les avantages et les limites des moyens d'évaluation que sur l'expérience des personnels qui vont les mettre en œuvre. Si l'évaluation de la douleur doit devenir un paramètre aussi routinier que la mesure du pouls, de la pression artérielle et de la température, elle n'est pas aisée et demande une certaine expérience, des connaissances et une remise en question permanente de son efficacité. Pour ce faire, il est nécessaire que l'ensemble de l'équipe soignante puisse établir une stratégie de prise en charge cohérente en s'aidant au besoin des ressources institutionnelles à sa disposition. Les comités de lutte contre la douleur sont à ce titre des partenaires privilégiés et certains établissements se sont également dotés de référents douleur spécifiquement formés à apporter des réponses adaptées. Ce document tente de vous apporter une liste quasi exhaustive des moyens d'évaluation de la douleur. Il existe cependant de nombreuses autres échelles s'inspirant de celles qui ont déjà été validées et qui sont adaptées aux habitudes et situations locales.
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    Des lunettes spéciales pour voir les veines lors d’une prise de sang

    Une prise de sang n’est pas vraiment une partie de plaisir spécialement lorsque l’infirmière rate la veine mais ce temps-là est peut-être bientôt terminé. Les infirmières porteront des lunettes spéciales pour voir plus facilement les veines…

    La société Evena Medical a conçu des lunettes, les Eyes-On Glasses, afin de simplifier le travail des équipes médicales et bien sûr, pour éviter une douleur inutile au patient. Pour entrer un peu dans la technique, ces lunettes sont équipées d’une caméra multi-spectrale intégrée, elles permettent d’identifier clairement et facilement les veines du patient.
    Se faire faire une prise de sang n'est pas toujours une partie de plaisir, d'autant plus lorsqu'on a les veines assez peu apparentes. Pour tenter de résoudre ce problème, la société Evena a créé des lunettes spécifiques qui permettent de voir les veines à travers la peau et pourra donc permettre au corps médical de pratiquer les piqûres avec plus de facilité.

    Les Evena Eyes-On Glasses sont des lunettes à usage médical étudié spécifiquement pour permettre au porteur de voir à travers la peau pour identifier plus facilement les veines. Cette technologie a été imaginée dans le but de faciliter le travail du corps médical pour pratiquer des piqûres qu'il s'agisse de prises de sang ou de perfusions.  Développées par la société Evena, ces lunettes sont équipées d'une caméra multi-spectrale qui offre une vision claire des veines du patient. Avec ce système, il sera normalement très rare de s'y reprendre à plusieurs fois pour planter l'aiguille. Cette technologie est une révolution pour le corps médical qui pourra ainsi pratiquer des piqûres avec beaucoup plus de facilité et de rapidité, mais également en limitant encore plus la gène (ou parfois la douleur) engendrée aux patients.

    D'autre part, les Eyes-On Glasses ont également été pensées pour encore plus de performance puisqu'évidemment elles peuvent être utilisées par-dessus des lunettes classiques de correction de vue. Mais l'autre élément intéressant est que les lunettes disposent également d'une connexion sans fil pour permettre au porteur de transmettre des images capturées par la caméra. Cette fonctionnalité peut s'avérer très intéressante dans le cas d'intervention à distance, nécessitant l'aide de professionnels se trouvant loin du patient.
    Pour le moment, le prix des Evena Eyes-On Glasses n'a pas encore révélé, mais on ne doute pas que cette technologie séduira sûrement de nombreux membres du personnel médical et des laboratoires d'analyses médicales.


    Prélèvements sanguins par ponction veineuse(2)

    La loi prévoit que cette activité s'adresse aux :

  • Infirmières
  • Infirmières auxiliaires
  • CEPI
  • Technologistes médicaux
  • Externes en SI
  • Notes de révision

    Modification de l'image sur l'ordre de prélèvement des tubes et modification de l'information sur le tube de rejet, dans la section généralités, le 2012-10-22.
    Modification de l'information sur l'asepsie de la peau le 22 mai 2014.
    Définition(s)
    Procédure permettant de prélever du sang veineux pour des fins d'analyse.
    Objectif(s) de soins
    • Obtenir un spécimen de sang.
     Indications
    • Ordonnance médicale pour prélèvements sanguins
      • ordonnance collective
      • ordonnance individuelle
    • Application de protocole nécessitant des analyses sanguines.
    Généralités



    Nos garrots et barillets sont réutilisables, il est important de bien les nettoyer entre chaque usagers. Pour les usagers en isolement, le matériel est laissé dans la chambre.

    Principes d'asepsie et de sécurité

    • Lavage des mains avant et après un prélèvement sanguin
    • Le port des gants est recommandé pour tout prélèvement sanguin 
      • les gants agissent comme barrière pour protéger le soignant lors d'un risque de contact avec les liquides de l'organisme
      • enlever les gants et les jeter entre chaque usager
    • Le barillet est à usage unique et doit être jeté après chaque prélèvement (APIC, 2002; OSHA, 2002; Weinstein & Shannon, 2002) 
      • le sang, par aérosolisation, peut contaminer l'intérieur du barillet (APIC, 2002; Weinstein & Shannon, 2002) (voir l'onglet «outils» pour de la documentation complémentaire)
    • Il existe des barillets réutilisables sur le marché (tel que ''Pronto'' ou ''Autodrop''), mais la terminologie ''sécuritaire'' ne s'applique pas pour ce type de produit
      • ce produit a été conçu dans les années 90 pour l'éjection rapide de l'aiguille à prélèvement, le but était de permettre à l'utilisateur d'éviter de dévisser l'aiguille
      • un barillet à usage unique devient ''sécuritaire'' parce qu'il protège l'utilisateur d'une piqûre éventuelle causée par l'aiguille qui perce le tube à prélèvement
      • vérifier auprès du fabricant si le modèle de barillet utilisé dans l'établissement est réutilisable ou à usage unique
      • si le produit réutilisable est utilisé, la compagnie BD recommande la technique de désinfection suivante après chaque utilisation du dispositif Vacutainer® Pronto :
        • tremper 5 minutes dans une solution d’eau chlorée à 10% (1 : 10)  
        • agiter 5 minutes dans un bain à ultrasons contenant la solution d'eau chlorée à 10%
        • rincer à l'eau claire
        • égoutter et laisser sécher à l'air
          • cette procédure peut être utilisée pour 10 cycles de nettoyage sans altérer la performance du produit
          • jeter le barillet s'il est visiblement souillé de sang et/ou s'il est endommagé ou défectueux
          • déterminer le nombre de barillets et le volume de solution appropriés pour accomplir la décontamination
          • le barillet devrait être inspecté après chaque trempage en déclenchant le mécanisme d’ouverture (bouton vert) pour s’assurer de son bon fonctionnement
          • l’autoclavage ou l’usage d’une solution d’eau chlorée à 100% affectera la performance du barillet
          • suivre la méthode de désinfection de l'établissement
    • Une nouvelle aiguille est utilisée pour chaque ponction
      • s'il y a échec de la ponction, changer l'aiguille ou le microperfuseur avant de ponctionner dans un autre site veineux
      • ne pas recapuchonner l'aiguille 
      • activer le devis sécuritaire s'il y a lieu
      • disposer de l'aiguille souillée dans un contenant pour déchets coupants (idem pour aiguilles sécuritaires)
    • Les composantes du matériel à prélèvement sanguin doivent répondre aux normes de sécurité afin de protéger le personnel soignant des piqûres accidentelles
      • il est fortement recommandé d'utiliser des dispositifs sécuritaires (aiguilles, microperfuseurs, etc.)
    • Utiliser un garrot sans latex, à usage unique et le jeter après une utilisation (garrot jetable)
    • Si vous utilisez un garrot non jetable, le nettoyer quotidiennement avec de l'alcool 70 % et le changer fréquemment
    • Laver les garrots en fibre dans une eau savonneuse à 60°C. Il est suggéré d'ajouter une solution comprenant 10 % d'eau de javel à l'eau de lavage (OPTMQ, 2006)
    • Déposer les tubes à la verticale dans un support à tubes de prélèvement ou dans un contenant vide
      • afin d'éviter le bris des tubes
      • afin de conserver le spécimen dans une position optimale
    • Chaque tube est identifié selon le système utilisé par l'établissement et le laboratoire
    • Après deux ou trois tentatives infructueuses pour trouver une veine, demander l'aide d'une autre professionnelle habilitée
    • Consulter la Méthode Prévention des infections lors de techniques intraveineuses et la Méthode Précautions d'isolement pour les précautions standards pour toutes les ponctions veineuses et non seulement en présence de sang potentiellement contaminé
      • si isolement, respecter les précautions additionnelles et les directives de l'établissement.

    Nettoyage et asepsie de la peau

    Choix de l'antiseptique
    • Pour l'hémoculture
    • Aseptiser la peau avec un tampon d'alcool 70 % 
      • l'utilisation d'un autre antiseptique n'est pas contre-indiquée lorsqu'utilisé selon les directives du fabricant 
    • Temps d'application :
      • l'activité bactéricide de l'alcool est immédiate
      • agirait selon son plein potentiel après 30 secondes
      • cesse d'agir lorsque sec (aucune activité rémanente) 
      • appliquer avec friction pour un minimum de 30 secondes (Alexander et al. (INS, 2010)) 
    • Méthode d'application
      • appliquer par friction pendant un minimum de 30 secondes (Alexander et al. (INS, 2010)) 
        • dans les documents consultés, le tampon d'alcool est également utilisé selon la méthode d'application suivante :
          • application par mouvements circulaires à partir du site de ponction (ou d'injection) vers la périphérie (OPTMQ, 2006)
    • Temps de séchage
      • laisser sécher à l'air complètement (Alexander et al. (INS, 2010) ; INS, 2011b).
    Directives générales à respecter lors de l'asepsie de la peau 
    • S'assurer que l'usager n'est pas allergique à l'antiseptique utilisé
      • vérifier si la réaction cutanée est due à une allergie ou à une mauvaise utilisation du produit
        • temps de séchage non respecté, surapplication du produit, etc.
    • Une solution antiseptique contenue dans un emballage à usage unique devrait être utilisée
    • Nettoyer le site avec de l'eau et du savon avant l'application de la solution antiseptique s'il est visiblement souillé
    • Appliquer l'antiseptique selon les directives du fabricant en respectant la surface indiquée sur l'emballage
      • application généralement suggérée
        • appliquer avec friction et mouvements de va-et-vient pendant un minimum de 30 secondes 
        • povidone-iodine : appliquer par cercles concentriques à partir du site de ponction vers la périphérie
    • Aseptiser une surface couvrant 5 à 8 cm autour du site de ponction
    • Laisser l'antiseptique sécher complètement en respectant les directives du fabricant
      • ne pas souffler, ventiler ni essuyer le site à la suite de l'application de l'antiseptique
      • le temps de séchage doit être minimalement de 30 secondes (Alexander et al., 2010) et peut aller jusqu'à 3 minutes selon la solution utilisée 
    • Ne pas toucher la surface aseptisée avec les mains ou avec les gants non stériles
      • mettre des gants stériles avant de toucher au site aseptisé
      • reprendre l'aseptisation au complet si le site a été touché avec les mains ou avec du matériel non stérile. 

