À l'aide de la réalité virtuelle, une vingtaine de patients atteints de schizophrénie ont été amenés à faire face à leurs démons construits par ordinateur pour les chasser de leur vie, dans un projet pilote à l'Institut Philippe-Pinel de Montréal. Les résultats sont si encourageants qu'une deuxième phase vient d'être lancée.
Un texte de Caroline Lacroix
Richard Breton, 52 ans, souffre de schizophrénie depuis l’aube de la vingtaine. Les effets de sa maladie mentale ont longtemps empêché ce père de deux enfants de les voir.
Ses épisodes de psychose et de paranoïa lui ont bien souvent tendu des pièges qui auraient pu lui être fatals. Ses hallucinations l’ont même déjà convaincu qu’il devait se réfugier dans les bois, ce qu’il a fait au péril de sa vie.
Ce n’est pas pour rien que l’Organisation mondiale de la santé classe la schizophrénie parmi les 10 maladies les plus invalidantes.
En 2015, des voix venaient toujours le hanter, malgré sa médication et de nombreuses thérapies. Richard était prêt à tout pour changer son quotidien lorsqu’il a entendu parler du projet expérimental du psychiatre et chercheur Alexandre Dumais.
Inspiré par une étude britannique réalisée cinq ans plus tôt, le Dr Dumais était déterminé à trouver comment réduire les hallucinations auditives qui résistent à tout traitement. À son avis, la clé était d’arriver à établir un dialogue entre le patient et son démon.
« Mais c'était très compliqué en clinique que la personne s'imagine être en contact avec une entité. Je l'avais essayé et ça ne fonctionnait pas, jusqu'à ce que j'aie accès à la réalité virtuelle », explique celui qui a testé son hypothèse avec succès grâce à la révolution technologique.
Richard a été le premier à participer au projet médical. Il a d’abord décrit son démon à un technicien informatique, qui l’a reproduit par ordinateur. Avec un casque de réalité virtuelle, il s’est ensuite retrouvé dans un face à face avec cette entité qui le persécute depuis tant d’années.
C’est le psychiatre qui faisait parler l’avatar en lisant une liste de mots que le patient a l’habitude d’entendre dans sa tête. Tout est scénarisé et encadré. Apprendre à affronter ses démons
Nous sommes à des années-lumière de la psychiatrie traditionnelle. « Tu n’es pas un bon père. Personne ne t’aime. Tu es un trou de cul » sont des exemples de phrases que l’avatar a lancées à Richard d’une voix satanique.
Au début, les participants ont ressenti beaucoup d’angoisse, mais le médecin les a amenés, au fil des six séances, à répondre aux insultes et à développer des mécanismes de défense.
« Je suis une bonne personne, dis juste une petite connerie et je vais te rentrer dedans » : c’est le genre de réplique que Richard est maintenant en mesure de lui donner dans la vraie vie.
« Je suis capable de le combattre. Mes voix ont diminué de 80 % à 90 % », lance-t-il fièrement dans un mélange de soulagement et de fierté. Il affirme que c’est grâce à cette thérapie expérimentale qu’il a pu recommencer à travailler et à faire partie de nombreux comités, dont le conseil d’administration de l’Institut Philippe-Pinel.
« Sinon, les voix étaient trop envahissantes, je m'isolais parce qu'à chaque fois que je sortais, le diable embarquait », dit-il.
Le Dr Alexandre Dumais, chercheur et psychiatre à l'Institut Philippe-Pinel de Montréal Des résultats encourageants
Au total, 19 patients ont pris part au projet pilote. Quinze d’entre eux, dont Richard, ont vu leur qualité de vie s’améliorer de façon considérable. « Les chiffres sont éloquents. Ça fonctionnait en Grande-Bretagne, ça fonctionne ici aussi. On n'a pas besoin de tester sur 200 personnes. Ce sont des résultats significatifs », se réjouit le chercheur.
Toutefois, l’expérience a été moins concluante pour certaines personnes qui ont été distraites par le manque de réalisme de l’avatar, ce qui a diminué l’efficacité de la thérapie.
C’est pourquoi une deuxième phase vient d’être lancée : Avatar 2.0. Depuis le début de l’année, une jeune compagnie de réalité virtuelle élabore la nouvelle application qui permettra, au cours du deuxième volet du projet pilote, de construire des personnages encore plus fidèles aux hallucinations. Les nouvelles technologies vont leur permettre « de sortir leurs idées de leur tête » encore plus facilement, explique Harold Dumur, président d’Ova, l’entreprise montréalaise qui a décroché le contrat avec le centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal. Harold Dumur (OVA), Richard Breton et le Dr Alexandre Dumais Avatar 2.0 permettra non seulement d’augmenter la qualité de l’expérience numérique, mais aussi de comparer l’efficacité de la thérapie virtuelle à celle de l’approche cognitivo-comportementale qui n’arrive pas toujours, bien qu’elle soit jumelée à la médication et couramment utilisée en psychiatrie, à améliorer le sort des gens qui entendent des voix, selon le psychiatre Dumais. Deux cohortes d’une trentaine de personnes seront recrutées à l’échelle canadienne pour y participer avec l’accord de leur médecin traitant.
Alexandre Dumais rêve déjà du jour où les cliniques psychiatriques pourront utiliser la méthode par avatar pour soigner des personnes atteintes de schizophrénie.
« Si on continue d’obtenir des résultats positifs comme ça, il n’y a pas un endroit qui pourra s’en passer ». Surtout que les améliorations observées ont été obtenues après seulement six séances chez des personnes schizophrènes qui étaient hantées depuis de longues années et qui avaient tout essayé pour s’en libérer. Une thérapie courte et peu dispendieuse qui a permis à Richard Breton et à d’autres de maîtriser leur cauchemar.
Selon un Eurobaromètre commandé par la Commission européenne et publié en 2010, seulement 41 % des Européens adultes déclaraient avoir toutes leurs dents (ce taux n’était que de 34 % pour les Français). Parmi les personnes interrogées, 12 % disaient avoir entre 10 et 19 dents naturelles (une dentition normale compte 32 éléments, ou 28 pour ceux chez qui les dents de sagesse n’ont pas poussé), 6 % de 1 à 9 dents et 7 % reconnaissaient n’en avoir plus aucune. Ce n’est pas le moindre des paradoxes de la physiologie que de voir un organe si exposé à l’usure et si important pour l’alimentation ne pas être renouvelé chez l’adulte. Pour employer le terme savant, Homo sapiens est diphyodonte car, à de rares exceptions près, il n’a que deux jeux à sa disposition au cours de son existence, les dents de lait et les dents définitives. D’autres animaux sont nettement mieux servis. Ainsi, des reptiles comme les serpents, les geckos ou les alligators sont polyphyodontes, c’est-à-dire que leur dentition est remplacée de nombreuses fois au cours de leur existence.