    Équipement pour la ponction

    • L'aiguille pour un prélèvement sanguin est de calibre 20G ou 21G
      • permet un flot sanguin adéquat pour remplir le tube de prélèvement
      • une aiguille de petit calibre peut causer l'hémolyse et l'activation plaquettaire et des facteurs de la coagulation
    • L'aiguille 22G est utilisée pour les veines plus difficiles à ponctionner
    • L'aiguille 23G ou 24G sera utilisée pour les nourrissons et les enfants
    • Le microperfuseur (papillon) est utilisé seulement s'il est impossible d'utiliser une aiguille, si le réseau veineux est difficile à ponctionner, ou en pédiatrie, étant donné le risque d'hémolyse du prélèvement avec ce type de dispositif
      • une longueur de 7 pouces est utilisée pour les prélèvements réguliers
      • une longueur de 12 pouces est utilisée pour l'hémoculture
    • Les tubes de prélèvement sont conçus pour prélever un volume de sang déterminé (pression sous vide)
      • laisser le tube en place jusqu'au moment où la pression du tube s'exhausse et l'écoulement du sang s'arrête
        • permet le respect du rapport sang/anticoagulant
      • doivent être choisis selon l'analyse
        • bouteille pour hémoculture
        • tube pour les épreuves de coagulation, citrate de sodium (bouchon bleu)
        • tube pour sérum avec un activateur de caillot, avec ou sans gel (bouchon jaune (doré), rouge, rouge marbré)
        • tube avec de l'héparine, avec ou sans gel (bouchon vert, vert pâle ou vert marbré noir)
        • tube avec EDTA (bouchon lavande, rose, mauve, violet, perle)
        • tube avec un inhibiteur de la glycolyse, de l'oxalate de potassium, fluorure de sodium (bouchon gris)
        • tube avec citrate de sodium pour analyses de la sédimentation (noir)
      • respecter l'ordre de prélèvement des tubes afin d'éviter une contamination croisée par les différents additifs contenus dans les tubes qui pourraient fausser les résultats des analyses

      • un tube de rejet doit être prélevé dans les situations suivantes : 
        • lorsqu’une unité de prélèvement à ailettes (papillon) est utilisée pour la ponction veineuse et que le premier tube prélevé est destiné à la coagulation
        • lorsque le premier tube prélevé est destiné à une analyse de TCA d’un patient traité à l’héparine non fractionnée ou pour toute autre analyse spécialisée de coagulation
    • Respecter la date d'expiration sur l'emballage de l'aiguille et sur le tube de prélèvement
      • jusqu'à la fin du mois inscrit
      • pas de garantie de la performance après la date d'expiration
      • il peut y avoir une détérioration de l'additif dans les tubes et l'aspiration peut être moins efficace
      • la gaine de l'aiguille à prélèvement (vacutainer) devient plus rigide
    • Si le prélèvement est fait avec une seringue, utiliser un dispositif de transfert de sang pour conserver l'intégrité de l'échantillon
    • Le garrot est souple, plat et sans latex
    • Le barillet correspond à la taille des tubes de prélèvement
      • certains fabricants offrent des barillets munis d'un mécanisme de sécurité intégré qui permet de dégager l'aiguille sans la manipuler
      • d'autres fabricants offrent des barillets avec aiguilles sécuritaires intégrées et jetables après usage
        • il n'y a donc pas de manipulation pour libérer l'aiguille.

    Choix du site de ponction

    • Choisir une veine assez grosse, bien apparente et dont le trajet est relativement droit
    • Le pli du coude (veine médiane cubitale) est généralement l'endroit idéal pour prélever des échantillons de sang, car la veine y est plus grosse et accessible
    • Les veines de l'avant-bras sont ensuite privilégiées
      • veine céphalique
      • veine basilique
        • dernier choix re : proximité de l'artère brachiale
      • veine antébrachiale (ou veine médiane de l'avant-bras)
    • Puis les veines superficielles de la main et du poignet

    • Chez le nourrisson, on privilégie les veines de la face dorsale de la main ou du pied, et les veines du cuir chevelu
    • Chez l'enfant, on privilégie le pli du coude (veine médiane ou céphalique ou basilique), l'avant-bras et le dessus de la main.  Le dessus du pied peut aussi être utilisé
      • Pour les technologistes médicaux : une ordonnance médicale est requise pour effectuer un prélèvement aux chevilles ou aux pieds.
        • Règles de pratique OPTMQ (9.9) et CLSI H3-A6
    • Chez les personnes âgées les veines sont plus en superficie et requiert un angle d'insertion plus faible
      • avant de ponctionner, stabiliser la veine en appliquant une traction sous le site de ponction
      • introduire l'aiguille directement sur le dessus de la veine stabilisée
    • Éviter d'utiliser le bras avec une perfusion intraveineuse afin de ne pas diluer l'échantillon de sang. S'il n'y a pas d'autres sites de ponction disponibles, prélever dans une autre veine située en-dessous du point de pefusion (ex. perfusion dans une veine de l'avant-bras, ponction dans une veine du dos de la main)
      • arrêter le soluté au moins 2 minutes avant le prélèvement
      • inscrire sur la requête ou informer le laboratoire que l'échantillon a été prélevé sur un bras ayant une perfusion afin d'éviter la diffusion d'un résultat faussé
        • il est recommandé de choisir une autre veine située en-dessous du point de perfusion et de cesser la perfusion pendant 2 minutes avant de procéder à la ponction veineuse afin d'éviter de fausser les résultats d'analyses (dilution du spécimen avec le soluté perfusé) (OPTMQ, Prélèvement de sang par ponction veineuse pour fins d'analyse, Sixième édition, Règles de pratique, p. 23)
    • Chez les personnes âgées, les veines sont souvent sclérosées; il faut donc agir avec précaution et éviter d'appliquer un garrot trop serré afin de réduire les risques de rupture de la veine
    • Lors de prélèvements répétés, commencer à l'extrémité distale de la veine de façon à la protéger pour les ponctions subséquentes qui seront faites plus haut sur celle-ci
    •  Ne pas faire de ponction :
      • dans un membre porteur d'une fistule artérioveineuse afin d'éviter l'occlusion de la fistule
        • communication entre une artère et une veine, soit congénitale, soit produite par une chirurgie pour permettre un accès dans les cas d'hémodialyse
      • dans un membre avec un cathéter d'hémodialyse ou un cathéter veineux central
      • dans une cicatrice, un hématome, une brûlure, un oedème, un site de perfusion infiltré ou une veine endommagée
        • afin d'éviter des résultats erronés
      • dans un membre paralysé ou opéré ou fracturé
      • si soupçon de phlébite ou membre porteur d'une phlébite
      • si présence d'un greffon
      • ne pas prélever dans un cathéter de perfusion intraveineuse
    • Éviter aussi de piquer dans les membres inférieurs surtout chez les personnes âgées à cause du risque de thrombophlébite
    • Éviter de ponctionner dans les veines du côté d'une mastectomie et du côté d'une résection ganglionnaire
      • la lymphostase est un risque accru d'infection
      • les résultats peuvent être affectés
    • Il n'est pas recommandé de faire des prélèvements de sang (risque de fausser les résultats)
      • à partir d'une ligne intraveineuse (soluté)
      • à partir d'un cathéter intraveineux pour administration intermittente (bouchon membrane)
      • à partir d'un cathéter veineux central