D’où l’intérêt que la médecine régénératrice porte à ces animaux. Cette discipline en plein essor a pour but de recréer de nouveaux organes naturels pour prendre le relais de ceux qui sont défaillants. On pense en premier lieu à des organes vitaux comme le cœur, les reins ou le foie mais les dents, certes faciles à remplacer par des prothèses, font également partie des cibles. Ainsi, dans un article publié le 13 mai par les Proceedings de l’Académie des sciences américaine (PNAS), une équipe internationale (Etats-Unis, Chine, Taïwan) s’est-elle intéressée à la manière dont l’alligator renouvelait sa dentition afin de savoir si le processus pourrait être transposable à l’homme. Selon les auteurs de cette étude, ces crocodiliens constituent de bons sujets car, à la différence des poissons polyphyodontes, leur palais et la manière dont leurs dents sont accrochées à la mâchoire se rapprochent de ce que l’on trouve chez les mammifères. Chez l’alligator adulte, les 80 dents sont remplacées environ une fois par an. Comme il s’agit d’animaux à longue durée de vie, ils peuvent donc changer de dentition une cinquantaine de fois !
Pour comprendre comment et pourquoi ce renouvellement permanent s’opère, ces chercheurs ont suivi et analysé la croissance dentaire chez des embryons d’alligators et chez de jeunes individus. Premier constat : tout comme pour un iceberg, la dent déjà sortie n’est pas la partie la plus importante du processus. Ce qui compte le plus, c’est ce qui se passe dessous, un cycle qui ne s’arrête jamais, une sorte de perpétuelle relève de la garde. Sous la dent déjà sortie et fonctionnelle, on trouve toujours une dent de remplacement qui, en grandissant, vient saper sa racine. Quand cette dent de remplacement, encore invisible depuis l’extérieur, a atteint la moitié de sa taille finale, un signal chimique est envoyé à la lame dentaire, une bande de tissu de la mâchoire où se créent les bourgeons de dents. Car, et il s’agit du second constat de l’étude, c’est dans cette lame dentaire que sont stockées les cellules souches capables de se différencier en dents. Lorsque le signal chimique les atteint, on lance la production de… la remplaçante de la remplaçante. Et ainsi de suite. Cette véritable usine à ratiches est même capable de passer en mode de production d’urgence lorsqu’une dent est accidentellement (ou chirurgicalement pour les besoins de l’étude) arrachée.
Chez l’être humain, difficile de reproduire ce schéma, pour une raison simple : l’essentiel de la lame dentaire disparaît une fois que les dents définitives sont sorties. Ceci dit, les cas relativement fréquents de dents surnuméraires poussant de manière anarchique montrent que la partie n’est pas perdue. Dans la conclusion de leur étude, les chercheurs pensent qu’il est possible d’identifier tous les acteurs du renouvellement dentaire, ce qui permettrait, écrivent-ils,« soit d’activer les cellules souches présentes dans les restes de lame dentaire afin de redémarrer un processus de renouvellement chez des adultes qui ont perdu des dents, soit de stopper la génération incontrôlée de dents chez des patients ayant des dents surnuméraires ».
Dans un premier temps, cette équipe aimerait extraire ces cellules souches pour apprendre à cultiver des dents en laboratoire. Encore faut-il pour cela repérer ces cellules souches chez l’humain adulte et maîtriser toute la communication moléculaire nécessaire au développement harmonieux des différents tissus qui composent la dent. Un projet à rapprocher d’une autre étude, publiée il y a quelques semaines, dans laquelle des chercheurs britanniques et japonais ont associé des cellules humaines de gencive et des cellules souches de dents de souris pour faire pousser des dents humaines, ce dans des reins de souris… Comme souvent dans le domaine émergent de la médecine régénératrice, on est bien loin de mettre sur le marché des applications pratiques. Et d’imiter les alligators.
Inspiré par la conformité trouvée dans de nombreux organismes, les robots souples sont fabriqués presque entièrement sous forme de matériaux souples et souples, ce qui les rend adaptés aux applications dans des environnements de tâches incertains et dynamiques, y compris des interactions humaines sûres. Leur compliance intrinsèque absorbe les chocs et les protège contre les impacts mécaniques. Cependant, les matériaux souples utilisés pour leur construction sont très sensibles aux dommages, tels que les coupures et les perforations causées par des objets tranchants présents dans les environnements incontrôlés et imprévisibles dans lesquels ils opèrent. Dans cette recherche, nous proposons de construire une robotique souple entièrement auto- Élastomères de guérison. Sur la base des capacités de guérison trouvées dans la nature, ces polymères ont la capacité de guérir les dommages microscopiques et macroscopiques. Les polymères de Diels-Alder, qui sont des réseaux covalents thermoreversibles, ont été utilisés pour développer trois applications d'actionneurs pneumatiques doux auto-cicatrisants (une pince douce, une main douce et des muscles artificiels). Les actionneurs pneumatiques souples présentent généralement des perforations et des fuites en raison de pressions ou d'usures excessives pendant le fonctionnement. Les trois prototypes ont été conçus en utilisant une modélisation d'éléments finis et caractérisé mécaniquement. La méthode de fabrication des actionneurs exploite le comportement auto-cicatrisant des matériaux, qui peuvent être recyclés. Les dommages macroscopiques réalistes pourraient être soignés entièrement à l'aide d'un traitement thermique doux. À l'emplacement de la cicatrice, aucun point faible n'a été créé et la performance complète des actionneurs a été presque complètement récupérée après la guérison.
CHRU de Lille : un implant connecté pour détecter les anomalies cardiaques
L’Institut Cœur Poumon de Lille utilise des implants qui envoient, via un smartphone, les données de rythme cardiaque aux médecins, qui peuvent diagnostiquer à distance.
La médecine se met à jour des technologies de la communication. Au CHRU de Lille, les médecins de l’Institut Cœur Poumon utilisent désormais un outil leur permettant de surveiller l’activité cardiaque de leurs patients, sans que ceux-ci n’aient besoin de se rendre à l’hôpital. Il facilite et affine leur diagnostic, et donc ainsi augmente les chances de survie.
Il s’agit d’un petit implant qui se pose sous la peau, au niveau du thorax. Relié par Bluetooth à un smartphone, celui du patient ou, à défaut, un téléphone fourni par l’hôpital, il enregistre le rythme cardiaque, comme un électrocardiographe.
L’application smartphone, à son tour, transmet les données sous forme cryptée vers des serveurs sécurisés, d’où elles pourront être consultées par les cardiologues de l’Institut.
Vers la miniaturisation
Pour l’instant, il ne s’agit pas d’un dispositif d’urgence. Le système n’est pas prévu pour lancer une alerte vers des services de secours en cas d’incident cardiaque. Il s’agit d’un outil destiné au diagnostic.
« Certains patients ont des symptômes trop rares pour être observés pile au moment de la consultation, explique le Dr Laurence Moreau-Guedon, cardiologue au CHRU de Lille. L’appareil fonctionne de manière intelligente : quand une anomalie intervient, il commence à enregistrer et à transmettre. » S’il sent des symptômes apparaître, le patient peut, lui-aussi, déclencher manuellement l’implant via l’application sur smartphone. L'appareil peut ainsi aider à trouver les causes d'une syncope, ou repérer une fibrillation atriale et transmettre en instantané au personnel médical.
Ce type d’implants n’est pas nouveau. La réelle innovation, c’est l’application smartphone et la simplicité d’utilisation. Auparavant, les patients ne pouvaient transmettre qu’avec des émetteurs encombrants qui limitaient leur capacité de déplacement. « Ils l’appelaient leur box ! », en référence à une box internet, s’amuse le Dr Moreau-Guedon.
La France est en retard
L’utilisation d’objets dont les patients disposent déjà, ici leur smartphone, fait partie de l’évolution de la télérythmologie, qui existe depuis une quinzaine d’années, rappelle la cardiologue. Malheureusement, la télémédecine n’est pas prise en charge par l’Assurance maladie - à une exception près, en ophtalmologie.
La France est en retard dans ce domaine, et seules des initiatives locales, comme celle menée à l’Institut Coeur Poumon du CHRU de Lille, permettent de la mettre en place. « C’est l’hôpital qui prend en charge le dispositif », souligne le Dr Moreau-Guedon.
Pour l’instant, depuis avril et le début de son utilisation, une dizaine de patients ont été implantés. Ils pourront porter l’appareil pendant trois ans.
Réalité virtuelle, guérison réelle
Comment réagir quand nous avons mal? Petits, nos parents nous donnaient un bisou sur notre blessure, astuce psychologique pour atténuer la douleur. Plus nous grandissons et plus il devient important de se soigner ou diminuer les symptômes avec d’autres méthodes développées par la médecine.
Nous viennent alors pilules, pommades, pansements, etc. Or, est-ce que la trousse médicale de demain comprendra une section « immersion » avec un casque de réalité virtuelle (RV) ? Se plonger dans un univers virtuel serait-il une nouvelle façon de se soigner ?
Le milieu médical s’intéresse à la réalité virtuelle depuis longtemps. Or, si le tout était généralement dédié à des laboratoires ou des essais expérimentaux, l’approche s’est démocratisée comme la technologie.
Désormais, les casques sont offerts aux joueurs tout comme aux médecins. L’utilisation la plus connue est celle du traitement des phobies. Le patient met le casque et est confronté quelques minutes à une situation phobique. Le thérapeute posera quelques questions pendant la séance pour voir les craintes irrationnelles. Pendant et après l’expérience, il pourra revenir avec son thérapeute pour quantifier son anxiété et trouver des exercices à faire pour la calmer. Les séances de virtuel se répètent, en augmentant la « difficulté » (c’est-à-dire le temps et le type d’exposition) au fur et à mesure que l’individu apprend à contrôler sa peur.
Guérir les blessures de l’âme
Le domaine de la psychothérapie est probablement celui qui utilise le plus cette technologie. Elle traite, en effet, bien d’autres maux que les phobies. Par exemple, une expérience répétée dans deux universités, une à Londres et l’autre à Barcelone, auprès de personnes dépressives a montré que la réalité virtuelle pouvait leur être bénéfique. 15 patients de 23 à 61 ans vivaient une courte expérience de 8 minutes dans laquelle ils devaient consoler un enfant en pleurs et par la suite, se mettre dans la peau de l’enfant et recevoir le réconfort d’un avatar qui leur ressemblait. Un processus répété trois fois sur un délai d’une semaine. Puis, un mois plus tard, ils ont vérifié l’intensité des symptômes dépressifs. Ceux-ci avaient baissé chez 9 individus sur les 15. Leur perception était aussi moins négative envers eux-mêmes. Par contre, ce faible échantillonnage sans groupe test diminue l’impact de cette recherche, mais ouvre la voie à d'autres études dans un futur proche.
Bien des concepteurs d’applications en RV sont tentés par le potentiel du marché des psychothérapeutes. Parce qu’il y a non seulement les phobies, mais d’autres problèmes qui peuvent être simulées comme les troubles d’anxiété générale ou sociale, les addictions, les troubles obsessifs-compulsifs, les syndromes post-traumatiques, etc. Et si la thérapie en réalité virtuelle se transportait aussi chez le patient en lui offrant un endroit dans lequel il pourrait pratiquer des exercices de relaxation ou de méditation ? Cela lui donnerait aussi un lieu parfait à visualiser lorsqu’il vit des situations de stress intense. Évidemment, le tout devrait se faire sous la supervision d’un thérapeute.
La réalité virtuelle, inhibitrice de douleur ?
Il n’y a pas seulement les maladies mentales qui pourraient bénéficier de la réalité virtuelle. De plus en plus, la technologie est utilisée dans la rééducation de certains patients. Par exemple, on sait qu’une des conséquences d’un arrêt cardio-vasculaire (AVC) est l’aphasie où la personne a de la difficulté à parler, à retrouver ses mots. Une étude publiée en août 2016 par la City University de Londres a montré qu’en plaçant les malades dans un contexte virtuel de restaurant ou de parc où ils doivent converser, il y avait une amélioration dans la communication fonctionnelle chez 88 % d’entre eux et, ce, après 40 heures de rééducation sur 5 semaines. La rééducation cognitive et motrice est aussi un grand pan qui pourrait être facilité avec des technologies de réalité virtuelle et de capture de mouvement pour les victimes d’AVC.