    MESURE ALTERNATIVE À LA CONTENTION ET À L’ISOLEMENT CHEZ LES PERSONNES ÂGÉES HOSPITALISÉES OU EN CENTRE D’HÉBERGEMENT

    Au Québec, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a mis de l’avant certaines initiatives pour diminuer l’utilisation des mesures de contention et d’isolement (1). Les orientations du MSSS visent à ce que la contention et l’isolement soient utilisés comme mesures de sécurité uniquement en dernier recours et dans un contexte de risque imminent. Cette position est en conformité avec l’article 118.1 de la Loi sur les services de santé et les services sociaux (L.R.Q., chapitre S-4.2) qui stipule que « la force, l’isolement, tout moyen mécanique ou toute substance chimique ne peuvent être utilisés, comme mesure de contrôle d’une personne dans une installation maintenue par un établissement, que pour l’empêcher de s’infliger ou d’infliger à autrui des lésions ». Cependant, malgré les initiatives du MSSS et celles d’autres groupes (2), on constate que l’efficacité, la sécurité et l’utilité des mesures alternatives à la contention et à l’isolement (aussi appelées mesures de remplacement) sont à préciser. Bien qu’il insiste sur l’utilisation des mesures alternatives, le MSSS ne s’est pas positionné clairement sur leur efficacité et leur sécurité pas plus que sur les mesures à privilégier. L’implantation des mesures alternatives à la contention et à l’isolement représente un défi dans les hôpitaux, dans les centres de santé et de services sociaux (CSSS) ainsi que dans les autres milieux de soins au Québec. Dans ce contexte, un mandat d’évaluation des mesures alternatives à la contention et à l’isolement a été confié à l’Unité d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé (UETMIS) du Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ). La demande a été formulée par la Table en Évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé (ETMIS) du Réseau universitaire intégré de santé de l’Université Laval (RUIS-UL). Le lit bas peut-il être une mesure alternative valable pour la prévention des chutes et la diminution du recours à la contention chez les personnes âgées hospitalisées ou en centre d’hébergement ? Les lits bas sont-ils efficaces et sécuritaires comme mesure : a. alternative à la contention chez les personnes âgées hospitalisées ou en centre d’hébergement ? b. de prévention pour réduire le risque de blessures en cas de chute chez les personnes âgées hospitalisées ou en centre d’hébergement ? Selon le MSSS, une contention est « une mesure de contrôle qui consiste à empêcher ou à limiter la liberté de mouvement d’une personne en utilisant la force humaine, un moyen mécanique ou en la privant d’un moyen qu’elle utilise pour pallier un handicap » (3). L’isolement se définit comme « une mesure de contrôle qui consiste à confiner une personne dans un lieu, pour un temps déterminé, d’où elle ne peut sortir librement » (3). Les mesures alternatives sont définies comme étant des « stratégies d’intervention faisant appel aux compétences et à la créativité des intervenants et qui permettent d’éviter de recourir à la contention ou à l’isolement » (3). Les chutes chez les personnes âgées représentent un problème majeur et fréquemment rencontré (4). Dans plusieurs cas, elles peuvent causer des blessures graves et diminuer l’autonomie des personnes âgées (5). Au Québec, entre 2000 et 2003, le risque de faire une chute entraînant l’hospitalisation était évalué à 1157 pour 100 000 personnes âgées (6). Parmi les adultes de 65 ans et plus, le nombre de chutes ayant entraîné une hospitalisation au cours de cette période a été de 12 033 (6). Les principaux facteurs de risque de chute dans cette population sont de nature accidentelle ou en lien avec leur environnement, issus de troubles d’équilibre et de la démarche, attribuables à des vertiges ou à des étourdissements (5). Des études ont évalué l’utilisation de programmes d’intervention multifactoriels ciblés sur la prévention des chutes chez les personnes âgées hospitalisées (7-9). Les plans d’intervention impliquent en général plusieurs spécialistes tels que des infirmières, des physiothérapeutes, des ergothérapeutes et des médecins, ainsi que de nombreuses interventions visant à réduire le risque de chute (p. ex. supervision accrue, modification du plan thérapeutique, ajustement de la hauteur du lit, exercices pour augmenter la mobilité). Les auteurs d’une revue systématique publiée en 2008 ont conclu qu’il n’y avait pas de preuve de l’efficacité des programmes de prévention multifactoriels à réduire les chutes (10). Le risque de chute chez les personnes âgées peut également être estimé à l’aide d’une grille d’évaluation (4). Cet outil sert à identifier les individus les plus à risque de chuter à partir de certaines caractéristiques telles que l’historique des chutes du patient, ses déficits sensoriels, ses difficultés motrices ainsi que son état médical et psychologique (4). Plusieurs modes d’intervention existent pour prévenir les risques de blessures associés aux chutes chez les personnes âgées dont les ridelles de lits, les ceintures abdominales et pelviennes ainsi que les tablettes au fauteuil. Afin de pallier à l’utilisation de ces mesures de contention, l’une des alternatives proposées pour prévenir les chutes chez la clientèle âgée hospitalisée ou en centre d’hébergement est l’utilisation de lits bas. Un lit dont la hauteur est peu élevée diminuerait la gravité des chutes et, possiblement, les conséquences sérieuses comme les fractures de hanches. Par ailleurs, la réduction de la hauteur du lit demanderait un effort physique plus important aux patients, ce qui pourrait représenter un obstacle pour ces derniers à se lever seul sans aide (11). Plusieurs auteurs ont déjà recommandé les lits bas comme mesure préventive pour les chutes et les blessures (12, 13). Le lit bas comme alternative à la contention et pour la prévention des chutes : une efficacité non démontrée La recherche documentaire effectuée a permis de retracer une seule étude ayant évalué l’utilisation des lits bas, en comparaison avec des lits conventionnels, et ce, pour la prévention des chutes chez les personnes âgées hospitalisées ou en centre d’hébergement (14). Cet ECR en grappes n’a pas permis de démontrer l’efficacité ou l’inefficacité de l’utilisation des lits bas comparativement aux lits conventionnels. On peut par contre se questionner à savoir si le devis expérimental mené par Haines et al. permettait de répondre adéquatement à l’objectif de l’étude. En effet, il n’est pas possible de déterminer avec l’information disponible si les lits bas ont été attribués aux patients qui présentaient un risque élevé de chute. Il n’était pas possible non plus d’établir la hauteur minimale des lits conventionnels utilisés dans les unités de soins qui, dans le cas présent, pourrait représenter un facteur confondant. La hauteur du lit au moment de la chute des patients est un autre facteur qui n’a pas été documenté par les auteurs. Le nombre de lits bas distribués par unité, soit un ratio de un pour douze lits conventionnels, pourrait également avoir été trop faible pour qu’il soit possible d’observer une différence dans l’incidence des chutes. De nouvelles études devraient être effectuées afin de statuer sur les bénéfices réels des lits bas pour la prévention des chutes chez les personnes âgées hospitalisées ou en centre d’hébergement. Ces recherches devraient être élaborées de manière à mieux répondre aux interrogations concernant l’efficacité et la sécurité des lits bas. Il existe plusieurs études sur la prévention des chutes dans lesquelles des interventions multifactorielles ont été utilisées, certaines incluant l’utilisation de lits bas (21, 22). En général, certaines des interventions évaluées dans ces études sont similaires mais rarement ou jamais en totalité. Par conséquent, le bénéfice attribuable à chacune des interventions, incluant les lits bas, de même que la clientèle à qui elle pourrait bénéficier le plus sont alors difficiles à déterminer (11). Certaines études ont démontré des taux de succès variables pour les programmes d’intervention multifactoriels sur la prévention des chutes chez les personnes âgées hospitalisées (7-9). En fait, les auteurs d’une revue systématique ont conclu qu’il n’y avait pas de preuve que ces programmes de prévention de chutes réduisaient leur nombre (10). La recherche documentaire sur les lits bas comme alternative à la contention n’a pas permis de répertorier d’étude ayant spécifiquement porté sur ce sujet. Cependant, des intervenants des établissements de santé et de services sociaux et du MSSS ont développé un cadre de référence pour l’élaboration des protocoles d’application des mesures de contrôle (16). Dans le rapport, le groupe propose des alternatives aux côtés de lits (ridelles). Ils recommandent de privilégier l’utilisation d’équipements de remplacement moins contraignants et plus sécuritaires, par exemple un matelas avec rebord surélevé, l’ajout de rouleaux de chaque côté de la personne, l’abaissement du lit plus près du sol et l’emploi d’un détecteur de mouvement (16). Éléments à considérer pour la prise de décision concernant l’introduction de lits bas Le patient Les personnes âgées vivant en centre d’hébergement de longue durée ont un risque plus élevé de chuter que celles qui vivent dans la communauté, l’incidence de chutes étant de 33 % supérieure dans cette population (23). Selon Rubenstein et al. (2008), les conséquences d’une chute chez une personne âgée sont accrues en raison de leur grande susceptibilité aux blessures (5). L’apparition de changements physiologiques attribuables à l’âge, dont des réflexes de protection plus lents et une prévalence élevée de maladies comme l’ostéoporose, sont d’autres éléments rendant les personnes âgées plus vulnérables aux chutes (5). Les personnes âgées ayant subi une chute avec blessure vont en général nécessiter un temps prolongé de récupération. Elles se retrouvent donc dans une période de déconditionnement qui a pour conséquence d’augmenter le risque de faire une nouvelle chute (5). Les intervenants La Commission de la santé et de la sécurité au travail a évalué que les efforts excessifs sont à l’origine de 55 % des lésions indemnisées dans les centres d’hébergement du Québec (30). On estime que dans près de la moitié des situations (47 %), le client était l’agent causal (30). La moitié des blessures sont localisées à la région dorsale. L’impact potentiel sur la santé du personnel relié à l’utilisation des lits bas dans l’environnement de travail devrait être évalué au regard des risques de blessures. En effet, bien que ces lits soient ajustables en hauteur, le risque de blessures, par exemple au dos, demeure présent pour les intervenants qui doivent soulever des patients de façon répétitive (21, 31). La compression lombaire peut différer selon le type de tâche à accomplir (p. ex. tourner le patient dans le lit, aider le patient à se lever, repositionner le patient dans son lit) et exiger ainsi des hauteurs variables de lits afin de permettre une exécution du travail en toute sécurité. Le risque potentiel de blessures chez le personnel devrait être examiné par l’équipe de santé et sécurité au travail de l’établissement dans le but d’établir les caractéristiques des lits médicaux à privilégier, dont la hauteur, pour assurer la sécurité des travailleurs. Les caractéristiques des lits bas Plusieurs organismes internationaux et canadiens ont publié des politiques de prévention des risques de chutes qui incluent l’utilisation de lit bas parmi les alternatives recommandées (18, 20, 32, 33). Cependant, aucun document ne décrit de manière précise la hauteur minimale à respecter pour définir ce qu’est un lit bas, en incluant ou non le matelas. Les recommandations se limitent principalement à une mention d’utiliser un lit bas ou un lit situé plus près du sol (7, 16). Ces recommandations s’appuient généralement sur l’hypothèse qu’un lit dont la hauteur se situe près du sol réduirait l’énergie cinétique développée par un patient lors d’une chute entrainant ainsi un risque moindre de blessures graves (14). Toutefois, cette hypothèse n’a pas été confirmée par des données probantes. Plusieurs fabricants de lits médicaux qualifient leur lit de « bas » lorsque celui-ci peut descendre à une hauteur de 18 à 30 cm à partir du sol jusqu’au sommier. Certains lits médicaux dits « conventionnels » peuvent également descendre jusqu’à 30 cm du sol et pourraient aussi être considérés dans la catégorie des lits bas. Les établissements de soins Dans les établissements de santé, l’abaissement du taux de chutes chez les personnes âgées jusqu’au risque zéro ne peut être accompli que par l’utilisation de mesures restrictives pour le patient, dont les conséquences ont pour effets de brimer son intimité, sa dignité, son autonomie et même sa durée de vie (11). L’objectif des hôpitaux et des centres d’hébergement est donc de tendre vers un risque le plus faible possible de chutes ayant des conséquences graves. L’utilisation d’alternatives aux mesures de contention selon une approche multifactorielle avec un plan d’intervention individualisé apparait souhaitable comme stratégies à déployer dans ce contexte particulier de soins. Quelques inconvénients ont été rapportés avec l’utilisation des lits bas. Des difficultés en lien avec le positionnement du lit ont été observées, par exemple, certains modèles ne permettant pas de placer un patient en position de Trendelenburg2 (34). Cette restriction serait particulièrement contraignante pour la clientèle orthopédique. Haines et al. (2010) mentionnent que le personnel d’un site ayant participé à leur étude avait éprouvé des difficultés lors de déplacements avec ce type de lit. Une attention particulière devrait donc être apportée à ces éléments techniques lors d’un processus d’acquisition de lit bas. Les données probantes ne permettent pas de se prononcer sur l’efficacité ou l’inefficacité des lits bas comme mesure visant à diminuer le taux de chutes ou comme alternative à la contention. Le choix des lits médicaux utilisés en centre d’hébergement ou dans les hôpitaux devrait tenir compte des caractéristiques et des besoins des patients et faciliter les interventions du personnel afin de diminuer les risques de blessures au travail. Dans cette optique, afin de répondre à la majorité de la clientèle, les modèles de lits médicaux offrant un plus large intervalle de hauteur minimale et maximale devraient être privilégiés.