La réalité virtuelle est étudiée et de plus en plus pensée afin d’améliorer la qualité de vie des patients. En effet, nous avons tous, à des degrés divers, peur de la douleur ou de certains traitements. Des recherches montrent que les casques ne coupent pas seulement visuellement du monde environnant, mais mettent l’attention ailleurs que sur ce qui se passe dans le réel. Une recherche a montré que les traitements, souvent douloureux, des grands brûlés se sont avérés plus agréables alors qu’ils se trouvaient dans un univers polaire. Cela pourrait aussi baisser le stress des patients et les distraire de certaines procédures médicales pénibles comme la chimiothérapie ou la dialyse. Entrainement prothésique
Mais la réalité virtuelle pourrait avoir un pouvoir encore plus important. Une étude récente a montré que les paraplégiques pourraient peut-être gagner en capacité physique avec la réalité virtuelle. Au départ, l’équipe voulait créer des prothèses robotiques permettant de reproduire une démarche proche de celle qu’avait la personne accidentée. 8 paraplégiques dont la moelle épinière avait été sectionnée ont passé 1 heure à utiliser un Oculus Rift deux fois par semaine. Ils voyaient les jambes d’un avatar devant eux. Ils devaient essayer d’avancer. Le but était d’analyser comment tromper le cerveau pour lui faire croire qu’il déplace vraiment les membres afin d’imiter un mouvement naturel avec les prothèses.
Au bout d’un an, l’exosquelette les aidait à marcher, mais à la grande surprise des scientifiques les patients étaient en mesure de mouvoir légèrement les jambes volontairement. La réalité virtuelle aurait permis de recréer certains liens entre les nerfs survivants et les récepteurs musculaires comme le montre cette vidéo.
La terra incognita médicale
Toutefois, toutes ces études prometteuses ne doivent pas faire oublier que nous en sommes qu’au début de l’usage de ces technologies. Déjà, elle n’est pas faite pour tout le monde. En effet, certains ont ce qui se rapproche du mal des transports quand ils l’utilisent. Et puis, comme le rappelle cet article des Inrocks, nous n’avons aucune idée des effets sur le cerveau d’une telle technologie. Il y a plus de chances qu’elles soient bénignes, mais la recherche à ce sujet est si nouvelle qu’il est difficile de ne pas avoir des craintes devant certains usages expérimentaux. Nous parlons de certaines approches qui inhibent littéralement la douleur. Peut-elle avoir des effets à long terme? Dans le cas du traitement de maladies mentales, il est aussi important de se rappeler que la réalité virtuelle est un outil et non pas la thérapie elle-même. D’ailleurs, les chiffres et réussites de patients se débarrassant de phobies ne fonctionnent que chez ceux qui continuent les exercices de relaxation à la maison.
La réalité virtuelle est un outil considérable pour la médecine. Et sa démocratisation en fait saliver plusieurs, à raison. Avant que les hôpitaux et cliniques ne se lancent dans l’achat massif de machines, ils devraient toutefois se rappeler que la recherche clinique n’en est encore qu’à ses balbutiements. Les effets des casques sur le cerveau sont toujours inconnus. Il faut donc s’en servir intelligemment et suivre les recommandations des détaillants qui rappellent de ne pas faire de trop longues sessions, de prendre des pauses, de ne pas les utiliser chez des individus plus jeunes que 15 ans, etc.
La dépression majeure (ou caractérisée) consiste en un ou plusieurs épisodes dépressifs qui tranchent avec le fonctionnement habituel de la personne. La dépression majeure peut être légère, modérée ou sévère. Le terme « dépression » désigne habituellement la dépression majeure.
Voici les critères diagnostiques du DSM-IV (qui sont remplacés depuis 2013 par ceux du DSM-5) :
Au moins 5 des 9 symptômes suivants doivent avoir été présents pour une durée d'au moins deux semaines; au moins un de ces symptômes est soit (1) une humeur dépressive ou (2) une perte d'intérêt ou de plaisir.
Humeur dépressive présente pratiquement toute la journée, presque tous les jours, signalée par le sujet (p. ex., se sent triste ou vide) ou observée par les autres (p. ex., pleure). N.B.: Éventuellement irritabilité chez l'enfant et l'adolescent.
Diminution marquée de l'intérêt ou du plaisir pour toutes ou presque toutes les activités pratiquement toute la journée, presque tous les jours (signalée par le sujet ou observée par les autres).
Perte ou gain de poids significatif en l'absence de régime (p. ex., modification du poids corporel en un mois excédent 5%), ou diminution ou augmentation de l'appétit presque tous les jours. N.B.: Chez l'enfant, prendre en compte l'absence de l'augmentation de poids attendue.
Insomnie ou hypersomnie presque tous les jours.
Agitation ou ralentissement psychomoteur presque tous les jours (constaté par les autres, non limité à un sentiment subjectif de fébrilité ou de ralentissement intérieur).
Fatigue ou perte d'énergie presque tous les jours.
Sentiment de dévalorisation ou de culpabilité excessive ou inappropriée (qui peut être délirante) presque tous les jours (pas seulement se faire grief ou se sentir coupable d'être malade).
Diminution de l'aptitude à penser ou à se concentrer ou indécision presque tous les jours (signalée par le sujet ou observée par les autres).
Pensées de mort récurrentes (pas seulement une peur de mourir), idées suicidaires récurrentes sans plan précis ou tentative de suicide ou plan précis pour se suicider.
Les symptômes ne correspondent pas aux critères d'un épisode mixte (présence à la fois de symptômes dépressifs et de symptômes de manie caractéristiques du trouble bipolaire). (Ce critère est aboli dans le DSM-5.)
Les symptômes induisent une souffrance cliniquement significative ou une altération du fonctionnement social, professionnel ou dans d'autres domaines importants.
Les symptômes ne sont pas imputables aux effets physiologiques directs d'une substance (ex. drogue ou médicament) ou d'une affection médicale générale (ex. hypothyroïdie).
Les symptômes ne sont pas mieux expliqués par un deuil, c'est-à-dire après la mort d'un être cher, les symptômes persistent pendant plus de 2 mois ou s'accompagnent d'une altération marquée du fonctionnement, de préoccupations morbides de dévalorisation, d'idées suicidaires, de symptômes psychotiques ou d'un ralentissement psychomoteur. (Ce critère est aboli dans le DSM-5.)
Une dépression majeure est dite chronique lorsque les critères diagnostiques ont été présents continuellement pendant au moins deux ans.
La dépression saisonnière est un épisode de dépression majeure dont la principale caractéristique est de survenir durant la même période à chaque année. Il peut aussi s'agir d'un épisode de dépression majeure faisant partie du trouble bipolaire (maniaco-dépression). Dans ce dernier cas, il y a souvent présence de symptômes hypomaniaques pendant l'été.
Le diagnostic de trouble bipolaire (auparavant appelé maniaco-dépression) est porté en cas d'épisode de dépression majeure lorsqu'il y a déjà eu un ou des épisodes maniaques ou hypomaniaques.
À l'aide de la réalité virtuelle, une vingtaine de patients atteints de schizophrénie ont été amenés à faire face à leurs démons construits par ordinateur pour les chasser de leur vie, dans un projet pilote à l'Institut Philippe-Pinel de Montréal. Les résultats sont si encourageants qu'une deuxième phase vient d'être lancée.
Un texte de Caroline Lacroix
Richard Breton, 52 ans, souffre de schizophrénie depuis l’aube de la vingtaine. Les effets de sa maladie mentale ont longtemps empêché ce père de deux enfants de les voir.
Ses épisodes de psychose et de paranoïa lui ont bien souvent tendu des pièges qui auraient pu lui être fatals. Ses hallucinations l’ont même déjà convaincu qu’il devait se réfugier dans les bois, ce qu’il a fait au péril de sa vie.
Ce n’est pas pour rien que l’Organisation mondiale de la santé classe la schizophrénie parmi les 10 maladies les plus invalidantes.
En 2015, des voix venaient toujours le hanter, malgré sa médication et de nombreuses thérapies. Richard était prêt à tout pour changer son quotidien lorsqu’il a entendu parler du projet expérimental du psychiatre et chercheur Alexandre Dumais.
Inspiré par une étude britannique réalisée cinq ans plus tôt, le Dr Dumais était déterminé à trouver comment réduire les hallucinations auditives qui résistent à tout traitement. À son avis, la clé était d’arriver à établir un dialogue entre le patient et son démon.
« Mais c'était très compliqué en clinique que la personne s'imagine être en contact avec une entité. Je l'avais essayé et ça ne fonctionnait pas, jusqu'à ce que j'aie accès à la réalité virtuelle », explique celui qui a testé son hypothèse avec succès grâce à la révolution technologique.
Richard a été le premier à participer au projet médical. Il a d’abord décrit son démon à un technicien informatique, qui l’a reproduit par ordinateur. Avec un casque de réalité virtuelle, il s’est ensuite retrouvé dans un face à face avec cette entité qui le persécute depuis tant d’années.
C’est le psychiatre qui faisait parler l’avatar en lisant une liste de mots que le patient a l’habitude d’entendre dans sa tête. Tout est scénarisé et encadré. Apprendre à affronter ses démons
Nous sommes à des années-lumière de la psychiatrie traditionnelle. « Tu n’es pas un bon père. Personne ne t’aime. Tu es un trou de cul » sont des exemples de phrases que l’avatar a lancées à Richard d’une voix satanique.
Au début, les participants ont ressenti beaucoup d’angoisse, mais le médecin les a amenés, au fil des six séances, à répondre aux insultes et à développer des mécanismes de défense.
« Je suis une bonne personne, dis juste une petite connerie et je vais te rentrer dedans » : c’est le genre de réplique que Richard est maintenant en mesure de lui donner dans la vraie vie.
« Je suis capable de le combattre. Mes voix ont diminué de 80 % à 90 % », lance-t-il fièrement dans un mélange de soulagement et de fierté. Il affirme que c’est grâce à cette thérapie expérimentale qu’il a pu recommencer à travailler et à faire partie de nombreux comités, dont le conseil d’administration de l’Institut Philippe-Pinel.
« Sinon, les voix étaient trop envahissantes, je m'isolais parce qu'à chaque fois que je sortais, le diable embarquait », dit-il.
Le Dr Alexandre Dumais, chercheur et psychiatre à l'Institut Philippe-Pinel de Montréal Des résultats encourageants
Au total, 19 patients ont pris part au projet pilote. Quinze d’entre eux, dont Richard, ont vu leur qualité de vie s’améliorer de façon considérable. « Les chiffres sont éloquents. Ça fonctionnait en Grande-Bretagne, ça fonctionne ici aussi. On n'a pas besoin de tester sur 200 personnes. Ce sont des résultats significatifs », se réjouit le chercheur.
Toutefois, l’expérience a été moins concluante pour certaines personnes qui ont été distraites par le manque de réalisme de l’avatar, ce qui a diminué l’efficacité de la thérapie.
C’est pourquoi une deuxième phase vient d’être lancée : Avatar 2.0. Depuis le début de l’année, une jeune compagnie de réalité virtuelle élabore la nouvelle application qui permettra, au cours du deuxième volet du projet pilote, de construire des personnages encore plus fidèles aux hallucinations. Les nouvelles technologies vont leur permettre « de sortir leurs idées de leur tête » encore plus facilement, explique Harold Dumur, président d’Ova, l’entreprise montréalaise qui a décroché le contrat avec le centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal. Harold Dumur (OVA), Richard Breton et le Dr Alexandre Dumais Avatar 2.0 permettra non seulement d’augmenter la qualité de l’expérience numérique, mais aussi de comparer l’efficacité de la thérapie virtuelle à celle de l’approche cognitivo-comportementale qui n’arrive pas toujours, bien qu’elle soit jumelée à la médication et couramment utilisée en psychiatrie, à améliorer le sort des gens qui entendent des voix, selon le psychiatre Dumais. Deux cohortes d’une trentaine de personnes seront recrutées à l’échelle canadienne pour y participer avec l’accord de leur médecin traitant.
Alexandre Dumais rêve déjà du jour où les cliniques psychiatriques pourront utiliser la méthode par avatar pour soigner des personnes atteintes de schizophrénie.
« Si on continue d’obtenir des résultats positifs comme ça, il n’y a pas un endroit qui pourra s’en passer ». Surtout que les améliorations observées ont été obtenues après seulement six séances chez des personnes schizophrènes qui étaient hantées depuis de longues années et qui avaient tout essayé pour s’en libérer. Une thérapie courte et peu dispendieuse qui a permis à Richard Breton et à d’autres de maîtriser leur cauchemar.
Selon un Eurobaromètre commandé par la Commission européenne et publié en 2010, seulement 41 % des Européens adultes déclaraient avoir toutes leurs dents (ce taux n’était que de 34 % pour les Français). Parmi les personnes interrogées, 12 % disaient avoir entre 10 et 19 dents naturelles (une dentition normale compte 32 éléments, ou 28 pour ceux chez qui les dents de sagesse n’ont pas poussé), 6 % de 1 à 9 dents et 7 % reconnaissaient n’en avoir plus aucune. Ce n’est pas le moindre des paradoxes de la physiologie que de voir un organe si exposé à l’usure et si important pour l’alimentation ne pas être renouvelé chez l’adulte. Pour employer le terme savant, Homo sapiens est diphyodonte car, à de rares exceptions près, il n’a que deux jeux à sa disposition au cours de son existence, les dents de lait et les dents définitives. D’autres animaux sont nettement mieux servis. Ainsi, des reptiles comme les serpents, les geckos ou les alligators sont polyphyodontes, c’est-à-dire que leur dentition est remplacée de nombreuses fois au cours de leur existence.