    localisation anatomique de la contention physique
    modalité de contention
    Indications et justifications
    main
    mitaine
    éviter les lésions de grattage au cours des épisodes de prurit, éviter l'arrachage des vêtements ou des dispositifs palliatifs utilisés dans la prise en charge de l'incontinence urinaire et/ou fécale.
    poignet
    bracelet
    éviter l'arrachage d'une perfusion ou d'un autre dispositif invasif (Galindo-Ciocon, 1993) (Leith et al. 1999) : sonde urinaire, sonde nasogastrique, poche de colostomie, sonde d'intubation trachéale, sonde de trachéotomie, sonde nasopharyngée ou lunettes nasales pour oxygénothérapie en ventilation spontanée, pansement, suture chirurgicale, cathéter veineux périphérique ou central. Ajoutons-y : drain, lame, cathéter artériel, sonde d'entraînement électrosystolique.
    membre supérieur
    attelles
    maintien d'une perfusion intraveineuse.
    cage thoracique
    veste, gilet, ceinture abdominale placée sous les aisselles,
    maintien forcé au fauteuil, maintien du buste par la veste en cas d'incapacité à maintenir la rectitude du tronc. Dans une enquête effectuée en 1998 en Australie, Retsas (Retsas et al. (2), 1998) trouve que la veste est le moyen de contention le plus utilisé en institution (25,3 % des cas parmi 2516 personnes âgées contenues par des moyens physiques).
    latéralement sur l'ensemble du corps
    barrières de lit, ridelles (au Québec), côtés de lit,
    risque de chute du lit lors d'un mouvement nocturne ou d'une tentative pour se lever. Une autre justification est la demande du patient quant à son autonomie pour se mobiliser. En effet, certains résidents s'aident des barrières avec leurs membres supérieurs, en particulier pour le maintien et les retournements du corps lors des soins ou encore pour disposer des objets : commande du lit, sonnette. Cette dernière possibilité est aussi appréciée positivement par les soignants.
    abdomen
    ceinture abdominale ou drap,
    maintien forcé au fauteuil.
    pelvis
    ceinture pelvienne,
    maintien forcé au fauteuil, possibilité de dissimulation sous les habits, préservation de la liberté de la partie supérieure du corps, possibilité de s'aider de ce dispositif pour les transferts passifs ou assistés.
    au-dessus des cuisses
    table ou adaptable fixés ou bloqués en regard du fauteuil ou de la chaise, barre de maintien au fauteuil, butée centrale sur le siège, inclinaison postérieure de l'assise.
    maintien forcé au fauteuil par impossibilité de se lever.
    face postérieure des cuisses et creux poplités
    traversin fixé dans un drap, au fauteuil, sous les genoux,
    pourrait limiter le glissement (Benteyn et al. 2000)
    chevilles
    attaches sous la forme de bracelets
    malade agité, en particulier en soins aigus, ou bien pour une attitude agressive utilisant les membres inférieurs
    toutes localisations
    attaches, courroies, bandes,
    attaches possibles au niveau des jambes, bras ou taille (Lejeune et al. 2000)
    lit de type Alzheimer,
    impossibilité de se lever du lit
    grenouillère.
    éviter le déshabillage itératif et manipulation des excrétions.
    contentions physiques atypiques "cachées" ou "déguisées"souliers enlevés, lunettes ôtées, canne ou déambulateur enlevés.limiter ou empêcher la mobilité.

    CLASSIFICATION
    selon la volonté du patientcontention demandée par le patient ("je veux ma ceinture") telle une ceinture de sécurité d'une automobile : contention douce ?
    contention acceptée par le patient ("il paraît qu'il me la faut")
    contention refusée par le patient ("enlevez moi ça !")
    selon la situation du patientcontention au fauteuil
    contention au lit
    selon l'apparence de la contentioncontention sous la forme d'un dispositif apparent : ceinture, harnais...
    contention "déguisée" ou indirecte : lit ou fauteuil dont il est impossible de s'extraire ou de se relever.
    selon les grandes indications retenues par l'algorithme de l'ANAES en octobre 2000 (page 29) et par l'algorithme des recommandations de bonnes pratiques de soins en EHPAD en octobre 2007.risque de chutes (à mon avis indication excessive). Je préfère : chutes fréquentes, graves, immédiates dès le lever du fauteuil
    déambulation excessive (à mon avis indication excessive)
    agitation  (à mon avis indication excessive)
    agressivité (à mon avis indication excessive)
    selon la situation du service de soinsnombre insuffisant de personnels
    formation insuffisante des personnels, en particulier dans la méconnaissance des recommandations

    Les facteurs favorisant ou défavorisant la contention au fauteuil :


    favorisant la contention
    défavorisant la contention
    fauteuil
    (Benteyn et al. 2000)
     
     
     
    assise du fauteuil
    plate, glissante, trop étroite, trop large ou trop profonde, trop dure, non réglable en inclinaison : ce dernier facteur est déterminant dans le confort et la stabilité passive du résident au fauteuil.
    réglable en inclinaison et en hauteur, confortable
    coussin sur l'assise
    pas de coussin ou bien présence d'un coussin inconfortable, inadapté, glissant sur l'assise.
    coussin confortable, prévu spécifiquement pour cet usage, avec répartition correcte de la pression (type antiescarres à plots ou alvéoles, au mieux de type ergonomique), ne glissant pas sur l'assise. Un dispositif antiglisse entre l'assise et le coussin peut être essayé mais il existe un risque de placement inversé qui entraîne une chute.
    marchepied
    dont la forme ne permet pas l'appui à plat des pieds, à réglage unidirectionnel, fixe en hauteur, autorisant la bascule du fauteuil en cas d'appui important du résident.
    de volume régulier, réglable dans les plans de l'espace, escamotable en cas d'appui important du résident
    repose-bras
    non réglables en hauteur, permettant la glisse du membre supérieur entre le dossier du fauteuil et le repose-bras, durs, inconfortables
    réglables, confortables, ne laissant pas d'espace significatif avec le dossier du fauteuil.
    cale-troncs et cale-têtes
    absents ou inadaptés
    présents et réglables
    stratégie de maintien au fauteuil

    égale pour tous les résidents, de durée relativement longue
    adaptée à chaque résident, éventuellement de durée très courte. Un malaise est toujours possible dans les minutes suivant la mise au fauteuil. La fatigue survient parfois en quelques dizaines de minutes.
    personnel

    peu nombreux, peu formé
    assez nombreux, sensibilisé, formé (Bradley et al. 1995) (Middleton et al. 1999), sensible à la responsabilité éthique, ayant de la dignité du résident une notion opposée à la contention

    pas d'animation proposée
    l'animation permet une occupation et une surveillance implicite dans l'intérêt des résidents
    direction

    peureuse, démagogue, incompétente, absente
    formée, dynamique, présente
    familles

    non informées des risques de la contention, absence d'objectifs de service clairement communiqués, en particulier lors de l'entrée du résident
    politique ouverte, informative, non démagogique, dynamique, avec des discussions fréquentes.

    CONCLUSION :
    Le problème des contentions connaît un intérêt nouveau, dominé par les recommandations nationales et internationales, ainsi que par le développement des unités spécialisées dans la prise en charge et l'accompagnement des déments déambulants.

    La DOULEUR

    L'évaluation de la douleurUne douleur est une sensation désagréable ressentie par un organisme dont le système nerveux détecte un stimulus nociceptif. Elle peut être provoquée par un traumatisme (brûlure, plaie, choc) ou une maladie, mais aussi par un mauvais fonctionnement du système nerveux responsable de sa transmission. Habituellement, elle correspond à un signal d'alarme de l'organisme pour signifier une remise en cause de son intégrité physique. Un individu pourrait ressentir une sensation extrêmement désagréable, voire insupportable, qui peut provoquer un mouvement réflexe de retrait (au niveau des membres et des extrémités) ou un changement de position du corps.
    D’après l’IASP (International Association for the Study of Pain), « la douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, liée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle, ou décrite en termes d'une telle lésion. »
    Conséquences
    Outre le sentiment de souffrance, la douleur peut provoquer un malaise vagal par stimulation des nerfs vagues (nerfs pneumogastriques). Les symptômes de cette excitation vagale sont toutes ou parties des signes incluent notamment une baisse du débit sanguin par bradycardie et hypotension ; une syncope ; un myosis (diminution du diamètre des pupilles par contraction de l'iris) ; une transpiration aux extrémités des membres ; une sécrétion excessive de salive ; une hyperchlorhydrie (excès de sécrétion d'acide chlorhydrique par la muqueuse de l'estomac) ; une constipation ou des diarrhées ; des spasmes et des troubles de la respiration.
    La douleur prolongée est inhibée par le corps par sécrétion d'endorphines (ou endomorphines). La production d'endorphine se fait initialement aux niveaux des nerfs proches du siège de la douleur ; lorsque cette production ne suffit plus (douleur prolongée), c'est un site plus proche du cerveau qui prend le relais dans la sécrétion. La douleur revient ainsi par vagues.
    Classification
    La douleur compte trois grands mécanismes de genèse : la douleur de nociception, la douleur neurogène et la douleur psychogène.
    Les douleurs de nociception sont provoquées par la mise en jeu normale des voies neuro-physiologiques de la douleur. C'est ce qui se passe lorsque vous frappez votre index au lieu du clou avec le marteau. Elles résultent de lésions des tissus périphériques, qui provoquent un influx douloureux transmis par le système nerveux intact. La douleur est, dans ce cas, normale, et même souhaitable dans la plupart des cas, car constitue un signal d'alarme sur une agression. Elle peut être abolie dans certaines maladies génétiques exceptionnelles comportant une mutation du gène SC9A codant pour un certain type de canal membranaire.
    La caractéristique de la douleur neurogène, encore appelée douleur neuropathique3, est d'être ressentie comme des décharges électriques, des élancements, des sensations de brûlures, des sensations de froid douloureux et des picotements dans le territoire des nerfs atteints. Ce sont des qualificatifs proposés par le questionnaire de la douleur St-Antoine (QDSA), mais aussi le DN4 (Douleur neuropathique - 4 questions). C'est aussi la douleur que ressentent les malades amputés et en particulier la sensation perçue dans un membre qui a disparu (membre fantôme).
    La douleur psychogène existe en l'absence de lésion. C'est une douleur réellement ressentie par l'individu (à différencier de la simulation). Les mécanismes physiologiques de ces douleurs ne sont pas clairement définis mais l'utilisation d'antalgique semble inefficace. Ces manifestations douloureuses sont liées à la somatisation des problèmes psychologiques, psychiques ou sociaux de l'individu et c'est en traitant ces problèmes que les douleurs sont ainsi traitées.
    Types
     
    Plusieurs types de douleurs sont dénombrés. La douleur aiguë est une douleur vive, immédiate, et généralement brève. Elle est causée par une stimulation nociceptive de l'organisme, tel une lésion tissulaire, pouvant se produire sous la forme d'un stimulus thermique (contact de la peau avec du feu) ou mécanique (un pincement, un coup).
    Les douleurs chroniques sont des douleurs prolongées dans le temps :elles sont définies par des douleurs qui évoluent depuis plus de 3 mois. Les conséquences des douleurs chroniques sont autant organiques (hypertension artérielle secondaires, atrophie musculaires) que psychologiques avec une modification comportementale pouvant suivre celle de l'anxiodépression jusqu'à les troubles de la dépersonnalisation. Les douleurs chroniques sont principalement des douleurs neuropathiques dans le cadre de maladies générales avec une atteinte du système nerveux. Par exemple le diabète insulinique génère principalement une destruction des nerfs périphériques avec un hypoesthésie, mais dans certain cas, l'atteinte des nerfs périphériques va tendre vers un état d'hyperesthésie. Les atteintes des nerfs périphériques post opératoires sont aussi les principales causes de douleurs neuropathiques. En fait, toute atteinte d'un nerf périphérique ou une atteinte d'une structure du système nerveux central peut s'exprimer par des douleurs neuropathiques chroniques. Le mécanisme de ces douleurs est actuellement basé sur la perte du "gate controle". Le gate contrôle est schématiquement l'inhibition des voies nociceptives Aδ et C par les grosses fibres sensitive-motrices. Les autres mécanismes de douleur chronique sont des douleurs inflammatoires par hyperstimulation des voies nociceptives sans atteinte directes de celles-ci, les douleurs mécaniques par destruction des articulations, l'ischémie d'origine vasculaire avec une composante neuropathique par ischémie des nerfs des membres. Les douleurs chroniques, quelles que soient leurs origines qui peuvent être multiples, vont amputer de façon plus ou moins profonde et intense la sphère comportementale par atteinte de l'activité physique, le sommeil, la concentration et les fonctions cognitives (schématiquement par manque de sommeil). Progressivement le comportement va être modifié vers des signes de dépression avec anxiété, agressivité envers l'entourage, pouvant aller jusqu'à de réels troubles dépressifs majeurs et une dépersonnalisation du patient. Parallèlement le patient atteint de douleur chronique peut se désocilabiliser (arrêt de travail itératif, fin de droits...) tout en ayant acquis un certain nombres de bénéfices secondaires durant la période de chronicisation de la douleur. Sur le plan thérapeutique et en raison de l'atteinte organique et psychologique ou psychiatrique du patient, une prise en charge multidisciplinaire est donc théoriquement nécessaire. Il faut casser un cercle vicieux dans lequel la douleur est le point de départ et qui doit être traitée avant ou pendant la prise en charge psychothérapeutique. Une autre forme de douleur dite chronique est la douleur cancéreuse qui est liée soit au cancer lui même soit aux conséquences des traitements qui peuvent induire des douleurs neuropathiques ou compressive en fonction du mécanisme. La forme la plus rare de douleur chronique est la douleur sine materia qui est un diagnostic d'élimination. C'est une douleur qui n'a pas d'origine organique. Ce diagnostic ne devrait être évoqué que devant une douleur dont les explorations complémentaires morphologiques (IRM, TDM) et neurophysiologiques (Electromyogrammes, Electroneurogrammes, Potentiel évoqués somesthésiques) sont et restent normales.
    Mécanismes
    Les douleurs surviennent à partir de systèmes complexes. Elles se résument schématiquement en douleurs par excès de nociception, douleurs neurogènes, douleurs psychogènes, douleurs aiguës et chroniques. Les douleurs par excès de nociception sont des douleurs mettant en jeu les voies normalement fonctionnelles de la transmission nociceptive. Les douleurs neurogènes sont liées à un défaut majeur de la transmission douloureuse avec genèse d'influx douloureux au sein des voies de la douleur alors qu'aucune lésion apparente n'existe. Elles surviennent de façon spontanée ou pour des mouvements minimes, persistant en fond douloureux accentués par des paroxysmes. Les douleurs psychogènes sont dépendantes du psychisme. Elles sont aussi appelées douleurs fonctionnelles ou psychosomatiques. Néanmoins, ce sont de vraies douleurs. Alors que les mécanismes biologiques de la douleur sont assez bien connus chez l'homme et chez les animaux proches de lui (vertébrés), les connaissances concernant la nociception et la douleur chez les animaux invertébrés sont encore très fragmentaires.
    La douleur inflammatoire est plus importante le soir et en début de nuit (lorsque le taux sanguin de cortisol naturel est au plus bas). Elle diminue ou disparaît après échauffement et à l'effort (activité professionnelle ou sportive) : douleur de dérouillage.
    La douleur mécanique est constante, ne diminue pas voire s'accentue à l'effort. Elle n'augmente pas le soir, ni en début de nuit, et diminue lorsque la mobilisation s'arrête.
    Lors de l'examen médical des muscles, en particulier en médecine du sport, ces différents temps de l'examen permettent de faire la distinction entre les différentes pathologies possibles. La douleur musculaire est présente à l'effort. L'arrêt de l'effort physique ou la baisse de son intensité fait diminuer ou disparaître la douleur. Elle est présente au repos, lorsque les muscles sont "froids". La palpation du muscle concerné provoque ou augmente la douleur : rictus douloureux sur le visage du sujet examiné, réaction de retrait. La contraction volontaire provoque ou augmente la douleur. L'étirement du muscle provoque ou augmente la douleur
    Diagnostic
    La perception de la douleur, de son intensité, est en partie subjective. Le même phénomène (traumatisme, maladie) sera ressenti différemment selon la personne et selon la situation. La douleur peut aller d'une simple incommodation jusqu'à un malaise, voire la mise en danger du pronostic vital ou psychiatrique de la personne. Par ailleurs, la douleur va être mémorisée, et ce souvenir risque de « ressortir » lors d'un événement similaire et donc notamment de « parasiter » le diagnostic dans l'avenir ; par exemple, une personne ressent une douleur aigüe au réveil d'une opération, mais ce n'est en fait que le souvenir de la douleur initiale, ou bien une personne se blessant deux fois ressent une douleur « surévaluée » lors du second traumatisme car le traumatisme précédent était extrêmement douloureux. Il importe donc de pouvoir évaluer le ressenti par la douleur lors du diagnostic .
    Lorsqu'un clinicien recherche les signes fonctionnels dans l'examen clinique de son patient, va demander et noter les différentes caractéristiques de la douleur que son patient lui reporte le siège, le type de douleur, l'intensité, l'évolution de la douleur, les possibles irradiations, les facteurs déclenchant, (par exemple la prise d'un repas), les facteurs apaisant, (par exemple la prise d'un médicament), et les signes associés. Cela va permettre au clinicien de mieux comprendre l'origine de cette douleur et mieux la soigner .
    Auto-évaluation
    L'auto-évaluation consiste à demander directement au patient le niveau de sa douleur. Il nécessite une coopération et une bonne compréhension. Le système le plus simple et le plus couramment utilisé est l'échelle numérique (EN) qui consiste à demander au patient de noter sa douleur de 0 à 10, 0 étant l'absence de douleur et 10 la douleur maximale imaginable. L'échelle visuelle analogique ou EVA consiste à présenter une réglette graduée et à demander au patient de positionner un curseur, la position à gauche étant l'absence de douleur et la position à droite une douleur insupportable. Côté praticien, la réglette est graduée de 0 à 10, 1 étant une légère incommodation et 10 étant une douleur insupportable. Une estimation supérieure à 5 est en général considérée comme étant une douleur importante devant être prise en compte spécifiquement (c'est-à-dire qu'il faut prendre en compte également la douleur et pas seulement le traumatisme et la maladie) .
    L'« échelle verbale simple » (EVS) est utilisée : une série d'adjectifs est proposée au patient pour qualifier la douleur (absente > faible > modérée > intense > extrêmement intense)5 , qui est ensuite convertie en une valeur numérique (de 0 pour absente à 4 pour la douleur maximale). Dans certains cas, l'« échelle verbale relative » (EVR) est utilisé. Le principe est similaire à l'EVS, mais les différents types de douleur et leurs répercussions sont distingués et quantifiés comme notamment : fourmillements, décharges électriques, élancement, coup de poignard, douleur énervante et épuisante
    L'évaluation de la douleur
     L'évaluation de la douleur est une pratique complexe de la prise en charge infirmière. La douleur étant par définition subjective, il est difficile d'en rendre compte précisément avec une hétéro évaluation. La douleur elle même, est un phénomène qui comprend plusieurs mécanismes, plusieurs dimensions, plusieurs profils et des origines diverses. Son expression est également fonction de l'âge du vécu et de la personnalité du patient. Dans ce contexte, il faut pourtant se doter d'outils éprouvés afin de prendre en compte ces souffrances et de mettre en œuvre les actions adaptées.

    Rappels sur la douleur

    Il ne s'agit pas ici de développer un cours complet sur la douleur. Cependant, afin de comprendre certains aspects importants pour son évaluation, il convient d'effectuer quelques rappels.

    La douleur se définit comme une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable liée à une lésion tissulaire existante ou potentielle ou décrite en termes d'une telle lésion. Cette définition amène plusieurs notions importantes. Il s'agit d'une notion personnelle intégrant un vécu, une culture et une expression relative à l'intégration de cette valeur par le sujet. On a par exemple coutume de dire que les personnes âgées ne se plaignent pas. Cette absence de plainte liée à une histoire (privations dans des situations extrêmes, guerre, rationnement...) ne signifie donc nullement qu'il n'existe aucune douleur.
    La douleur est un signal d'alarme. Ce signal doit servir à réagir pour prendre des mesures conservatoires. Retirer une main d'une source de chaleur, repérer et soigner une blessure, adopter une position appropriée (maintenir une fracture par exemple).
    Il existe quatre types de douleurs :
    • La douleur nociceptive. Une blessure provoque un signal, lequel est envoyé au cerveau via le système nerveux. Ce sont les douleurs les plus répandues. Aigües ou chroniques, on les rencontre de façon courante (coups, brulures, fractures...)
    • La douleur neuropathique. C'est le système de transmission lui même qui est lésé. On parle souvent de névralgies car ce sont les « nerfs » eux mêmes qui provoquent la douleur (neuropathies du diabète, douleur post amputation). Les séquelles de zona sont typiques de ce type de douleurs. Ces douleurs étaient anciennement nommées de désafférentation ou neurogènes)
    • Les douleurs idiopathiques. Ce sont toutes les douleurs dont les mécanismes sont mal connus (fibromyalgies, douleurs myofasciales).
    • Les douleurs psychogènes. Elles sont vécues et ressenties comme toutes les autres, mais générées par le psychisme (deuil, traumatisme). Ces douleurs ne doivent pas être négligées et la somatisation de certains états d'esprit peut avoir des répercussions physiques importantes. L'hypnose est un excellent contre exemple. Lorsque l'esprit est occupé et porte son attention sur un point éloigné de la douleur, celle-ci peut être diminuée voir totalement oblitérée.
    On peut bien entendu retrouver les quatre types de douleurs chez la même personne. Identifier le mécanisme initial de la douleur est très important. Chaque type de douleur nécessite un traitement adapté. Les morphiniques par exemple, ne sont d'aucune efficacité sur les douleurs neuropathiques (inefficaces sur les migraines par exemple). Dans certains cas, une prise en charge psychologique peut permettre de calmer plus efficacement une douleur qu'un traitement allopathique « classique ».

    Nous avons vu que la douleur est une expérience personnelle. Par conséquent, personne ne sera mieux placé que le patient pour évaluer et exprimer sa douleur. C'est donc lui, avec l'aide des soignants et de leurs outils qui pourra dire si la prise en charge est efficace ou non. Il existe cependant des situations ou l'hétéro évaluation ne pourra pas être évitée.
    Par opposition à la douleur aigüe, la douleur chronique dure depuis plus de trois mois et cela quelle que soit son intensité.

    3.1 Définition
    Évaluation de la douleur ressentie par un sujet.

    3.2 But

    Identifier et définir une douleur afin de :
    • Déterminer une attitude thérapeutique (choix d'une molécule).
    • Adapter un traitement (posologies efficaces).
    • Transmettre une information claire et pertinente aux autres intervenants de la prise en charge.
    • Améliorer la relation soignant/soigné afin d'installer un climat de confiance et de collaboration.