D’où l’intérêt que la médecine régénératrice porte à ces animaux. Cette discipline en plein essor a pour but de recréer de nouveaux organes naturels pour prendre le relais de ceux qui sont défaillants. On pense en premier lieu à des organes vitaux comme le cœur, les reins ou le foie mais les dents, certes faciles à remplacer par des prothèses, font également partie des cibles. Ainsi, dans un article publié le 13 mai par les Proceedings de l’Académie des sciences américaine (PNAS), une équipe internationale (Etats-Unis, Chine, Taïwan) s’est-elle intéressée à la manière dont l’alligator renouvelait sa dentition afin de savoir si le processus pourrait être transposable à l’homme. Selon les auteurs de cette étude, ces crocodiliens constituent de bons sujets car, à la différence des poissons polyphyodontes, leur palais et la manière dont leurs dents sont accrochées à la mâchoire se rapprochent de ce que l’on trouve chez les mammifères. Chez l’alligator adulte, les 80 dents sont remplacées environ une fois par an. Comme il s’agit d’animaux à longue durée de vie, ils peuvent donc changer de dentition une cinquantaine de fois !
Pour comprendre comment et pourquoi ce renouvellement permanent s’opère, ces chercheurs ont suivi et analysé la croissance dentaire chez des embryons d’alligators et chez de jeunes individus. Premier constat : tout comme pour un iceberg, la dent déjà sortie n’est pas la partie la plus importante du processus. Ce qui compte le plus, c’est ce qui se passe dessous, un cycle qui ne s’arrête jamais, une sorte de perpétuelle relève de la garde. Sous la dent déjà sortie et fonctionnelle, on trouve toujours une dent de remplacement qui, en grandissant, vient saper sa racine. Quand cette dent de remplacement, encore invisible depuis l’extérieur, a atteint la moitié de sa taille finale, un signal chimique est envoyé à la lame dentaire, une bande de tissu de la mâchoire où se créent les bourgeons de dents. Car, et il s’agit du second constat de l’étude, c’est dans cette lame dentaire que sont stockées les cellules souches capables de se différencier en dents. Lorsque le signal chimique les atteint, on lance la production de… la remplaçante de la remplaçante. Et ainsi de suite. Cette véritable usine à ratiches est même capable de passer en mode de production d’urgence lorsqu’une dent est accidentellement (ou chirurgicalement pour les besoins de l’étude) arrachée.
Chez l’être humain, difficile de reproduire ce schéma, pour une raison simple : l’essentiel de la lame dentaire disparaît une fois que les dents définitives sont sorties. Ceci dit, les cas relativement fréquents de dents surnuméraires poussant de manière anarchique montrent que la partie n’est pas perdue. Dans la conclusion de leur étude, les chercheurs pensent qu’il est possible d’identifier tous les acteurs du renouvellement dentaire, ce qui permettrait, écrivent-ils,« soit d’activer les cellules souches présentes dans les restes de lame dentaire afin de redémarrer un processus de renouvellement chez des adultes qui ont perdu des dents, soit de stopper la génération incontrôlée de dents chez des patients ayant des dents surnuméraires ».
Dans un premier temps, cette équipe aimerait extraire ces cellules souches pour apprendre à cultiver des dents en laboratoire. Encore faut-il pour cela repérer ces cellules souches chez l’humain adulte et maîtriser toute la communication moléculaire nécessaire au développement harmonieux des différents tissus qui composent la dent. Un projet à rapprocher d’une autre étude, publiée il y a quelques semaines, dans laquelle des chercheurs britanniques et japonais ont associé des cellules humaines de gencive et des cellules souches de dents de souris pour faire pousser des dents humaines, ce dans des reins de souris… Comme souvent dans le domaine émergent de la médecine régénératrice, on est bien loin de mettre sur le marché des applications pratiques. Et d’imiter les alligators.
Inspiré par la conformité trouvée dans de nombreux organismes, les robots souples sont fabriqués presque entièrement sous forme de matériaux souples et souples, ce qui les rend adaptés aux applications dans des environnements de tâches incertains et dynamiques, y compris des interactions humaines sûres. Leur compliance intrinsèque absorbe les chocs et les protège contre les impacts mécaniques. Cependant, les matériaux souples utilisés pour leur construction sont très sensibles aux dommages, tels que les coupures et les perforations causées par des objets tranchants présents dans les environnements incontrôlés et imprévisibles dans lesquels ils opèrent. Dans cette recherche, nous proposons de construire une robotique souple entièrement auto- Élastomères de guérison. Sur la base des capacités de guérison trouvées dans la nature, ces polymères ont la capacité de guérir les dommages microscopiques et macroscopiques. Les polymères de Diels-Alder, qui sont des réseaux covalents thermoreversibles, ont été utilisés pour développer trois applications d'actionneurs pneumatiques doux auto-cicatrisants (une pince douce, une main douce et des muscles artificiels). Les actionneurs pneumatiques souples présentent généralement des perforations et des fuites en raison de pressions ou d'usures excessives pendant le fonctionnement. Les trois prototypes ont été conçus en utilisant une modélisation d'éléments finis et caractérisé mécaniquement. La méthode de fabrication des actionneurs exploite le comportement auto-cicatrisant des matériaux, qui peuvent être recyclés. Les dommages macroscopiques réalistes pourraient être soignés entièrement à l'aide d'un traitement thermique doux. À l'emplacement de la cicatrice, aucun point faible n'a été créé et la performance complète des actionneurs a été presque complètement récupérée après la guérison.
CHRU de Lille : un implant connecté pour détecter les anomalies cardiaques
L’Institut Cœur Poumon de Lille utilise des implants qui envoient, via un smartphone, les données de rythme cardiaque aux médecins, qui peuvent diagnostiquer à distance.
La médecine se met à jour des technologies de la communication. Au CHRU de Lille, les médecins de l’Institut Cœur Poumon utilisent désormais un outil leur permettant de surveiller l’activité cardiaque de leurs patients, sans que ceux-ci n’aient besoin de se rendre à l’hôpital. Il facilite et affine leur diagnostic, et donc ainsi augmente les chances de survie.
Il s’agit d’un petit implant qui se pose sous la peau, au niveau du thorax. Relié par Bluetooth à un smartphone, celui du patient ou, à défaut, un téléphone fourni par l’hôpital, il enregistre le rythme cardiaque, comme un électrocardiographe.