    Méthodes

    Il existe trois principales méthodes pour évaluer la douleur chez l'adulte

    4.1 L'Échelle Numérique (EN)

    On demande simplement au patient de noter sa douleur de 0 à 10. Zéro étant l'absence de douleur et dix, la douleur maximum imaginable. Les consignes doivent être claires et neutres (ne pas faire appel à l'imaginaire ou aux souvenirs du patient par exemple en comparant le niveau 10 à la pire douleur vécue).

    4.2 L'Échelle Visuelle Analogique (EVA)

    Elle demande l'utilisation d'une réglette qui comporte deux faces distinctes. Celle qui est présentée au patient représente une ligne sur laquelle le sujet va déplacer un curseur. Une extrémité de la ligne est notée « absence de douleur » alors que l'autre est notée « douleur maximale imaginable ». La face tournée vers le soignant affiche en correspondance une échelle graduée de 0 à 10 ou parfois de 0 à 100. Le chiffre le plus faible représente toujours la douleur la moins élevée. Cette méthode est souvent considérée comme la plus fiable pour évaluer la douleur, dans la mesure où elle fait intervenir un élément graphique visuel et donc très facile à comprendre pour le patient. Le soignant n'a également que peu d'explications à fournir et influe donc en moindre mesure sur la réponse du patient (le discours du soignant peut être malgré lui, orienté pendant les explications).

    4.3 L'Échelle Verbale Simple (EVS)

    L'EVS est une variante de l'EVN. Elle propose de décrire l'intensité de la douleur sur quatre incréments : Pas de douleur, douleur faible, douleur modérée, douleur intense. Elle a l'avantage d'être très simple et très rapide à mettre en œuvre. Elle est en revanche moins précise que l'EVN et L'EVA.

    Le choix d'une méthode ne repose pas simplement sur les préférences des soignants. Il doit également être réfléchi en fonction du contexte et du patient. Malgré la popularité de l'EVA, certains patients seront plus enclins à utiliser d'autres échelles. Si les résultats sont discordants, cela peut également être considéré comme un symptôme et pas seulement comme l'expression d'une incapacité à utiliser ces échelles.

    En sus, de ces indications, le soignant doit également utiliser les autres éléments cliniques dont il dispose pour mettre en parallèle les dires du patient et les autres informations dont il dispose. A ce titre, les indicateurs physiologiques sont importants à connaître. La douleur provoque des modifications significatives sur les grandes fonctions du corps humain :
    Modifications cardio vasculaires : Tachycardie, variations de fréquence, hypertension, sudation palmaire.
    Modifications respiratoires : Tachypnée, baisse de la Sp02, variations d'amplitude, amputation de mouvements respiratoires (si la douleur est provoquée par les mouvements respiratoires par exemple). Il faut cependant garder à l'esprit que ces modifications ne sont pas spécifiques de la douleur et peuvent être consécutives à d'autres causes.

    Le comportement du patient apporte également bon nombre d'informations. L'expression faciale est généralement révélatrice de douleur, l'agressivité et/ou l'apathie peuvent être significatifs d'une douleur. Toute modification du comportement habituel du patient peut être le signe d'une douleur non exprimée. Ceci est particulièrement vrai chez les personnes âgées ou polyhandicapées qui n'expriment pas toujours leur douleur de façon conventionnelle. La douleur peut provoquer un repli sur soi, une inappétence, de l'irritabilité, des troubles du sommeil... Autant de signes non conventionnels qu'il convient de dépister.

    Chez l'enfant

    Contrairement à un ancien dogme qui voulait que les nouveaux nés ne ressentent aucune douleur (dogme assis sur l'idée que chez l'enfant, le système nerveux n'est pas encore mature), on sait aujourd'hui que la douleur peut être ressentie dès la 24ème semaine de vie utérine.

    A partir de l'âge de trois à quatre ans, un enfant est capable d'exprimer simplement sa douleur. On peut lui proposer trois niveaux ; un peu, beaucoup ou très mal. L'échelle de visages peut également être utilisée en fonction de l'expression faciale de l'enfant. La réglette EVA est utilisable à partir de l'âge de 5/6 ans. L'échelle numérique est utilisable à partir de 7 ans.
    Pour les enfants plus jeunes, on utilise des grilles d'observation spécifiques et on s'aide des informations que peuvent fournir les parents (jeu, sommeil, appétit....). On passe également un cap important. D'auto évaluation, on passe à une hétéro évaluation. Ce n'est plus le patient qui exprime sa douleur, mais le soignant qui va tenter de l'objectiver avec tous les écueils que cela peut comporter.

    Ici également, le relevé des informations physiologiques des réactions à la douleur (les mêmes que chez l'adulte) est utilisé pour tenter d'objectiver une douleur. La fréquence cardiaque est le paramètre le plus utilisé. Chez l'enfant, encore plus que chez l'adulte, il est important d'expliquer et de rassurer. La peur renforce l'intensité de la douleur ressentie et ce, pour le plus bénin des actes (le retrait d'un pansement par exemple).

    Les indicateurs comportementaux sont ici encore plus importants à observer. Une attitude prostrée et l'absence de réaction aux stimulations extérieures, ne soit pas faire penser que l'enfant ne souffre pas. L'expression faciale est considérée comme l'indicateur le plus fiable aujourd'hui.

    Les échelles développées pour évaluer la douleur chez l'enfant tentent donc d'utiliser au mieux les items considérés comme pertinents lorsqu'un enfant exprime une douleur. Voici quelques exemples d'échelles. La décision de choix entre ces échelles relève d'un consensus concernant les buts de l'évaluation (douleur aigüe, chronique, pendant un soin...).

    5.1 Le Neonatal Facial Coding System (NFCS)

    Le NFCS propose une série de 10 items à noter présents ou absents. Sur ces 10 items, quatre sont reconnus comme prépondérants. Le froncement des sourcils, le serrement des paupières, l'accentuation du sillon naso-labial, l'ouverture de la bouche. L'HAS préconise l'utilisation de cette échelle chez les nouveaux nés à terme et prématurés, jusqu'à l'âge de 18 mois.
    Item Présent / Absent
    Sourcils froncés
    Paupières serrées
    Sillon naso-labial accentué
    Bouche ouverte
    Langue tendue, creusée
    Menton tremblant
    Bouche étirée en hauteur
    Bouche étirée en largeur
    Lèvres faisant la moue
    Protrusion de la langue
    illustration de la NFCS

    5.2 L'échelle de Wong-Baker

    Cette échelle est utilisée de façon courante en pré-hospitalier et en urgence. Elle présente l'avantage d'être très graphique et elle est donc facilement et rapidement comprise par les enfants. Elle est utilisable à partir de l'âge de trois ans.


    L'enfant désigne simplement le visage qui correspond le mieux à son état du moment. On lui demande par exemple : « Montre-moi le bonhomme qui a mal comme toi ».

    5.3 L'échelle des visages de Bieri

    Dans le même esprit que l'échelle de Wong-Baker, elle comporte un nombre supérieur de visages. Elle est de ce fait considérée comme plus sensible (plus précise) et plus fiable que l'échelle de Wong-Baker.

    La question à poser est la même que pour l'échelle précédente : « Montre-moi le bonhomme qui a mal comme toi ».

    5.4 L'échelle de Oucher

    Développée au début des années 80, ce système est destiné à évaluer les enfants de 3 à 12 ans (bien qu'elle ait été utilisée avec succès chez des adolescents). Elle se présente sous forme de photos échelonnées verticalement à côté desquelles une graduation de 0 à 100 permet d'objectiver le résultat sous forme numérique. Les enfants capables d'utiliser directement l'échelle numérique ne passent pas par la désignation de la photo qui correspondrait le mieux à leur état de douleur.

    Le système a été adapté aux différentes ethnies et on peut ainsi trouver des échelles destinées aux enfants d'origine africaine, hispanique ou caucasienne. Initialement, l'échelle était présentée sous forme de poster accroché à un mur. L'enfant était donc simplement placé en face et devait désigner soit le niveau correspondant sur l'échelle numérique, soit la photo la plus adaptée.

    5.5 Douleur Aigüe du Nouveau né (DAN)

    L'échelle Dan a été élaborée pour évaluer le retentissement de certains soins douloureux chez le nouveau né et l'efficacité des traitements pour remédier à ces douleurs. Elle évalue trois items comportementaux ; la réponse faciale, les mouvements des membres et l'expression vocale de la douleur. Son score évolue de 0 à 10. L'évaluation est effectuée avant, pendant et après le soin sur le modèle du tableau ci-dessous.
    Items Score
    Réponses faciales
    Calme0
    Pleurniche avec alternance ouverture / fermeture des yeux1
    Contraction paupières, froncement sourcils, accentuation des sillons nasaux-labiaux légers intermittents avec retour au calme2
    Contraction paupières, froncement sourcils, accentuation des sillons nasaux-labiaux modérés3
    Contraction paupières, froncement sourcils, accentuation des sillons nasaux-labiaux très marqués, permanents4
    Mouvements des membres
    Calmes ou mouvements de toux0
    Pédalage, écartement des orteils, membres inférieurs raides et
    surélevés, agitation des bras, réaction de retrait, légers, intermittents avec retour au calme
    1
    Pédalage, écartement des orteils, membres inférieurs raides et
    surélevés, agitation des bras, réaction de retrait, modérés
    2
    Pédalage, écartement des orteils, membres inférieurs raides et
    surélevés, agitation des bras, réaction de retrait, très marqués, permanents
    3
    Expression vocale de la douleur
    Absence de plainte0
    Gémit brièvement (pour l'enfant intubé : semble inquiet)1
    Cris intermittents (pour l'enfant intubé : mimique de cris intermittents)2
    Cris de longue durée, hurlement constant (pour l'enfant intubé, mimique de cris constants)3

    5.6 Prémature Infant Pain Profile (PIPP)

    Cette échelle évalue non seulement des items comportementaux, mais également des items physiologiques et contextuels. Elle a bénéficié de nombreuses études de validation. Utilisée pour évaluer la douleur chez le prématuré et l'enfant à terme, son score, pondéré par l'âge gestationnel, varie de 0 à 21.
    Item Score
    Age gestationnel
    36 semaines et plus0
    32-35 semaines, 6 jours1
    28-31 semaines2
    Moins de 28 semaines3
    État de veille / sommeil
    Actif éveillé, yeux ouverts et motricité faciale0
    Calme et éveillé, yeux ouverts, pas de motricité faciale1
    Actif et endormi, yeux fermés, motricité faciale présente2
    Calme et endormi, yeux fermés, pas de motricité faciale3
    Fréquence cardiaque maximum
    Augmentation de 0 à 4 battements par minute0
    Augmentation de 5 à 14 battements par minute1
    Augmentation de 15 à 24 battements par minute2
    Augmentation de de plus de 24 battements par minute3
    Saturation en 02 minimum
    Diminution de 0 à 2,4%0
    Diminution de 2,5 à 4,9%1
    Diminution de 5 à 7,4%2
    Diminution de plus de 7,5%3
    Froncement des sourcils
    Aucun, 0 à 9% du temps0
    Minime, 10 à 39% du temps1
    Modéré, 40 à 69% du temps2
    Maximal, 70% du temps ou plus3
    Plissement des paupières
    Aucun, 0 à 9% du temps0
    Minime, 10 à 39% du temps1
    Modéré, 40 à 69% du temps2
    Maximal, 70% du temps ou plus3
    Plissement du sillon naso labial
    Aucun, 0 à 9% du temps0
    Minime, 10 à 39% du temps1
    Modéré, 40 à 69% du temps2
    Maximal, 70% du temps ou plus3