L’application smartphone, à son tour, transmet les données sous forme cryptée vers des serveurs sécurisés, d’où elles pourront être consultées par les cardiologues de l’Institut.
Vers la miniaturisation
Pour l’instant, il ne s’agit pas d’un dispositif d’urgence. Le système n’est pas prévu pour lancer une alerte vers des services de secours en cas d’incident cardiaque. Il s’agit d’un outil destiné au diagnostic.
« Certains patients ont des symptômes trop rares pour être observés pile au moment de la consultation, explique le Dr Laurence Moreau-Guedon, cardiologue au CHRU de Lille. L’appareil fonctionne de manière intelligente : quand une anomalie intervient, il commence à enregistrer et à transmettre. » S’il sent des symptômes apparaître, le patient peut, lui-aussi, déclencher manuellement l’implant via l’application sur smartphone. L'appareil peut ainsi aider à trouver les causes d'une syncope, ou repérer une fibrillation atriale et transmettre en instantané au personnel médical.
Ce type d’implants n’est pas nouveau. La réelle innovation, c’est l’application smartphone et la simplicité d’utilisation. Auparavant, les patients ne pouvaient transmettre qu’avec des émetteurs encombrants qui limitaient leur capacité de déplacement. « Ils l’appelaient leur box ! », en référence à une box internet, s’amuse le Dr Moreau-Guedon.
La France est en retard
L’utilisation d’objets dont les patients disposent déjà, ici leur smartphone, fait partie de l’évolution de la télérythmologie, qui existe depuis une quinzaine d’années, rappelle la cardiologue. Malheureusement, la télémédecine n’est pas prise en charge par l’Assurance maladie - à une exception près, en ophtalmologie.
La France est en retard dans ce domaine, et seules des initiatives locales, comme celle menée à l’Institut Coeur Poumon du CHRU de Lille, permettent de la mettre en place. « C’est l’hôpital qui prend en charge le dispositif », souligne le Dr Moreau-Guedon.
Pour l’instant, depuis avril et le début de son utilisation, une dizaine de patients ont été implantés. Ils pourront porter l’appareil pendant trois ans.
Réalité virtuelle, guérison réelle
Comment réagir quand nous avons mal? Petits, nos parents nous donnaient un bisou sur notre blessure, astuce psychologique pour atténuer la douleur. Plus nous grandissons et plus il devient important de se soigner ou diminuer les symptômes avec d’autres méthodes développées par la médecine.
Nous viennent alors pilules, pommades, pansements, etc. Or, est-ce que la trousse médicale de demain comprendra une section « immersion » avec un casque de réalité virtuelle (RV) ? Se plonger dans un univers virtuel serait-il une nouvelle façon de se soigner ?
Le milieu médical s’intéresse à la réalité virtuelle depuis longtemps. Or, si le tout était généralement dédié à des laboratoires ou des essais expérimentaux, l’approche s’est démocratisée comme la technologie.
Désormais, les casques sont offerts aux joueurs tout comme aux médecins. L’utilisation la plus connue est celle du traitement des phobies. Le patient met le casque et est confronté quelques minutes à une situation phobique. Le thérapeute posera quelques questions pendant la séance pour voir les craintes irrationnelles. Pendant et après l’expérience, il pourra revenir avec son thérapeute pour quantifier son anxiété et trouver des exercices à faire pour la calmer. Les séances de virtuel se répètent, en augmentant la « difficulté » (c’est-à-dire le temps et le type d’exposition) au fur et à mesure que l’individu apprend à contrôler sa peur.
Guérir les blessures de l’âme
Le domaine de la psychothérapie est probablement celui qui utilise le plus cette technologie. Elle traite, en effet, bien d’autres maux que les phobies. Par exemple, une expérience répétée dans deux universités, une à Londres et l’autre à Barcelone, auprès de personnes dépressives a montré que la réalité virtuelle pouvait leur être bénéfique. 15 patients de 23 à 61 ans vivaient une courte expérience de 8 minutes dans laquelle ils devaient consoler un enfant en pleurs et par la suite, se mettre dans la peau de l’enfant et recevoir le réconfort d’un avatar qui leur ressemblait. Un processus répété trois fois sur un délai d’une semaine. Puis, un mois plus tard, ils ont vérifié l’intensité des symptômes dépressifs. Ceux-ci avaient baissé chez 9 individus sur les 15. Leur perception était aussi moins négative envers eux-mêmes. Par contre, ce faible échantillonnage sans groupe test diminue l’impact de cette recherche, mais ouvre la voie à d'autres études dans un futur proche.
Bien des concepteurs d’applications en RV sont tentés par le potentiel du marché des psychothérapeutes. Parce qu’il y a non seulement les phobies, mais d’autres problèmes qui peuvent être simulées comme les troubles d’anxiété générale ou sociale, les addictions, les troubles obsessifs-compulsifs, les syndromes post-traumatiques, etc. Et si la thérapie en réalité virtuelle se transportait aussi chez le patient en lui offrant un endroit dans lequel il pourrait pratiquer des exercices de relaxation ou de méditation ? Cela lui donnerait aussi un lieu parfait à visualiser lorsqu’il vit des situations de stress intense. Évidemment, le tout devrait se faire sous la supervision d’un thérapeute.
La réalité virtuelle, inhibitrice de douleur ?
Il n’y a pas seulement les maladies mentales qui pourraient bénéficier de la réalité virtuelle. De plus en plus, la technologie est utilisée dans la rééducation de certains patients. Par exemple, on sait qu’une des conséquences d’un arrêt cardio-vasculaire (AVC) est l’aphasie où la personne a de la difficulté à parler, à retrouver ses mots. Une étude publiée en août 2016 par la City University de Londres a montré qu’en plaçant les malades dans un contexte virtuel de restaurant ou de parc où ils doivent converser, il y avait une amélioration dans la communication fonctionnelle chez 88 % d’entre eux et, ce, après 40 heures de rééducation sur 5 semaines. La rééducation cognitive et motrice est aussi un grand pan qui pourrait être facilité avec des technologies de réalité virtuelle et de capture de mouvement pour les victimes d’AVC.