    5.7 Échelle de Douleur et d'Inconfort du Nouveau né (EDIN)

    C'est une échelle utile pour évaluer le niveau d'inconfort et de douleur prolongée du nouveau né. Le score peut évoluer de 0 à 15, le seuil de traitement étant fixé à 5. Ses items prennent en compte la relation avec le soignant, les possibilités de réconfort, l'expression faciale, l'expression corporelle et le sommeil.
    Item Score
    VISAGE0 Visage détendu
    1 Grimaces passagères : froncement des sourcils, lèvres pincées, plissement du menton, tremblement du menton
    2 Grimaces fréquentes, marquées ou prolongées
    3 Crispation permanente ou visage prostré, figé ou visage violacé
    CORPS0 Détendu
    1 Agitation transitoire, assez souvent calme
    2 Agitation fréquente, mais retour au calme possible
    3 Agitation permanente, crispation des extrémités, raideur des membres / motricité très pauvre, limitée avec corps figé
    SOMMEIL0 S'endort facilement, sommeil prolongé, calme
    1 S'endort difficilement
    2 Se réveille spontanément en dehors des soins, et fréquemment, sommeil agité
    3 Pas de sommeil
    RELATION0 Sourire aux anges, sourire réponse, attentif à l'écoute
    1 Appréhension passagère au moment du contact
    2 Contact difficile, cri à la moindre stimulation
    3 Refuse le contact, aucune relation possible. Hurlement ou gémissement sans la moindre stimulation
    RÉCONFORT0 N'a pas besoin de réconfort
    1 Se calme rapidement lors des caresses, au son de la voix où à la succion
    2 Se calme difficilement
    3 Inconsolable. Succion désespérée

    5.8 Échelle Children's Hospital of Eastern Ontario Pain Scale (CHEOPS)

    La CHEOPS est l'échelle la plus utilisée aujourd'hui chez le jeune enfant, en particulier en poste opératoire pour objectiver la douleur aigüe. Comme son nom l'indique, elle a été développée au Canada. Elle est destinée aux enfants de 1 à 5 ans et comporte 6 items. Très simple et facile d'utilisation (ce qui explique son succès), son score varie de 4 à 13.
    ItemsScore
    PLEURS
    Pas de pleurs0
    Gémissements ou pleurs1
    Cris perçants ou hurlements2
    VISAGE
    Sourire0
    Visage calme1
    Grimace2
    PLAINTES VERBALES
    Parle de choses et d'autres sans se plaindre0
    Ne parle pas ou se plaint, mais pas de douleur1
    Se plaint de douleur2
    CORPS
    Calme, au repos1
    Change de position, s'agite, corps arqué, rigide ou tremblant, redressé verticalement ou contentions physiques2
    MAINS
    N'avance pas la main vers la lésion1
    Avance, la main, touche la plaie, contentions physiques2
    JAMBES
    Relâchées ou mouvements doux1
    Se tordent, se tortillent, donnent des coups, se relèvent, contention physique2

    5.9 Échelle Objective Pain Scale (OPS)

    Cette échelle américaine est destinée à évaluer la douleur prolongée ou continue. La difficulté d'évaluation de variation de la pression artérielle a conduit certains utilisateurs à n'en faire une échelle qu'à quatre items (au lieu des cinq de la version originale). Cette utilisation n'a cependant été validée par aucune étude. Des enfants de 1 à 13 ans ont été évalués à l'aide de cet outil.
    ItemsScore
    PLEURS
    Absents0
    Présents, mais enfant consolable1
    Présents, mais enfant inconsolable2
    MOUVEMENTS
    Éveillé calme et/ou endormi0
    Agitation modérée, ne tient pas en place, change de position fréquemment1
    Agitation désordonnée, danger pour l'enfant qui risque de se blesser2
    COMPORTEMENT
    Éveillé calme et/ou endormi0
    Voix tremblante, mais accessible à la parole et au réconfort1
    Inaccessible et inconsolable, yeux écarquillés, accrochés aux bras des parents/soignants2
    EXPRESSION VERBALE / CORPORELLE
    Calme, ou endormi, sans recherche de position antalgique0
    Plaintes modérées, inconfort, faible douleur, jambes fléchies, bras croisés sur le corps1
    Douleur moyenne, exprimée verbalement ou désignée, hambes fléchies, poings serrés, cherche ) se protéger2
    VARIATION PRESSION ARTERIELLE SYSTOLIQUE (PAR RAPPORT AUX VALEURS PRE OPERATOIRES)
    Augmentation inférieure à 10%0
    Augmentation de 10% à 20%1
    Augmentation supérieure à 20%2

    5.10 Échelle Amiel-Tison

    Sur 10 items et sur le plan comportemental et neurologique, elle sert à évaluer la douleur et le confort des enfants âgés de 1 à 7 mois. A l'inverse de la plupart des autres outils, c'est la note la plus élevée qui exprime le meilleur confort de l'enfant et l'absence de douleurs. Certains ont jugé utile d'inverser la notation afin qu'elle corresponde plus aux habitudes générales de notation (un score élevé = douleur élevée comme dans l'exemple ci-dessous).
    ItemsScore
    SOMMEIL PENDANT L'HEURE PRECEDENTE
    Calme pendant plus de 10 minutes0
    Périodes de 5 à 10 minutes1
    Aucun2
    MIMIQUE DOULOUREUSE
    Calme et détendu0
    Peu marquée, intermittente1
    Marquée2
    QUALITE DES PLEURS
    Pas de pleurs0
    Modulée et facilement calmés par la parole1
    Répétés, aigus, douloureux2
    ACTIVITE MOTRICE SPONTANEE
    Normale0
    Agitation modérée1
    Agitation permanente2
    EXCITABILITE REPONSE AUX STIMULI AMBIANTS
    Calme0
    Excessive à n'importe quelle stimulation1
    Trémulations, clonies, Moro spontané2
    FLEXION PALMAIRE ET PLANTAIRE
    Mains ouvertes, orteils non crispés0
    Intermittente, moyenne marquée1
    Permanente et très prononcée2
    SUCCION
    Forte régulière et apaisante0
    Discontinue et interrompue par des pleurs1
    Absente ou ébauches de mouvements2
    TONUS MUSCULAIRE
    Normal0
    Modérément hypertonique1
    Très hypertonique2
    CONSOLABILITE
    Calmé en moins d'une minute0
    Calmé après une à deux minutes1
    Non consolable après deux minutes d'efforts2
    SOCIABILITÉ
    Facile et prolongée0
    Difficile à obtenir1
    Absente2

    5.11 Échelle EValuation ENfant DouLeur (EVENDOL)

    5 items, deux temps d'observation (au repos et à la mobilisation), un score évoluant de 0 à 15 avec un seuil de prescription médicamenteuse fixé à 4/15. Cette échelle a été conçue en France pour noter la douleur aigüe prolongée de la naissance à l'âge de 5 ans est considérée comme très fiable et reproductive. Tout comme l'échelle CHEOPS, sa simplicité d'utilisation en fait un outil très pratique dans le contexte de l'urgence.
    Absent Faible, passager Moyen
    la moitié du temps
    Fort
    Permanent
    Pleure et/ou crie/gémit/dit qu'il a mal012 3
    Front plissé et/ou sourcils froncés/bouche crispée0123
    S'agite et/ou se raidit/se crispe0123
    Attitude inhabituelle et/ou antalgique/se protège/reste immobile0123
    Peut être consolé et/ou joue/communique avec l'entourage01 23

    5.12 Échelle de COMFORT

    Élaborée au départ pour évaluer la douleur d'un enfant en réanimation, elle comporte des éléments qui cotent également le degré de sédation. Utilisable de la naissance à l'adolescence, elle se décompose en huit items. Le score s'échelonne de 8 à 40. La douleur est considérée légère à modérée pour un score entre 15 et 25, importante entre 26 et 34 et très importante au delà. Cette échelle est parfois adaptée aux besoins spécifiques de certains services de réanimation.
    ItemScore
    Éveil
    Profondément endormi1
    Légèrement endormi2
    Somnolent3
    Éveillé, vigilant4
    Hyper attentif5
    Calme agitation
    Calme1
    Légèrement anxieux2
    Anxieux3
    Très anxieux4
    Paniqué5
    Ventilation
    Pas de ventilation, pas de toux1
    Ventilation spontanée sans réaction au respirateur2
    Lutte contre le respirateur ou tousse de temps en temps3
    Lutte activement contre le respirateur et tousse régulièrement4
    S'oppose au respirateur, tousse, suffoque5
    Mouvements
    Absence1
    Légers2
    Légers fréquents3
    Énergiques uniquement aux extrémités4
    Énergiques torse et tête compris5
    Pression artérielle moyenne (observer 6 fois pendant deux minutes)
    En dessous de la valeur de base1
    A la valeur de base2
    15% ou plus de la valeur de base 1 à 3 fois3
    15% ou plus de la valeur de base plus de trois fois4
    15% ou plus de la valeur de base de façon prolongée5
    Fréquence cardiaque (observer 6 fois pendant deux minutes)
    En dessous de la valeur de base1
    A la valeur de base2
    15% ou plus de la valeur de base 1 à 3 fois3
    15% ou plus de la valeur de base plus de trois fois4
    15% ou plus de la valeur de base de façon prolongée5
    Tonus musculaire
    Totalement décontracté, aucune tension musculaire1
    Tonus diminué2
    Tonus normal3
    Tonus augmenté avec flexion palmo plantaire4
    Rigidité extrême avec flexion palmo plantaire5
    Tension du visage
    Visage totalement décontracté1
    Tonus normal aucune tension visible2
    Contracture de quelques muscles du visage3
    Contracture de l'ensemble des muscles du visage4
    Grimaces marquées et permanentes5