La réalité virtuelle est étudiée et de plus en plus pensée afin d’améliorer la qualité de vie des patients. En effet, nous avons tous, à des degrés divers, peur de la douleur ou de certains traitements. Des recherches montrent que les casques ne coupent pas seulement visuellement du monde environnant, mais mettent l’attention ailleurs que sur ce qui se passe dans le réel. Une recherche a montré que les traitements, souvent douloureux, des grands brûlés se sont avérés plus agréables alors qu’ils se trouvaient dans un univers polaire. Cela pourrait aussi baisser le stress des patients et les distraire de certaines procédures médicales pénibles comme la chimiothérapie ou la dialyse. Entrainement prothésique
Mais la réalité virtuelle pourrait avoir un pouvoir encore plus important. Une étude récente a montré que les paraplégiques pourraient peut-être gagner en capacité physique avec la réalité virtuelle. Au départ, l’équipe voulait créer des prothèses robotiques permettant de reproduire une démarche proche de celle qu’avait la personne accidentée. 8 paraplégiques dont la moelle épinière avait été sectionnée ont passé 1 heure à utiliser un Oculus Rift deux fois par semaine. Ils voyaient les jambes d’un avatar devant eux. Ils devaient essayer d’avancer. Le but était d’analyser comment tromper le cerveau pour lui faire croire qu’il déplace vraiment les membres afin d’imiter un mouvement naturel avec les prothèses.
Au bout d’un an, l’exosquelette les aidait à marcher, mais à la grande surprise des scientifiques les patients étaient en mesure de mouvoir légèrement les jambes volontairement. La réalité virtuelle aurait permis de recréer certains liens entre les nerfs survivants et les récepteurs musculaires comme le montre cette vidéo.
La terra incognita médicale
Toutefois, toutes ces études prometteuses ne doivent pas faire oublier que nous en sommes qu’au début de l’usage de ces technologies. Déjà, elle n’est pas faite pour tout le monde. En effet, certains ont ce qui se rapproche du mal des transports quand ils l’utilisent. Et puis, comme le rappelle cet article des Inrocks, nous n’avons aucune idée des effets sur le cerveau d’une telle technologie. Il y a plus de chances qu’elles soient bénignes, mais la recherche à ce sujet est si nouvelle qu’il est difficile de ne pas avoir des craintes devant certains usages expérimentaux. Nous parlons de certaines approches qui inhibent littéralement la douleur. Peut-elle avoir des effets à long terme? Dans le cas du traitement de maladies mentales, il est aussi important de se rappeler que la réalité virtuelle est un outil et non pas la thérapie elle-même. D’ailleurs, les chiffres et réussites de patients se débarrassant de phobies ne fonctionnent que chez ceux qui continuent les exercices de relaxation à la maison.
La réalité virtuelle est un outil considérable pour la médecine. Et sa démocratisation en fait saliver plusieurs, à raison. Avant que les hôpitaux et cliniques ne se lancent dans l’achat massif de machines, ils devraient toutefois se rappeler que la recherche clinique n’en est encore qu’à ses balbutiements. Les effets des casques sur le cerveau sont toujours inconnus. Il faut donc s’en servir intelligemment et suivre les recommandations des détaillants qui rappellent de ne pas faire de trop longues sessions, de prendre des pauses, de ne pas les utiliser chez des individus plus jeunes que 15 ans, etc.
La dépression majeure (ou caractérisée) consiste en un ou plusieurs épisodes dépressifs qui tranchent avec le fonctionnement habituel de la personne. La dépression majeure peut être légère, modérée ou sévère. Le terme « dépression » désigne habituellement la dépression majeure.
Voici les critères diagnostiques du DSM-IV (qui sont remplacés depuis 2013 par ceux du DSM-5) :
Au moins 5 des 9 symptômes suivants doivent avoir été présents pour une durée d'au moins deux semaines; au moins un de ces symptômes est soit (1) une humeur dépressive ou (2) une perte d'intérêt ou de plaisir.
Humeur dépressive présente pratiquement toute la journée, presque tous les jours, signalée par le sujet (p. ex., se sent triste ou vide) ou observée par les autres (p. ex., pleure). N.B.: Éventuellement irritabilité chez l'enfant et l'adolescent.
Diminution marquée de l'intérêt ou du plaisir pour toutes ou presque toutes les activités pratiquement toute la journée, presque tous les jours (signalée par le sujet ou observée par les autres).
Perte ou gain de poids significatif en l'absence de régime (p. ex., modification du poids corporel en un mois excédent 5%), ou diminution ou augmentation de l'appétit presque tous les jours. N.B.: Chez l'enfant, prendre en compte l'absence de l'augmentation de poids attendue.
Insomnie ou hypersomnie presque tous les jours.
Agitation ou ralentissement psychomoteur presque tous les jours (constaté par les autres, non limité à un sentiment subjectif de fébrilité ou de ralentissement intérieur).
Fatigue ou perte d'énergie presque tous les jours.
Sentiment de dévalorisation ou de culpabilité excessive ou inappropriée (qui peut être délirante) presque tous les jours (pas seulement se faire grief ou se sentir coupable d'être malade).
Diminution de l'aptitude à penser ou à se concentrer ou indécision presque tous les jours (signalée par le sujet ou observée par les autres).
Pensées de mort récurrentes (pas seulement une peur de mourir), idées suicidaires récurrentes sans plan précis ou tentative de suicide ou plan précis pour se suicider.
Les symptômes ne correspondent pas aux critères d'un épisode mixte (présence à la fois de symptômes dépressifs et de symptômes de manie caractéristiques du trouble bipolaire). (Ce critère est aboli dans le DSM-5.)
Les symptômes induisent une souffrance cliniquement significative ou une altération du fonctionnement social, professionnel ou dans d'autres domaines importants.
Les symptômes ne sont pas imputables aux effets physiologiques directs d'une substance (ex. drogue ou médicament) ou d'une affection médicale générale (ex. hypothyroïdie).
Les symptômes ne sont pas mieux expliqués par un deuil, c'est-à-dire après la mort d'un être cher, les symptômes persistent pendant plus de 2 mois ou s'accompagnent d'une altération marquée du fonctionnement, de préoccupations morbides de dévalorisation, d'idées suicidaires, de symptômes psychotiques ou d'un ralentissement psychomoteur. (Ce critère est aboli dans le DSM-5.)
Une dépression majeure est dite chronique lorsque les critères diagnostiques ont été présents continuellement pendant au moins deux ans.
La dépression saisonnière est un épisode de dépression majeure dont la principale caractéristique est de survenir durant la même période à chaque année. Il peut aussi s'agir d'un épisode de dépression majeure faisant partie du trouble bipolaire (maniaco-dépression). Dans ce dernier cas, il y a souvent présence de symptômes hypomaniaques pendant l'été.
Le diagnostic de trouble bipolaire (auparavant appelé maniaco-dépression) est porté en cas d'épisode de dépression majeure lorsqu'il y a déjà eu un ou des épisodes maniaques ou hypomaniaques.