    5.13 Grille San Salvadour

    Cette grille est destinée aux personnes polyhandicapées ou incapables d'utiliser les moyens « classiques » (autisme). Bien qu'elle soit le plus souvent à destination des enfants, elle est parfois utilisée chez les adultes handicapés. Son efficacité ne peut être bonne qu'avec la participation de l'entourage proche (parents, éducateurs) du patient et une bonne connaissance des habitudes du patient. A cet effet, il est obligatoire de remplir un questionnaire afin de connaître ces habitudes. Un exemple de ce questionnaire est consultable à cette adresse.
    A partir d'un score de 2 le doute subsiste, il est levé lorsque le score atteint 6 et nécessite en conséquence une prise en charge.
    Pleurs et ou cris
    Se manifeste selon son habitude0
    Se manifeste plus que d'habitude1
    Pleurs et/ou cris lors des soins ou gestes douloureux2
    Pleurs et/ou cris sans stimulation et inhabituels3
    Mêmes signes que les trois premiers cas avec manifestations neuro végétatives : tachy/bradycardie, sueurs, rash cutané, accès de sueurs, pâleur4
    Réaction de défense +/- coordonnée à l'examen d'une zone présumée douloureuse
    Réaction habituelle0
    Réaction inhabituelle1
    Mouvements de retrait inhabituel2
    Même signe que 1 et 2 avec grimace et/ou gémissement3
    Même signe que 1 et 2 avec agitation cris et pleurs4
    Mimique douloureuse (un rire paradoxal peut en faire partie)
    Comme d'habitude0
    Inquiet de façon inhabituelle1
    Mimiques douloureuses lors des manipulations potentiellement douloureuses2
    Mimique douloureuse spontanée3
    Même signe que 1, 2, où 3 avec manifestations neuro végétatives4
    Protection des zones douloureuses
    Réaction habituelle0
    Redoute le contact d'une zone particulière1
    Protège une région précise de son corps2
    Même signe que 1 ou 2 avec grimace et/ou gémissement3
    Même signe que 1, 2 ou 3 avec agitation, cris et pleurs4
    Gémissements ou pleurs silencieux
    Comme d'habitude0
    Plus geignard que d'habitude1
    Geint de façon inhabituelle2
    Gémissements avec mimique douloureuse3
    Gémissements entrecoupés de cris et de pleurs4
    Intérêt pour l'environnement
    Comme d'habitude0
    Semble moins intéressé que d'habitude1
    Baisse de l'intérêt, doit être sollicité2
    Désintérêt total, sans réaction aux stimulations3
    État de prostration inhabituel4
    Accentuation des troubles du tonus
    Manifestations habituelles0
    Plus raide qu'habituellement1
    Accentuation des raideurs pendant les soins2
    Même signes que 1 et 2 avec mimique douloureuse3
    Même signes que 1, 2 ou 3, avec cris et pleurs4
    Capacité à interagir avec l'adulte
    Comme d'habitude0
    Moins impliqué1
    Difficultés inhabituelles pour établir un contact2
    Refus inhabituel de tout contact3
    Retrait inhabituel dans une indifférence totale4
    Accentuation des mouvements spontanés
    Manifestations habituelles0
    Recrudescence des mouvements spontanés1
    État d'agitation inhabituel2
    Même signes que 1 et 2 avec mimique douloureuse3
    Même signes que 1, 2, ou 3, avec cris et pleurs4
    Attitude antalgique spontanée
    Position de confort habituelle0
    Moins à l'aise dans sa posture1
    Certaines postures ne sont plus tolérées2
    Soulagé par une posture inhabituelle3
    Aucune posture ne semble soulager4

    Chez la personne âgée

    6.1 Échelle Doloplus 2

    Cette échelle, très utilisée chez la personne âgée atteinte de troubles cognitifs ou en incapacité de communiquer évalue la douleur dans sa globalité. Elle comporte 10 items en trois sous groupes. Chaque item est côté sur quatre niveaux. Cette échelle est une des rares à nécessiter une cotation en équipe afin d'être la plus précise possible. Lorsque le score est supérieur ou égal à 5/30, il existe une douleur à prendre en charge. Si un item n'est pas adapté, il faut s'abstenir de le coter (et bien évidement en tenir compte dans le score total). Son utilisation n'est pas systématique chez la personne âgée (on peut être âgé et capable d'exprimer une douleur).
    RENTENTISSEMENT SOMATIQUE
    Plaintes somatiques
    Pas de plainte0
    Plaintes uniquement à la sollicitation1
    Plaintes spontanées occasionnelles2
    Plaintes spontanées continues3
    Positions antalgiques au repos
    Pas de position antalgique0
    Évite certaines positions de façon occasionnelle1
    Position antalgique permanente et efficace2
    Position antalgique permanente et inefficace3
    Protection des zones douloureuses
    Pas de protection0
    Protection pendant les soins, mais n'empêchant pas ces derniers1
    Protection pendant les soins et les entravant2
    Protection au repos sans aucune sollicitation3
    Mimique
    Habituelle0
    Exprime la douleur à la sollicitation1
    Exprime la douleur, même sans sollicitation2
    Mimique inexpressive et permanente de façon inhabituelle (regard vide, atone)3
    Sommeil
    Habituel0
    Difficultés d'endormissement1
    Réveils fréquents2
    Insomnie avec retentissement sur les phases d'éveil3
    RETENTISSEMENT PSYCHOMOTEUR
    Toilette et/ou habillage
    Possibilités habituelles inchangées0
    Possibilités habituelles peu diminuées1
    Possibilités habituelles très diminuées habillage difficile et/ou partiel2
    Toilette et/ou habillage impossible, patient opposant3
    Mouvements
    Possibilités habituelles inchangées0
    Possibilités actives limitées1
    Possibilités actives et passives limités (même avec aide)2
    Mouvement impossible, opposition à la mobilisation3
    RETENTISSEMENT PSYCHOSOCIAL
    Communication
    Inchangée0
    Intensifiée1
    Diminuée2
    Absence ou refus3
    Vie sociale
    Participation habituelle0
    Participation uniquement à la sollicitation1
    Refus partiel de participation2
    Refus de toute vie sociale3
    Troubles du comportement
    Comportement habituel0
    Troubles à la sollicitation et itératifs1
    Troubles à la sollicitation et permanents2
    Troubles permanents même sans sollicitation3

    6.2 Échelle Comportementale de la Personne Âgée.

    Par de nombreux points, cette échelle ressemble à son homologue pédiatrique ; l'échelle EVENDOL. Deux temps de notation, au repos et pendant les soins et des critères comportementaux qui ne nécessitent pas de verbalisation complexe. Cette échelle comprend 8 items scindés en deux dimensions (donc 4 items par dimension). Chaque item est noté de 0 à 4. Cette cotation, peut être effectuée plus facilement par un soignant seul qu'avec la méthode Doloplus 2.
    AVANT LES SOINS
    Expression du visage : Regard et mimique
    Visage détendu0
    Visage soucieux1
    Le sujet grimace de temps en temps2
    Regard effrayé et/ou visage crispé3
    Expression complètement figée4
    Position spontanée au repos
    Aucune position antalgique0
    Évitement d'une position1
    Position antalgique2
    Recherche sans succès d'une position antalgique3
    Sujet immobile, coulé par la douleur4
    Mouvements ou mobilité du patient
    Mouvements habituels0
    Évite certains mouvements1
    Mouvements lents et rares2
    Immobile3
    Mouvement très rares où au contraire, agitation intense4
    Relation à autrui
    Même type de contact que d'habitude0
    Contact plus difficile que d'habitude1
    Evite la relation, contrairement à son habitude2
    Absence de contact3
    Indifférence totale4
    PENDANT LES SOINS
    Anticipation anxieuse aux soins
    Pas d'anxiété0
    Angoisse du regard, impression de peur1
    Sujet agité2
    Sujet agressif3
    Cris soupirs gémissements4
    Réactions pendant la mobilisation
    Se laisse mobiliser dans problème0
    Regard attentif, semble craindre la mobilisation ou les soins1
    Retient la main ou guide les gestes pendant les soins2
    Adopte une position antalgique pendant les soins3
    S'oppose à la mobilisation et aux soins4
    Réaction pendant les soins des zones douloureuses
    Aucune réaction pendant les soins0
    Réaction pendant les soins, sans plus1
    Réaction au toucher des zones douloureuses2
    Réaction à l'effleurement des zones douloureuses3
    L'approche des zones est impossible4
    Plaintes pendant les soins
    Le sujet ne se plaint pas0
    Le sujet se plaint si le soignant s'adresse à lui1
    Le sujet se plaint en présence du soignant2
    Gémit ou pleure silencieusement dès qu'on le soigne3
    Crie ou se plaint violement dès qu'on le soigne4

    En pratique

    La douleur nécessite d'être évaluée dans différents contextes et différentes situations. Par exemple, en mouvement passif lorsque le soignant mobilise une jambe, en mouvement actif de la part du patient, ou encore en situation de vie normale lorsque le patient va se verticaliser et reprendre la marche. Les outils présentés dans ce document doivent en principe être utilisés de façon itérative sans changer de contexte et de type de stimulation.

    La douleur n'est pas fonction de l'importance de la lésion. Il ne faut jamais présupposer de l'intensité d'une douleur en fonction de l'aspect ou de l'étendue d'une lésion. En plus des variations inter individuelles, la localisation d'une petite lésion sur une zone très ramifiée en terminaisons nerveuses peut être bien plus douloureuse qu'une tumeur envahissante de grande taille.

    La douleur, à l'instar des autres paramètres vitaux n'est pas un système isolé. Le soignant doit pouvoir mobiliser ses connaissances et son sens de l'observation pour pondérer son observation et la rendre la plus objective possible. On peut par exemple noter une discordance chez un patient qui évalue sa douleur comme insupportable alors qu'il n'existe aucune somatisation visible de cette information. Visage détendu, pouls et pression artérielle dans les limites normales, absence de sueurs, patient somnolent et calme. Il convient dans ce cas de prendre du recul afin d'identifier les causes de cette discordance. Incompréhension du système d'évaluation par le patient ? Médication masquant les signes habituels de douleur (pas de sueurs à cause d'atropiniques, pas de tachycardie et d'hypertension à cause de bêta bloquants ou d'anti hypertenseurs, somnolence à en raison d'une titration à la morphine...) ?

    Conclusion

    Le choix d'utilisation d'un moyen d'évaluation de la douleur s'effectue en fonction des situations, des contextes et des équipes qui doivent assurer la prise en charge des patients. L'évaluation repose ensuite autant sur les avantages et les limites des moyens d'évaluation que sur l'expérience des personnels qui vont les mettre en œuvre. Si l'évaluation de la douleur doit devenir un paramètre aussi routinier que la mesure du pouls, de la pression artérielle et de la température, elle n'est pas aisée et demande une certaine expérience, des connaissances et une remise en question permanente de son efficacité. Pour ce faire, il est nécessaire que l'ensemble de l'équipe soignante puisse établir une stratégie de prise en charge cohérente en s'aidant au besoin des ressources institutionnelles à sa disposition. Les comités de lutte contre la douleur sont à ce titre des partenaires privilégiés et certains établissements se sont également dotés de référents douleur spécifiquement formés à apporter des réponses adaptées. Ce document tente de vous apporter une liste quasi exhaustive des moyens d'évaluation de la douleur. Il existe cependant de nombreuses autres échelles s'inspirant de celles qui ont déjà été validées et qui sont adaptées aux habitudes et situations locales.

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